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סימן רי״דSiman 214

Yoreh De'ah · Nedarim

Siman 214 — L’usage qui devient un interdit (לעבור על מנהג צריך התרה)

Deux seifim, et une question que chacun se pose un jour. Un homme s’abstient d’une chose qu’il sait permise — par précaution, par ascèse, par usage reçu. Il n’a rien promis, rien prononcé. Le Choulhan Aroukh décide pourtant que c’est comme s’il l’avait accepté par vœu, et qu’il faut trois hommes pour l’en délier. Mais tout ne lie pas : il faut qu’il ait su la chose permise, et qu’il ait voulu d’emblée s’y tenir toujours — et alors une seule fois suffit. Le second seif passe du particulier à la communauté. (Choulhan Aroukh, Yoreh De’ah 214 — 2 seifim)

דברים המותרים והיודעים בהם שהם מותרים נהגו בהם איסור הוי כאילו קבלו עליהם בנדר ואסור להתירם בהם

Des choses permises, et ceux qui savent d’elles qu’elles sont permises s’y sont conduits par interdit — c’est comme s’ils l’avaient accepté sur eux par vœu. Tout le siman tient dans le mot « ceux qui savent » : ce n’est pas l’abstention qui lie, c’est l’abstention en connaissance de cause.

Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 214:1

Les 4 niveaux d’étude

NIVEAU 01

רמת המתחיל

Base — Débutant & Intermédiaire

Les deux seifim en hébreu, avec traduction française fluide et décomposition clause par clause : la règle-titre et ses deux exemples, la condition d’intention, la forme de la dissolution, le conseil préventif, l’exclusion de l’erreur, l’avis sévère du Rachba et la glose du Rama, puis les trois décisions du seif 2. Les dix-neuf entrées de l’appareil — Chakh (8), Baer Hetev (6), Pit’hei Techouva (5) — citées une à une. Le Taz ne commente pas ce siman : on le dit, on ne le supplée pas.

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NIVEAU 02

רמת הלמדן

Lamdan — Talmid Hakham

Pilpoul : la ḥakira sur ce que l’usage produit ; la braita, la restriction בכותאי et le cas de Beth Chéan, avec la réponse du Ri ; les deux lectures croisées du Yerouchalmi — le Roch contre le Rachba — et les cinq mots du Rama ; la condition d’intention tirée du Maharam et la limite du Maharchal ; la contradiction du Chakh sur la santé ; מנהג חשוב contre le Ba’h ; et le תימה du Chakh sur le déménagement.

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NIVEAU 03

חזרה וסיכום

Synthèse — Révision

L’axiome, les trois questions-réflexes, le tableau des deux seifim clause par clause, la grille des questions à poser, les cinq ma’hlokot ouvertes, le vocabulaire, les règles d’or et les trois pièges.

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NIVEAU 04

הלכה למעשה

Halakha lema'asse — Psak

La halakha pratique selon le ש״ך, le באר היטב et le פתחי תשובה — chaque ligne adossée à une entrée citée —, puis les cas contemporains : une conduite prise il y a longtemps, une résolution de fin d’année, la santé, un usage familial, un déménagement, une communauté qui veut durcir. Note : l’Admour HaZaken n’a pas écrit de Choulhan Aroukh sur Yoreh De’ah — niveau de psak, non « Daat HaRav ».

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Questions fréquentes — Siman 214

Une habitude peut-elle vraiment lier comme un vœu ?

Oui, mais à deux conditions que le seif énonce : qu’on ait su la chose permise, et qu’on ait voulu d’emblée s’y tenir toujours.

« דברים המותרים והיודעים בהם שהם מותרים נהגו בהם איסור הוי כאילו קבלו עליהם בנדר ואסור להתירם בהם » (שו״ע יו״ד רי״ד:א)
« אם בשעה שהתחיל לנהוג היה דעתו לנהוג כן לעולם ונהג כן אפילו פעם אחת צריך התרה » (שו״ע יו״ד רי״ד:א)
Et alors une seule fois suffit — ונהג כן אפילו פעם אחת. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

Comment s’en délie-t-on ?

