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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman 214 — L’usage qui devient un interdit (לעבור על מנהג צריך התרה)

Deux seifim : une chose permise, qu’on sait permise, et dont l’usage a fait un interdit
יורה דעה · סימן רי״ד
לעבור על מנהג צריך התרה
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Première approche du Siman 214, deux seifim — et le siman le plus directement applicable de tout ce bloc. Il ne parle pas d’un homme qui prononce une formule, mais d’un homme qui, sans rien dire, prend l’habitude de s’abstenir d’une chose permise. Le Choulhan Aroukh décide que cette habitude-là vaut un vœu — et qu’il faut trois hommes pour l’en délier. Puis il distingue : celui qui s’abstenait par erreur, croyant la chose interdite, n’est lié par rien. Le second seif passe du particulier à la communauté : l’usage d’une ville lie ses habitants, leurs descendants, et ceux qui viennent s’y établir. Ce sont des règles למעשה, et de celles qui se rencontrent tous les jours : tout cas réel se pose à un Rav.

Sujet : Quand l’usage lie, quand il ne lie pas, et comment on s’en délie
Source : שולחן ערוך יורה דעה סימן רי״ד (ב׳ סעיפים)

Compilation : הרב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

📑 Plan de l’étude

1. De quoi parle ce siman ? L’habitude, le vœu, et l’erreur
2. Les deux seifim, clause par clause
3. Les concepts-clés : מנהג, סייג ופרישות, התרה, חרטה, קבלת הרבים
4. D’où viennent ces seifim : la guemara Nedarim et Pesahim, le Yerouchalmi, le Roch, le Rachba, le Rivach, le Tour, le Beit Yossef
5. L’appareil du siman : les dix-neuf entrées, citées une à une — et le Taz, qui ne commente pas ce siman
6. Le tableau des deux seifim
7. Cas pratiques
8. Questions de compréhension

1. De quoi parle ce siman ? (ב׳ סעיפים)

Les simanim précédents demandaient ce qu’une parole produit. Celui-ci demande ce qu’une conduite produit. Un homme s’abstient d’une chose qu’il sait permise — par précaution, par ascèse, par usage reçu. Il n’a rien prononcé, rien promis. Le Choulhan Aroukh décide pourtant que c’est כאילו קבלו עליהם בנדר, comme s’il l’avait accepté par vœu.

Mais tout ne lie pas, et c’est l’essentiel du seif. Il faut qu’il ait su la chose permise : celui qui s’abstenait en croyant la chose interdite n’a rien accepté du tout. Il faut aussi qu’il ait eu d’emblée l’intention de le faire toujours — et alors une seule fois suffit. De là le conseil que le seif donne pour l’avenir : dire au départ que ce n’est ni un vœu ni pour toujours. Le seif 2 étend la matière à la collectivité : ce qu’une ville a pris sur elle lie ses habitants et leur descendance, et lie aussi celui qui vient s’y installer.

Le siman en trois points. (1) Une chose permise, qu’on sait permise, et dont on a pris l’habitude de s’abstenir avec l’intention que ce soit pour toujours, est comme un vœu : il faut trois hommes et une חרטה. (2) Si l’abstention venait d’une erreur, il n’y a pas de vœu — mais le seif rapporte aussi un avis bien plus sévère, que le Rama écarte. (3) L’usage d’une communauté lie ses membres, leurs enfants, et ceux qui viennent s’y établir sans esprit de retour.

2. Les deux seifim, clause par clause

Voici les deux seifim, chacun d’abord en entier — tel que la source le donne, y compris la glose du Rama entre parenthèses —, puis décomposé.

Seif 1 — l’usage d’un particulier

Le seif pose sa règle, en donne deux applications concrètes, précise la condition d’intention, indique la forme de la dissolution, donne le conseil préventif, puis exclut le cas de l’erreur — et se termine sur un avis sévère que la glose du Rama écarte.

