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סימן ר״וSiman 206

Yoreh De'ah · דִּינֵי יְדוֹת הַנְּדָרִים

Siman 206 — La parole commencée qui lie (דיני ידות הנדרים)

Cinq seifim sur une seule question : combien de mots faut-il prononcer pour être lié ? (1) Une parole commencée et non achevée lie comme un vœu — ידות נדרים כנדרים — à condition qu'elle indique un peu le vœu ; et le Choul'han Aroukh donne à chaque formule inachevée l'effet que sa racine indique : מודרני ממך interdit de parler, מופרשני ממך de faire affaire, מרוחקני ממך de se tenir dans ses quatre coudées. Le Roch, le Tour et le Ran tiennent qu'inachevée elle ne lie rien, et le Chakh (ס״ק ג) comme le Taz (ס״ק א) jugent que cet avis manque dans la glose du Rama. (2) Une seule lettre décide au seif ב : לך lie les deux hommes, ממך n'en lie qu'un. (3) Au seif ג, מנודה et משמתינא sont des mots d'excommunication, נדינא un mot de vœu — et le Chakh y écrit un צ״ע sur le Mehaber. (4) Au seif ד, on se rattache aux vœux des רשעים et non à ceux des כשרים, au point que ces mots annulent un קונם qui les suit. (5) Et au seif ה : « je fais vœu que je ne mangerai pas » n'est même pas une יד — c'est le langage de la שבועה, non du נדר — et pourtant une התרה est requise, parce que les gens parlent ainsi. Matière à étudier ; toute התרה se fait devant un Rav (Choul'han Aroukh, Yoreh De'ah 206 — ה׳ סעיפים).

דיני ידות הנדרים. ובו ה׳ סעיפים:
ידות (פי׳ ידות שהתחיל לנדור ולא גמר הדבור ואעפ״כ הוא נאסר כאילו נדר כל הדיבור כאדם שאוחז ביד הכלי ועל ידי כך משתמש בכלי כאילו אחז בו בעצמו) נדרים כנדרים והוא שיהו מוכיחות קצת על הנדר כיצד האומר לחבירו מודרני ממך שאיני אוכל לך או מופרשני ממך שאיני אוכל לך או מרוחקני ממך שאיני אוכל לך אסור לאכול עמו (וי״א דאפילו אמר שאני אוכל לך באלו לשונות אסור לאכול עמו) (הר״ן בשם יש גורסין ועס״ק ב׳) אבל אם אומר שאיני אוכל לך לבד בלא מודרני ממך לא הוי יד ואם אמר מודרני ממך או מופרשני ממך או מרוחקני ממך ולא סיים דבריו שאיני אוכל לך במודרני ממך אסור לדבר עמו ובמופרשני ממך אסור לשאת ולתת עמו ובמרוחקני ממך אסור לעמוד בד׳ אמותיו:

Les ידות des vœux sont comme des vœux — c'est-à-dire : il a commencé à faire vœu et n'a pas achevé la parole, et malgré cela il est interdit comme s'il avait voué toute la parole, comme un homme qui tient le manche de l'ustensile et s'en sert par là — à condition qu'elles indiquent un peu le vœu. Celui qui dit à son compagnon « מודרני ממך que je ne mangerai pas de ce qui est à toi », ou מופרשני ממך, ou מרוחקני ממך : il lui est interdit de manger avec lui. Mais s'il dit « שאיני אוכל לך » seul, ce n'est pas une יד. Et s'il n'a pas achevé ses paroles : avec מודרני ממך il lui est interdit de lui parler ; avec מופרשני ממך, de faire affaire ; avec מרוחקני ממך, de se tenir dans ses quatre coudées.

Choul'han Aroukh, Yoreh De'ah 206:1 (ה׳ סעיפים)

Les 4 niveaux d'étude

NIVEAU 01

רמת המתחיל

Base — Débutant & Intermédiaire

Les cinq seifim lus un à un, avec le texte hébreu du Choul'han Aroukh, une traduction française fluide et l'explication du mécanisme : le manche du vœu et la condition מוכיחות קצת, les trois formules du seif א, la lettre qui sépare לך de ממך, les trois mots du seif ג, כנדרי רשעים contre כנדרי כשרים, et le pivot נדר / שבועה du seif ה. Les vingt-huit entrées d'appareil — les 10 ס״ק du Chakh, les 7 du Taz, les 9 du Baer Hetev et les 2 du Pit'hei Techouva — y sont citées une par une, avec leur référence.

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NIVEAU 02

רמת הלמדן

Lamdan — Talmid Hakham

Pilpoul : ce que signifie מוכיחות et la ma'hloket du Rambam contre le Roch, le Tour et le Ran ; les trois lectures du silence du Rama (le Taz émende, le Chakh doute, le Ba'h renverse) ; la règle de direction du Chakh au ס״ק ב — une יד ne peut pas aller dans le sens de la שבועה ; לך contre ממך d'après le Ran ; le צ״ע du Chakh sur le seif ג ; l'annulation du קונם par כנדרי כשרים ; et le pivot du bloc au seif ה, avec la restriction du Noda BiYehouda et l'exception de la נזירות.

