✦ ❖ ✦
DAAT · NIVEAU 4 — HALAKHA LEMA'ASSE / PSAK

שולחן ערוך · יורה דעה

Siman 144 — Le prix de l’idole — Psika lema'asse
סימן קמ״ד · הלכה למעשה
דמי עבודת כוכבים מה דינם
פסק המחבר · הכרעת נושאי הכלים · הסקת ההלכה למקרים בני זמננו
⚖️ פסק הלכה ולמעשה ⚖️
✦ ❖ ✦

Halakha lema'asse — la psika pratique

Du psak du Mehaber à l’arbitrage du Chakh, du Taz, du Baer Hetev
et des Nekoudot HaKessef, jusqu’au paiement reçu d’un vendeur d’idoles

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן קמ״ד (ב׳ סעיפים)
עם נושאי הכלים: ש״ך, ט״ז, נקודות הכסף, באר היטב, בית יוסף, טור, רמב״ם

⚠ Avertissement de niveau :
Ce niveau n’est pas “Daat HaRav” : le Choulhan Aroukh HaRav
(Admour HaZaken) ne couvre pas le Yoreh De'ah, donc pas le Siman 144.
C’est un niveau de psika pratique : ce que l’on fait, et à qui demander.

Rédaction et iyun :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

Comment lire ce niveau. Chaque affirmation est ancrée soit dans le texte du Choulhan Aroukh et de ses nossei kelim, soit dans un posek nommé et vérifiable (Tour, Beit Yossef, Rambam, Tossefot, guemara d’Avoda Zara). Sur le Yoreh De'ah il n’y a ni Mishna Beroura (qui ne commente que l’Orach Chaim), ni Choulhan Aroukh HaRav (l’Admour HaZaken n’a pas écrit le YD). Le Pit’hei Techouva ne commente pas ce siman. Le Aroukh HaChoulhan n’est pas cité : son texte sur ce siman ne nous est pas accessible, et l’on ne cite pas ce que l’on ne peut pas vérifier. Restent, et ils suffisent : le Chakh (4 ס״ק), le Taz (3 ס״ק), le Baer Hetev (3 ס״ק) et les Nekoudot HaKessef (une entrée) — avec, parce que le siman y renvoie lui-même, le Chakh et le Taz sur le siman 132. Là où la question déborde le siman, ce niveau le dit et s’arrête : la halakha lema'asse passe par ton Rav.

📑 Sommaire

  1. שורש הפסק — le verset et la crainte
  2. פסק המחבר — la carte des seifim
  3. דמי אליל של ישראל — le prix de l’idole d’un Juif, même vendue par un non-Juif
  4. דמי אליל של עובד כוכבים — connue et inconnue
  5. מכירה בהקפה — la vente à crédit — la décision du Chakh : perte importante
  6. קנס למוכר — permis à d’autres, non à lui
  7. מקרים בני זמננו — cas contemporains
  8. סיכום מעשי — tableau, liens, et lema’asse consulte ton Rav

📜 Le texte du Choulhan Aroukh — les deux seifim

דמי האליל ביד ישראל שמכרה אסורים אבל אם מכרה עובד כוכבים אפילו מכרה כדי לעבדה הדמים מותרים ודווקא שהדבר ידוע שמכרה לעשות צרכיו בדמיה אבל אם אינו ידוע יש לחוש שמא מכרה לקנות בדמיה אלילים אחרים והרי המעות מוקצין לאלילים ואסורים

יש אומרי׳ שאם ביד ישראל יין נסך ואלילי׳ ומכרם לעובד כוכבים בהקפה ומכרם העובד כוכבים לאחר קודם שיפרע לזה הישראל הדמים מותרים בדיעבד

Le cas fondateur. Une idole a été vendue. Le Mehaber ne demande pas ce qu’elle vaut ni qui l’a achetée : il demande qui l’a vendue. Le Juif — l’argent est interdit, il est devenu l’idole. Le non-Juif — l’argent est permis, même s’il l’a vendue pour qu’on l’adore.

Puis une condition, et un second cas. Le non-Juif doit avoir vendu, à ce qu’on sache, pour ses besoins ; sinon l’argent est réservé aux idoles. Et selon certains, l’argent d’une vente à crédit dont la marchandise a été revendue avant paiement est permis a posteriori.

— Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 144:1-2 · Sefaria YD 144:1

1. שורש הפסק — le verset et la crainte

Ce siman contient deux interdits, et un seul est écrit. Toute la pratique en découle. Devant de l’argent tiré d’une idole, la question n’est jamais “ combien vaut-il ? ” mais “ qui a vendu, et sait-on pourquoi ? ”. Si c’est un Juif, l’argent est l’idole — par le verset, sans remède. Si c’est un non-Juif, l’argent n’est jamais l’idole ; il n’est que suspect, et le soupçon tombe dès qu’on sait qu’il vendait pour ses besoins.
La source est un verset, et une guemara du chapitre רבי ישמעאל. Le Rambam en fait la règle du prix ; le Taz et le Chakh en tirent la coupure entre le Juif et le non-Juif.
« אָמַר קְרָא: ״וְהָיִיתָ חֵרֶם כָּמֹהוּ״, כֹּל שֶׁאַתָּה מְהַיֶּה מִמֶּנּוּ הֲרֵי הוּא כָּמוֹהוּ » (עבודה זרה נ״ד ע״ב)
« עָבַר וּמָכַר עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים אוֹ אֶחָד מִמְּשַׁמְּשֶׁיהָ אוֹ תִּקְרֹבֶת שֶׁלָּהּ הֲרֵי הַדָּמִים אֲסוּרִין בַּהֲנָאָה וְאוֹסְרִין בְּכָל שֶׁהֵן כַּעֲבוֹדַת כּוֹכָבִים » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ז׳ הלכה ט׳)
« דכתיב והיית חרם כמוהו כל מה שאתה מהייה ממנו יהיה כמוהו וזה לא שייך בעבודת כוכבים » (ט״ז יו״ד קמ״ד ס״ק א)
Et le Beit Yossef nomme la ligne suivie : Rabbénou Tam, par le Roch — argent versé pour une dette, permis ; argent encore entre ses mains sans motif connu, réservé aux idoles.
« ותירץ ר״ת דודאי היכא שמכרה העכו״ם ופרע בחובו הדמים מותרים דחליפי אליל אסורים מוהיית חרם כמוהו והאי לא שייך בעכו״ם » (בית יוסף יו״ד קמ״ד)
« אבל הכא ובפ״ק איירי שהמעות עדיין ביד העכו״ם ולא מכרה כדי לפרוע חובו ויש לחוש שמא מכרה לקנות אליל אחרת והרי המעות מוקצין לאליל ואסורים » (בית יוסף יו״ד קמ״ד)
Ce que cela change pour toi. Ne raisonne jamais sur l’idole : raisonne sur le vendeur. Un Juif ne peut pas vendre une idole ; s’il l’a fait, l’argent le suit. Un non-Juif le peut ; ce qui compte alors, c’est ce que l’on sait de l’usage qu’il fera de l’argent — et sur une idole, le doute suffit à interdire.

2. פסק המחבר — la carte des seifim

Le Siman 144 compte deux seifim — c’est le compte annoncé par l’en-tête (ובו ב׳ סעיפים) et c’est le compte réel du texte. Le seif 1 se lit en quatre clauses du Mehaber ; le seif 2 est un avis rapporté (יש אומרים). Il n’y a pas de glose du Rama.

ClauseQuiPsak (ancré dans le texte)
1:1MehaberLe prix de l’idole vendue par un Juif est interdit.
1:2MehaberVendue par un non-Juif, même pour qu’on l’adore, le prix est permis.
1:3MehaberÀ condition que l’on sache qu’il a vendu pour ses besoins.
1:4MehaberSinon, l’argent est réservé aux idoles et interdit — renvoi à la fin du siman 132.
2Mehaber (יש אומרים)Vente à crédit d’interdits à un non-Juif qui les a revendus avant de payer : l’argent est permis a posteriori.

3. דמי אליל של ישראל — le prix de l’idole d’un Juif, même vendue par un non-Juif

דמי האליל ביד ישראל שמכרה אסורים

— שולחן ערוך יו״ד קמ״ד:א

La règle, et son extension par le Chakh

Le Mehaber parle du Juif qui a vendu. Le Chakh lit dans le verset une règle plus large : c’est l’idole du Juif qui tient son prix — même si c’est un non-Juif qui l’a vendue.