דברים המותרים והיודעים בהם שהם מותרים נהגו בהם איסור הוי כאילו קבלו עליהם בנדר ואסור להתירם בהם הלכך מי שרגיל להתענות תעניות שלפני ראש השנה ושבין ראש השנה ליום כיפורים ומי שרגיל שלא לאכול בשר ושלא לשתות יין מר״ח אב או מי״ז בתמוז ורוצה לחזור בו מחמת שאינו בריא צריך ג׳ שיתירו לו אם בשעה שהתחיל לנהוג היה דעתו לנהוג כן לעולם ונהג כן אפילו פעם אחת צריך התרה ויפתח בחרטה שמתחרט שנהג כן לשם נדר לפיכך הרוצה לנהוג בקצת דברים המותרים לסייג ופרישות יאמר בתחלת הנהגתו שאינו מקבל עליו כן בנדר וגם יאמר שאין בדעתו לנהוג כן אלא בפעם ההוא או בפעמים שירצה ולא לעולם אבל הנוהגים איסור בדברים המותרים מחמת שסוברים שהם אסורים לא הוי כאילו קבלום בנדר ויש מי שאומר שאם טועה ונהג איסור בדבר המותר נשאל ומתירים לו בשלשה כעין התרת נדרים ואם יודע שהוא מותר ונהג בו איסור אין מתירין לו אפי׳ כעין התרת נדרים דהוי כאילו קבלו על עצמו כאיסורים שאסרתן תורה שאין להם היתר לעולם (והמנהג כסברא הראשונה):
« דברים המותרים והיודעים בהם שהם מותרים נהגו בהם איסור הוי כאילו קבלו עליהם בנדר ואסור להתירם בהם » (שו״ע יו״ד רי״ד:א)
Des choses permises, et ceux qui savent d’elles qu’elles sont permises s’y sont conduits par interdit — c’est comme s’ils l’avaient accepté sur eux par vœu, et il est interdit de les leur permettre
Tout le siman tient dans la condition והיודעים בהם שהם מותרים. Ce n’est pas l’abstention qui lie, c’est l’abstention en connaissance de cause : elle manifeste une acceptation. Le Chakh, au ס״ק א, précise le motif qu’il faut y voir.
« הלכך מי שרגיל להתענות תעניות שלפני ראש השנה ושבין ראש השנה ליום כיפורים » (שו״ע יו״ד רי״ד:א)
C’est pourquoi celui qui a coutume de jeûner les jeûnes qui précèdent Roch HaChana et ceux qui sont entre Roch HaChana et Yom Kippour
Premier exemple, et il n’est pas choisi au hasard : ce sont des jeûnes d’usage, que la loi n’impose pas. Le seif les prend précisément parce que chacun sait qu’ils ne sont pas obligatoires.
« ומי שרגיל שלא לאכול בשר ושלא לשתות יין מר״ח אב או מי״ז בתמוז ורוצה לחזור בו מחמת שאינו בריא צריך ג׳ שיתירו לו » (שו״ע יו״ד רי״ד:א)
et celui qui a coutume de ne pas manger de viande et de ne pas boire de vin depuis Roch Hodech Av ou depuis le 17 Tamouz, et veut revenir là-dessus parce qu’il n’est pas en bonne santé — il lui faut trois hommes pour l’en délier
Deuxième exemple, et voici la conséquence : צריך ג׳ שיתירו לו. Ce n’est pas une recommandation, c’est la forme d’une dissolution de vœu. Et la raison pour laquelle il veut revenir — la santé — ne suffit pas à le délier : c’est ce que le Chakh discutera longuement au ס״ק ב.
« אם בשעה שהתחיל לנהוג היה דעתו לנהוג כן לעולם ונהג כן אפילו פעם אחת צריך התרה » (שו״ע יו״ד רי״ד:א)
si, au moment où il a commencé à s’y conduire, son intention était de le faire toujours, et qu’il s’y est conduit même une seule fois — il faut une dissolution
Deux conditions, et elles ne pèsent pas également. L’intention initiale est décisive ; la répétition, non — une seule fois suffit. C’est l’exact contraire de ce qu’on suppose d’ordinaire.
« ויפתח בחרטה שמתחרט שנהג כן לשם נדר » (שו״ע יו״ד רי״ד:א)
et l’on ouvrira par le regret, qu’il regrette de s’y être conduit à titre de vœu
La forme est donnée : חרטה, le regret — et sur son objet précis, s’être conduit ainsi à titre de vœu. Le Chakh, au ס״ק ד, pose une limite décisive à cette voie, au nom du Maharchal.
« לפיכך הרוצה לנהוג בקצת דברים המותרים לסייג ופרישות יאמר בתחלת הנהגתו שאינו מקבל עליו כן בנדר » (שו״ע יו״ד רי״ד:א)
C’est pourquoi celui qui veut se conduire par certaines choses permises à titre de haie et d’ascèse dira au début de sa conduite qu’il ne l’accepte pas sur lui par vœu
Le seif ne se contente pas de décrire : il donne un conseil pratique, et c’est le passage le plus souvent cité du siman. Il vient de la responsa du Rachba, que le Beit Yossef rapporte juste après l’avis sévère.
« וגם יאמר שאין בדעתו לנהוג כן אלא בפעם ההוא או בפעמים שירצה ולא לעולם » (שו״ע יו״ד רי״ד:א)
et il dira aussi qu’il n’a pas l’intention de se conduire ainsi sinon cette fois-là, ou les fois qu’il voudra, et non pour toujours
Deux déclarations, et il les faut toutes deux : la première écarte le vœu, la seconde écarte le toujours — c’est-à-dire la condition d’intention du début du seif. Le Pit’hei Techouva, au ס״ק ג, renvoie sur ce point au Maguen Avraham.
« אבל הנוהגים איסור בדברים המותרים מחמת שסוברים שהם אסורים לא הוי כאילו קבלום בנדר » (שו״ע יו״ד רי״ד:א)
mais ceux qui se conduisent par interdit dans des choses permises parce qu’ils pensent qu’elles sont interdites — ce n’est pas comme s’ils les avaient acceptées par vœu
Voici l’exclusion, et c’est la moitié pratique du seif. Celui qui croyait la chose interdite n’a rien accepté : il s’est trompé. Le Chakh, au ס״ק ה, précise la situation exacte visée et l’étend à un cas voisin.
« ויש מי שאומר שאם טועה ונהג איסור בדבר המותר נשאל ומתירים לו בשלשה כעין התרת נדרים » (שו״ע יו״ד רי״ד:א)
Et il est quelqu’un qui dit que si, se trompant, il s’est conduit par interdit dans une chose permise, il demande et on le lui permet devant trois, à la manière d’une dissolution de vœux
Le seif change de voix : ויש מי שאומר. C’est la position du Rachba, que le Beit Yossef rapporte, et elle renverse le partage. Chez lui, l’erreur se délie ; c’est la conduite en connaissance de cause qui ne se délie pas.
« ואם יודע שהוא מותר ונהג בו איסור אין מתירין לו אפי׳ כעין התרת נדרים דהוי כאילו קבלו על עצמו כאיסורים שאסרתן תורה שאין להם היתר לעולם » (שו״ע יו״ד רי״ד:א)
mais s’il sait que c’est permis et s’y est conduit par interdit, on ne lui permet pas, même à la manière d’une dissolution de vœux, car c’est comme s’il avait accepté sur lui comme les interdits que la Torah a interdits, qui n’ont jamais de permission
C’est l’avis le plus sévère du siman, et il faut mesurer ce qu’il dit : non pas que la dissolution soit difficile, mais qu’il n’y en a pas. Le Beit Yossef en donne la raison au nom du Rachba : cette conduite est plus grave que le vœu, précisément parce que les vœux, eux, se délient.
« והמנהג כסברא הראשונה » (רמ״א יו״ד רי״ד:א)
Glose : et l’usage est selon le premier avis
Cinq mots du Rama, et ils décident. « Le premier avis » est celui du corps du seif — celui qui délie par le regret et laisse l’erreur hors du vœu. La sévérité du Rachba est rapportée, non reçue.

Seif 2 — l’usage d’une communauté

Un seif court, et trois décisions : la collectivité lie, elle lie aussi les descendants, et elle lie celui qui vient s’établir — qui perd du même coup les usages de son ancienne ville.

