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סימן ר״הSiman 205

Yoreh De'ah · דִּין הָאוֹסֵר דָּבָר עָלָיו בְּאִסּוּר תּוֹרָה

Siman 205 — Le rattachement qui ne prend pas (דין האוסר דבר עליו באיסור תורה)

Deux seifim seulement, et vingt-deux entrées d'appareil. (1) Rattacher à un דבר האסור — une chose que la Torah interdit d'elle-même : chair de porc, culte d'idoles, נבלות וטריפות, et, dit à sa femme, כאמי, כאחותי, כערלה, ככלאי הכרם — ne crée aucun נדר. La raison, donnée par le Taz : tout cela est interdit de soi-même, et l'on ne peut pas faire qu'une chose permise le devienne aussi ; le Rambam en tire la règle générale que le Chakh recopie au ס״ק א. (2) Et pourtant, si celui qui a parlé est un עם הארץ, il faut une שאלה, avec un פתח et non une simple חרטה — כדי שלא ינהגו קלות ראש בנדרים ; le Rama ajoute qu'à notre époque tous sont jugés tels, et le Ba'h et le Chakh se divisent sur l'étendue de cette exigence. (3) Seif ב : « que mon vin soit יין נסך et mon pain פת כותים » ne lie pas non plus ; mais dit בדרך קנס et suivi d'une transgression, יש אוסרים ויש מתירים. Matière à étudier ; tout vœu réel se porte devant un Rav (Choul'han Aroukh, Yoreh De'ah 205 — ב׳ סעיפים).

דין האוסר דבר עליו באיסור תורה. ובו ב׳ סעיפים:
האומר פירות אלו עלי או מין פלוני עלי או מה שאוכל עם פלוני עלי כבשר חזיר או כעבודת כוכבים או כנבלות וטריפות וכיוצא באלו וכן האומר לאשתו הרי את עלי כאמי או כאחותי או כערלה או ככלאי הכרם הרי אלו מותרים ואין כאן נדר ואם היה האומר עם הארץ צריך שאלה לחכם ומראין בעיניו שאשתו אסורה ושאותם פירות אסורים ומחמירים עליו שאין די לו בחרטה אלא צריך לפתוח לו פתח ממקום אחר ומתירים לו נדרו כדי שלא ינהגו קלות ראש בנדרים: הגה יש אומרים דבזמן הזה לכולי עלמא דיינינן להו כדין עם הארץ לפי שרובן אינן בני תורה (תשובת הרשב״א) ומיהו י״א דאפילו בעם הארץ אין צריך שאלה רק באוסר אשתו עליו אבל לא בשאר נדרים (טור ועיין ס״ק ד׳):

Celui qui dit : « ces fruits sont sur moi », ou « telle espèce sur moi », ou « ce que je mangerai avec untel sur moi » — comme de la chair de porc, ou comme un culte d'idoles, ou comme des נבלות וטריפות ; et de même celui qui dit à sa femme : « te voici sur moi comme ma mère, comme ma sœur, comme de la ערלה, comme du כלאי הכרם » — tout cela est permis, et il n'y a pas là de נדר. Et si celui qui a parlé était un עם הארץ, il lui faut une שאלה auprès d'un חכם, et l'on est rigoureux avec lui : la חרטה seule ne suffit pas, il faut lui ouvrir un פתח d'un autre endroit — afin qu'on ne traite pas les vœux à la légère. Glose du Rama : certains disent qu'aujourd'hui tous sont jugés comme des עמי הארץ ; et cependant certains disent que même pour un עם הארץ, la שאלה n'est requise que lorsqu'il interdit sa femme.

Choul'han Aroukh, Yoreh De'ah 205:1 (ב׳ סעיפים)

Les 4 niveaux d'étude

NIVEAU 01

רמת המתחיל

Base — Débutant & Intermédiaire

Les deux seifim lus un à un, avec le texte hébreu, sa traduction française et l'explication du mécanisme : la frontière entre דבר הנדור et דבר האסור (נדרים י״ג, la michna de נדרים et la règle du Rambam), l'exigence de שאלה pour un עם הארץ, la procédure par פתח et non par חרטה, et la parole dite בדרך קנס. Les vingt-deux entrées d'appareil — les 10 ס״ק du Chakh, les 5 du Taz, les 5 du Baer Hetev, le Pit'hei Techouva et les Nekoudot HaKessef — y sont citées une par une.

