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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman 222 — Doter sa fille quand le gendre est מודר הנאה

Un seul seif, treize entrées : la formule exacte, et ce qui arrive si elle manque
יורה דעה · סימן רכ״ב
מי שהתנו מודר הנאה ממנו ורוצה ליתן טעות לבתו
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Première approche du Siman 222, et il tient en un seul seif — mais treize entrées d’appareil s’y attachent. Le siman 221 avait exposé tout le régime du מודר הנאה ; celui-ci en prend le cas le plus humain : un père veut donner à sa fille, et son gendre ne peut rien recevoir de lui. Or le mari mange les fruits des biens de sa femme — le don à la fille est un profit au gendre. Le seif donne la formule qui dénoue cela, et examine ce qui arrive quand il en manque un morceau. Ce sont des règles למעשה : tout cas réel se pose à un Rav.

Sujet : Doter sa fille quand le gendre est מודר הנאה
Source : שולחן ערוך יורה דעה סימן רכ״ב (א׳ סעיפים)

Compilation : הרב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

📑 Plan de l’étude

1. De quoi parle ce siman ?
2. Les seifim, l’un après l’autre, clause par clause
3. Les concepts-clés
4. D’où viennent ces seifim : la michna, la guemara, le Rambam, le Tour, le Beit Yossef
5. L’appareil du siman, cité entrée par entrée
6. Le tableau des seifim
7. Cas pratiques
8. Questions de compréhension

1. De quoi parle ce siman ?

Le siman précédent, le 221, a exposé tout le régime du מודר הנאה — celui à qui le profit d’autrui est interdit par un vœu. Celui-ci en prend un seul cas, et y consacre un seif unique : le beau-père qui veut doter sa fille alors que son gendre ne peut rien recevoir de lui.

Le nœud n’est pas moral, il est juridique. En droit matrimonial, le mari mange les fruits des biens de son épouse. Donner de l’argent à la fille, c’est donc donner au gendre — non par ruse, mais par l’effet mécanique du droit. Ce qui est en jeu n’est pas l’intention du beau-père : c’est la nature du don.

D’où la solution du seif, qui est une formule. Si le père affecte les pièces à un usage déterminé, il ne les a pas transférées absolument, et il ne reste rien à quoi le droit du mari puisse s’attacher. Le seif énonce cette formule, puis examine ce qui se passe quand l’une de ses parties manque — et c’est là que la guemara, les Richonim et les A’haronim se séparent.

Le siman en une ligne. Un seul seif, treize entrées d’appareil : la densité est dans la formule, non dans la longueur. Trois façons de parler, trois sorts — et deux des trois font l’objet d’une divergence ouverte.

2. Les seifim, clause par clause

Voici l’unique seif, d’abord en entier — tel que la source le donne, chapeau et coquilles compris —, puis décomposé clause par clause.

Seif 1 — les mots qu’il faut dire, et l’ordre dans lequel ils tiennent

Le siman est un cas d’espèce, et un seul. Un homme s’est vu interdire par un vœu de profiter de son beau-père — ou, ce qui revient au même ici, le beau-père a interdit son profit au gendre. Le beau-père veut maintenant donner de l’argent à sa fille. Le difficile est que ce qui entre dans la main de la femme, le mari en mange les fruits : le don à la fille est donc un profit au gendre. Tout le seif est la formule qui dénoue cela, et les trois moments où elle peut manquer.