« דילפינן מוהיית חרם כמוהו כל מה שאתה מהייה ממנו הרי הוא כמוהו ומשמע דאליל של ישראל אפילו מכרה עובד כוכבים הדמים אסורים דהא דמי אליל של ישראל הן » (ש״ך יו״ד קמ״ד ס״ק א)
« ומשמע דאליל של ישראל אפ׳ מכרה העובד כוכבים הדמים אסורים דהא דמי עבודת כוכבים של ישראל הן. ש״ך » (באר היטב יו״ד קמ״ד ס״ק א)
Le Rambam pose l’interdit général, puis le prix :
« עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים וּמְשַׁמְּשֶׁיהָ וְתִקְרֹבֶת שֶׁלָּהּ וְכָל הַנַּעֲשֶׂה בִּשְׁבִילָהּ אָסוּר בַּהֲנָאָה » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ז׳ הלכה ב׳)
« עָבַר וּמָכַר עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים אוֹ אֶחָד מִמְּשַׁמְּשֶׁיהָ אוֹ תִּקְרֹבֶת שֶׁלָּהּ הֲרֵי הַדָּמִים אֲסוּרִין בַּהֲנָאָה וְאוֹסְרִין בְּכָל שֶׁהֵן כַּעֲבוֹדַת כּוֹכָבִים » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ז׳ הלכה ט׳)
Lema'asse. L’argent d’une idole appartenant à un Juif est interdit au profit — que le Juif l’ait vendue lui-même, ou qu’un non-Juif l’ait vendue pour lui (Chakh ס״ק א, Baer Hetev ס״ק א). Cet interdit ne connaît pas de « sauf si l’on sait » : il tient à la chose, non au vendeur. Ce qu’il faut faire de cet argent — et de l’idole elle-même — relève des simanim 139 et 146, et de ton Rav.

4. דמי אליל של עובד כוכבים — connue et inconnue

אבל אם מכרה עובד כוכבים אפילו מכרה כדי לעבדה הדמים מותרים

ודווקא שהדבר ידוע שמכרה לעשות צרכיו בדמיה

אבל אם אינו ידוע יש לחוש שמא מכרה לקנות בדמיה אלילים אחרים והרי המעות מוקצין לאלילים ואסורים

— שולחן ערוך יו״ד קמ״ד:א

Trois situations, deux verdicts

Vendue pour ses besoins — permis, même pour qu’on l’adore. Motif inconnu — interdit, l’argent est réservé aux idoles. Et le Taz rapporte un troisième terme, le Mordekhi, que les Nekoudot HaKessef écartent pour l’idole.

La raison, chez le Taz et le Chakh :
« דכתיב והיית חרם כמוהו כל מה שאתה מהייה ממנו יהיה כמוהו וזה לא שייך בעבודת כוכבים » (ט״ז יו״ד קמ״ד ס״ק א)
« אליל שלו ואפילו מכרה שיעבדוה הקונים דלא בטלה הדמים מותרין » (ש״ך יו״ד קמ״ד ס״ק ב)
La condition, chez le Mehaber et le Tour :
« ודווקא שהדבר ידוע שמכרה לעשות צרכיו בדמיה » (שו״ע יו״ד קמ״ד:א)
« כגון לפרוע חובותיו או שאר צרכיו » (טור יו״ד קמ״ד)
Le Taz relève la fin du siman 132 et le Mordekhi :
« ס״ס קל״ב משמע דדוקא בידוע ודאי שמכרה לקנות צרכי עבודת כוכבים אסור ואפשר שסמך על מ״ש כאן אמנם במרדכי פרק א״מ כתב מותר לקבל הדמים אם לא אמר המתן עד שאמכור אליל » (ט״ז יו״ד קמ״ד ס״ק ב)
Les Nekoudot HaKessef répondent, le Baer Hetev les rapporte, et le Chakh au siman 132 nomme la Dericha :
« עמ״ש שם שיש לחלק בין יי״נ לעבודת כוכבים » (נקודות הכסף יו״ד קמ״ד)
« ובנה״כ כתב שיש לחלק בין יי״נ לעבודת כוכבים וכ״כ שם בסי׳ קל״ב ע״ש » (באר היטב יו״ד קמ״ד ס״ק ב)
« אבל הדרישה בסימן קמ״ד חילק בין עבודת כוכבים ליי״נ דביי״נ לא חיישינן מן הסתם שלקחו לחזור ולקנות בו יי״נ » (ש״ך יו״ד קל״ב ס״ק ל״ח)
Le Taz lui-même, au siman 132, avait lu le siman 144 comme interdisant par doute :
« ומבואר בסימן קמ״ד דאפי׳ מספק יש לחוש שמא מכרה לצורך קניית עבודת כוכבים » (ט״ז יו״ד קל״ב ס״ק י״א)
Lema'asse. Un non-Juif vend son idole : si l’on sait qu’il vendait pour ses besoins — payer une dette, vivre —, l’argent est permis, et le fait qu’il l’ait vendue pour qu’on l’adore n’y change rien (Chakh ס״ק ב). Si l’on ignore le motif, l’argent est interdit — c’est le Mehaber, et les Nekoudot HaKessef maintiennent la règle contre le Taz : pour une idole, le doute suffit. La permission du Mordekhi, rapportée par le Taz, porte sur le vin de libation ; pour l’idole, ce niveau s’en tient au Mehaber. Un cas où le motif est douteux se pose à un Rav.

