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סימן ר״חSiman 208

Yoreh De'ah · Nedarim

Siman 208 — Le vœu dit sans précision, et le חרם

Cinq seifim, et deux questions. La première : que faire d’un mot qui peut s’entendre dans deux sens — l’un qui fait tenir le vœu, l’autre non ? Le Choulhan Aroukh répond qu’on le prend au plus sévère, mais que celui qui s’explique est cru — à moins que l’usage de son lieu n’ait déjà fixé le sens. La seconde : que doit celui qui a transgressé son vœu et vient le faire délier ? Le siman distingue le vœu de la Torah des vœux de ce chapitre, plafonne la pénalité à trente jours, et délie immédiatement quand le vœu est intenable. (Choulhan Aroukh, Yoreh De’ah 208 — 5 seifim)

סתם נדרים להחמיר כיצד אמר פירות אלו כבשר מליח או כיין נסך שיש במשמעו מליח של קדשים או יין נסך לשמים שהוא נדר שהרי הוא מתפיס בדבר הנדור

Les vœux dits sans précision s’entendent à la rigueur… car il rattache [son interdit] à une chose vouée. Le siman s’ouvre sur sa règle et donne aussitôt sa raison : le vœu par comparaison ne vaut que ce que vaut la chose à laquelle il compare.

Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 208:1

Les 4 niveaux d’étude

NIVEAU 01

רמת המתחיל

Base — Débutant & Intermédiaire

Les cinq seifim en hébreu, avec traduction française fluide et décomposition clause par clause : la règle-titre et son cas d’école, le mécanisme du rattachement, la crédibilité de celui qui s’explique, l’usage du lieu, les quatre hommes qui se ravisent, la pénalité des jours et son plafond, le נידוי, et le serment sur le mariage. Les trente-sept entrées de l’appareil — Chakh, Taz, Baer Hetev, Pit’hei Techouva, Nekoudot HaKessef — citées une à une.

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NIVEAU 02

רמת הלמדן

Lamdan — Talmid Hakham

Pilpoul : les deux lectures du Roch sur סתם ופירושם et le תימה du Chakh contre le Beit Yossef sur la position du Rambam ; le Ba’h contre le Mehaber sur la שאלה de l’עם הארץ ; la difficulté du רוב et les deux réponses — celle du Chakh par la Prisha, celle du Taz par Kiddouchin ; la Hagahat Prisha, le Chakh et le Ḥavot Yaïr sur le ת״ח ; חרטה ou פתח ; les trente jours et le אין להקל du Chakh ; la contradiction du נידוי et la distinction du Rivach ; et le rang du חרם.

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NIVEAU 03

חזרה וסיכום

Synthèse — Révision

Un tableau des cinq seifim clause par clause, l’axiome du rattachement, les trois questions-réflexes, la grille des quatre cas de crédibilité, celle de la pénalité des jours, les cinq ma’hlokot ouvertes de l’appareil, le vocabulaire, les règles d’or et les pièges classiques.

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NIVEAU 04

הלכה למעשה

Halakha lema'asse — Psak

La halakha pratique selon le ש״ך, le ט״ז, le באר היטב et le פתחי תשובה, puis les cas contemporains : une formule d’engagement à double sens, se raviser après coup, avoir transgressé et vouloir être délié, un engagement collectif pris sous חרם, un serment qui touche au mariage. Note : l’Admour HaZaken n’a pas écrit de Choulhan Aroukh sur Yoreh De’ah — niveau de psak, non « Daat HaRav ».

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Questions fréquentes — Siman 208

Que veut dire « סתם נדרים להחמיר » ?