מי שהתנו מודר הנאה ממנו ורוצה ליתן טעות לבתו. ובו סעיף אחד:
המודר מחתנו והוא רוצה לתת לבתו מעות כדי שתהא נהנית בהם ומוציאה אותם בחפציה הרי זה נותן לה ואומר לה הרי המעות הללו נתונים לך במתנה ובלבד שלא יהא לבעליך רשות בהן אלא יהיו למה שאת נותנת לתוך פיך או למה שתלבשי וכיוצא בזה ואפי׳ אמר על מנת שאין לבעליך רשות בהם אלא מה שתרצי עשי בהם לא קנה הבעל ומה שתרצה תעשה בהם אבל אם נתן לה מתנה ואמר לה על מנת שאין לבעליך רשות בהם ולא פירש שתהא המתנה הזאת לכך ולכך או למה שתרצה תעשה בהם הרי זה יקנה אותה הבעל לאכול פירותיה ודבר זה אסור שהרי הוא אסור בהניית חותנו ויש אומרים דאפי׳ באומר לה על מנת שאין לבעליך רשות בהם ומה שתרצי תעשי בהם קנה הבעל ואסור בהם:
« מי שהתנו מודר הנאה ממנו ורוצה ליתן טעות לבתו. ובו סעיף אחד » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א)
Celui dont le gendre est מודר הנאה de lui, et qui veut donner de l’argent à sa fille — et il y a ici un seul seif
⚠️ Le chapeau tel que la source le donne porte deux coquilles manifestes, et nous le recopions sans y toucher : התנו pour חתנו — « son gendre » —, et טעות pour מעות — « de l’argent ». Le Tour, qui est la source du titre, écrit bien מי שחתנו מודר הנאה ממנו ורוצה ליתן מעות לבתו.
« המודר מחתנו והוא רוצה לתת לבתו מעות » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א)
Celui qui est מודר de son gendre et qui veut donner de l’argent à sa fille
Le Taz s’arrête au ס״ק א sur le mot מעות, et il a raison de le faire : c’est de l’argent précisément, et non de la nourriture. Car pour les מזונות il n’a rien à dire du tout — le mari n’y a aucun droit acquis, comme l’enseigne la michna וזן את אשתו, au siman 221.
« כדי שתהא נהנית בהם ומוציאה אותם בחפציה » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א)
afin qu’elle en profite et qu’elle les dépense pour ses besoins
La clause est du Rambam mot pour mot, et elle explique pourquoi l’argent pose un problème que la nourriture ne pose pas : de l’argent disponible est un capital, et le mari mange les fruits du capital de sa femme.
« הרי זה נותן לה ואומר לה הרי המעות הללו נתונים לך במתנה » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א)
celui-ci lui donne et lui dit : voici, ces pièces te sont données en don
Premier des deux membres de la formule, et il ne suffit pas seul. C’est même l’inverse : un don pur et simple est exactement ce qui fait acquérir le mari. Le Roch le note dans son commentaire sur la michna — sans la seconde clause, ce serait interdit.
« ובלבד שלא יהא לבעליך רשות בהן » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א)
à condition seulement que ton mari n’ait aucun droit sur elles
Le second membre, et c’est la clause que la michna de נדרים פ״ח ע״א impose. Le Pit’hei Techouva, au ס״ק א, rapportera du Cha’ar HaMelekh que plusieurs Richonim la tiennent pour dispensable — question sur laquelle le Chakh avait écrit פשיטא.
« אלא יהיו למה שאת נותנת לתוך פיך או למה שתלבשי וכיוצא בזה » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א)
mais qu’elles soient pour ce que tu mets dans ta bouche, ou pour ce dont tu te vêtiras, ou chose semblable
L’affectation, et c’est elle qui fait travailler la formule : en désignant l’usage, le père ne lui a pas transféré les pièces pour tout, donc le mari n’a rien à quoi s’attacher. La michna ne connaissait que « ce que tu mets dans ta bouche » ; le Ran rapporte au Beit Yossef un avis qui étend à n’importe quelle affectation, et c’est lui que le Mehaber suit en ajoutant או למה שתלבשי.
« ואפי׳ אמר על מנת שאין לבעליך רשות בהם אלא מה שתרצי עשי בהם » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א)
et même s’il a dit : à condition que ton mari n’ait pas de droit sur elles, mais fais-en ce que tu voudras
