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DAAT · NIVEAU 4 — HALAKHA LEMA‘ASSÉ

Siman קמ״ז — le nom de l’idole

La halakha telle qu’elle se pratique : ce qu’on ne dit pas, ce qu’on peut dire, et le seul point où le Rama n’est pas suivi
יורה דעה · סימן קמ״ז
שֶׁלֹּא לְהַשְׁבִּיעַ בְּשֵׁם אֱלִילִים שֶׁל עוֹבְדֵי כּוֹכָבִים וְדִינֵי הַזְכָּרַת שְׁמָהּ
⚖️ Halakha lema‘assé · פסק
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Ce niveau met en ordre ce que le siman demande en pratique. Il ne s’appuie pas sur le Choulhan Aroukh HaRav — l’Admour HaZaken n’a pas écrit de Yoreh De‘ah — mais sur le Chakh, le Taz, le Baer Hetev et le Pit’hei Techouva, chacun cité à sa place.

Sujet : Le nom de l’idole — le serment, la mention, la moquerie
Source : שולחן ערוך יורה דעה סימן קמ״ז

Compilation : הרב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

  1. שורש הדין — la racine : ce que la bouche ne produit pas
  2. מה שמותר לומר — ce qu’il reste permis de dire
  3. גרמא — faire jurer un non-Juif, et l’ouverture du Radbaz
  4. אלהים ולא אלהיך — le point de psak du siman
  5. שיתוף — le renvoi à Orah Haïm 156, et ce qu’il en reste
  6. טבלת הפסק — le tableau de psak, seif par seif
  7. מקרים בני זמננו — cas contemporains
  8. מה שאין הסימן מכריע — ce que ce siman ne tranche pas
Cette page met en ordre la halakha telle que les décisionnaires de ce siman l’ont fixée. Elle ne remplace pas la décision d’un Rav : pour l’application à une situation réelle, consulte ton Rav.

1. שורש הדין — la racine : ce que la bouche ne produit pas

La ligne de base Deux choses ne sortent pas de la bouche d’un Juif : un vœu ou un serment prononcé au nom d’une idole, et le nom d’une idole lui-même. La première est passible de flagellation ; la seconde est interdite sans peine, mais sans exception non plus — le Mehaber écrit בין לצורך בין שלא לצורך.
« הנודר או נשבע בשם אלילים הרי זה היה לוקה » (שו״ע יו״ד קמ״ז:א)
« ואסור להזכירה בשמה בין לצורך בין שלא לצורך » (שו״ע יו״ד קמ״ז:א)
Où passe exactement la peine Le Rambam le dit sans ambiguïté, et c’est ce qui explique la double formule du Mehaber :
« וְאֵינוֹ לוֹקֶה אֶלָּא הַנּוֹדֵר בִּשְׁמָהּ וְהַמְקַיֵּם בִּשְׁמָהּ וְהוּא הַנִּשְׁבָּע בִּשְׁמָהּ » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ה׳ הלכה י״א)
« אֲפִלּוּ לְהַזְכִּיר שֵׁם עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים שֶׁלֹּא דֶּרֶךְ שְׁבוּעָה אָסוּר שֶׁנֶּאֱמַר לֹא תַזְכִּירוּ » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ה׳ הלכה י׳)

2. מה שמותר לומר — ce qu’il reste permis de dire

Trois permissions, écrites telles quelles
« שם חגים שלהם שהם כשמות בני אדם אין חשש להזכירם » (שו״ע יו״ד קמ״ז:ב)
« מותר להזכיר שם אלילים הכתובים בתורה כמו כרע בל קורס נבו העורכים לגד שולחן » (שו״ע יו״ד קמ״ז:ד)
« מותר להתלוצץ באלילים » (שו״ע יו״ד קמ״ז:ה)
Les deux limites à retenir (1) Un nom de fête qui est un nom d’homme se dit, mais pas dans la formule d’honneur que les non-Juifs y attachent — c’est la condition même du seif 2. (2) La permission des noms de l’Écriture ne se limite pas aux quatre exemples du Mehaber : le Chakh l’étend à tous les noms écrits.
« והוא שלא יקראם כמו שמזכירם אותם העובדי כוכבים בלשון חשיבות » (שו״ע יו״ד קמ״ז:ב)
« וכן בעל צפון ושאר אלילים הכתובים וכן כתב הפרישה ופשוט הוא » (ש״ך יו״ד קמ״ז ס״ק ב)

