✦ ❖ ✦ D A A T · N I V E A U 3 — S Y N T H È S E / R É V I S I O N ✦ ❖ ✦

Siman קמ״ז — le nom de l’idole

שֶׁלֹּא לְהַשְׁבִּיעַ בְּשֵׁם אֱלִילִים שֶׁל עוֹבְדֵי כּוֹכָבִים וְדִינֵי הַזְכָּרַת שְׁמָהּ

Cinq seifim. Deux interdits qui sortent de la bouche — jurer, prononcer — et trois permissions qui viennent d’ailleurs : les noms d’hommes, les noms de l’Écriture, la moquerie.
Révision structurée, tableaux de psak, mémorisation rapide


Source : Shulchan Aroukh, Yoreh De'ah קמ״ז — 5 seifim
Nossei kelim : ש״ך (3 ס״ק) · ט״ז (2 ס״ק) · באר היטב (2 ס״ק) · פתחי תשובה (3 ס״ק) · בית יוסף · טור
Compilation : הרב יוסף חיים סממה · DAAT
Pour les étudiants ayant maîtrisé les Niveaux 1 et 2
daattorah.com

📑 Plan de la synthèse

  1. L’axiome : ce qui sort de la bouche, et ce qui vient de l’Écrit
  2. Les 3 questions-réflexes
  3. Tableau-maître — les cinq seifim clause par clause
  4. La rebouta du « même » : Beit Yossef, Taz, Mehaber
  5. La gramma : le Rambam, Rabbénou Tam, le Radbaz
  6. Le chitouf : le Rama, le Noda BiYehouda, le Pit’hei Techouva
  7. « אלהיך » ou « אלהים » : la seule ma’hloket du siman
  8. Les 5 règles d’or
  9. Mnémonique — les cinq mots du siman
  10. Les 4 pièges classiques, et la carte-éclair finale

1. L’axiome : ce qui sort de la bouche, et ce qui vient de l’Écrit

Le point de départ :

Le siman ne parle ni de l’idole ni de son culte : il parle de son nom. Ce qui est interdit, c’est ce que ma bouche en fait — jurer par lui, le prononcer, le faire prononcer à autrui. Ce qui est permis, c’est ce que l’Écriture en a déjà fait — les noms qu’elle a écrits, et la moquerie dont le prophète a donné le modèle.

D’où l’axiome : à chaque ligne, demande d’où vient le mot. S’il vient de ma bouche, il est en question ; s’il vient du verset, il est couvert.

La source, dans la braïta :

« שֶׁלֹּא יִדּוֹר בִּשְׁמוֹ וְלֹא יְקַיֵּים בִּשְׁמוֹ, וְלֹא יִגְרוֹם לַאֲחֵרִים שִׁידְּרוּ בִּשְׁמוֹ וְשֶׁיְּקַיְּימוּ בִּשְׁמוֹ » (סנהדרין ס״ג ע״ב)
« אֲפִלּוּ לְהַזְכִּיר שֵׁם עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים שֶׁלֹּא דֶּרֶךְ שְׁבוּעָה אָסוּר שֶׁנֶּאֱמַר לֹא תַזְכִּירוּ » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ה׳ הלכה י׳)

Et la limite de la sanction :

« וְאֵינוֹ לוֹקֶה אֶלָּא הַנּוֹדֵר בִּשְׁמָהּ וְהַמְקַיֵּם בִּשְׁמָהּ וְהוּא הַנִּשְׁבָּע בִּשְׁמָהּ » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ה׳ הלכה י״א)
💡 Le repère : לוקה pour le serment, ואסור pour la mention. Deux mots du Mehaber, deux régimes.

2. Les 3 questions-réflexes

1. Est-ce un engagement ou une parole ? Vœu ou serment : flagellation (seif 1). Simple mention : interdit, mais sans peine — et « pour un besoin comme sans besoin ».
2. Le mot vient-il de l’Écriture ? Bel, Nebo, Gad, Baal Tsefon et les autres noms écrits : permis (seif 4, Chakh ס״ק ב). Un nom qu’elle n’a pas écrit : non.
3. Qui parle ? Moi : seifim 1, 2, 4, 5. Un autre, par mon fait : seif 3 — et alors ne nomme pas l’idole toi-même (Pit’hei Techouva ס״ק א, au nom du Radbaz).