קבלת הרבים חלה עליהם ועל זרעם ואפילו בדברים שלא קבלו עליהם בני העיר בהסכמה אלא שנוהגין כן מעצמם לעשות גדר וסייג לתורה וכן הבאים מחוץ לעיר לדור שם הרי הם כאנשי העיר וחייבים לעשות כתקנתן ואף בדברים שהיו אסורים בהם בעירם מפני מנהגם ואין מנהג העיר שבאו לדור בה לאסור הותרו בהם אם אין דעתם לחזור:
« קבלת הרבים חלה עליהם ועל זרעם ואפילו בדברים שלא קבלו עליהם בני העיר בהסכמה אלא שנוהגין כן מעצמם לעשות גדר וסייג לתורה » (שו״ע יו״ד רי״ד:ב)
L’acceptation de la collectivité prend sur eux et sur leur descendance, et même dans des choses que les gens de la ville n’ont pas acceptées sur eux par accord mais qu’ils pratiquent d’eux-mêmes pour faire une haie et une clôture à la Torah
Deux extensions en une phrase, et la seconde est la plus forte : point n’est besoin d’une décision de la communauté, la seule pratique suffit. La source est une responsa du Rivach au nom du Ramban, que le Beit Yossef cite à la fin. Le Pit’hei Techouva, au ס״ק ד et au ס״ק ה, discutera la portée du mot זרעם.
« וכן הבאים מחוץ לעיר לדור שם הרי הם כאנשי העיר וחייבים לעשות כתקנתן » (שו״ע יו״ד רי״ד:ב)
et de même ceux qui viennent du dehors de la ville pour y demeurer sont comme les gens de la ville, et ils sont tenus de faire selon leur institution
Le nouvel arrivant est absorbé par l’usage du lieu. Le Chakh, au ס״ק ז, apporte ici la distinction la plus discutée du siman : celle entre un מנהג חשוב et un מנהג גרוע.
« ואף בדברים שהיו אסורים בהם בעירם מפני מנהגם ואין מנהג העיר שבאו לדור בה לאסור הותרו בהם אם אין דעתם לחזור » (שו״ע יו״ד רי״ד:ב)
et même dans des choses dont ils étaient interdits dans leur ville à cause de leur usage, et que l’usage de la ville où ils sont venus demeurer n’interdit pas — ils y sont devenus permis, s’ils n’ont pas l’intention de revenir
La clause la plus contestée du siman : l’installation délie des usages de l’ancienne ville. Le Chakh ouvre son ס״ק ח par le mot תימה et relève une contradiction avec Orah Haïm 468 — puis, au bout de sa discussion, donne son propre avis.

3. Les concepts-clés de ce siman

מנהג — l’usage — Une conduite prise et répétée, sans parole ni engagement formel. Le siman lui donne la force d’un vœu — mais seulement à deux conditions, que le seif énonce : qu’on ait su la chose permise, et qu’on ait eu d’emblée l’intention de le faire pour toujours.
סייג ופרישות — la haie et l’ascèse — Les deux motifs légitimes d’une abstention volontaire : se tenir loin d’un interdit, ou se restreindre par piété. Le Chakh les nomme dès son ס״ק א comme le motif de l’usage qu’il faut supposer, et le seif les reprend au moment de donner son conseil préventif.
התרה — la dissolution — Le seif exige ג׳ שיתירו לו — trois hommes pour le délier. Ce n’est pas une formalité de plus : c’est la forme même d’une dissolution de vœu, et elle dit ce que le siman pense de l’usage.
חרטה — le regret — La voie de dissolution que le seif indique : il regrette de s’être conduit ainsi à titre de vœu. Le Chakh, au ס״ק ד, en donne la limite au nom du Maharchal — et cette limite est le point le plus pratique de tout le siman.
קבלת הרבים — l’acceptation de la collectivité — Ce qu’une communauté a pris sur elle, fût-ce sans délibération. Elle lie ses membres, leur descendance, et ceux qui viennent s’y établir. Le Pit’hei Techouva discute au ס״ק ה jusqu’où va le mot « descendance ».

4. D’où viennent ces seifim

Les deux seifim sont un montage de sources, et c’est ce qui explique leur difficulté : une braita de Nedarim, la sugya de Pesahim qui la restreint, un Yerouchalmi que le Roch et le Rachba lisent en sens contraire, une responsa du Maharam de Rothenbourg pour les jeûnes, une autre du Rachba pour la sévérité, et une du Rivach au nom du Ramban pour la collectivité.

La braita et les deux sugyot

La braita est brève, et elle est le fondement du siman : on n’a pas le droit de permettre devant eux une chose dont d’autres se sont fait un interdit, שנאמר לא יחל דברו. Mais la sugya de Pesahim la restreint aussitôt à un cas particulier — בכותאי —, et le Beit Yossef explique la raison de cette restriction.

« וְהָתַנְיָא: דְּבָרִים הַמּוּתָּרִין וַאֲחֵרִים נָהֲגוּ בָּהֶן אִיסּוּר — אִי אַתָּה רַשַּׁאי לְהַתִּירָן בִּפְנֵיהֶם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא יַחֵל דְּבָרוֹ » (נדרים ט״ו ע״א)
« גּוּפָא, דְּבָרִים הַמּוּתָּרִין וַאֲחֵרִים נָהֲגוּ בָּהֶן אִיסּוּר — אִי אַתָּה רַשַּׁאי לְהַתִּירָן בִּפְנֵיהֶן. אָמַר רַב חִסְדָּא: בְּכוּתָאֵי עָסְקִינַן » (פסחים נ״א ע״א)
« אָמַר לוֹ: וְלָאו מִי אִיתְּמַר עֲלַהּ, אָמַר רַב חִסְדָּא: בְּכוּתָאֵי » (פסחים נ״א ע״א)
« בפ״ב דנדרים [דף טו:] תניא דברים המותרים ואחרים נהגו בהם איסור אי אתה רשאי להתירם בפניהם שנאמר לא יחל דברו » (ב״י יו״ד רי״ד)
« ומוקי לה התם בכותאי או במקום שאינם בני תורה משום דמסרכי ומדמו מילתא למילתא ואתו למישרי איסורא דאורייתא » (ב״י יו״ד רי״ד)

Le cas de Beth Chéan, et celui des gens de Bêchan

Trois récits fournissent au siman ses cas limites. À Beth Chéan, Rabbi permit toute la ville sur le témoignage que Rabbi Méir y avait mangé une feuille de légume — et ses propres frères lui opposèrent l’usage des pères. Les gens de Bêchan, eux, ne purent se défaire de l’usage de leurs pères : כבר קיבלו אבותיכם עליהם. Et Rabbi Zéra, monté en terre d’Israël, mangea ce que son lieu d’origine interdisait, parce qu’il n’avait pas l’intention de revenir — c’est la source directe de la dernière clause du seif 2. À quoi s’ajoute le principe transversal du chapitre : ואל ישנה אדם מפני המחלוקת.