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NIVEAU 03

חזרה וסיכום

Synthèse — Révision

Récapitulatif pour la révision : le siman en une phrase, les cinq seifim en tableau, le vocabulaire (ידות נדרים, מוכיחות קצת, ידים מוכיחות, מודרני, מופרשני, מרוחקני, מנודה, משמתינא, נדינא, כנדרי רשעים, כנדרי כשרים, נדבה, קונם, נזירות), les trois règles d'or, les six pièges classiques, les cinq points restés en discussion et la check-list.

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NIVEAU 04

הלכה למעשה

Halakha lema'assé — la psika

Halakha lema'assé : la psika du siman seif par seif d'après le Mehaber, le Rama, le Chakh, le Taz, le Baer Hetev, le Pit'hei Techouva et le Rambam — les trois formules achevées et inachevées, לך et ממך, le צ״ע du Chakh sur le seif ג, כנדרי רשעים et כנדרי כשרים, et la formule qui ne lie pas et qu'il faut pourtant délier. Tableau de psika de dix-huit lignes ; quatre points laissés ouverts ; chaque conclusion renvoie au Rav.

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Questions fréquentes — Siman 206

Qu'est-ce qu'une יד de vœu, et d'où vient ce mot ?

Le mot יד veut dire main, mais aussi manche. Une יד de vœu est une parole commencée et non achevée qui lie tout de même — l'édition de Sefaria porte au seif א une glose qui le dit exactement : il a commencé à faire vœu et n'a pas achevé la parole, et malgré cela il est interdit comme s'il avait voué toute la parole, comme un homme qui tient le manche de l'ustensile et s'en sert par là comme s'il l'avait saisi lui-même. Mais le Choul'han Aroukh pose aussitôt la condition : à condition qu'elles indiquent un peu le vœu (מוכיחות קצת). Ce sont des règles à étudier ; tout vœu réellement prononcé se porte devant un Rav.

Que se passe-t-il si l'on dit « מודרני ממך » sans achever la phrase ?

C'est la question centrale du siman, et les autorités s'y divisent en trois. Le Mehaber, suivant le Rambam : chaque formule prend l'effet de sa racine — מודרני ממך interdit de lui parler, מופרשני ממך de faire affaire, מרוחקני ממך de se tenir dans ses quatre coudées. Le Roch, le Tour et le Ran : la parole peut signifier ceci ou cela, elle n'est donc pas מוכחת, et ce n'est pas un vœu du tout. Le Chakh (ס״ק ג) et le Taz (ס״ק א) jugent tous deux que cet avis manque dans la glose du Rama, et le Taz va jusqu'à écrire le texte qui aurait dû s'y trouver. Le Ba'h, à l'opposé, tient que même des ידים שאינן מוכיחות sont des ידים. Le Chakh conclut pour la halakha qu'il n'y a pas lieu d'être indulgent — un cas réel se porte au Rav.

Pourquoi « כנדרי רשעים » lie-t-il alors que « כנדרי כשרים » ne lie pas ?

Parce qu'un vœu ne peut se rattacher qu'à quelque chose de réel (c'est la règle du siman 204). Le Taz (ס״ק ד) donne l'observation : les רשעים ont coutume de vouer, les כשרים non — ils donnent ; et il en donne la raison de fond : le נדר se dit « הרי עלי » et met une responsabilité sur celui qui voue, d'où un risque de faute, tandis que la נדבה se dit « הרי זו » et n'en met aucune. Le Chakh (ס״ק ז) ajoute : dire « כנדרי רשעים » revient à dire « ce pain m'est comme un קרבן », car un רשע ordinaire est tenu à un קרבן. Et il y a plus fort : dire « כנדרי כשרים ce pain m'est קונם » ne lie pas non plus — les premiers mots annulent le קונם (Chakh ס״ק ח, Taz ס״ק ה).

Pourquoi « je fais vœu que je ne mangerai pas » n'est-il pas même une יד — et pourquoi faut-il tout de même une התרה ?

C'est le pivot de tout le bloc 204-206, et trois sources l'écrivent dans les mêmes termes : le Chakh (ס״ק ט), le Taz (ס״ק ו) et le Baer Hetev (ס״ק ח). Une formule de נדר est celle qui interdit la chose à l'homme ; une formule de שבועה est celle qui interdit l'homme à l'égard de la chose. Or « que je ne mangerai pas » met la personne au centre : c'est une grammaire de serment. Résultat : ce n'est pas un נדר (mauvaise direction), et pas non plus une שבועה (il n'a pas juré) — donc pas même une יד. Et pourtant, conclut le Choul'han Aroukh, une התרה est nécessaire, puisque de nos jours il est courant, dans la bouche des gens, de vouer dans cette formule — afin qu'on ne traite pas les vœux à la légère. Toute התרה se fait devant un Rav ou trois hommes, jamais seul.