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DAAT · NIVEAU 2 — LAMDAN

Siman 182 — Un homme ne portera pas un vêtement de femme

יורה דעה · סימן קפ״ב
דברים האסורים משום לא ילבש גבר שמלת אשה
לא ילבש · מעביר שער · תיקוני אשה · מלקות ומכת מרדות
📜 רמת הלמדן · Talmid Hakham
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Pilpoul et étude approfondie

Sources, ḥakira de fond, ma’hlokot des Richonim et des A’haronim,
nafka minot pour la halakha

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן קפ״ב (ו׳ סעיפים)
עם נושאי כלים: ש״ך (ח׳ ס״ק), ט״ז (ז׳ ס״ק), באר היטב (ה׳ ס״ק), בית יוסף, טור

Fondement :
רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק י״ב · נזיר נ״ט ע״א · ספר יראים

Rédaction et iyoun :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

📑 Table des matières

  1. מהו לא ילבש — l’acte, ou le résultat
  2. תער ומספרים — les trois avis du Tour, et le Taz qui n’est d’aucun
  3. לכתחילה והחברים — la portée de la glose
  4. מראשו ועד רגליו — le ל״ד du Chakh
  5. לרפואה או ליפוי — croit-on celui qui déclare ?
  6. לחוך בידו ובבגדו — Rachi, les Tossefot et Rabbi Tarfon
  7. מלקות או מדרבנן — la ligne de partage du ס״ק ו
  8. היתרי הב״ח — deux permissions, et ce qu’il en reste
  9. פורים ושמחת חתן — trois voix, et une conclusion
  10. צבע ומראה — l’asymétrie du seif 6

1. מהו לא ילבש — l’acte, ou le résultat

↩ Explication détaillée (niveau 1)
La lecture du Chakh, posée dès sa première note
« משום לא ילבש גבר שמלת אשה שדרשו חז״ל דלאו דוקא שמלת אשה אלא ה״ה שאר תיקוני אשה לנוי וליופי » (ש״ך יו״ד קפ״ב ס״ק א)
« נתבאר דאסור לאיש להסתכל במראה משום לא ילבש גבר שמלת אשה ע״ש: » (ש״ך יו״ד קפ״ב ס״ק א)
« היו מכין. משום לא ילבש גבר שמלת אשה שדרשו חז״ל דלאו דוקא שמלת אשה אלא ה״ה שאר תיקוני אשה לנוי וליופי » (באר היטב יו״ד קפ״ב ס״ק א)
Ḥakira : qu’est-ce que le verset interdit ? (א) L’acte d’ornement. Est interdit tout geste par lequel un homme se pare comme une femme se pare — l’interdit est dans l’intention et dans la finalité, לנוי וליופי. (ב) Le résultat d’indistinction. Est interdit ce qui fait qu’un homme ne se distingue plus d’une femme — l’interdit est dans l’effet produit sur le regard d’autrui.
Nafka mina (1) Le poil de l’aisselle, que nul ne voit : selon (א) il est interdit là où c’est un geste de femme ; selon (ב) il ne devrait pas l’être du tout — et de fait il n’est interdit que de rabbinique. (2) Un seul vêtement, alors que le reste de l’habit trahit qui le porte : selon (א) c’est un ornement et c’est interdit ; selon (ב) il n’y a pas d’indistinction. La glose tranche pour l’interdit. (3) Un vêtement mis contre la pluie : selon (א) il n’y a pas d’ornement et le Taz permet ; selon (ב) le Bah interdit, parce qu’on marche ensemble sans reconnaître. Les deux côtés de la ‘hakira sont ainsi tous deux représentés dans l’appareil.
« ואפילו באחד מן הבגדים כו׳. מבואר בבית יוסף דבזה יש מלקות כיון דניכר ההבדל בין איש לאשה משא״כ בהעברת שער בית השחי דאינו ניכר בפרהסיא על כן אין אסור אלא מדרבנן: » (ט״ז יו״ד קפ״ב ס״ק ו)
« לא תעדה אשה. משמע דרך עידוי וקישוט אסור אבל אם עושה כן מפני החמה או צנה או גשמים אין איסור כן » (ט״ז יו״ד קפ״ב ס״ק ד)
Et le siman tient les deux ensemble Le Taz, au ס״ק ו, ne choisit pas entre les deux côtés : il les hiérarchise. Ce qui rend indistinct — un vêtement — est de la Torah et emporte des coups ; ce qui n’est qu’un ornement invisible — le poil de l’aisselle — n’est interdit que de rabbinique. Le critère qu’il donne est explicite : דאינו ניכר בפרהסיא. La ‘hakira ne se résout donc pas par l’élimination d’un côté mais par un ordre : (ב) fonde le degré supérieur, (א) fonde le degré inférieur.
« הַעֲבָרַת הַשֵּׂעָר מִשְּׁאָר הַגּוּף כְּגוֹן בֵּית הַשֶּׁחִי וּבֵית הָעֶרְוָה אֵינוֹ אָסוּר מִן הַתּוֹרָה אֶלָּא מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים וְהַמַּעֲבִירוֹ מַכִּין אוֹתוֹ מַכַּת מַרְדּוּת. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים בְּמָקוֹם שֶׁאֵין מַעֲבִירִין אוֹתוֹ אֶלָּא נָשִׁים כְּדֵי שֶׁלֹּא יְתַקֵּן עַצְמוֹ תִּקּוּן נָשִׁים. אֲבָל בְּמָקוֹם שֶׁמַּעֲבִירִין הַשֵּׂעָר הַנָּשִׁים וַאֲנָשִׁים אִם הֶעֱבִיר אֵין מַכִּין אוֹתוֹ. וּמֻתָּר לְהַעֲבִיר שְׂעַר שְׁאָר אֵיבָרִים בְּמִסְפָּרַיִם בְּכָל מָקוֹם: » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק י״ב הלכה ט)

