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סימן רכ״בSiman 222

Yoreh De'ah · Nedarim

Siman 222 — Doter sa fille quand le gendre est מודר הנאה

Un seul seif, et treize entrées d’appareil s’y attachent : la densité n’est pas dans la longueur. Un père veut donner à sa fille, et son gendre a été rendu מודר הנאה de lui. Or le mari mange les fruits des biens de sa femme : donner à la fille, c’est en droit donner au gendre. Le seif ne propose pas un détour mais une formule — le don, la clause « ton mari n’y a pas de droit », et l’affectation d’un usage. Puis il examine les trois façons dont cette formule peut manquer, et c’est là que Rav et Chmouel, le Rambam et le Tour, le Chakh et le Cha’ar HaMelekh se séparent. (Choulhan Aroukh, Yoreh De’ah 222 — 1 seif)

המודר מחתנו והוא רוצה לתת לבתו מעות כדי שתהא נהנית בהם ומוציאה אותם בחפציה הרי זה נותן לה ואומר לה הרי המעות הללו נתונים לך במתנה ובלבד שלא יהא לבעליך רשות בהן אלא יהיו למה שאת נותנת לתוך פיך או למה שתלבשי וכיוצא בזה

Celui qui est מודר de son gendre et qui veut donner de l’argent à sa fille afin qu’elle en profite et qu’elle les dépense pour ses besoins — il lui donne et lui dit : voici, ces pièces te sont données en don, à condition seulement que ton mari n’ait aucun droit sur elles, mais qu’elles soient pour ce que tu mets dans ta bouche, ou pour ce dont tu te vêtiras, ou chose semblable. Le siman est tout entier dans cette formule.

Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 222:1

Les 4 niveaux d’étude

NIVEAU 01

רמת המתחיל

Base — Débutant & Intermédiaire

L’unique seif en hébreu, avec traduction française fluide et décomposition clause par clause : pourquoi il s’agit d’argent et non de nourriture, les deux membres de la formule, l’affectation qui la fait tenir, מה שתרצי עשי et le partage entre Chmouel et Rav, et les trois façons dont la formule peut manquer. Les treize entrées de l’appareil — Chakh, Taz, Baer Hetev, Pit’hei Techouva, Nekoudot HaKessef — citées une à une, avec la michna, la guemara, le Rambam, le Tour et le Beit Yossef.

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NIVEAU 02

רמת הלמדן

Lamdan — Talmid Hakham

Le pilpoul : אכילת פירות et יד אשה כיד בעלה ; Rav contre Chmouel dans נדרים פ״ח et l’identification du Taz — le Rambam pour l’un, le Tour et le Roch pour l’autre ; le פשיטא du Chakh contre les quatre Richonim du Cha’ar HaMelekh ; le ק״ו du Taz contre la Derisha ; la question du ס״ק ג et le contre-vœu qui ne sert à rien ; et la dissertation des Nekoudot HaKessef pour le Raavad, depuis la sougya de Kiddouchin et le Yerouchalmi de la fin de Nedarim.

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NIVEAU 03

חזרה וסיכום

Synthèse — Révision

La révision : le mécanisme en trois pas, la formule et ses quatre états dans un tableau, le seif clause par clause dans l’ordre du livre, le vocabulaire — מודר הנאה, אכילת פירות, יד אשה כיד בעלה, מה שתרצי עשי, מי שמוחזק המע״ה — et quatre pièges classiques.

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NIVEAU 04

הלכה למעשה

Halakha lema'asse — Psak

La halakha lema‘assé : la formule complète en trois éléments et pourquoi on ne s’en écarte pas, ce qui n’exige rien du tout, les deux points de divergence ouverte et la conduite qui les contourne, le montage que le Taz écarte — et la raison qui vaut au-delà de ce siman : un vœu que l’on prend sur soi peut se faire délier. Avec le renvoi constant : la conduite réelle revient au Rav.

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Questions fréquentes — Siman 222

Pourquoi faut-il une formule ? Mon gendre ne touchera pas à cet argent.

C’est exactement la question du Taz, au ס״ק ג — et sa réponse déplace le problème :

« וי״ל כיון שעכ״פ זכה במתנה בקבלת אשתו ה״ל כאילו הוא קיבל מחמיו וחוזר ונותן אח״כ לאשתו » (ט״ז יו״ד רכ״ב ס״ק ג)
L’interdit ne dépend pas de ce que le gendre fera : il est consommé au moment où sa femme reçoit, parce que le mari acquiert du même coup. C’est pour cela que la formule est nécessaire, et un Rav doit la valider.

Et si je veux simplement nourrir ma fille ?

Alors il n’y a aucune formule à dire. Le Chakh l’écrit dès son premier ס״ק :

« אבל אם רוצה לתת לה מזונות אין צריך לומר לה כלום לפי שאין לבעלה זכייה בהם שהרי זן אשתו ובניו במודר הנאה כדלעיל סי׳ רכ״א ס״ב » (ש״ך יו״ד רכ״ב ס״ק א)
La raison est que le mari est lui-même débiteur des aliments de sa femme : il n’a donc là aucun droit à acquérir. Où passe exactement la frontière entre nourrir et doter ? La question revient à un Rav.

Puis-je dire seulement « fais-en ce que tu veux » ?

Le seif écrit que oui, et c’est la position du Rambam d’après Chmouel. Mais il rapporte aussitôt l’avis contraire :

« ויש אומרים דאפי׳ באומר לה על מנת שאין לבעליך רשות בהם ומה שתרצי תעשי בהם קנה הבעל ואסור בהם » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א)
C’est la position du Tour au nom du Roch, d’après Rav. La conduite qui évite le débat est de nommer l’usage — nourriture, vêtement — ce que tout le monde admet. Demande à ton Rav.

Mon gendre est prêt à se vouer lui-même de ne pas en profiter. Cela règle-t-il la question ?

Non. C’est ce que proposait la Prisha, et le Taz l’écarte au ס״ק ג ; le Baer Hetev le reprend et conclut explicitement contre elle :

« ולפ״ז נראה ברור דאף אם גם החתן הדיר עצמו מנכסי חמיו לא מהני שיחן חמיו מתנה לאשתו דמ״ש הדיר גם הוא מהדירו חמיו ותו דגרע טפי דנדרו יכול להתיר וירצה ליהנות ממנו ע״כ לא מהני כלל מה שהדיר ג״כ בעצמו ודלא כפרישה ע״ש » (באר היטב יו״ד רכ״ב ס״ק ב)
Deux raisons : l’objet lui reste interdit de toute façon, et surtout son propre vœu, lui, peut être délié — après quoi il voudra en profiter. Ce genre d’arrangement ne se monte pas sans un Rav.