Siman 159 — Prêter à intérêt au non-Juif et au moumar
Trois seifim — le Choulhan Aroukh l’annonce lui-même : ובו ג׳ סעיפים. C’est le premier siman des lois du prêt à intérêt, qui courent jusqu’au siman 177. Il n’ouvre pas sur un interdit mais sur une permission : à qui peut-on prêter à intérêt, et de qui ne peut-on pas emprunter. Le non-Juif, le moumar, puis les Koutim, les Karaïtes et l’enfant capturé. (Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 159 — 3 seifim)
דבר תורה מותר להלוות לעובד כוכבים ברבית
Selon la Torah, il est permis de prêter à intérêt à un non-Juif. Six mots, et tout le bloc des lois de l’intérêt s’ouvre par une permission : l’interdit ne pèse qu’entre frères.
Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 159:1
Les 4 niveaux d’étude
NIVEAU 01
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Base — Débutant & Intermédiaire
Texte hébreu des trois seifim avec traduction française fluide. Ce que la Torah permet, ce que les Sages ont interdit et pourquoi c’est permis aujourd’hui ; le moumar ; les Koutim, les Karaïtes et l’enfant capturé — avec la sougya de Bava Metzia, les versets, le Tour, le Beit Yossef, le Chakh, le Taz, le Baer Hetev, le Pit’hei Techouva, les Nekoudot HaKessef et le Rambam en entier.
Pilpoul approfondi : la kouchia du Taz sur le lien entre רבית et וחי אחיך עמך et son terouts ; la nature du היתר de האידנא — décret abrogé ou raison éteinte ; le lifnei iver du Séfer HaTeroumot et la réponse à la Perisha ; l’inversion des Gueonim entre להכעיס et לתיאבון ; le צ״ע du Chakh sur les Koutim et la réponse du Tif’eret Tsvi ; et la correction que les Nekoudot HaKessef s’adressent à eux-mêmes.
Un tableau-maître des trois seifim clause par clause, la double table “prêter / emprunter”, le fondement de וחי אחיך עמך, le décret et son abandon, les trois figures du seif 3, le vocabulaire du bloc ריבית, les règles d’or, la mnémonique et les pièges classiques.
La halakha pratique selon le ש״ך, le ט״ז, le באר היטב, le פתחי תשובה et les נקודות הכסף, puis les cas contemporains. Note : l’Admour HaZaken n’a pas écrit de Choulhan Aroukh sur Yoreh De’ah — niveau de psak, non “Daat HaRav”.
Pourquoi est-il permis de prêter à intérêt à un non-Juif ?
Le seif l’ouvre par le droit de la Torah :
« דבר תורה מותר להלוות לעובד כוכבים ברבית » (שו״ע יו״ד קנ״ט:א) Et le Tour en donne la raison :
« דבר תורה מותר להלוות לעובד כוכבים ברבית דטעמא דרבית דכתיב וחי אחיך עמך ועובד כוכבים לא היו מצווין להחיותו » (טור יו״ד קנ״ט) Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
Si la Torah le permet, pourquoi les Sages l’avaient-ils interdit — et pourquoi est-ce permis aujourd’hui ?
Le décret et ses trois exceptions sont dans le seif :
« וחכמים אסרוהו אם לא כדי חייו או לת״ח או ברבית דרבנן והאידנא מותר » (שו״ע יו״ד קנ״ט:א) Le Chakh en donne la raison :
« וחכמים אסרו. משום גזירה שמא ילמוד ממעשיו ובת״ח ליכא למיחש להכי » (ש״ך יו״ד קנ״ט ס״ק א) Et il explique pourquoi elle ne vaut plus :
« אם כן לא שייך ברבית שמא ילמוד ממעשיו טפי משאר משא ומתן » (ש״ך יו״ד קנ״ט ס״ק ב) Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
Peut-on prêter à intérêt à un Juif devenu moumar ?
Le seif 2 le permet, et interdit l’inverse :
« מומר מותר להלוותו ברבית ואסור ללוות ממנו ברבית » (שו״ע יו״ד קנ״ט:ב) Mais la glose retient une rigueur :
« ויש מחמירין אף במומר להלוותו (המרדכי והגהות מיימוני בשם ראבי״ה ורש״י וסמ״ג ובמהרי״ל) וטוב להחמיר אם אפשר להשמט ממנו » (רמ״א יו״ד קנ״ט:ב) Et le Pit’hei Techouva précise ce que cette rigueur veut dire :
« עיין בתשובת תפארת צבי שם שכתב דעכ״פ ודאי דאסור להלוות לו בלא רבית וכן מוכח לשון רמ״א שכתב אם יכול להשמט אבל בלא רבית אסור רק לא ילוה כלל » (פתחי תשובה יו״ד קנ״ט ס״ק ד) Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
Pourquoi ne peut-on pas emprunter à intérêt à un moumar, si on peut lui prêter ?
Le Chakh donne les deux interdits :
« ואסור ללוות ממנו. משום לא תשיך ומשום לפני עור לא תתן מכשול » (ש״ך יו״ד קנ״ט ס״ק ג) Et le Taz explique la dissymétrie :
« אבל להלוות ממנו ולתת לו רבית ודאי אסור שהרי הוא עושה איסור במה שלוקח ממך א״כ שייך בנותנו משום לא תשיך לאחיך דאעפ״י שחטא ישראל הוא » (ט״ז יו״ד קנ״ט ס״ק ג) Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
Le seif 3 parle des Koutim et des Karaïtes : que reste-t-il de cette distinction ?
Le seif pose les deux statuts :
« כותיים יש להם דין מומר לעבודת כוכבים. הקראים אין להם דין מומרים ואסור להלוותם ברבית » (שו״ע יו״ד קנ״ט:ג) Le Chakh conteste la conséquence tirée pour les Koutim :
« אלא ודאי הם עובדי כוכבים גמורים לכל דבר ואם כן מותר להלוות מהן גם כן ברבית » (ש״ך יו״ד קנ״ט ס״ק ה) Et le Pit’hei Techouva lui répond :
« ועיין בתשובת תפארת צבי שם שתמה עליו דנהי דעשאום כעובדי כוכבים אף להקל מ״מ מי הפקיע אותם מהמצות דנימא דאינם מצווים שום דבר דלא נעבור על לפ״ע והעלה להחמיר דאסור ללוות מהם ברבית » (פתחי תשובה יו״ד קנ״ט ס״ק ה) Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.