2. תער ומספרים — les trois avis du Tour, et le Taz qui n’est d’aucun

« המעביר שער בית השחי ובית הערוה אפילו במספרים כעין תער היו מכין אותו מכת מרדות » (שו״ע יו״ד קפ״ב:א)
La ma’hloket, telle que le Tour la rapporte Rabbénou Tam tient que le droit est le même partout sur le corps : le rasoir est interdit, les ciseaux sont permis. Un second avis distingue : les ciseaux ne sont permis que sur les autres membres ; à l’aisselle et au pubis, ils sont interdits eux aussi. Et le Tour conclut que telle est la décision du Roch, son père. Le seif suit ce second avis — d’où אפילו במספרים כעין תער.
« העברת תער בשאר הגוף ובית השחי ובית הערוה פר״ת שדינן שוה שאסורין בתער ומותרין במספריים וי״א דוקא בשאר הגוף מותר במספריים אבל של בית השחי ושל בית הערוה אסורין אפי׳ במספריים וכן הוא מסקנת א״א הרא״ש ז״ל » (טור יו״ד קפ״ב)
« במספרים. כעין תער אבל לא בתער: » (ש״ך יו״ד קפ״ב ס״ק ג)
« שאר אברים במספרים. פי׳ כעין תער: » (ט״ז יו״ד קפ״ב ס״ק ב)
Et le Taz, qui n’est d’aucun des deux Le Taz ouvre son commentaire par un renvoi au Beit Yossef, à la fin du siman précédent, au nom de Rabbénou Yona : il en ressort que partout sur le corps le rasoir est interdit. Et il constate lui-même que cette position ne coïncide avec aucun des avis que le Tour rapporte ici — והוא דלא כמאן בדעות שהביא הטור כאן. Le mot est fort : il ne dit pas que le Tour a omis un avis, il dit qu’un avis existe hors de son relevé.
« לפי מה שכתב בית יוסף בשם הר״ר יונה העתקתיו סוף סימן קודם לזה משמע דבכל מקום בגוף אסור בתער והוא דלא כמאן בדעות שהביא הטור כאן: » (ט״ז יו״ד קפ״ב ס״ק א)
Nafka mina La permission du seif porte sur les autres membres, et elle est donnée avec des ciseaux. Le Chakh l’enferme d’un mot au ס״ק ג — à la manière d’un rasoir, mais non avec un rasoir — et le Taz dit la même chose au ס״ק ב. Reste la question que le Taz a ouverte au ס״ק א : les autres membres au rasoir. Le seif ne la traite pas ; la ligne de Rabbénou Yona, rapportée par le Beit Yossef, l’interdirait.
« ומותר להעביר שער (שאר) אברים במספרים בכל מקום » (שו״ע יו״ד קפ״ב:א)