5. מכירה בהקפה — la vente à crédit — la décision du Chakh : perte importante

יש אומרי׳ שאם ביד ישראל יין נסך ואלילי׳ ומכרם לעובד כוכבים בהקפה

ומכרם העובד כוכבים לאחר קודם שיפרע לזה הישראל הדמים מותרים בדיעבד

— שולחן ערוך יו״ד קמ״ד:ב

Deux avis dans les Tossefot, deux formules chez le Mehaber

Rabbi Elhanan exige que le non-Juif ait revendu — c’est le seif 2. Le Ri se contente du tirage — c’est le siman 132:1. Le Chakh et le Taz relèvent l’écart ; le Chakh tranche au siman 132.

Les Tossefot :
« ומכאן דקדק הרב רבי אלחנן הלכה למעשה שאם יש ביד ישראל יין נסך ועבודת כוכבים ודברים האסורים ומכרן לעובד כוכבים בהקפה ומכרם העובד כוכבים לאחר קודם שיתן לזה הישראל הדמים שהדמים מותרין בדיעבד ואע״פ שהאיסור עדיין ישנו בעולם » (תוספות עבודה זרה ס״ב ע״ב ד״ה יאות הן עבדין)
« ועוד הוסיף רבינו יצחק שאפי׳ לא מכרם העובד כוכבים אלא כיון שמשכם אצלו קודם שיתן הדמים דקי״ל » (תוספות עבודה זרה ס״ב ע״ב ד״ה יאות הן עבדין)
« משיכת עובד כוכבים קונה והוי כמו בא עליה ואח״כ נתן דאתננה מותר כיון שלא היה ברשותה בשעת הביאה וה״נ לא היתה עבודת כוכבים ברשותו בשעת פריעת המעות » (תוספות עבודה זרה ס״ב ע״ב ד״ה יאות הן עבדין)
Le Mehaber, ici et là-bas :
« ומכרם העובד כוכבים לאחר קודם שיפרע לזה הישראל הדמים מותרים בדיעבד » (שו״ע יו״ד קמ״ד:ב)
« ואם לקח העובד כוכבים היין תחילה ואחר כך נתן המעות לישראל יש מי שאומר שאף על פי שלבעל היין שמכרו אסורים בהנאה לאחרים מותרים » (שו״ע יו״ד קל״ב:א)
Le Taz et le Chakh sur l’écart :
« וכ״כ הטור והש״ע דין זה ריש סימן קל״ב כאשר הבאתי שם המראה מקום מזה וא״כ תימה על הש״ע שלא פסק כאן להיתר רק במכרן לאחר » (ט״ז יו״ד קמ״ד ס״ק ג)
« משמע הא כל שלא מכרם אסורים ומשמע אפילו לאחרים והיינו כדעת הר״ר אלחנן דלא כר״י ובר״ס קל״ב הביא דעת ר״י בשם יש מי שאומר דלאחרים מותרים וק״ק » (ש״ך יו״ד קמ״ד ס״ק ג)
La décision du Chakh, au siman 132 — il compte les Richonim, et conclut :
« מ״מ הרי הרמב״ן והר״ן ר״פ בתרא דעבודת כוכבים אוסרים וכ׳ הר״ן שכן נראה גם כן דעת רש״י וגם רבינו ירוחם לא הכריע מיהו דעת המרדכי שם כהרא״ש וכן מסקנת התוספות שם בשם ר״י » (ש״ך יו״ד קל״ב ס״ק ג)
« הלכך במקום הפסד מרובה שרי הא לאו הכי אסור ואע״ג דלא נ״מ ביי״נ דקי״ל דשרי בהנאה בזמן הזה מכל מקום נ״מ למכר עבודת כוכבים ומשמשיה כדאיתא להדיא בפוסקים דה״ה בעבודת כוכבים והוא פשוט » (ש״ך יו״ד קל״ב ס״ק ג)
Lema'asse. Un Juif qui détenait des objets interdits — vin de libation ou idoles — les a vendus à crédit à un non-Juif. Si le non-Juif les a revendus avant de payer, l’argent est permis a posteriori (Mehaber). S’il les a seulement tirés à lui sans les revendre, le Chakh ne permet qu’en cas de הפסד מרובה — perte importante — et interdit sinon, parce que le Ramban et le Ran interdisent ; et il précise que cette règle vaut pour l’idole et ses accessoires, non seulement pour le vin. La vente elle-même n’aurait pas dû avoir lieu : le seif dit בדיעבד.