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NIVEAU 02

רמת הלמדן

Lamdan — Talmid Hakham

Pilpoul : quel est le vrai critère du point d'attache — l'origine de l'interdit ou sa reproductibilité par un vœu — éprouvé sur les six cas gradués du Rambam (קרבן, חזיר, חטאת ואשם, חלת אהרן, נותר ופיגול, מעשר בהמה contre בכור) ; la ma'hloket du Rambam et du Roch sur la שאלה ; les trois raisons de la rigueur sur la femme et leurs נפקא מינות ; la nature du פתח là où il n'y a rien à délier ; la qualification de la parole dite בדרך קנס ; et la difficulté du Ba'h, celle du Taz, et l'unique mot des Nekoudot HaKessef.

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NIVEAU 03

חזרה וסיכום

Synthèse — Révision

Récapitulatif pour la révision : le siman en une phrase, les deux seifim en tableau, le vocabulaire (דבר האסור, דבר הנדור, עם הארץ, שאלה, חרטה, פתח, יין נסך, פת כותים, דרך קנס, קלות ראש בנדרים), les trois règles d'or, les six pièges classiques, les quatre points restés en discussion et la check-list.

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NIVEAU 04

הלכה למעשה

Halakha lema'assé — la psika

Halakha lema'assé : la psika du siman ligne à ligne d'après le Mehaber, le Rama, le Chakh, le Taz, le Baer Hetev, le Pit'hei Techouva, les Nekoudot HaKessef et le Rambam — la règle du point d'attache, l'absence de נדר, la שאלה de l'עם הארץ et son étendue disputée, la procédure par פתח, l'exception de l'אונס, et la parole de sanction. Tableau de psika de dix lignes ; trois points laissés ouverts ; chaque conclusion renvoie au Rav.

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Questions fréquentes — Siman 205

Pourquoi dire « ce plat m'est comme de la chair de porc » ne crée-t-il aucun interdit ?

Parce que le porc est interdit de lui-même, par la Torah, et non par la parole d'un homme. Le Taz (ס״ק א) le formule ainsi : tous ces interdits le sont מצד עצמן, et l'on ne peut donc pas dire d'une chose permise qu'elle sera « comme ceci », puisqu'il est impossible qu'elle devienne à son tour interdite d'elle-même. Le Rambam en tire la règle générale — que le Chakh recopie intégralement au ס״ק א : ce à quoi l'on se rattache doit être un statut qu'un vœu pourrait produire. Ce sont des règles à étudier ; tout vœu réellement prononcé se porte devant un Rav.

Si rien ne lie, pourquoi le Choul'han Aroukh exige-t-il tout de même une שאלה ?

Parce que le motif n'est pas le vœu — il n'y en a pas — mais l'exemple : כדי שלא ינהגו קלות ראש בנדרים, afin qu'on ne traite pas les vœux à la légère. Le seif vise expressément l'עם הארץ, celui qui ne sait pas que sa parole n'a rien lié ; on lui montre que sa femme est interdite et que ces fruits le sont, et l'on exige une שאלה. Le Rama ajoute qu'à notre époque, tous sont jugés comme des עמי הארץ, la plupart n'étant pas des בני תורה. Le Ba'h et le Chakh (ס״ק ד) se divisent ensuite sur l'étendue : tous les vœux, ou seulement le cas de la femme.

Qu'est-ce qu'un פתח, et pourquoi une simple חרטה ne suffit-elle pas ici ?

La חרטה est le regret : déclarer qu'on n'aurait jamais formé ce vœu si l'on avait su. Le פתח est autre chose : c'est une conséquence du vœu que celui qui a parlé ignorait, et que le חכם lui découvre. Notre seif exige expressément le second — la חרטה ne suffit pas — et le Chakh (ס״ק ג) précise que c'est vrai même s'il se repent depuis l'origine. Le Ran, qu'il cite, ajoute une limite : on ne lui ouvre pas ce פתח par l'honneur de sa mère. Trouver un פתח est un acte de חכם : cela ne se fait pas seul, et c'est pourquoi tout ce chapitre conduit chez un Rav.

Et si l'on dit : « si je fais telle chose, mon vin sera יין נסך » ?

C'est la seconde moitié du seif ב, et le Choul'han Aroukh ne tranche pas : יש אוסרים ויש מתירים. La divergence porte sur la nature de la parole. Pour les indulgents (le Roch), c'est un rattachement, et il échoue puisque le יין נסך n'est pas un דבר הנדור — le Chakh (ס״ק ט) et le Taz (ס״ק ג) le disent en quelques mots. Pour les rigoureux (le Rivach, rapporté par le Chakh au ס״ק ח), ce n'est pas un rattachement du tout mais une rigueur qu'un homme s'impose, comme un tribunal peut en imposer une. Le Rama ajoute que, pour un עם הארץ, on délie ; et il distingue le cas d'une collectivité décrétant au temps du Sanhédrin, qui relève d'un tout autre pouvoir.