Le point de bascule du siman. מה שתרצי עשי n’affecte rien : c’est un don pour tout. Rav, dans la guemara, dit que là le mari acquiert ; Chmouel dit que non. Le Mehaber écrit ici la position de Chmouel, qui est celle du Rambam.
« לא קנה הבעל ומה שתרצה תעשה בהם » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א)
le mari n’a pas acquis, et elle en fera ce qu’elle voudra
Le Taz explique au ס״ק ב la logique du Rambam : en disant « ce que tu voudras faire », il a révélé sa pensée — même à elle il n’a pas donné absolument, mais pour l’usage qu’elle voudra au moment où elle le voudra. Le Pit’hei Techouva, au ס״ק ב, ajoute la question du Cha’ar HaMelekh : et si la femme meurt, le mari en hérite-t-il ?
« אבל אם נתן לה מתנה ואמר לה על מנת שאין לבעליך רשות בהם » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א)
mais s’il lui a donné un don et lui a dit : à condition que ton mari n’ait pas de droit sur elles
Le troisième cas, et c’est le cas d’échec : la seconde clause seule, sans aucune affectation. C’est ici, exactement, que les Nekoudot HaKessef ouvrent leur unique entrée du siman — pour soutenir le Raavad contre le Rambam.
« ולא פירש שתהא המתנה הזאת לכך ולכך או למה שתרצה תעשה בהם » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א)
et il n’a pas précisé que ce don serait pour ceci et cela, ou pour ce qu’elle voudrait en faire
Noter que le Mehaber met sur le même rang l’affectation précise et le מה שתרצה : pour lui, les deux suffisent, et c’est le silence complet qui fait tomber. Le יש אומרים de la fin du seif contestera exactement cette égalité.
« הרי זה יקנה אותה הבעל לאכול פירותיה ודבר זה אסור » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א)
alors le mari l’acquerra pour en manger les fruits — et cela est interdit
Le mécanisme est celui du droit matrimonial : le mari mange les fruits des biens de sa femme. Ce n’est donc pas un détour : l’argent donné à la fille est, en droit, un profit pour le gendre.
« שהרי הוא אסור בהניית חותנו » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א)
car il lui est interdit de profiter de son beau-père
Le Taz pose ici, au ס״ק ג, la question qui donne au siman toute sa portée : si le gendre est interdit, pourquoi ne pas donner simplement à la fille — il ne transgressera pas ! Sa réponse renverse la perspective, et il en tire un cas que la Prisha avait manqué.
« ויש אומרים דאפי׳ באומר לה על מנת שאין לבעליך רשות בהם ומה שתרצי תעשי בהם » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א)
et certains disent que même s’il lui dit : à condition que ton mari n’ait pas de droit sur elles, et fais-en ce que tu voudras
Le second avis, et c’est celui du Tour au nom du Roch — donc celui de Rav contre Chmouel. Le Taz l’identifie explicitement au ס״ק ב. Le Chakh, au ס״ק ג, en donne la raison : faute d’affectation, c’est un don pour tout, le mari a déjà acquis, et la condition arrive trop tard.
« קנה הבעל ואסור בהם » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א)
le mari a acquis, et elles lui sont interdites
Le Chakh clôt le siman par un renvoi qui change la pratique : à Even HaEzer 85:11, le Mehaber écrit la première position sans mentionner le יש אומרים. Et il rapporte la règle du Ba’h pour arbitrer — rigueur en matière de vœux, et pour l’argent מי שמוחזק המע״ה.
Le seif en un mot. Trois formulations, trois sorts. (1) « Ces pièces te sont données, ton mari n’y a pas de droit, elles sont pour ta nourriture ou ton vêtement » — permis, tout le monde l’accorde. (2) La même chose avec « fais-en ce que tu voudras » — permis pour le Mehaber, interdit pour le יש אומרים. (3) « Ton mari n’y a pas de droit », sans rien d’autre — interdit, et le Chakh comme le Taz écartent la Prisha qui en doutait.