3. לכתחילה והחברים — la portée de la glose

« בד״א במקום שאין מעבירין אותו אלא נשים כדי שלא יתקן עצמו תיקון נשים אבל במקום שמעבירין אותו גם האנשים אם העביר אין מכין אותו: » (שו״ע יו״ד קפ״ב:א)
« ואפילו לכתחילה שרי (ר״ן פ״ב דעבודת כוכבים) רק החברים נמנעים בכ״מ » (רמ״א יו״ד קפ״ב:א)
Deux ajouts, et ils ne vont pas dans le même sens Le seif avait seulement dit que là où les hommes le font aussi, on ne le frappe pas — formule qui laisse ouverte la question du lechatehila. La glose la ferme : ואפילו לכתחילה שרי. Le Chakh au ס״ק ב et le Baer Hetev au ס״ק ב précisent tous deux la portée exacte de ces trois mots : ils valent là où les hommes aussi l’ôtent, et pas ailleurs. Puis la glose ajoute une seconde clause qui va en sens inverse : les ‘havérim s’en abstiennent en tout lieu.
« ואפילו לכתחלה שרי. במקום שמעבירים אותו גם האנשים: » (ש״ך יו״ד קפ״ב ס״ק ב)
« שרי. במקום שמעבירין אותו גם האנשים: » (באר היטב יו״ד קפ״ב ס״ק ב)
Ce que sont les חברים ici La glose ne dit pas qu’il reste un doute sur le din : elle a écrit « permis même a priori ». Elle ajoute une conduite. Deux lectures sont possibles, et la glose ne tranche pas : ou bien les ‘havérim tiennent compte de l’avis qui interdit partout, ou bien ils tiennent que même permis, ce geste n’est pas de leur rang. La première fait de leur abstention une stringence de din ; la seconde, une mesure de conduite.

4. מראשו ועד רגליו — le ל״ד du Chakh

« מי שמגלח כל שיער שבו מראשו ועד רגליו י״א שמותר לו לגלח גם של בית השחי ובית הערוה: » (שו״ע יו״ד קפ״ב:ב)
« כתבו הגאונים מי שמגלח כל שער שבו מראשו ועד רגלו שמותר לו לגלח גם של בית השחי ובית הערוה דכיון שמגלח כל גופו אין זה יפוי אדרבה ניוול הוא אלא שלשם רפואה מגלח » (טור יו״ד קפ״ב)
Kouchia : le seif contredit le siman précédent Le seif écrit מראשו ועד רגליו. Or le siman qui précède interdit d’arrondir la tête et de détruire la barbe : un homme ne peut pas se raser la tête au sens où ce seif semble le dire. La permission serait donc adossée à un cas impossible.
Terouts du Chakh, au nom de la Prisha Ce n’est pas exact : « de sa tête » ne veut pas dire la chevelure de la tête mais le haut du corps. Il faut lire du haut de son corps jusqu’au bas de son corps. La correction n’est pas seulement de lecture : elle sauve le seif en en faisant un cas réel — un homme qui, pour un traitement, s’épile tout le corps.
« מראשו כו׳. ל״ד דהא נתבאר בסי׳ שלפני זה דאסור להקיף ראשו וזקנו אלא ר״ל מראש גופו עד סוף גופו. פרישה: » (ש״ך יו״ד קפ״ב ס״ק ד)

5. לרפואה או ליפוי — croit-on celui qui déclare ?

