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סימן רכ״אSiman 221

Yoreh De'ah — Nedarim

Siman 221 — le vœu qui interdit de profiter d’autrui (דיני הנודר הנאה מחבירו)

Quatorze seifim, et une seule question posée quatorze fois : qu’est-ce qu’un vœu peut retirer à un homme ? La mishna le dit d’un mot — même l’indulgence que nul ne monnaye est interdite —, et le siman en tire le droit de passage sur un champ. Puis il ouvre trois brèches : la dette qu’on acquitte n’est qu’un effet indirect, la famille qu’on nourrit est un profit qui vient de soi, la mitsva qu’on accomplit n’a pas été donnée pour le profit. Le reste est du droit civil — la תפיסת יד d’un bien loué, le שעבוד d’un locataire qu’un קונם ne peut écarter, l’épicier qui n’est pas un mandataire tant qu’on ne lui doit rien, le don que les circonstances démentent. (Choulhan Aroukh, Yoreh De’ah 221 — 14 seifim)

ראובן שאסר נכסיו על שמעון או שאסר עצמו מנכסי שמעון הנאסר אסור לעבור על שדה האחר

Réouven qui a interdit ses biens à Chimon, ou qui s’est interdit lui-même les biens de Chimon — celui à qui c’est devenu interdit ne peut passer sur le champ de l’autre. Le siman ouvre sur les deux directions du vœu, et sur la conséquence la plus inattendue : un simple droit de passage.

Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 221:1

Les 4 niveaux d’étude

NIVEAU 01

רמת המתחיל

Base — Débutant & Intermédiaire

Les quatorze seifim en hébreu, avec traduction française fluide et décomposition clause par clause : les quatre formules du seif 1, la dette et la famille, le malade et la posture debout, le lit et le bain partagés, la תפיסת יד, le קונם contre le שעבוד, l’épicier et les ouvriers, le don démenti, la flamme, l’abattage, le chofar et le loulav. Les cent soixante entrées de l’appareil — Chakh, Taz, Baer Hetev, Pit’hei Techouva, Nekoudot HaKessef — citées une à une.

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NIVEAU 02

רמת הלמדן

Lamdan — Talmid Hakham

Pilpoul : le ויתור de Rabbi Eliezer et la ma’hloket sur le raccourci ; le גרמא du paiement de dette, et le Ba’h qui veut le restreindre ; la longue note du Taz sur חנן, Rabbenou Tam et le Roch ; pourquoi la femme et non la bête ; le קונם contre le שעבוד du locataire, et les deux dissertations du Chakh sur la קדושת הגוף et le Yerouchalmi ; la mécanique de la שליחות au seif 8 et la réfutation de la Perisha ; la ma’hloket du Rama et du Taz sur l’abattage, réfutée par les Nekoudot HaKessef ; et les trois raisons pour lesquelles le livre n’est pas le chofar.

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NIVEAU 03

חזרה וסיכום

Synthèse — Révision

Une synthèse rangée par mécanisme et non par numéro : ce que le vœu atteint, ce qu’il n’atteint pas, la mesure du salaire, ce qui passe par un tiers, le patrimoine et sa transmission, et la mitsva. Puis un tableau-maître qui remet les quatorze seifim dans l’ordre du livre, clause après clause, les ma’hlokot ouvertes, le vocabulaire, les règles d’or et les pièges classiques.

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NIVEAU 04

הלכה למעשה

Halakha lema'asse — Psak

La halakha pratique selon le ש״ך, le ט״ז, le באר היטב et le פתחי תשובה, puis les cas contemporains : une brouille scellée par une formule, une dette qu’on veut acquitter pour un autre, une aide qu’on fait passer par un tiers, un service qui se paye d’ordinaire. Note : l’Admour HaZaken n’a pas écrit de Choulhan Aroukh sur Yoreh De’ah — niveau de psak, non « Daat HaRav ».

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Questions fréquentes — Siman 221

Qu’est-ce qu’un vœu d’interdiction de profit, et jusqu’où va-t-il ?