6. קנס למוכר — permis à d’autres, non à lui

Le Chakh lit dans Rabbénou Yerou’ham et le Roch une restriction que le seif ne dit pas :
« ברבינו ירוחם משמע להדיא דוקא לאחרים אבל לאותו ישראל לעולם אסורים משום קנס וכן משמע באשר״י ר״פ בתרא דעבודת כוכבי׳ ואפשר גם דעת המחבר כן » (ש״ך יו״ד קמ״ד ס״ק ד)
« אלא שק״ק הא דכתב סתם הדמים מותרים וגם בב״י לא הביא דברי הרא״ש ורבינו ירוחם רק לעיל ר״ס קל״ב הביא דברי רבינו ירוחם בקצרה וע״ל ס״ס קמ״ט » (ש״ך יו״ד קמ״ד ס״ק ד)
« כתב ר׳ ירוחם משמע להדיא דוקא לאחרים אבל לאותו ישראל לעולם אסורים משוס קנס עכ״ל ויש לתמוה על המחבר דכתב סתם הדמים מותרים ש״ך » (באר היטב יו״ד קמ״ד ס״ק ג)
Le Taz, au siman 132, donne la source du Roch et reproche au Mehaber la place de son « il y a qui dit » :
« אלא דהרא״ש כתב שם דהמעות אינם מותרים רק לאחר אבל לא לו דנהנה מדמי עבודת כוכבים ויליף לה ממי שמכר ערלה וקידש אשה בדמיה שהיא מקודשת אבל לו עצמו המעות אסורין » (ט״ז יו״ד קל״ב ס״ק ג)
« ואין שייך על זה יש מי שאומר אלא על האיסור לעצמו היה לו לכתוב יש מי שאומר » (ט״ז יו״ד קל״ב ס״ק ג)

👈 Permis pour qui ?

(1) Pour d’autres que le vendeur : permis. (2) Pour le vendeur lui-même : interdit à jamais, à titre d’amende — Roch, Rabbénou Yerou’ham, Chakh, Baer Hetev. (3) Le Mehaber a écrit מותרים tout court ici, mais a écrit la restriction lui-même au siman 132:1.

Lema'asse. L’argent du seif 2 ne revient pas au vendeur : il peut être remis à un tiers, mais celui qui a vendu les idoles n’en profite pas. C’est la lecture du Chakh, et elle a pour elle le texte du Mehaber au siman 132.