Le Beit Yossef, et la formule du Chakh
« שמותר כו׳. דודאי לרפואה קמכוין דאי ליפוי אדרבה ניוול הוא לו ואפשר דאפילו במפרש דליפוי קא עביד לא משגחינן ביה אלא אמרינן ודאי לרפואה קעביד. ב״י וכ״כ הב״ח אלא שנראה מדבריו כחולק אמפרש דליפוי קעביד ע״ש: » (ש״ך יו״ד קפ״ב ס״ק ה)
« שמותר. דודאי לרפואה קמכוין דאי ליפוי אדרבה ניוול הוא לו ואפשר דאפי׳ במפרש דליפוי קא עביד לא משגחינן ביה אלא אמרינן ודאי לרפואה קעביד ב״י וכ״כ הב״ח רק שנראה מדבריו כחולק אמפרש דליפוי קעביד ע״ש ש״ך: » (באר היטב יו״ד קפ״ב ס״ק ג)
Ḥakira : qu’est-ce qui décide, l’acte ou la déclaration ? (א) L’intention déclarée. Puisque l’interdit est dans la finalité, celui qui déclare agir pour la beauté s’interdit lui-même par sa parole. (ב) La nature de l’acte. Un rasage du corps entier est objectivement un enlaidissement ; la déclaration ne peut pas transformer un enlaidissement en parure, et l’on n’en tient donc pas compte. Le Chakh écrit ואפשר — il avance (ב) sans l’imposer ; et il ajoute que le Bah semble diverger sur ce point précis.
Nafka mina, et elle traverse tout le siman Selon (ב), la mesure n’est jamais la parole de celui qui agit mais la signification objective de l’acte — et c’est ce qui explique que le seif 4 permette à qui souffre sans exiger de lui aucune déclaration, et que le seif 1 se règle sur l’usage du lieu et non sur ce que chacun a en tête. Selon (א), il faudrait examiner à chaque fois l’intention, ce que le siman ne demande jamais.
« מי שיש לו חטטין בבית השחי ובית הערוה ומצטער מצד השער מותר להעבירו: » (שו״ע יו״ד קפ״ב:ד)