Que lorsqu’une expression de vœu peut s’entendre dans deux sens et que rien n’a été précisé, on retient celui qui fait tenir le vœu. Le seif le dit, et donne aussitôt sa raison :

« סתם נדרים להחמיר כיצד אמר פירות אלו כבשר מליח או כיין נסך שיש במשמעו מליח של קדשים או יין נסך לשמים שהוא נדר » (שו״ע יו״ד ר״ח:א)
« שהרי הוא מתפיס בדבר הנדור » (שו״ע יו״ד ר״ח:א)
Le vœu par comparaison ne prend que si la chose nommée est un דבר הנדור — une chose rendue interdite par une parole d’homme. Rattacher à une chose interdite par la Torah ne produit rien. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

Celui qui déclare ce qu’il avait en tête est-il cru ?

Oui, et même sans avoir besoin d’une dissolution :

« ואם הוא אומר שדעתו כבשר מליח ויין נסך של עבודת כוכבים נאמן » (שו״ע יו״ד ר״ח:א)
« ואין צריך שאלה ואפי׳ הוא עם הארץ » (שו״ע יו״ד ר״ח:א)
La rigueur n’est pas une présomption contre lui : c’est une règle d’interprétation du silence. Le Ba’h conteste toutefois cette permission et exige une dissolution même ici ; le Chakh défend le Mehaber. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

Et si l’usage de son lieu dit le contraire ?

Alors sa déclaration ne pèse plus. C’est la dernière clause du seif 1, et le Chakh précise qu’elle joue dans les deux sens :

« ואם רוב אנשי המקום קורים לבשר מליח של קדשים בשר מליח סתם וליין נסך לשמים יין [נסך] סתם אינו נאמן: » (שו״ע יו״ד ר״ח:א)
« וה״ה להקל כגון שהרוב קורין לבשר מליח של עבודת כוכבי׳ בשר מליח סתם וכן ליי״נ של עבודת כוכבי׳ יי״נ סתם הולכין להקל וכן ברמב״ם פ״ב: » (ש״ך יו״ד ר״ח ס״ק ד)
Si la majorité du lieu emploie l’expression au sens indulgent, on va à l’indulgence. Le critère n’est donc pas la rigueur mais l’usage — et l’usage est un fait, qui s’établit. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

Que doit celui qui a transgressé son vœu ?

Cela dépend du rang du vœu, et c’est ici que les décisionnaires divergent ouvertement :

« אבל הנודר נדר גמור דאורייתא ועבר עליו (במזיד) קונסין אותו ואין מתירין לו אלא א״כ ינהוג איסור כימים שעבר עליו ונהג בו היתר » (שו״ע יו״ד ר״ח:ב)
« במה דברים אמורים שצריך לנהוג איסור כימים שנהג בהם היתר בימים מועטים אבל במרובים דיו ל׳ יום: » (שו״ע יו״ד ר״ח:ג)
« ואם כן כיון דכל הני רבוותא אוסרין וכן הראב״ד והריב״ש וכמבואר בב״י אין להקל: » (ש״ך יו״ד ר״ח ס״ק י״ג)
Pour les vœux de ce chapitre, pas de pénalité. Pour un vœu de la Torah transgressé délibérément, il faut observer l’interdit autant de jours qu’on s’est conduit permissivement — le seif plafonne à trente jours, mais le Chakh, au nom des Tossefot, du Roch, du Raavad et du Rivach, écrit אין להקל. C’est un point de divergence ouverte : demande à ton Rav.

Et si le vœu est impossible à tenir ?

Le siman le prévoit expressément, et délie immédiatement :

« ואם יש מכשול בדבר כגון שנדר בדבר שאינו יכול ליזהר בו כגון שאסר עליו כל הפירות שבעולם חוץ מדגן ועבר עליו מתירין לו מיד » (שו״ע יו״ד ר״ח:ב)
« ואין קונסין אותו לנהוג איסור כימים שעבר עליו כדי שלא יבא לידי מכשול » (שו״ע יו״ד ר״ח:ב)
La raison est dite en toutes lettres : כדי שלא יבא לידי מכשול, pour qu’il n’en vienne pas à fauter. Mais la glose du Rama restreint — si le sage voit qu’il peut se tenir, la pénalité redevient due — et le Chakh ajoute que celui qui veut être délié afin de transgresser n’est pas délié selon certains. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.