« הֵעִיד רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן זֵרוּז, בֶּן חָמִיו שֶׁל רַבִּי מֵאִיר, לִפְנֵי רַבִּי עַל רַבִּי מֵאִיר שֶׁאָכַל עָלֶה שֶׁל יָרָק בְּבֵית שְׁאָן, וְהִתִּיר רַבִּי אֶת בֵּית שְׁאָן כּוּלָּהּ עַל יָדוֹ » (חולין ו׳ ע״ב)
« חָבְרוּ עָלָיו אֶחָיו וּבֵית אָבִיו, אָמְרוּ לוֹ: מָקוֹם שֶׁאֲבוֹתֶיךָ וַאֲבוֹת אֲבוֹתֶיךָ נָהֲגוּ בּוֹ אִיסּוּר, אַתָּה תִּנְהוֹג בּוֹ הֶיתֵּר » (חולין ו׳ ע״ב)
« בְּנֵי בַיְישָׁן נְהוּג דְּלָא הֲווֹ אָזְלִין מִצּוֹר לְצִידוֹן בְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא. אֲתוֹ בְּנַיְיהוּ קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן, אָמְרוּ לוֹ: אֲבָהָתִין אֶפְשָׁר לְהוּ, אֲנַן לָא אֶפְשָׁר לַן » (פסחים נ׳ ע״ב)
« אֲמַר לְהוּ: כְּבָר קִיבְּלוּ אֲבוֹתֵיכֶם עֲלֵיהֶם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שְׁמַע בְּנִי מוּסַר אָבִיךָ וְאַל תִּטּוֹשׁ תּוֹרַת אִמֶּךָ » (פסחים נ׳ ע״ב)
« רַב אָשֵׁי אָמַר: אֲפִילּוּ תֵּימָא מִבָּבֶל לְאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, הָנֵי מִילֵּי הֵיכָא דְּדַעְתּוֹ לַחֲזוֹר, רַבִּי זֵירָא אֵין דַּעְתּוֹ לַחֲזוֹר הֲוָה » (חולין י״ח ע״ב)
« וְאַל יְשַׁנֶּה אָדָם מִפְּנֵי הַמַּחֲלוֹקֶת » (פסחים נ׳ ע״ב)

Le Yerouchalmi, et les deux façons de le lire

Tout le partage du seif 1 vient du Yerouchalmi, et de la manière dont le Roch le lit. Le Yerouchalmi oppose deux hommes : celui qui ne savait pas et s’est trompé — נשאל ומתירים לו — et celui qui savait — נשאל ואין מתירים לו. Le Roch explique que « on ne lui permet pas » signifie : pas de plein droit ; mais le sage peut le délier par le regret, comme pour les autres vœux. C’est là, mot pour mot, le corps du seif.

« ופירש הר״י במגלת סתרים דוקא דברים שידוע להם שהם מותרים ונוהגים בהם איסור לפי שרוצים להחמיר על עצמם » (ב״י יו״ד רי״ד)
« אבל אם נוהגים מחמת טעות שסבורים שהוא אסור והוא מותר יכול להתירן בפניהם » (ב״י יו״ד רי״ד)
« והכי איתא בהדיא בירושלמי רבי יוסי בר בון אומר כל דבר שאין יודע בו שהוא מותר והוא טועה ונוהג בו איסור נשאל ומתירים לו » (ב״י יו״ד רי״ד)
« וכל דבר שיודע בו שהוא מותר ונוהג בו איסור נשאל ואין מתירים לו » (ב״י יו״ד רי״ד)
« וכן נמי אדם שנהג איסור בדבר המותר לסייג ולפרישות לא יתיר לו החכם המנהג ההוא ממילא דהוי כמו נדר כדאיתא בפ״ב דנדרים » (ב״י יו״ד רי״ד)
« אבל החכם יכול להתיר לו בחרטה כמו שאר דברים ויפתח בחרטה שהוא מתחרט שנהג כן לשם נדר עכ״ל הרא״ש ז״ל » (ב״י יו״ד רי״ד)

La responsa du Maharam — les jeûnes

Les deux exemples du seif — les jeûnes des dix jours, la viande et le vin des trois semaines — ne viennent pas du Talmud : ce sont les termes mêmes d’une responsa du Maharam de Rothenbourg, au nom de Rabbi Yehouda HaCohen, que le Mordekhi et les Hagahot Maïmoniot rapportent. C’est de là que vient aussi la condition d’intention et le « même une seule fois ».

« שהשיב הר״מ בשם ה״ר יהודה הכהן כל מי שרגיל להתענות תענית שלפני ר״ה ובין ר״ה לי״ה » (ב״י יו״ד רי״ד)
« ומי שרגיל שלא לאכול בשר ולשתות יין מר״ח אב או מי״ז בתמוז ורוצה לחזור בו מחמת שאינו בריא צריך שלשה שיתירו לו » (ב״י יו״ד רי״ד)
« וכגון שבשעה שהתחיל לנהוג היה דעתו לנהוג כן לעולם דומיא דאחרים נהגו בו איסור דהוי לעולם ואפילו בפעם אחת אם נהג בענין זה צריך היתר עכ״ל » (ב״י יו״ד רי״ד)

Le Rivach au nom du Ramban — la collectivité

La fin du seif 1 et tout le seif 2 sortent de deux responsa que le Beit Yossef cite l’une après l’autre. Celle du Rachba donne l’avis sévère — cette conduite est plus grave que le vœu — et, dans la même page, le conseil préventif que le seif reprend mot pour mot. Celle du Rivach, au nom du Ramban dans son Michpat HaHerem, donne les trois décisions du seif 2.