3. גרמא — faire jurer un non-Juif, et l’ouverture du Radbaz

L’interdit, et le seul aménagement rapporté
« אסור לגרום לעובד כוכבים שידור או שישבע בשם אלילים » (שו״ע יו״ד קמ״ז:ג)
« עיין בתשובת רדב״ז החדשות סימן קס״ו שכתב דבזמן שהוא כמציל מותר » (פתחי תשובה יו״ד קמ״ז ס״ק א)
« ובלבד שלא יאמר לו השבע לי בשם עבודת כוכבים פלוני אלא אומר לו סתם השבע לי והוא ישבע לו במה שירצה ע״ש » (פתחי תשובה יו״ד קמ״ז ס״ק א)

Ce que Rabbénou Tam ajoute, par le Beit Yossef

L’interdit de la guemara portait sur le fait de s’associer. Une fois la société faite, prendre le serment pour ne pas perdre son bien est permis :

« וכתבו התוס׳ והרא״ש בשם ר״ת שאם כבר נשתתף עמו מותר ליקח ממנו שבועה קודם שיפסיד ממונו » (בית יוסף יו״ד קמ״ז)
Ce qui se pratique On ne provoque pas le serment d’un non-Juif par son idole. Là où il y a perte réelle et où la situation est celle d’un sauvetage, le Pit’hei Techouva rapporte le Radbaz : on peut lui demander de jurer sans nommer soi-même l’idole — « jure-moi », et il jure par ce qu’il veut. La condition n’est pas accessoire : c’est elle qui garde le nom hors de ma bouche.

4. אלהים ולא אלהיך — le point de psak du siman

Le Rama d’un côté, le Taz, le Bach, le Chakh et le Baer Hetev de l’autre

« מותר לומר לעובד כוכבים אלהיך יהיה בעזרך או יצליח מעשיך » (שו״ע יו״ד קמ״ז:ה)
« ואמירה זו דאלהיך נראה שהוא איסור גמור שמחזיק ידי עובדי אליל » (ט״ז יו״ד קמ״ז ס״ק ב)
« והב״ח כתב דדוקא אלהים יהיה בעזרך מותר אבל אלהי״ך אסור ודלא כהעט״ז » (ש״ך יו״ד קמ״ז ס״ק ג)
« אבל חלילה לומר לעובד כוכבים בלשון נוכח דהוה מחזיק ידי עובד כוכבים אלא יאמר אלהים יהיה בעזרך וכן הב״ח קבע כן להלכה עכ״ל » (באר היטב יו״ד קמ״ז ס״ק ב)
« עט״ז וש״ך ועיין בתשובת מקום שמואל סימן ל״ד » (פתחי תשובה יו״ד קמ״ז ס״ק ג)
La ligne de psika C’est le seul endroit du siman où les Aharonim n’ont pas suivi la glose du Rama, et ils l’ont fait d’une seule voix : le Taz après vérification de la source, le Bach qui « l’a fixé ainsi pour la halakha », le Chakh qui rapporte le Bach et écarte expressément le Levouch, le Baer Hetev qui reprend les deux. La formule à employer est donc אלהים יהיה בעזרך — et יצליח מעשיך, qui ne nomme personne, ne fait difficulté pour aucun d’eux. Le souhait de réussite reste permis ; ce qui tombe, c’est le possessif.

5. שיתוף — le renvoi à Orah Haïm 156, et ce qu’il en reste

Ce que le siman renvoie ailleurs Le seif 3 se termine par un renvoi, et le Chakh comme le Baer Hetev ne font que le répéter : la loi de la société avec un non-Juif se traite en Orah Haïm 156 et en Hochen Michpat 182.
« בסופו ועיין בח״מ ר״ס קפ״ב בטור ופוסקים מדין שותפות עם העובד כוכבים » (ש״ך יו״ד קמ״ז ס״ק א)
Ce que le Pit’hei Techouva en retient Il rapporte le raisonnement d’allègement du Rama, puis la réfutation du Noda BiYehouda, puis son propre partage : la vérité est du côté du Noda BiYehouda, mais elle n’est pas l’intention du Rama.
« ולא מצינו שיש בזה משום לפ״ע דהרי אינם מוזהרים על השיתוף » (פתחי תשובה יו״ד קמ״ז ס״ק ב)
« אבל כשעובד עבודת כוכבים בשיתוף אין חילוק כלל בין ישראל לעובד כוכבים » (פתחי תשובה יו״ד קמ״ז ס״ק ב)
« ולע״ד אף שהאמת כן הוא מ״מ אי אפשר לומר כן בדעת הרמ״א ז״ל » (פתחי תשובה יו״ד קמ״ז ס״ק ב)
Ce qu’il faut en faire Notre siman ne tranche pas la question du chitouf : il renvoie. Ce qu’il fixe pour sa part est plus étroit et plus ferme — ne pas provoquer le serment. Le reste appartient au siman 156 d’Orah Haïm, et l’avertissement du Pit’hei Techouva vaut d’être retenu tel quel : la formule reçue « les non-Juifs ne sont pas commandés sur l’association » ne se transporte pas d’un contexte à l’autre.