6. לחוך בידו ובבגדו — Rachi, les Tossefot et Rabbi Tarfon

« אסור לחוך בידו בשער בית השחי ובית הערוה כדי להשירו אבל מותר לחוך בבגדו להשירו: » (שו״ע יו״ד קפ״ב:ג)
« אסור לחככו בידו כדי להסירו אבל מותר לחככו בבגדו להסירו » (טור יו״ד קפ״ב)
La sougya est au traité Nazir, au chapitre des deux nazirs, et le seif en vient directement. Rachi y commente la question qu’en est-il de gratter ? en ne nommant que l’aisselle ; les Tossefot au même endroit écrivent que la règle vaut pour l’aisselle et pour le pubis. De cet écart naît une discussion que le Taz et le Chakh conduisent presque mot pour mot en parallèle.
La position du Bah Puisque Rachi n’a nommé que l’aisselle, c’est que le pubis est de toute façon interdit — et pour une autre raison que la nôtre : la pensée. Le Bah appuie sur la parole de Rabbi Tarfon au chapitre כל היד. La permission du vêtement ne vaudrait alors que pour l’aisselle.
« בבגדו כו׳. והב״ח כתב דמפירש״י משמע דוק׳ בית השחי אבל בית הערוה אסור אפילו על ידי בגד כדאמר רבי טרפון בריש פ׳ כל היד דכל המכניס ידו למטה מטיבורו תקצץ » (ש״ך יו״ד קפ״ב ס״ק ו)
« גם בתוספות פרק שני נזירים שם כתוב דין זה בבית השחי ובבית הערוה אלא שברש״י שם כתוב בבעיא זו מהו לחוך דהיינו בבית השחי ולא זכר בית הערוה » (ט״ז יו״ד קפ״ב ס״ק ג)
« וכ׳ מו״ח ז״ל הטעם דבבית הערוה בלא״ה אסור מטעם הרהור כדאשכחן בפ׳ כל היד רבי טרפון אומר כל המכניס דו למטה מטבורו תקצץ » (ט״ז יו״ד קפ״ב ס״ק ג)
Deux réfutations, l’une du Chakh, l’autre du Taz Le Chakh écrit qu’il est allé voir Rachi à cet endroit et qu’il n’y trouve rien de tel ; que Rachi a nommé l’un des deux et que l’autre suit ; que les Tossefot le disent expressément ; et que de la parole de Rabbi Tarfon il n’y a aucune preuve, puisqu’on y dit au contraire qu’avec un linge épais c’est permis, un linge épais ne chauffant pas. Le Taz mène la même démonstration en la poussant plus loin : au passage précédent, Rachi n’a également nommé que l’aisselle, alors que la question portait certainement aussi sur le pubis — preuve qu’il nomme l’un pour les deux.
« ולא משמע מידי והא דנקט שם רש״י בית השחי ה״ה בית הערוה וכ״כ התוספות שם דאבית השחי ובית הערוה קאי ומההיא דר״פ כל היד אין ראיה דאדרבה הא אמרינן התם דבמטלית עבה מותר שאינה מחממת: » (ש״ך יו״ד קפ״ב ס״ק ו)
« ואין נראה מפירש״י שום ראיה דלעיל מיניה שם בבעי׳ מהו לגלח פירש״י ג״כ בבית השחי ושם ודאי הוה הבעי׳ גם אבית הערוה אע״כ דרש״י חדא מנייהו נקט » (ט״ז יו״ד קפ״ב ס״ק ג)
Et la démonstration que le Taz ajoute seul Le Taz s’attaque à la parole de Rabbi Tarfon elle-même : elle ne peut pas être prise au sens strict, sinon la louange de Rabbi — qui est appelé « le saint » parce qu’il n’a jamais mis la main sous sa ceinture — n’aurait rien de remarquable, tout le monde y étant tenu. Il écarte aussi la réponse facile, puis lit le Rambam en Hilkhot Issoureï Biah : deux propositions y sont posées séparément, l’une avec le mot interdit, l’autre sans — signe que la seconde n’est qu’une mesure de sainteté supplémentaire.
« ומההיא דר׳ טרפון ג״כ לאו ראיה דע״כ ההיא למטה מטבורו לאו ממש קאמר דא״כ תקשה לך מפ׳ כל כתבי ברבינו הקדוש שהיה נקרא כן משום שלא הכניס ידו למטה מאבנטו ואי דינא בכל אדם כן מאי רבותיה דרבינו הקדוש » (ט״ז יו״ד קפ״ב ס״ק ג)
« ודוחק לומר שהיה נזהר למטה מאבנטו שהוא טפי מלמטה מטבורו דזה אינו סברא כלל אלא פשוט לי דההוא דנקט לישנא מעליא » (ט״ז יו״ד קפ״ב ס״ק ג)
« וכן משמע שם בתוס׳ במקום שאמרו שם כריסו נבקעת כתבו הם מילתו נבקעת עכ״ל וכן אין נזהרין מזה רוב העולם רק שרבינו הקדוש היה קדוש ביותר ונזהר גם בזה » (ט״ז יו״ד קפ״ב ס״ק ג)
« ואסור לשלוח יד במבושיו שלא יבא לידי הרהור ואפי׳ מתחת טבורו לא יכניס ידו שמא יבא לידי הרהור » (ט״ז יו״ד קפ״ב ס״ק ג)
« הרי חלק אותם לב׳ בבות תחילה כתב אסור ובתחת טבורו כתב לא יכניס ולא כתב אסור אלא דבזה אין איסור רק מצד תוספת קדושה ואזהרה יתירה שמא יאחז ג״כ באמה וע״כ כ׳ תחילה שלא יבא לידי הרהור ואח״כ כתב שמא יבוא לידי הרהור: » (ט״ז יו״ד קפ״ב ס״ק ג)
Ce que la sougya décide, et ce qu’elle laisse Le Chakh et le Taz aboutissent au même endroit : la règle du seif 3 vaut pour les deux endroits, et le vêtement est permis dans les deux. Mais ils n’y arrivent pas par le même chemin, et le Taz va plus loin — il touche au statut de la conduite de Rabbi, et distingue expressément ce qui est un interdit de ce qui est une mesure de sainteté. Cette distinction déborde le siman : elle est la même que celle des ‘havérim du seif 1.