3. Les concepts-clés de ce siman

מודר הנאה — Celui à qui le profit d’un autre est interdit par un vœu. Tout le siman 221 lui est consacré ; notre siman n’en prend qu’un cas — et un cas où l’interdit se transmet par un tiers.
אכילת פירות — Le droit du mari de jouir des fruits des biens de sa femme. C’est ce droit, et lui seul, qui fait du don à la fille un profit pour le gendre. Le Taz le rappelle au ס״ק א, et le Pit’hei Techouva y raccroche au ס״ק ב la question de l’héritage.
יד אשה כיד בעלה — La main de la femme est comme la main de son mari. Position de Rabbi Meïr, à laquelle la guemara de נדרים פ״ח ע״ב rattache l’avis de Rav. Les Nekoudot HaKessef s’en servent pour démontrer que Chmouel, lui, suit les Sages — et en tirent l’argument du Raavad.
על מנת שאין לבעליך רשות בהן — « À condition que ton mari n’ait pas de droit sur elles. » La clause que la michna impose. Le Chakh la tient pour indispensable ; le Cha’ar HaMelekh, rapporté au Pit’hei Techouva ס״ק א, rassemble les Richonim qui s’en passent.
מה שאת נושאת ונותנת בפיך — « Ce que tu portes et mets dans ta bouche. » La formule de la michna, la seule qu’elle connaisse. Le seif y ajoute le vêtement et « chose semblable », suivant l’avis que le Ran rapporte au Beit Yossef.
מה שתרצי עשי — « Fais-en ce que tu voudras. » Le point de bascule : formule qui n’affecte rien. Chmouel et le Rambam y voient encore une réserve suffisante ; Rav et le Tour y voient un don pur et simple.
מי שמוחזק המע״ה — Celui qui détient l’emporte : à celui qui réclame d’apporter la preuve. Règle que le Chakh rapporte du Ba’h au ס״ק ג pour arbitrer, du côté pécuniaire, une divergence que le côté votal tranchait à la rigueur.

4. D’où viennent ces seifim

La michna — נדרים פ״ח ע״א

C’est la source, et il faut noter d’emblée deux choses : la michna dit המדיר — celui qui fait vouer — là où le Choulhan Aroukh écrit המודר ; et elle ne connaît qu’une seule affectation, la bouche.

« הַמַּדִּיר הֲנָאָה מֵחֲתָנוֹ, וְהוּא רוֹצֶה לָתֵת לְבִתּוֹ מָעוֹת, אוֹמֵר לָהּ: הֲרֵי הַמָּעוֹת הָאֵלּוּ נְתוּנִין לָךְ בְּמַתָּנָה, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְהֵא לְבַעְלִיךְ רְשׁוּת בָּהֶן, אֶלָּא מָה שֶׁאַתְּ נוֹשֵׂאת וְנוֹתֶנֶת בְּפִיךְ » (נדרים פ״ח ע״א)

La guemara — Rav contre Chmouel

Toute la divergence du seif tient dans ces deux lignes, et le Choulhan Aroukh les met bout à bout : la position de Chmouel comme sienne, celle de Rav comme ויש אומרים.

« אָמַר רַב: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא דְּאָמַר לַהּ ״מָה שֶׁאַתְּ נוֹשֵׂאת וְנוֹתֶנֶת בְּפִיךְ״, אֲבָל אָמַר ״מַה שֶּׁתִּרְצִי עֲשִׂי״, קְנָה יָתְהוֹן בַּעַל. וּשְׁמוּאֵל אוֹמֵר: אֲפִילּוּ אָמַר ״מַה שֶּׁתִּרְצִי עֲשִׂי״ — לָא קְנָה יָתְהוֹן בַּעַל » (נדרים פ״ח ע״א)
« כְּמַאן אָזְלָא הָא שְׁמַעְתָּא דְּרַב — כְּרַבִּי מֵאִיר, דְּאָמַר: יַד אִשָּׁה כְּיַד בַּעְלָהּ » (נדרים פ״ח ע״ב)

Le Rambam — הלכות נדרים פרק ז׳ הלכה י״ז

Le seif du Choulhan Aroukh est cette halakha, à peu près mot pour mot, jusqu’au ויש אומרים que le Mehaber ajoute après. C’est pourquoi la critique du Raavad, rapportée par les Nekoudot HaKessef, atteint aussi le Choulhan Aroukh.