« והרשב״א כתב בתשובה כל מי שנוהג איסור בדבר המותר בגדר אפשר שהוא חמור מן הנדר והשבועה שהנדרים והשבועות נשאלין עליהן ומתירין להם » (ב״י יו״ד רי״ד)
« ואלו שנהגו איסור בדבר המותרים כדי לעשות גדר בפני האיסור קבלו על עצמן כאיסורין שאסרתן תורה שאין להם היתר לעולם » (ב״י יו״ד רי״ד)
« והרוצה לנהוג בקצת דברים המותרים סייג ופרישות יאמר בתחילת הנהגתו שאינו מקבל עליו כן בנדר » (ב״י יו״ד רי״ד)
« וגם יאמר שאין בדעתו לנהוג כן לעולם אלא בפעם ההוא או בפעמיים שירצה ולא לעולם » (ב״י יו״ד רי״ד)
« כתב הריב״ש בתשובה שלפנינו סימן רמ״ט בשם הרמב״ן במשפט החרם שכל קבלת הרבים חלה עליהם ועל זרעם » (ב״י יו״ד רי״ד)
« וכן הבאים מחוץ לעיר לדור שם הרי הם כאנשי העיר וחייבין לעשות כתקנתן » (ב״י יו״ד רי״ד)
« ואף בדברים שהיו אסורין בהם בעירם מפני מנהגם הותרו בהם אם אין דעתם לחזור ואין מנהג העיר שבאו לדור בה לאסור כדאמרינן בפ״ק דחולין (יח.) עכ״ל » (ב״י יו״ד רי״ד)

Le Tour

Le Tour donne la matière du seif 1 en trois phrases, et il faut noter ce qu’il ne dit pas : il ne mentionne ni les jeûnes des dix jours ni les trois semaines — il écrit « à une époque connue » —, et il ne rapporte pas l’avis sévère du Rachba. Le seif est donc, ici, plus fourni que sa source ashkénaze.

« דברים המותרים ואחרים היודעים שהם מותרים נוהגים בהם איסור הוי כאילו קבלום עליהם בנדר ואסור להתירם להם » (טור יו״ד רי״ד)
« הלכך מי שנהג שלא לאכול בשר או להתענות בזמן ידוע ושוב רצה לאכול בשר או שלא להתענות באותו הזמן צריך התרה ויפתח בחרטה שמתחרט שנהג בו לשם נדר » (טור יו״ד רי״ד)
« אבל דברים המותרים ואחרים נוהגים בו איסור מחמת טעות שסוברין שהן אסורין לא הוי כאילו קבלום בנדר » (טור יו״ד רי״ד)

Le Beit Yossef

Le Beit Yossef ajoute enfin une distinction qui ne figure pas dans le seif mais que le Chakh y introduira : celle du Roch entre un usage important, pris par les gens du lieu avec un talmid hakham parmi eux, et un usage inférieur, que les gens du pays ont pris d’eux-mêmes. Le Ran, cité juste après, dit autre chose encore : le talmid hakham peut se conduire avec indulgence en privé, chez lui.

« וכתב הרא״ש בפרק מקום שנהגו הא דאמרי׳ דדוקא בכותאי או מקום שאינם בני תורה אי אתה רשאי להתירם בפניהם אבל שלא בפניהם או בפני ת״ח אתה רשאי לנהוג בו היתר » (ב״י יו״ד רי״ד)
« ונ״ל שיש חילוק במנהגים דמתניתין איירי במנהג חשוב שנהגו בני המקום ות״ח נהג עמהם אבל מנהג גרוע של בני המדינה שנהגו מעצמם דבר אחד מותר להתירם שלא בפניהם » (ב״י יו״ד רי״ד)
« אבל ת״ח השרוי באותה העיר נוהג היתר בצינעא בתוך ביתו » (ב״י יו״ד רי״ד)

5. L’appareil du siman, entrée par entrée

L’appareil de ce siman compte dix-neuf entrées : huit ס״ק du Chakh, six du Baer Hetev, cinq du Pit’hei Techouva. Nous les citons toutes, dans l’ordre, sans en résumer aucune. Deux absences sont à signaler, et il faut les dire exactement. Le Taz ne commente pas ce siman : son commentaire sur Yoreh De’ah passe du siman 213 au siman 215, et l’on trouvera sa parole sur ces matières dans ces deux simanim voisins. Les Nekoudot HaKessef ne le commentent pas non plus ; on les lit sur les simanim 209, 210, 211 et 215. Rien ici n’a été reconstruit pour combler ces absences.

Le Chakh (ש״ך) — huit ס״ק

ס״ק א — quel motif il faut supposer à l’usage

« נהגו בהן איסור. מחמת סייג וגדר ופרישות: » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק א)

ס״ק ב — la contradiction avec Orah Haïm 568, et sa résolution

« תעניות כו׳. מחמת שאינו בריא צריך שיתירו לו כו׳ ראיתי מי שהקשה דכאן סתם הרב כדברי המחבר דצריך התרה » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ב)
« ובא״ח סי׳ תקס״ח סוף סעיף ב׳ כתב בהג״ה דתעניות בה״ב או י׳ ימי תשובה שאירע ברית מילה מצוה לאכול ואין צריך התרה כי לא נהגו להתענות בכה״ג כו׳ » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ב)
« ואם כן הכא אמאי צריך התרה ה״נ נימא לא נהגו להתענות כשאינו בריא » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ב)
« ולאו קושיא היא דהתם לא נהגו להתענות כשאירע ברית מילה ונהגו לאכול אם כן כל המתענה אדעתא דהכי מתענה דכשאירע ברית מילה יאכל » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ב)
« אבל הכא לא אסיק אדעתי׳ דכשלא יהא בריא לא יתענה והלכך צריך התרה » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ב)
« ובזה ניחא הא דכתב הרב בא״ח סימן תקנ״א סעיף י׳ דהנוהגין שלא לאכול בשר ולשתות יין מראש חודש אב ואילך מותרים בסעודת מצוה » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ב)
« ומשמע אפילו התרה אין צריך אלא ודאי התם ה״ט משום דלא נהגו בכה״ג » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ב)

