Siman 147 — Ne pas jurer par le nom des idoles, et les lois de la mention de leur nom
Cinq seifim — le Choulhan Aroukh l’annonce lui-même : ובו ה׳ סעיפים. Le siman ne traite ni de l’idole ni de son culte, mais de son nom : jurer par lui (flagellation), le prononcer (interdit, « pour un besoin comme sans besoin »), le faire prononcer à un non-Juif. Et, en regard, trois permissions : les noms de fêtes qui sont des noms d’hommes, les noms que l’Écriture a écrits, et la moquerie (Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 147 — 5 seifim)
ואסור להזכירה בשמה בין לצורך בין שלא לצורך
Il est interdit de la mentionner par son nom, que ce soit pour un besoin ou sans besoin. Onze mots, et le siman entier : ce n’est pas l’idole qui est en cause ici, c’est son nom — et l’interdit ne connaît pas d’exception de nécessité.
Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 147:1
Les 4 niveaux d’étude
NIVEAU 01
רמת המתחיל
Base — Débutant & Intermédiaire
Texte hébreu des cinq seifim avec traduction française fluide. Le serment par l’idole, la mention de son nom, les noms de fêtes, la gramma, les noms de l’Écriture et la moquerie — expliqués pas à pas, avec la braïta de Sanhédrin, le Rambam, le Tour, le Beit Yossef, et le Chakh, le Taz, le Baer Hetev et le Pit’hei Techouva en entier.
Pilpoul approfondi : la ḥakira de l’interdit de mention — interdit propre ou clôture du serment ; la rebouta du mot אפילו chez le Taz contre la difficulté du Beit Yossef ; la gramma et le Radbaz ; le chitouf, le Rama d’Orah Haïm 156 et le Noda BiYehouda ; et la ma’hloket sur « אלהיך ».
Un tableau-maître des cinq seifim clause par clause, les questions-réflexes, la ma’hloket sur « אלהיך », les cinq règles d’or, les cinq mots du siman et les quatre pièges classiques.
La halakha pratique selon le ש״ך, le ט״ז, le באר היטב et le פתחי תשובה, puis les cas contemporains. Note : l’Admour HaZaken n’a pas écrit de Choulhan Aroukh sur Yoreh De'ah — niveau de psak, non “Daat HaRav” ; les Nekoudot HaKessef ne commentent pas ce siman.
Deux choses, et elles n’ont pas la même gravité. Le vœu ou le serment prononcé au nom d’une idole est passible de flagellation :
« הנודר או נשבע בשם אלילים הרי זה היה לוקה » (שו״ע יו״ד קמ״ז:א)
Et prononcer son nom est interdit sans exception de besoin :
« ואסור להזכירה בשמה בין לצורך בין שלא לצורך » (שו״ע יו״ד קמ״ז:א)
Le Rambam précise que seuls le vœu et le serment exposent à la peine :
« וְאֵינוֹ לוֹקֶה אֶלָּא הַנּוֹדֵר בִּשְׁמָהּ וְהַמְקַיֵּם בִּשְׁמָהּ וְהוּא הַנִּשְׁבָּע בִּשְׁמָהּ » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ה׳ הלכה י״א) Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
Peut-on dire les noms des fêtes et des jours ?
Le seif 2 le permet quand ces noms sont aussi des noms de personnes :
« שם חגים שלהם שהם כשמות בני אדם אין חשש להזכירם » (שו״ע יו״ד קמ״ז:ב)
Avec une seule condition, qui porte sur la manière :
« והוא שלא יקראם כמו שמזכירם אותם העובדי כוכבים בלשון חשיבות » (שו״ע יו״ד קמ״ז:ב) Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
Peut-on faire prêter serment à un non-Juif ?
Le seif 3 l’interdit :
« אסור לגרום לעובד כוכבים שידור או שישבע בשם אלילים » (שו״ע יו״ד קמ״ז:ג)
Le Pit’hei Techouva rapporte pourtant le Radbaz, pour le cas où l’on sauve son bien :
« עיין בתשובת רדב״ז החדשות סימן קס״ו שכתב דבזמן שהוא כמציל מותר » (פתחי תשובה יו״ד קמ״ז ס״ק א)
Et il donne la condition de forme :
« ובלבד שלא יאמר לו השבע לי בשם עבודת כוכבים פלוני אלא אומר לו סתם השבע לי והוא ישבע לו במה שירצה ע״ש » (פתחי תשובה יו״ד קמ״ז ס״ק א) Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
Pourquoi peut-on dire « Bel » et « Nebo » ?
Parce que l’Écriture les a écrits — c’est le seif 4 :
« מותר להזכיר שם אלילים הכתובים בתורה כמו כרע בל קורס נבו העורכים לגד שולחן » (שו״ע יו״ד קמ״ז:ד)
La guemara le donne au nom de Rabbi Yohanan :
« כׇּל עֲבוֹדָה זָרָה הַכְּתוּבָה בַּתּוֹרָה – מוּתָּר לְהַזְכִּיר שְׁמָהּ » (סנהדרין ס״ג ע״ב)
Et le Chakh étend la permission au-delà des exemples cités :
« וכן בעל צפון ושאר אלילים הכתובים וכן כתב הפרישה ופשוט הוא » (ש״ך יו״ד קמ״ז ס״ק ב) Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
Peut-on souhaiter à un non-Juif que son dieu l’aide ?
Le Rama l’écrit ainsi :
« מותר לומר לעובד כוכבים אלהיך יהיה בעזרך או יצליח מעשיך » (שו״ע יו״ד קמ״ז:ה)
Mais le Taz est allé vérifier la source, et conclut :
« ואמירה זו דאלהיך נראה שהוא איסור גמור שמחזיק ידי עובדי אליל » (ט״ז יו״ד קמ״ז ס״ק ב)
Et le Chakh rapporte le verdict du Bach :
« והב״ח כתב דדוקא אלהים יהיה בעזרך מותר אבל אלהי״ך אסור ודלא כהעט״ז » (ש״ך יו״ד קמ״ז ס״ק ג) Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.