« מִי שֶׁנֶּאֶסְרָה הֲנָיָתוֹ עַל בַּעַל בִּתּוֹ וְהוּא רוֹצֶה לָתֵת לְבִתּוֹ מָעוֹת כְּדֵי שֶׁתִּהְיֶה נֶהֱנֵית בָּהֶן וּמוֹצִיאָה אוֹתָן בַּחֲפָצֶיהָ. הֲרֵי זֶה נוֹתֵן לָהּ וְאוֹמֵר לָהּ הֲרֵי הַמָּעוֹת הָאֵלּוּ נְתוּנִין לָךְ בְּמַתָּנָה וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְהֵא לְבַעֲלִיךְ רְשׁוּת בָּהֶן אֶלָּא יִהְיוּ לְמַה שֶּׁאַתְּ נוֹתֶנֶת לְפִיךְ אוֹ לְמַה שֶּׁתִּלְבְּשִׁי וְכַיּוֹצֵא בָּזֶה » (רמב״ם הלכות נדרים פרק ז׳ הלכה י״ז)
« אֲבָל אִם נָתַן לָהּ מַתָּנָה וְאָמַר לָהּ עַל מְנָת שֶׁאֵין לְבַעֲלִיךְ רְשׁוּת בָּהֶן וְלֹא פֵּרֵשׁ שֶׁתִּהְיֶה הַמַּתָּנָה הַזֹּאת לְכָךְ וּלְכָךְ אוֹ לְמַה שֶּׁתִּרְצֶה תַּעֲשֶׂה בָּהֶן הֲרֵי קָנָה אוֹתָהּ הַבַּעַל לֶאֱכל פֵּרוֹתֶיהָ. וְדָבָר זֶה אָסוּר שֶׁהֲרֵי הוּא אָסוּר בַּהֲנָיַת חוֹתְנוֹ » (רמב״ם הלכות נדרים פרק ז׳ הלכה י״ז)

Le Tour — et la position inverse

Le Tour donne la position que le Mehaber rangera en ויש אומרים, et il la donne comme la sienne : c’est celle du Roch. Il nomme ensuite le Rambam comme le dissident.

« מי שחתנו מודר הנאה ממנו ורוצה ליתן מעות לבתו צריך שיאמר לה הרי המעות הללו נתונים לך ע״מ שאין לבעליך רשות בהם אלא שאת תהא אוכלת או לובשת בהן » (טור יורה דעה רכ״ב)
« והרמב״ם כתב דמהני אם א״ל ע״מ שאין לבעליך רשות בה ומה שתרצי תעשי בהם וא״א הרא״ש ז״ל כתב כסברא הראשונה » (טור יורה דעה רכ״ב)

Le Beit Yossef — le Ran, et pourquoi il s’agit d’argent

Le Beit Yossef rapporte le Roch puis le Ran, et c’est du Ran que vient l’élargissement décisif : la michna n’a dit « argent » que parce que la nourriture n’exige rien, et l’affectation vaut pour n’importe quel usage désigné.

« והר״ן פי׳ והוא רוצה לתת לבתו מעות הא דתני מעות משום דאי יהיב לה מזונות א״צ לומר לה כלום לפי שאין לבעל זכייה בהם » (בית יוסף יורה דעה רכ״ב)
« ופסק הרמב״ם ז״ל בפ״ז מהלכות נדרים כשמואל שכתב נותן לה ואומר לה הרי המעות האלו נתונים לך במתנה ובלבד שלא יהא לבעליך רשות בהם אלא יהיו למה שאת נותנת לפיך או למה שתלבשי וכיוצא בזה » (בית יוסף יורה דעה רכ״ב)

5. L’appareil du siman, entrée par entrée

Un seul seif, et pourtant treize entrées : trois ס״ק du Chakh, trois du Taz, trois du Baer Hetev, trois du Pit’hei Techouva, une des Nekoudot HaKessef — et cette dernière est l’une des plus longues du traité. Nous les citons toutes, dans l’ordre, sans en résumer aucune. L’Aroukh HaChoul’han n’est pas cité : il ne nous est pas accessible pour ce siman. Le Pri Ḥadach, le Biour HaGra et le Beer HaGola ne le sont pas davantage.