7. מלקות או מדרבנן — la ligne de partage du ס״ק ו

« ואפילו באחד מן הבגדים אסור אף על פי שניכרים בשאר בגדיהם שהוא איש או אשה » (רמ״א יו״ד קפ״ב:ה)
Kouchia Un seul vêtement, porté par quelqu’un que le reste de son habit désigne clairement comme homme ou comme femme, n’induit personne en erreur. Pourquoi la glose l’interdit-elle, et pourquoi le Beit Yossef en fait-il un cas de coups, alors que le poil de l’aisselle — qui est pourtant un vrai arrangement de femme — n’est qu’un interdit rabbinique ?
Terouts du Taz, et c’est le yessod du siman Ce qui décide n’est pas que l’on soit trompé mais que la différence soit visible. Un vêtement de l’autre sexe est un fait public, et c’est en cela qu’il relève du verset ; le poil de l’aisselle n’est pas visible en public, et c’est pourquoi il n’est interdit que de rabbinique. Le Taz écrit le mot : דאינו ניכר בפרהסיא.
« ואפילו באחד מן הבגדים כו׳. מבואר בבית יוסף דבזה יש מלקות כיון דניכר ההבדל בין איש לאשה משא״כ בהעברת שער בית השחי דאינו ניכר בפרהסיא על כן אין אסור אלא מדרבנן: » (ט״ז יו״ד קפ״ב ס״ק ו)
« לֹא תַּעֲדֶה אִשָּׁה עֲדִי הָאִישׁ כְּגוֹן שֶׁתָּשִׂים בְּרֹאשָׁהּ מִצְנֶפֶת אוֹ כּוֹבַע אוֹ תִּלְבַּשׁ שִׁרְיוֹן וְכַיּוֹצֵא בּוֹ אוֹ שֶׁתְּגַלֵּחַ רֹאשָׁהּ כְּאִישׁ. וְלֹא יַעֲדֶה אִישׁ עֲדִי אִשָּׁה כְּגוֹן שֶׁיִּלְבַּשׁ בִּגְדֵי צִבְעוֹנִין וַחֲלִי זָהָב בְּמָקוֹם שֶׁאֵין לוֹבְשִׁין אוֹתָן הַכֵּלִים וְאֵין מְשִׂימִים אוֹתוֹ הַחֲלִי אֶלָּא נָשִׁים הַכּל כְּמִנְהַג הַמְּדִינָה. אִישׁ שֶׁעָדָה עֲדִי אִשָּׁה וְאִשָּׁה שֶׁעָדְתָה עֲדִי אִישׁ לוֹקִין. » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק י״ב הלכה י)
Et la précision du Taz au ס״ק ה Le seif 5 finit par אלא נשים — là où seules les femmes portent. Le Taz rapporte au nom du Bah, au nom du Maharchal, le cas symétrique : là où même les femmes ne l’ôtent pas, celui qui l’a ôté n’est pas fouetté. La règle est donc doublement locale — elle suit l’usage en son absence comme en sa présence.
« אלא נשים. מו״ח ז״ל כתב בשם רש״ל שאם הוא במקום שאין מעבירין אותו אפילו הנשים שאם הוא העביר אינו לוקה עכ״ל: » (ט״ז יו״ד קפ״ב ס״ק ה)