3. Tableau-maître — les cinq seifim clause par clause

Clause du seifQui parleCe qui en résulte
הנודר או נשבע בשם אלילים הרי זה היה לוקהMehaberL’engagement au nom de l’idole : flagellation
ואסור להזכירה בשמה בין לצורך בין שלא לצורךMehaberLa mention : interdite, sans exception de besoin
שם חגים שלהם שהם כשמות בני אדם אין חשש להזכירםMehaberUn nom d’homme reste un mot de la langue commune
והוא שלא יקראם כמו שמזכירם אותם העובדי כוכבים בלשון חשיבותMehaberLa condition : pas dans leur formule de dignité
אסור לגרום לעובד כוכבים שידור או שישבע בשם אליליםMehaberL’interdit s’étend à ce que je fais dire
מותר להזכיר שם אלילים הכתובים בתורהMehaberCe que l’Écriture a écrit peut être prononcé
מותר להתלוצץ באליליםMehaberLa seule moquerie permise (מגילה כ״ה ע״ב)
מותר לומר לעובד כוכבים אלהיך יהיה בעזרך או יצליח מעשיךRamaPermis pour le Rama ; le Taz, le Bach et le Chakh n’admettent que אלהים

4. La rebouta du « même » : Beit Yossef, Taz, Mehaber

Le Beit Yossef reproche au Tour d’avoir mal placé son « même ». Le Taz montre qu’il en portait deux enseignements. Le Mehaber, lui, a écrit la formule que le Beit Yossef réclamait.

« ואסור אפילו להזכירה בשמה בחנם שלא לצורך » (טור יו״ד קמ״ז)
« וא״כ כך היה לו לרבינו לכתוב אסור להזכירה בשמה בחנם בין לצורך בין שלא לצורך » (בית יוסף יו״ד קמ״ז)
« האי אפילו קאי על שני רבותות » (ט״ז יו״ד קמ״ז ס״ק א)
« ועל פי זה ניחא לשון הרא״ש והטור ממה שהקשה עליהם ב״י » (ט״ז יו״ד קמ״ז ס״ק א)
« ואסור להזכירה בשמה בין לצורך בין שלא לצורך » (שו״ע יו״ד קמ״ז:א)
Ce qu’il faut retenir — l’interdit de mention ne connaît pas d’exception de besoin. Le Taz ajoute une raison qui va plus loin que la lettre : se servir du nom comme repère נראה כמו שנותן בה ממש.

5. La gramma : le Rambam, Rabbénou Tam, le Radbaz

Le seif 3 ne porte pas sur ma parole mais sur celle que je provoque. La braïta le tire de la seconde moitié du verset, et le Beit Yossef en donne la lecture.

« והתורה אמרה לא ישמע על פיך לא ישמע בגרמא שלך » (בית יוסף יו״ד קמ״ז)
« וְאָסוּר לִגְרֹם לַאֲחֵרִים שֶׁיִּדְּרוּ וְשֶׁיְּקַיְּמוּ בְּשֵׁם עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ה׳ הלכה י״א)
« וכתבו התוס׳ והרא״ש בשם ר״ת שאם כבר נשתתף עמו מותר ליקח ממנו שבועה קודם שיפסיד ממונו » (בית יוסף יו״ד קמ״ז)
« ובלבד שלא יאמר לו השבע לי בשם עבודת כוכבים פלוני אלא אומר לו סתם השבע לי והוא ישבע לו במה שירצה ע״ש » (פתחי תשובה יו״ד קמ״ז ס״ק א)
La ligne pratique — on ne provoque pas le serment ; là où la perte est réelle, on demande « jure-moi » sans nommer, et l’autre jure par ce qu’il veut.

6. Le chitouf : le Rama, le Noda BiYehouda, le Pit’hei Techouva

Le renvoi du seif 3 à Orah Haïm 156 ouvre sur la question la plus discutée du siman : les non-Juifs sont-ils commandés sur l’association ?