ס״ק ג — le renvoi pour les trois semaines

« מר״ח אב או מי״ז בתמוז. כמו שנתבאר בא״ח סי׳ תקנ״א סעיף ט׳: » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ג)

ס״ק ד — la limite du Maharchal : ce que tout Israël a pris ne se délie pas

« ויפתח בחרטה כו׳. כתב מהרש״ל בתשו׳ סי׳ ו׳ גבי ענין חפיפה דאין שייך לומר להתיר בחרטה אלא מה שנהגו מקצת ההמון ולא כולו » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ד)
« כדמשמע הלשון ואחרים נהגו בו איסור אבל מה שנהגו כל ישראל וקבלו עליהם א״א להתיר בכל ענין ופשוט הוא » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ד)

ס״ק ה — l’erreur, et son extension au cas de l’interdit surestimé

« מחמת שסוברים שהם אסורים. ועכשיו נתברר שהוא מותר ומנהגן היה בטעות שנסתפקו בדבר ועכשיו שנתברר שמותר לא הוי כאילו קבלום בנדר » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ה)
« ונראה דה״ה אם היו סוברים שהוא איסור גדול ואח״כ נתברר שאין בו איסור כ״כ לא הוי נדר כדלקמן סימן רל״ב סעיף י׳ » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ה)

ס״ק ו — deux renvois pour l’acceptation de la collectivité

« קבלת הרבים כו׳. ע״ל סי׳ רכ״ח ס״ק פ״ב וס״ק צ״ב: » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ו)

ס״ק ז — מנהג חשוב et מנהג גרוע : le Roch et les Tossefot contre le Ba’h (le ס״ק porte deux paragraphes : ils sont cités l’un et l’autre sous le même ס״ק)

« וחייבים לעשות כתקנתן. מיהו היינו דוקא במנהג חשוב שנהגו כן ע״פ ת״ח אבל במנהג גרוע אינו חייב לעשות כתקנתן שלא בפניהן או בפני ת״ח רק בפני ע״ה חייב לנהוג כן כדי שלא יזלזל » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ז)
« כ״כ התוספות והרא״ש פרק מקום שנהגו » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ז)
« מיהו כ׳ הרא״ש דאם יש לחוש למחלוקת אסור בכל ענין שאין לשנות מפני המחלוקת » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ז)
« וכ״כ רבינו ירוחם נתיב ג׳ ח״ה וכ״כ הט״ו בא״ח סימן תס״ח סעיף ד׳ וכ״כ הרמב״ם סוף הלכות י״ט והוא מהש״ס דפרק מקום שנהגו » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ז)
« התוס׳ דר״י מסתפק במנהג שאינו חשוב דיכולים להתיר בפני ת״ח אם יכול להתיר להם עצמן » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ז)
« והב״ח כתב דדעת הטור להחמיר וגם ס״ל כיון דהדבר ניתן לשיעורים איזהו מנהג הוה חשוב ואיזהו אינו חשוב אזלינן לחומרא » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ז)
« ובכל המנהגים בפניהם אין לנהוג היתר ואין חילוק בין ת״ח לעם הארץ עכ״ד » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ז)
« אבל בתוס׳ והרא״ש ורבינו ירוחם נתיב ג׳ ח״ה לא משמע הכי דכתבו דמנהג חשוב היינו שהוא ע״פ ת״ח ומנהג גרוע היינו שנהגו בני המדינה מעצמם » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ז)

ס״ק ח — le תימה sur le déménagement, et le psak du Chakh

« הותרו בהם אם אין דעתם לחזור. תימה דכאן כתב כדברי הריב״ש סי׳ צ״ט שהוציא כן מן הש״ס פ״ק דחולין (דף י״ח) גבי הא דמשני רבי זירא אין דעתו לחזור הוי » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ח)
« והוא ע״פ שיטת התו׳ והרא״ש ר״פ מקום שנהגו וכן דעת הר״ן שם והטור בא״ח סי׳ תס״ח » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ח)
« ובא״ח סי׳ תס״ח ס״ד העתיק המחבר דברי הרמב״ם שבסוף הל׳ יו״ט ונראה מדבריו דאפי׳ אין דעתו לחזור נותנין עליו חומרי מקום שיצא משם » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ח)
« ואפשר דעת המחבר לחלק בין אין דעתו לחזור ומ״מ אין דעתו להשתקע בעיר שהלך לשם רק במקום אחר » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ח)
« ובין דעתו להשתקע במקום שהלך שם ובהכי מיירי שם סי׳ תקע״ד וכאן וצ״ע » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ח)
« ולענין דינא נראה כסברת הרא״ש וסיעתו דלעולם יש לו לעשות כמנהג המקום שדעתו להשתקע שם בין לקולא בין לחומרא » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ח)
« רק במקום שיש לחוש למחלוקת אל ישנה ממקום שהוא שם אפי׳ להקל » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ח)

Le Baer Hetev (באר היטב) — six ס״ק

ס״ק א — le motif de l’usage, comme le Chakh

« נהגו. מחמת גדר וסייג ופרישות: » (באר היטב יו״ד רי״ד ס״ק א)

ס״ק ב — le Chakh sur la santé, résumé

« בריא. כתב הש״ך ראיתי מי שהקשה דכאן סתם הר״ב כדברי המחבר דאם אינו בריא צריך התרה » (באר היטב יו״ד רי״ד ס״ק ב)
« ובא״ח סימן תקס״ב ס״ס ב׳ כתב בהג״ה דבעשרת ימי חשובה שאירע ברית מילה מצוה לאכול וא״צ התרה כי לא נהגו להתענות בכה״ג כו׳ » (באר היטב יו״ד רי״ד ס״ק ב)
« ולאו קושיא הוא דהתם לא נהגו להתענות כשאירע ברית מילה ונהגו לאכול א״כ כל המתענה אדעתא דהכי מחענה » (באר היטב יו״ד רי״ד ס״ק ב)
« אבל הכא לא אסיק אדעתיה דכשלא יהא בריא לא יתענה והלכך צריך התרה » (באר היטב יו״ד רי״ד ס״ק ב)