8. היתרי הב״ח — deux permissions, et ce qu’il en reste

« לא תעדה אשה עדי האיש כגון שתשים בראשה מצנפת או כובע או תלבש שריון וכיוצא בו » (שו״ע יו״ד קפ״ב:ה)
« (ממלבושי האיש לפי מנהג המקום ההוא) » (שו״ע יו״ד קפ״ב:ה)
« או שתגלח ראשה כאיש ולא יעדה איש עדי אשה כגון שילבש בגדי צבעונים וחלי זהב במקום שאין לובשין אותם הכלים ואין משימין אותו החלי אלא נשים: » (שו״ע יו״ד קפ״ב:ה)
Les deux permissions du Bah La première : l’interdit ne porte que sur celui ou celle qui revêt le vêtement de l’autre sexe pour lui ressembler, par ornement ; qui le met pour se protéger du soleil ou du froid n’est pas concerné. La seconde : même lorsqu’on cherche à ressembler, l’interdit ne porte que sur ce qui est fait pour la parure. Le Chakh rapporte les deux et écrit que les paroles du Bah ne sont pas si contraignantes.
« כ׳ הב״ח דיש היתר בב׳ דברים הא׳ שאין איסור אפילו בדבר שהוא נוי וקישוט אלא באשה הלובשת בגדי איש להתדמות לאיש ואיש הלובש בגדי אשה להתדמות לאשה לנוי וקישוט אבל אם לובשין כדי להגן מפני החמה או צנה וכיוצא בזה מותר. » (ש״ך יו״ד קפ״ב ס״ק ז)
« הב׳ דאף להתדמות אין איסור אלא בדברים שהן עשוין לנוי וקישוט כו׳ » (ש״ך יו״ד קפ״ב ס״ק ז)
« ע״ש שהאריך ואין דבריו מוכרחים כ״כ ומ״מ נראה דהיינו דוקא בתיקוני אשה אבל אם לובש ממש בגדי אשה עד שאינו ניכר שהוא איש וכן איפכא בכל ענין אסור » (ש״ך יו״ד קפ״ב ס״ק ז)
Ce que le Chakh retient, et la limite qu’il pose Le Chakh n’écarte pas le Bah, il le borne. Ses deux permissions, dit-il, ne valent que pour les arrangements de femme — un bijou, une parure. Mais celui qui revêt réellement les vêtements d’une femme au point qu’on ne reconnaisse plus qu’il est un homme, et inversement, est interdit en toute manière. La limite du Chakh est exactement le critère du Taz au ס״ק ו : ce qui se voit.

9. פורים ושמחת חתן — trois voix, et une conclusion

Le Yereim, que le Chakh rapporte en entier
« וכ״כ הרא״מ בספר יראים דאסור ללבוש אפילו דרך עראי ובדרך שחוק שהרי לא חילק הכתוב » (ש״ך יו״ד קפ״ב ס״ק ז)
« ולפי שראיתי בני אדם לובשין במלבושי אשה וגם אשה במלבושי איש בדרך עראי במשתאות של חתן וכלה וגם בענינים הרבה כתבתי כן עכ״ל » (ש״ך יו״ד קפ״ב ס״ק ז)
Trois positions (1) Rabbi Éliézer de Metz, dans le Séfer Yereim, interdit même à titre passager et par jeu, car l’Écriture n’a pas distingué — et il écrit avoir rédigé cela précisément parce qu’il avait vu faire aux noces. (2) Le Rama, en Orah Haïm, écrit que l’usage permet à cause de la joie de Pourim, bien que certains interdisent — et le Taz le rapporte. (3) Le Bah interdit, en s’appuyant sur le Yereim ; et le Taz conclut par une formule qui n’est pas une décision de din mais un conseil : celui qui écoute d’interdire, la bénédiction viendra sur lui.
« רמ״א דאפילו מפני שמחת פורים המנהג להתיר בזה ואף על גב דיש אוסרים » (ט״ז יו״ד קפ״ב ס״ק ד)
« ומו״ח ז״ל כתב שיש לאסור את זה והביא ראיה ממה שכתב ר״א ממיץ לאסור לעשות כן מפני שמחת חתן או כלה והשומע לאסור תבוא עליו ברכה כי יש הרבה מכשולות חס ושלום מזה כשהולכין ביחד בלי היכר איש או אשה: » (ט״ז יו״ד קפ״ב ס״ק ד)
« עדי. כ׳ הט״ז משמע דרך עידוי וקישוט אסור אבל אם עושה כן מפני החמה או צנה וגשמים אין איסור והב״ח כ׳ שיש לאסור את זה והשומע לו תע״ב כי יש הרבה מכשולות ח״ו ע״י זה כשהולכים יחד בלי היכר איש ואשה ולענין » (באר היטב יו״ד קפ״ב ס״ק ד)
« ולענין איסור לבישת גבר שמלת אשה בפורים האריך הב״ח כאן » (ש״ך יו״ד קפ״ב ס״ק ז)
Et la raison que le Taz donne Le Taz ne se contente pas de rapporter : il donne la raison de la stringence, et elle n’est pas de din — car il y a beaucoup de trébuchements, à Dieu ne plaise, lorsqu’on marche ensemble sans qu’un homme se distingue d’une femme. Cette phrase renvoie exactement au côté (ב) de la ‘hakira du chapitre 1 : ce qui est en cause est l’indistinction, et son effet.