QuiCe qu’il tientOù c’est écrit
Rabbénou Yerou’ham, cité par le Beit YossefIl n’y a pas de לפני עור : ils n’ont pas été avertis sur l’associationבית יוסף יו״ד קמ״ז
Le Rama, en Orah Haïm 156Il y a qui allègent la société, pour ce motifפתחי תשובה יו״ד קמ״ז ס״ק ב
Le Noda BiYehoudaC’est une erreur : dans le service en association il n’y a aucune différenceפתחי תשובה יו״ד קמ״ז ס״ק ב
Le Pit’hei TechouvaLa vérité est avec lui, mais ce n’est pas l’intention du Ramaפתחי תשובה יו״ד קמ״ז ס״ק ב
« אבל כשעובד עבודת כוכבים בשיתוף אין חילוק כלל בין ישראל לעובד כוכבים » (פתחי תשובה יו״ד קמ״ז ס״ק ב)
« ולע״ד אף שהאמת כן הוא מ״מ אי אפשר לומר כן בדעת הרמ״א ז״ל » (פתחי תשובה יו״ד קמ״ז ס״ק ב)

7. « אלהיך » ou « אלהים » : la seule ma’hloket du siman

C’est la seule ma’hloket du siman, et elle tient à un suffixe.

« מותר לומר לעובד כוכבים אלהיך יהיה בעזרך או יצליח מעשיך » (שו״ע יו״ד קמ״ז:ה)
« ואמירה זו דאלהיך נראה שהוא איסור גמור שמחזיק ידי עובדי אליל » (ט״ז יו״ד קמ״ז ס״ק ב)
« והב״ח כתב דדוקא אלהים יהיה בעזרך מותר אבל אלהי״ך אסור ודלא כהעט״ז » (ש״ך יו״ד קמ״ז ס״ק ג)
« אבל חלילה לומר לעובד כוכבים בלשון נוכח דהוה מחזיק ידי עובד כוכבים אלא יאמר אלהים יהיה בעזרך וכן הב״ח קבע כן להלכה עכ״ל » (באר היטב יו״ד קמ״ז ס״ק ב)
⚠️ Le piège — le Rama n’a pas été contredit sur le fond — souhaiter réussite à un non-Juif reste permis — mais sur la formule. Le Taz, le Bach, le Chakh et le Baer Hetev veulent אלהים יהיה בעזרך, sans le suffixe.

8. Les 5 règles d’or

  1. Jurer ou vouer au nom d’une idole est passible de flagellation ; la mention est interdite, mais sans peine.
  2. La mention est interdite « pour un besoin comme sans besoin » : il n’y a pas d’exception de nécessité.
  3. Un nom de fête qui est aussi un nom d’homme se dit — mais pas dans la formule de dignité des non-Juifs.
  4. On ne fait pas jurer un non-Juif par son idole ; là où la perte est réelle, on dit « jure-moi » sans nommer.
  5. Les noms que l’Écriture a écrits sont dicibles, et la moquerie de l’idole est permise.

9. Mnémonique — les cinq mots du siman

Cinq seifim, cinq mots — dans l’ordre du siman :

שְׁבוּעָה · חַגִּים · גְּרָמָא · כְּתוּבִים · לֵיצָנוּת

Le serment, les fêtes, la cause, l’Écrit, le rire. Les deux premiers mots gouvernent la bouche, le troisième la bouche d’autrui, les deux derniers rendent la parole.

10. Les 4 pièges classiques, et la carte-éclair finale

  1. Croire que la mention est permise « pour un besoin ». Le Mehaber écrit expressément le contraire.
  2. Croire que la flagellation s’applique à la mention. Le Rambam ne la met que sur le vœu et le serment.
  3. Croire que le seif 2 interdit les noms de fêtes. Il les permet ; ce qu’il interdit, c’est la formule de dignité.
  4. Croire que le Rama a été écarté sur le fond du seif 5. Il l’a été sur un seul mot — אלהיך.
Carte-éclair
Seif 1 — jurer : flagellation ; mentionner : interdit, toujours. Seif 2 — noms d’hommes : permis, sauf en langage de dignité. Seif 3 — faire jurer : interdit ; Radbaz : « jure-moi » sans nommer. Seif 4 — noms de l’Écriture : permis, et le Chakh les étend. Seif 5 — moquerie : permise ; et pour le souhait, dis « אלהים », non « אלהיך ».
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן קמ״ז · Niveau 3 — Synthèse · שלא להשביע בשם אלילים של עובדי כוכבים
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