6. טבלת הפסק — le tableau de psak, seif par seif

SeifLa halakhaQui la fixe
אVœu ou serment au nom d’une idole : interdit, et passible de flagellationשו״ע יו״ד קמ״ז:א · רמב״ם הלכות עבודה זרה פרק ה׳
אPrononcer le nom d’une idole : interdit, pour un besoin comme sans besoinשו״ע יו״ד קמ״ז:א · ט״ז ס״ק א
בNom de fête qui est un nom d’homme : permis, hors formule de dignitéשו״ע יו״ד קמ״ז:ב
גFaire jurer ou vouer un non-Juif par son idole : interditשו״ע יו״ד קמ״ז:ג
גEn cas de sauvetage : « jure-moi », sans nommer l’idoleפתחי תשובה יו״ד קמ״ז ס״ק א
דNoms d’idoles écrits dans l’Écriture : permis — et tous, non seulement les quatre citésשו״ע יו״ד קמ״ז:ד · ש״ך ס״ק ב
הSe moquer des idoles : permisשו״ע יו״ד קמ״ז:ה · מגילה כ״ה ע״ב
הSouhait à un non-Juif : « אלהים יהיה בעזרך », non « אלהיך »ט״ז ס״ק ב · ש״ך ס״ק ג · באר היטב ס״ק ב

7. מקרים בני זמננו — cas contemporains

Nommer une divinité dans une conversation, un cours, un examen Le seif 1 vise la mention comme telle, « pour un besoin comme sans besoin ». Les noms que l’Écriture a écrits sont hors du champ (seif 4), et le Chakh les compte tous. Pour ce qui n’y est pas écrit, la question se pose telle que le siman la pose, et la réponse pratique dépend du cas : consulte ton Rav.
Les noms de jours, de mois et de fêtes C’est exactement le seif 2 : des noms de fêtes qui sont aussi des noms d’hommes. Le Mehaber ne les interdit pas ; sa condition porte sur la manière — ne pas les dire dans la formule de dignité que les non-Juifs y attachent.
Un serment à prêter par un non-Juif dans une affaire d’argent Le seif 3 interdit de le provoquer. Rabbénou Tam, rapporté par le Beit Yossef, permet de prendre le serment quand la société est déjà faite et que le bien serait perdu. Le Radbaz, rapporté par le Pit’hei Techouva, ajoute la condition de forme : ne pas nommer l’idole.
Souhaiter du succès à un collègue ou à un voisin non juif Permis. La formule retenue par les décisionnaires est « אלהים יהיה בעזרך » — ou simplement un souhait de réussite, « יצליח מעשיך », qui ne nomme personne. Ce que le Taz, le Bach, le Chakh et le Baer Hetev écartent, c’est le possessif « ton dieu ».
Plaisanter sur une idole ou sur un culte Le seif 5 le permet expressément, et la guemara de Meguila en fait la seule moquerie permise. La permission porte sur l’idole, non sur la personne.

8. מה שאין הסימן מכריע — ce que ce siman ne tranche pas

Trois choses restent hors de portée de ce siman, et il vaut mieux les nommer que de les deviner. (1) La loi de la société avec un non-Juif : le seif 3 y renvoie, il ne la tranche pas. (2) La question de savoir si les non-Juifs sont commandés sur l’association : le Pit’hei Techouva la rapporte, la juge tranchée par le Noda BiYehouda, et refuse pourtant de l’attribuer au Rama. (3) Le statut des noms qui ne sont ni des noms d’hommes ni des noms de l’Écriture — le siman donne la règle, non la liste.
Rappel : le Choulhan Aroukh HaRav ne couvre pas Yoreh De‘ah — l’Admour HaZaken ne l’a pas écrit. Ce niveau 4 est un niveau de psak, appuyé sur le Chakh, le Taz, le Baer Hetev et le Pit’hei Techouva. Les Nekoudot HaKessef ne commentent pas ce siman.
Les sources de ce niveau sont consultables sur Sefaria :
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן קמ״ז · Niveau 4 — Halakha lema‘assé · שלא להשביע בשם אלילים של עובדי כוכבים
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