Le Chakh (ש״ך) — ג׳ ס״ק

Trois entrées, et elles couvrent exactement les trois questions du siman : ce qui n’exige aucune formule, ce qui n’en a pas assez, et le départage entre les deux avis.

ס״ק א — les מזונות n’ont besoin d’aucune formule

« לתת לבתו מעות. אבל אם רוצה לתת לה מזונות אין צריך לומר לה כלום לפי שאין לבעלה זכייה בהם שהרי זן אשתו ובניו במודר הנאה כדלעיל סי׳ רכ״א ס״ב והביאוהו האחרוני׳: » (ש״ך יו״ד רכ״ב ס״ק א)

ס״ק ב — contre la Prisha : sans la condition, le mari acquiert — c’est évident

« או למה שתלבשי כו׳. כתב הפרישה ס״ג צריך עיון אי לא אמר לה אלא המעות הללו נתונים ליך על מנת שתהי׳ אוכלת ולובשת ולא אמר לה על מנת שאין לבעליך רשות בהן עד כאן לשונו. » (ש״ך יו״ד רכ״ב ס״ק ב)
« ולי נראה פשוט מלשון המשנה והפוסקים דכל שלא א״ל ע״מ שאין לבעליך רשות בהן פשיטא דיזכה בהם בעל ואסור וכ״מ להדיא בפי׳ הרא״ש לנדרים דף פ״ח ע״א: » (ש״ך יו״ד רכ״ב ס״ק ב)

ס״ק ג — la raison du יש אומרים, Even HaEzer 85, et la règle du Ba’h

« וי״א דאפי׳ כו׳. כיון דאינו מפרש בפירוש לצורך מה נתנן לה אם כן הוי מתנה לכל דבר ותו לא מהני ע״מ שאין לבעליך רשות בהן שכבר קנה אותה הבעל דיד אשה כיד בעלה ובא״ע סי׳ פ״ה סי״א סתם המחבר כסברא הראשונה ולא הביא דעת הי״א וכתב הב״ח דנראה בפלוגתא דרבוותא לענין נדרים הולכין לחומרא וגבי ממונא קולא » (ש״ך יו״ד רכ״ב ס״ק ג)
« לנתבע וחומרא לתובע ומי שמוחזק המע״ה: » (ש״ך יו״ד רכ״ב ס״ק ג)

Le Taz (ט״ז) — ג׳ ס״ק

Trois entrées, longues et argumentées. Le ס״ק ב identifie les deux avis à Chmouel et à Rav ; le ס״ק ג pose la question la plus fine du siman et en tire une conséquence contre la Prisha.

ס״ק א — מעות et non מזונות : le Ran, et Rachi sur la michna

« רוצה לתת לבתו מעות. דוקא מעות אבל אם רוצה ליתן לה מזונות אין צריך לומר כלום לפי שאין לבעלה זכייה בהם והיינו דתנן וזן את אשתו כו׳ כך כתב ר״ן. במקום שמותר לתת לבתו יכול גם ליהנות ממנה דמשל אשתו נהנה כך כתב רש״י במשנה: » (ט״ז יו״ד רכ״ב ס״ק א)

ס״ק ב — le Rambam contre le Tour, Chmouel contre Rav — et le ק״ו contre la Derisha

« ולא פירש שתהא המתנה כו׳. זה דעת הרמב״ם דדוקא שא״ל ומה שתרצי תעשי בהם גילה דעתי׳ דגם לדידה לא יהיב לגמרי דנימא לאלתר זכה בהם הבעל אלא הרי הוא כאילו אמר לה הרי הם שלך לאותו דבר שתרצי לעשות בו בכל שעה והוה כאומר שתעשי בו דבר פלוני בפרט אבל כל שלא פירש כלל אלא אמר על מנת שאין לבעליך רשות בהן » (ט״ז יו״ד רכ״ב ס״ק ב)
« לא מהני דכיון שזכתה בזה לכל דבר זכה בהם גם הבעל והיינו כשמואל בגמרא אבל הי״א הוא דעת הטור פוסק כרב דס״ל דדוקא במפרש שתעשי בו דבר פלוני אז לא קנתה לגמרי אלא לאותו דבר משום הכי לא זכה גם הבעל ומהני מה שאומר ע״מ שאין לבעליך רשות בהם ופשוט דאם לא אמר על מנת שאין לבעליך רשות בהם אלא אמר הריני » (ט״ז יו״ד רכ״ב ס״ק ב)
« נותן ליך במתנה שתעשה בו דבר פלוני שאסור דהוה ק״ו דאם אומר על מנת שאין לבעליך רשות בהם לא מהני ק״ו הך מילתא שלא זכר כלל את הבעל דודאי זכה בו הבעל בקבלתה וכן מפורש בהדיא במשנה ובפוסקים שצריך לומר שניהם ובדרישה כתב על זה שצ״ע מה דינו ואיני יודע שום ספק בזה: » (ט״ז יו״ד רכ״ב ס״ק ב)