7. מקרים בני זמננו — cas contemporains

👈 Cas 1 — L’objet de culte hérité

Un Juif hérite d’un objet qui fut adoré, et un marchand non juif le vend pour son compte. Si c’est une idole au sens de la halakha (siman 141), l’argent est interdit au profit : c’est l’idole d’un Juif, et le Chakh (ס״ק א) écrit que même vendue par un non-Juif, son prix est interdit.

👈 Cas 2 — Le débiteur qui vend une statue

Un non-Juif doit de l’argent à un Juif ; il vend une statue de son culte et le paie avec le produit. On sait qu’il a vendu pour payer : l’argent est permis (Tour : כגון לפרוע חובותיו), même s’il l’a vendue à un adorateur.

👈 Cas 3 — Le paiement au motif inconnu

Un non-Juif a vendu une idole et propose au Juif un paiement dont on ignore ce qu’il voulait faire. Selon le Mehaber et les Nekoudot HaKessef, l’argent est réservé aux idoles et interdit ; le Taz rapporte le Mordekhi, plus large. À poser à un Rav, en disant qu’il s’agit d’une idole et non de vin.

👈 Cas 4 — La vente à crédit revendue

Un Juif a vendu à crédit des objets interdits à un marchand non juif, qui les a revendus avant de payer. L’argent est permis a posteriori — pour d’autres ; le vendeur lui-même n’en profite pas (Chakh ס״ק ד).

👈 Cas 5 — La vente à crédit non revendue

Même cas, mais le marchand a seulement pris livraison et paie sans avoir revendu. Le Mehaber ne le permet pas ici ; le Chakh (siman 132 ס״ק ג) ne permet qu’en cas de perte importante. À poser à un Rav.

Le point que ce niveau ne tranchera pas. Ce siman commence après qu’un objet a été reconnu comme idole. Ce qui l’est aujourd’hui — une statue de musée, un objet de culte hors d’usage, une figure décorative — est la matière des simanim 139, 141 et 145, et de ton Rav. Ce niveau dit ce que le siman 144 fait du prix ; il ne dit pas ce qui a un prix.

8. סיכום מעשי — tableau, liens, et lema’asse consulte ton Rav

SituationVerdict pratiqueSource
Un Juif a vendu une idoleL’argent est interdit — il est l’idoleשו״ע קמ״ד:א · רמב״ם ע״ז ז׳:ט׳
L’idole d’un Juif vendue par un non-JuifInterdit — c’est le prix d’une idole de Juifש״ך ס״ק א · באר היטב ס״ק א
Un non-Juif a vendu la sienne, pour ses besoinsPermis, même s’il l’a vendue pour qu’on l’adoreשו״ע קמ״ד:א · ט״ז ס״ק א · ש״ך ס״ק ב
Un non-Juif a vendu la sienne, motif inconnuInterdit — réservé aux idoles (Mordekhi : permis sauf « attends »)שו״ע קמ״ד:א · ט״ז ס״ק ב · נקודות הכסף
Du vin, non une idole, motif inconnuOn ne craint pas qu’il rachète du vinש״ך קל״ב ס״ק ל״ח (דרישה)
Vente à crédit, revendue avant paiementPermis a posteriori — pour d’autresשו״ע קמ״ד:ב · ש״ך ס״ק ד
Vente à crédit, non revendueSeulement en cas de perte importanteש״ך קל״ב ס״ק ג
L’argent du seif 2 pour le vendeurInterdit — amendeש״ך ס״ק ד · ט״ז קל״ב ס״ק ג
Sources vérifiables :
Et pour finir, la seule règle qui vaut lema'asse. Ce niveau expose la psika des sources ; il ne remplace pas une décision. Un vendeur, un motif, un moment — avant ou après la revente — forment un cas concret, et un cas concret se tranche avec un Rav, qui commence par la question que ce siman suppose résolue : cet objet est-il une idole ?
~ ~ ~ ~ ~
DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן קמ״ד · Niveau 4 — Halakha lema'asse · דמי עבודת כוכבים מה דינם
daattorah.com
⚠️ Ce contenu est destiné à l’étude. Pour toute application pratique (לְמַעֲשֶׂה), consultez un Rav qualifié.

DAAT דעת — © 5786 / 2026 · Retour à l’accueil · Siman קמ״ד · ♥ Soutenir

📖Rejoindre la khavroutha