Le siman l’ouvre par les deux directions possibles, puis par une conséquence que personne n’attend :

« ראובן שאסר נכסיו על שמעון או שאסר עצמו מנכסי שמעון הנאסר אסור לעבור על שדה האחר » (שו״ע יו״ד רכ״א:א)
« אפילו בבקעה בימות החמה שאין בני אדם מקפידים על דריסת רגל שבה » (שו״ע יו״ד רכ״א:א)
Traverser un champ en plaine, à la saison sèche, quand personne n’y prend garde : voilà ce que le vœu interdit. La raison est dans la guemara — même l’indulgence d’usage, le ויתור, est un profit. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

Puis-je payer la dette de quelqu’un qui s’est interdit de profiter de moi ?

Le seif 2 le permet, et c’est l’une des permissions les plus employées du siman :

« המודר הנאה מחבירו יכול לפרוע חובו » (שו״ע יו״ד רכ״א:ב)
Mais le Chakh y ajoute deux conditions que le texte n’écrit pas :
« היינו דוקא שלא מדעתו וכן כתב הר״ן והביאו בית יוסף בסימן רי״ז » (ש״ך יו״ד רכ״א ס״ק ו)
à l’insu du débiteur, et — selon le Ba’h qu’il rapporte — non quand la dette est assortie d’un acte écrit ou d’un gage. Deux conditions absentes du texte : demande à ton Rav.

Pourquoi peut-on nourrir sa femme et ses enfants, mais pas sa bête ?

Le seif 2 fait exactement ce partage :

« ויכול לזון את אשתו ובניו ועבדיו ואפי׳ הכנענים » (שו״ע יו״ד רכ״א:ב)
« אבל אסור לזון בהמתו בין טמאה בין טהורה » (שו״ע יו״ד רכ״א:ב)
Et le Chakh en donne les deux raisons :
« ההיא הנאה דממילא היא ועוד שהיו יכולים לצמצם להתפרנס ממעשה ידיהם או לחזור על הפתחים » (ש״ך יו״ד רכ״א ס״ק ח)
« אפילו במזונות יתירים כדי לפטמה אסור שהרי מעלה בדמיה וה״ל הנאה גמורה » (ש״ך יו״ד רכ״א ס״ק ט)
La famille est un profit qui vient de soi ; la bête, on l’engraisse, et sa valeur monte. C’est un profit entier.

Puis-je faire passer une aide par un tiers ?

C’est tout le seif 8, et son montage est ingénieux :

« המודר הנאה מחבירו יכול המדיר לומר לחנוני פלוני מודר הנאה ממני ואיני יודע מה אעשה והחנוני נותן לו וחוזר ונוטל מהמדיר » (שו״ע יו״ד רכ״א:ח)
« אם ירצה המדיר לפרעו (אבל אינו מחוייב לפרעו) » (שו״ע יו״ד רכ״א:ח)
Tout tient à la parenthèse : il n’est pas obligé de payer. Le Chakh en donne la raison en une ligne :
« דא״כ ה״ל שלוחו והיה חבירו אסור בו » (ש״ך יו״ד רכ״א ס״ק מ״ט)
Et le seif marque aussitôt la frontière : promettre à la cantonade est permis, ordonner est interdit, et s’adresser à un seul est interdit. Demande à ton Rav.

Puis-je rendre un service qui se paye d’ordinaire — abattre une bête, par exemple ?

C’est la ma’hloket la plus vive du siman, et elle est ouverte. Le Rama permet :

« הגה המודר הנאה מחבירו מותר לשחוט לו בהמה בריאה אבל לא מסוכנת (כן משמע מב״י בשם אהל מועד): » (רמ״א יו״ד רכ״א:י״ב)
Le Chakh en donne la raison — il détériore la bête plus qu’il ne l’améliore :
« מפני שהוא מקלקל אבל לא במסוכנת שהוא מתקן » (ש״ך יו״ד רכ״א ס״ק נ״ח)
Mais le Taz refuse, et en des termes très fermes :
« דזה פשוט דהנאה גדולה היא לו מה שישחוט לו ויתירנה לו לאכילה ובכל יום אנו שוכרים שוחט שישחוט » (ט״ז יו״ד רכ״א ס״ק מ״ב)
Les Nekoudot HaKessef le réfutent point par point, et le Pit’hei Techouva rapporte du Peni Aryé une voie médiane assortie de conditions. Ne tranche pas de mémoire : demande à ton Rav.