ס״ק ג — pourquoi ne pas donner simplement ? et le contre-vœu du gendre qui ne sert à rien

« שהרי הוא אסור בהנאת חותנו. יש להקשות כיון שחתנו אסור ליהנות משל חמיו כיון שהדירו למה לא יהיה מותר לתת לבתו אפילו סתם שהרי חתנו לא יהנה מן אותה המתנה כלום שודאי לא יעשה איסור. » (ט״ז יו״ד רכ״ב ס״ק ג)
« וי״ל כיון שעכ״פ זכה במתנה בקבלת אשתו ה״ל כאילו הוא קיבל מחמיו וחוזר ונותן אח״כ לאשתו ומטעם זה נראה ברור דאף אם גם החתן הדיר עצמו מנכסי חמיו לא מהני שיתן חמיו מתנה לאשתו דמ״ש הדיר גם הוא עצמו בהנאה מאותה מתנה מהדירו חמיו שהרי בתרוייהו אסורים עליו ותו דבהדיר עצמו אפשר לו להתיר נדרו וירצה » (ט״ז יו״ד רכ״ב ס״ק ג)
« ליהנות ממנה ואם כן לא מהני כלל מה שהדיר עצמו וחוזר לאיסור מחמת נדר חמיו. ובפרישה כתוב וז״ל נראה ודאי דאם הבעל הדיר הנאה מאותן פירות דמותר ליתן לבתו אלא דלא מיירי רבינו מזה עכ״ל. » (ט״ז יו״ד רכ״ב ס״ק ג)
« ולא דק כלל בהוראה זאת ואיסור גמור הוא כ״ז שלא אומר ע״מ שאין לבעליך רשות בהן אלא שתעשי בו דבר פלוני והיינו כי״א שהוא להחמיר: » (ט״ז יו״ד רכ״ב ס״ק ג)

Le Baer Hetev (באר היטב) — ג׳ ס״ק

Trois entrées, et elles sont ici exactement ce que le Baer Hetev est censé être : le Chakh, le Taz et Rachi ramenés à leur substance, dans l’ordre du seif.

ס״ק א — le Chakh abrégé, et Rachi sur le profit du mari

« ובלבד. כתב הש״ך אבל אם לא א״ל אלא המעות הללו נתונים לך ע״מ שתהיה אוכלת ולובשת ולא א״ל ע״מ שאין לבעליך רשות בהן פשיטא דיזכה בהן הבעל ואסור עכ״ל וכתב רש״י במשנה דבמקום שמותר לתת לבתו יכול הבעל ליהנות ממנה דמשל אשתו הוא נהנה: » (באר היטב יו״ד רכ״ב ס״ק א)

ס״ק ב — le Taz abrégé : la question, la réponse, et le contre-vœu

« חותנו. כתב הט״ז וא״ל למה לא יהיה מותר לתת סתם מתנה לבתו דהא חתנו ודאי לא יעשה איסור ולא יהנה מהמתנה די״ל כיון שעכ״פ זכה במתנה בקבלת אשתו ה״ל כאילו קבל בעצמו ולפ״ז נראה ברור דאף אם גם החתן הדיר עצמו מנכסי חמיו לא מהני שיחן חמיו מתנה לאשתו דמ״ש הדיר גם הוא מהדירו חמיו ותו דגרע טפי דנדרו » (באר היטב יו״ד רכ״ב ס״ק ב)
« יכול להתיר וירצה ליהנות ממנו ע״כ לא מהני כלל מה שהדיר ג״כ בעצמו ודלא כפרישה ע״ש: » (באר היטב יו״ד רכ״ב ס״ק ב)