10. צבע ומראה — l’asymétrie du seif 6

« אסור (לאיש) ללקט אפילו שער אחד לבן מתוך השחורות משום לא ילבש גבר » (שו״ע יו״ד קפ״ב:ו)
« וכן אסור לאיש לצבוע (שערות לבנות שיהיו) » (שו״ע יו״ד קפ״ב:ו)
« שחורות אפילו שערה אחת וכן אסור לאיש להסתכל במראה » (שו״ע יו״ד קפ״ב:ו)
« הַמְלַקֵּט שְׂעָרוֹת לְבָנוֹת מִתּוֹךְ הַשְּׁחוֹרוֹת מֵרֹאשׁוֹ אוֹ מִזְּקָנוֹ מִשֶּׁיְּלַקֵּט שַׂעֲרָה אַחַת לוֹקֶה מִפְּנֵי שֶׁעָדָה עֲדִי אִשָּׁה. וְכֵן אִם צָבַע שְׂעָרוֹ שָׁחוֹר מִשֶּׁיִּצְבַּע שֵׂעָר לְבָנָה אַחַת לוֹקֶה. » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק י״ב הלכה י)
Le sens unique de la teinture Le Taz au ס״ק ז et le Baer Hetev au ס״ק ה donnent la raison et son revers : le blanc teint en noir est un agrément de femme, et c’est pour cela qu’il est interdit ; mais l’inverse — des cheveux noirs teints en blanc — est permis même a priori. L’asymétrie confirme la lecture du Chakh : l’interdit ne porte pas sur l’acte de teindre mais sur le fait de se rendre beau à la manière d’une femme.
« שערות לבנות שיהיו שחורות. שזהו נוי אשה אבל איפכא שהיו שחורות וצבע אותם לבנות שרי אפילו לכתחלה כ״כ ב״י ובטור יש כאן טעות סופר: » (ט״ז יו״ד קפ״ב ס״ק ז)
« לבנות. שזהו נוי אשה אבל איפכא שהיו שחורות וצבע אותם לבנות שרי אפילו לכתחלה כ״כ ב״י: » (באר היטב יו״ד קפ״ב ס״ק ה)
Et une note de texte que le Taz pose seul Le Taz termine son ס״ק ז par cinq mots : ובטור יש כאן טעות סופר. Le Tour, tel que nous le lisons, rapporte le Rambam sur celui dont les cheveux étaient noirs et qui les a teints en blanc, et écrit qu’il est fouetté — ce qui est l’exact contraire de ce que le Taz et le Beit Yossef établissent. Le Taz ne discute pas la position : il déclare le texte fautif.
« וכ״כ הרמב״ם גבי צבע מי ששערו שחור וצבעו לבן חייב אפי׳ בשער אחד: » (טור יו״ד קפ״ב)
Et le toumtoum, où la glose et le Chakh ne disent pas la même chose La glose écrit que le toumtoum et l’androgyne sont interdits de s’envelopper comme une femme. Le Chakh, au ס״ק ח, ajoute la seconde moitié de la règle du Rambam : et ils ne raseront pas leur tête comme un homme. La raison est dans la nature du cas : leur sexe est un doute, et ils sont donc tenus des deux côtés à la fois. Le Chakh renvoie au Kol Bo et à la halakha 10 du Rambam, qu’il rattache au quatrième chapitre de Bikkourim.
« אסורים להתעטף כאשה. ולא יגלחו ראשם כאיש. כל בו ורמב״ם פרק י״ב מהלכות עבודת כוכבים דין י׳ והוא מפ״ד דבכורים: » (ש״ך יו״ד קפ״ב ס״ק ח)
« טֻמְטוּם וְאַנְדְּרוֹגִינוּס אֵינוֹ עוֹטֵף כְּאִשָּׁה וְלֹא מְגַלֵּחַ רֹאשׁוֹ כְּאִישׁ וְאִם עָשָׂה כֵּן אֵינוֹ לוֹקֶה: » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק י״ב הלכה י)
Les sources de ce niveau sont consultables sur Sefaria :
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן קפ״ב · Niveau 2 — Lamdan · דברים האסורים משום לא ילבש גבר שמלת אשה
daattorah.com

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