ס״ק ג — la limite du Maharchal, au nom du Chakh

« בחרטה. כתב מהרש״ל בתשובה דאין שייך לומר להתיר בחרטה אלא מה שנהגו מקצת ההמון ולא כולו כדמשמע הלשון ואחרים נהגו בו איסור אבל מה שנהגו כל ישראל וקבלו עליהם א״א להתיר בכל ענין ופשוט הוא עכ״ל הש״ך: » (באר היטב יו״ד רי״ד ס״ק ג)

ס״ק ד — l’erreur : la glose, puis l’extension du Chakh

« ועכשיו נתברר שהוא מותר ומנהגם היה בטעות לא הוי קבלה » (באר היטב יו״ד רי״ד ס״ק ד)
« כתב הש״ך ונראה דה״ה אם היו סוברים שהוא איסור גדול ואח״כ נתברר שאין בו איסור כ״כ לא הוי נדר כדלקמן סימן רל״ב ס״י » (באר היטב יו״ד רי״ד ס״ק ד)

ס״ק ה — מנהג חשוב, la crainte de la dispute, et les renvois du Knesset HaGuedola

« כתקנתן. מיהו היינו דוקא במנהג חשוב שנהגו כן ע״פ ת״ח אבל במנהג גרוע אינו חייב לעשות כתקנתן שלא בפניהם או בפני ת״ח רק בפני ע״ה חייב לנהוג כן כדי שלא יזלזל » (באר היטב יו״ד רי״ד ס״ק ה)
« מיהו כתב הרא״ש דאם יש לחוש למחלוקת אסור בכל ענין שאין לשנות מפני המחלוקת » (באר היטב יו״ד רי״ד ס״ק ה)
« ועיין כנה״ג שהביא חלוקי דינים לענין המנהגים מנהג שנעשה לכבוד התורה דוחה אפילו שבות דרבנן מהרי״ק שורש ט׳ » (באר היטב יו״ד רי״ד ס״ק ה)
« ושם יבואר דין ק״ק שנחרב ונתפזרו הב״ב אם עדיין עליהם כל חומרות המקום שנחרב » (באר היטב יו״ד רי״ד ס״ק ה)

ס״ק ו — le déménagement : le תימה du Chakh et son psak

« לחזור. כתב הש״ך דיש לתמוה דבא״ח סי׳ תס״ח ס״ד נראה מדברי המחבר דאפילו אין דעתו לחזור נותנין עליו חומרי מקום שיצא משם » (באר היטב יו״ד רי״ד ס״ק ו)
« ולענין דינא נראה כסברת הרא״ש וסיעתו דלעולם יש לו לעשות כמנהג המקום שדעתו הוא להשתקע שם בין לקולא בין לחומרא » (באר היטב יו״ד רי״ד ס״ק ו)
« רק במקום שיש לחוש למחלוקת אל ישנה ממקום שהוא שם אפי׳ להקל » (באר היטב יו״ד רי״ד ס״ק ו)

Le Pit’hei Techouva (פתחי תשובה) — cinq ס״ק

ס״ק א — le Dagoul Mervava : renoncer pour de bon, ou suspendre une fois

« לחזור בו. עיין בדגמ״ר שכתב דהמחבר מיירי שרוצה לחזור לגמרי ושלא לשוב למנהגו לעולם לכך צריך התרה אבל אם אירע לו איזה מיחוש ורוצה לאכול היום ושוב לעתיד חוזר למנהגו א״צ התרה ע״ש: » (פתחי תשובה יו״ד רי״ד ס״ק א)

ס״ק ב — deux renvois sur la santé

« מחמת שאינו בריא. עש״ך ועיין בתשובת מקום שמואל סימן פ׳: » (פתחי תשובה יו״ד רי״ד ס״ק ב)

ס״ק ג — la déclaration préventive, et le Maguen Avraham

« יאמר. עיין במג״א סימן קס״א ס״ק י״ג: » (פתחי תשובה יו״ד רי״ד ס״ק ג)

ס״ק ד — une communauté peut-elle durcir un usage indulgent ?

« ועל זרעם. עיין בתשובת ר״א בן חיים סימן י״ב שכתב דאם נהגו באיזה דבר כדעת המיקל ועכשיו הסכימו לאסור הרשות בידם » (פתחי תשובה יו״ד רי״ד ס״ק ד)
« ואין בזה משום מוציא לעז על הראשונים דלא שייך זה אלא בדבר של אישות ע״ש » (פתחי תשובה יו״ד רי״ד ס״ק ד)
« מיהו במגן אברהם סימן ל״ב סס״ק מ״ח משמע דלא כוותיה ע״ש ועיין מ״ש לקמן סימן רס״ו ס״ק י״ב בשם תשובת תפארת צבי » (פתחי תשובה יו״ד רי״ד ס״ק ד)

ס״ק ה — le fils est-il tenu par les conduites de son père ?