Comme d’un vœu : devant trois hommes, en ouvrant par le regret.

« ומי שרגיל שלא לאכול בשר ושלא לשתות יין מר״ח אב או מי״ז בתמוז ורוצה לחזור בו מחמת שאינו בריא צריך ג׳ שיתירו לו » (שו״ע יו״ד רי״ד:א)
« ויפתח בחרטה שמתחרט שנהג כן לשם נדר » (שו״ע יו״ד רי״ד:א)
Mais le Chakh, au ס״ק ד, apporte du Maharchal une limite : cette voie ne vaut que pour un usage pris par une partie du peuple ; ce que tout Israël a reçu ne se délie pas ainsi. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

Et si je croyais la chose interdite ?

Alors il n’y a pas eu d’acceptation, et c’est cet avis-là que le Rama déclare être l’usage :

« אבל הנוהגים איסור בדברים המותרים מחמת שסוברים שהם אסורים לא הוי כאילו קבלום בנדר » (שו״ע יו״ד רי״ד:א)
« והמנהג כסברא הראשונה » (רמ״א יו״ד רי״ד:א)
« מחמת שסוברים שהם אסורים. ועכשיו נתברר שהוא מותר ומנהגן היה בטעות שנסתפקו בדבר ועכשיו שנתברר שמותר לא הוי כאילו קבלום בנדר » (ש״ך יו״ד רי״ד ס״ק ה)
Le Chakh précise la situation visée — celui qui hésitait, et pour qui la chose s’est ensuite éclaircie — et l’étend à celui qui la croyait plus gravement interdite. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

Comment prendre une bonne résolution sans se lier ?

Le seif donne la marche à suivre, et elle tient en deux phrases dites au départ :

« לפיכך הרוצה לנהוג בקצת דברים המותרים לסייג ופרישות יאמר בתחלת הנהגתו שאינו מקבל עליו כן בנדר » (שו״ע יו״ד רי״ד:א)
« וגם יאמר שאין בדעתו לנהוג כן אלא בפעם ההוא או בפעמים שירצה ולא לעולם » (שו״ע יו״ד רי״ד:א)
Il faut les deux : la première écarte le vœu, la seconde écarte le « pour toujours ». Le Pit’hei Techouva, au ס״ק ג, renvoie au Maguen Avraham sur la formule. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

Et si je ne peux pas tenir mon usage cette année ?

La santé est l’exemple même du seif, et elle n’ouvre pas d’elle-même : il faut trois hommes. Mais le Pit’hei Techouva distingue :

« לחזור בו. עיין בדגמ״ר שכתב דהמחבר מיירי שרוצה לחזור לגמרי ושלא לשוב למנהגו לעולם לכך צריך התרה אבל אם אירע לו איזה מיחוש ורוצה לאכול היום ושוב לעתיד חוזר למנהגו א״צ התרה ע״ש: » (פתחי תשובה יו״ד רי״ד ס״ק א)
Selon le Dagoul Mervava, le Mehaber parle de celui qui veut revenir tout à fait ; celui qui veut seulement suspendre une fois et reprendra ensuite n’a pas besoin de dissolution. La distinction est étroite. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

Suis-je tenu par les usages de mon père ?

Le seif 2 dit que l’acceptation de la collectivité lie « eux et leur descendance ». Mais le Pit’hei Techouva précise :

« קבלת הרבים חלה עליהם ועל זרעם ואפילו בדברים שלא קבלו עליהם בני העיר בהסכמה אלא שנוהגין כן מעצמם לעשות גדר וסייג לתורה » (שו״ע יו״ד רי״ד:ב)
« והעלה דאין הבן מחוייב להתנהג בהנהגת אביו זולת מה שהתנהג גם הבן מאז שהגדיל שהרגילוהו אבותיו ללכת בדרכיהם » (פתחי תשובה יו״ד רי״ד ס״ק ה)
Au nom du Zikhron Yossef : le fils n’est tenu que de ce qu’il a lui-même pratiqué depuis qu’il est en âge, ses parents l’y ayant accoutumé. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.