« כתקנתן. עבה״ט ומ״ש ועיין בח״י אם הבן מחוייב לנהוג כו׳ עיין בזה בתשובת זכרון יוסף חי״ד סימן י״ד מ״ש על דבריו » (פתחי תשובה יו״ד רי״ד ס״ק ה)
« והעלה דאין הבן מחוייב להתנהג בהנהגת אביו זולת מה שהתנהג גם הבן מאז שהגדיל שהרגילוהו אבותיו ללכת בדרכיהם » (פתחי תשובה יו״ד רי״ד ס״ק ה)
« ועל אופן זה מיירי נמי המחבר שכתב קבלת הרבים חלה עליהם ועל זרעם דהיינו שכבר נהגו כן יושבי העיר וזרעם והוי כנדרו גם לזרעם ולהכי חייבים לעשות כתקנתן » (פתחי תשובה יו״ד רי״ד ס״ק ה)
« משא״כ אם הבן לא התחיל להתנהג מעולם כמנהג הטוב של אביו אין הבן מחוייב להתנהג בפרישות ההוא ע״ש » (פתחי תשובה יו״ד רי״ד ס״ק ה)

Le Taz (ט״ז) — il ne commente pas ce siman

Le Taz, présent sur presque tout Yoreh De’ah, n’a pas de commentaire sur ce siman : son texte va du siman 213 au siman 215. On ne trouvera donc ici aucune entrée de sa part, et l’on n’en a fabriqué aucune. Ce qu’il dit de matières proches se lit au siman 213 (trois ס״ק, sur ce sur quoi un vœu prend) et au siman 215 (sept ס״ק, sur les vœux portant sur une mitsva). Sur la question voisine des usages de lieu à lieu, le Chakh renvoie d’ailleurs lui-même à son commentaire sur Orah Haïm, au début du siman 574.

6. Le tableau des deux seifim

La situationL’usage lie-t-il ?Que faut-il pour s’en défaire ?Où c’est dit
Il savait la chose permise, et voulait d’emblée s’y tenir toujoursOui — comme un vœuTrois hommes, en ouvrant par le regretשו״ע יו״ד רי״ד:א
Il ne s’y est tenu qu’une fois, mais avec cette intentionOuiUne dissolutionשו״ע יו״ד רי״ד:א
Il pensait la chose interditeNon — ce n’est pas une acceptationRien : c’était une erreurשו״ע יו״ד רי״ד:א · ש״ך ס״ק ה
Il la croyait plus gravement interdite qu’elle ne l’estNon, selon le ChakhRienש״ק יו״ד רי״ד ס״ק ה
Il a dit au départ « sans vœu, et pas pour toujours »NonRien — c’est le conseil du seifשו״ע יו״ד רי״ד:א · פתחי תשובה ס״ק ג
Il veut seulement suspendre une fois, pour un malaiseSelon le Dagoul Mervava, pas de dissolutionRien, s’il revient ensuite à son usageפתחי תשובה יו״ד רי״ד ס״ק א
C’est un usage que tout Israël a prisOuiLe regret ne suffit pas — selon le Maharchalש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ד
Un usage de la ville, même sans délibérationOui — et sur la descendanceQuestion de Ravשו״ע יו״ד רי״ד:ב
Il vient s’installer dans la villeOui — il est comme ses habitants—שו״ע יו״ד רי״ד:ב
Et les usages de son ancienne ville ?Levés, s’il n’a pas l’intention de revenirLe Chakh discute et trancheשו״ע יו״ד רי״ד:ב · ש״ך ס״ק ח
Mais s’il y a crainte de disputeOn ne change rien, même pour l’indulgence—ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ז · ס״ק ח

7. Cas pratiques

Cas 1 — une conduite prise il y a des années

Trois questions préalables, et aucune ne se tranche seul : savait-il la chose permise ? Avait-il, au début, l’intention de s’y tenir toujours ? Et de quel usage s’agit-il — le sien seul, celui de sa communauté, ou celui de tout Israël ? La troisième question décide de la possibilité même d’une dissolution, selon le Chakh au ס״ק ד.

Cas 2 — la santé

C’est l’exemple même du seif, et le Chakh lui consacre son plus long ס״ק. La santé n’est pas, en elle-même, une porte : il faut une dissolution. Mais le Pit’hei Techouva, au ס״ק א, rapporte du Dagoul Mervava une distinction décisive — renoncer pour de bon, ou suspendre une fois avec l’intention de reprendre.

Cas 3 — prendre une bonne résolution

Le seif donne la marche à suivre, et c’est la plus utile de tout le siman : dire au départ que ce n’est pas un vœu, et que ce n’est pas pour toujours. Les deux, car ce sont deux conditions distinctes. Le Pit’hei Techouva, au ס״ק ג, renvoie au Maguen Avraham sur la formule.

Cas 4 — un usage familial

Le seif 2 dit que l’acceptation de la collectivité lie « eux et leur descendance ». Mais le Pit’hei Techouva, au ס״ק ה, rapporte du Zikhron Yossef que le fils n’est tenu que de ce qu’il a lui-même pratiqué depuis qu’il est en âge, ses parents l’y ayant accoutumé. C’est une réponse sourcée à une question fréquente, et elle ne s’étend pas d’elle-même.

Cas 5 — déménager

Le seif 2 traite exactement de cela : on adopte l’usage du nouveau lieu, et l’on est délié de celui de l’ancien — si l’on n’a pas l’intention de revenir. Mais le Chakh ouvre son ס״ק ח par תימה, relève une contradiction avec Orah Haïm 468, et ne conclut qu’au bout de sa discussion. Et il ajoute une réserve qui vaut partout : là où il y a crainte de dispute, on ne change rien.

8. Questions de compréhension

  1. Quelles sont les deux conditions pour qu’un usage lie comme un vœu ? Laquelle des deux surprend le plus ?
  2. Le seif exige « trois hommes ». Pourquoi trois, et qu’est-ce que cela nous apprend sur ce qu’est un usage ?
  3. Le Chakh, au ס״ק ב, oppose notre siman à une glose d’Orah Haïm. En quoi consiste la contradiction, et comment la résout-il ?
  4. Quelle limite le Chakh met-il, au ס״ק ד, à la dissolution par le regret — et au nom de qui ?
  5. Le seif rapporte un avis qui refuse toute dissolution. Qui le tient, et sur quel raisonnement ? Que dit la glose du Rama ?
  6. Quelle est la différence entre un מנהג חשוב et un מנהג גרוע, et qui conteste ce partage ?
  7. Le seif 2 délie celui qui s’installe ailleurs. Pourquoi le Chakh écrit-il תימה, et que conclut-il ?
  8. Le fils est-il tenu par les conduites de son père ? Cite l’entrée qui répond, et sa réserve.

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
Les sources de ce niveau sont consultables sur Sefaria :
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן רי״ד · Niveau 1 — Initiation · לעבור על מנהג צריך התרה
daattorah.com

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