ס״ק ג — le Chakh sur le יש אומרים, jusqu’au מי שמוחזק המע״ה

« באומר. כיון דאינו מפרש בהדיא לצורך מה נתנן לה הוי מתנה לכל דבר ותו לא מהני ע״מ שאין לבעליך וכו׳ ובא״ע סי׳ פ״ה סי״א סתם המחבר כסברא הראשונה ולא הביא דעת הי״א וכתב הב״ח דנראה בפלוגתא דרבוותא לענין נדרים הולכין לחומרא וגבי ממונא קולא לנתבע וחומרא לתובע ומי שמוחזק המע״ה עכ״ל הש״ך: » (באר היטב יו״ד רכ״ב ס״ק ג)

Le Pit’hei Techouva (פתחי תשובה) — ג׳ ס״ק

Trois entrées, et la première est décisive : elle rassemble, au nom du Cha’ar HaMelekh, les Richonim qui contredisent le פשיטא du Chakh.

ס״ק א — le Cha’ar HaMelekh contre le Chakh : le Ran, le Rachba, le Tossefot Yom Tov

« ובלבד. עבה״ט בשם ש״ך. ועיין בספר שער המלך סוף פ״ז מהלכות נדרים שתמה עליו דאישתמיט מיניה דברי הר״ן פ״ק דקדושין דמבואר שם דאפילו לא אמר ע״מ שאין לבעליך רשות בהן מהני וכן מלשון קיצור פסקי הרא״ש שם וכן מבואר ג״כ מדברי הרשב״א בחידושיו גם הרב תוספות י״ט בנדרים שם דקדק כן מדברי הרמב״ם ע״ש ומלשון » (פתחי תשובה יו״ד רכ״ב ס״ק א)
« המשנה דקתני תרווייהו ליכא למידק דאיכא למימר דמתניתין אתא לאשמעינן דע״מ שאין לבעליך רשות גרידא לא מהני עד דלימא מה שאת נותנת ואה״נ דבמה שאת נותנת גרידא מהני ע״ש: » (פתחי תשובה יו״ד רכ״ב ס״ק א)

ס״ק ב — si la femme meurt, le mari en hérite-t-il ?

« לא קנה הבעל. עיין בשער המלך פ״ז מהלכות נדרים דין י״ז לענין אם מתה האשה אם יירשנה בעלה או לא ע״ש. » (פתחי תשובה יו״ד רכ״ב ס״ק ב)

ס״ק ג — le Michkenot Yaakov sur le second avis

« דאפילו באומר לה. [עבה״ט ועיין בתשובת משכנות יעקב סימן נ״ה מ״ש בזה]: » (פתחי תשובה יו״ד רכ״ב ס״ק ג)

Les Nekoudot HaKessef (נקודות הכסף) — א׳ entrée

Une seule entrée, mais c’est une dissertation : le Chakh y soutient le Raavad contre le Rambam, à partir de la sougya de Kiddouchin, du Yerouchalmi de la fin de Nedarim, et contre le Kessef Michné.

Entrée א — le Raavad contre le Rambam, et le Yerouchalmi de la fin de Nedarim

« (סימן רכ״ב בש״ע סעיף א׳) אם נתן לה מתנה ואסר לה ע״מ שאין לבעליך רשות בהן ולא פירש כו׳. והראב״ד בהשגות השיג על זה דלשמואל אם אמר לה על מנת שאין לבעליך רשות בהן ולא פירש כו׳ לא קנה אותה הבעל ונ״ל עיקר בש״ס כדבריו ומה שהביא הכסף משנה בזה דברי הר״ן לא יצא ידי חובתו דנראה דהר״ן לא בא לתרץ » (נקודות הכסף יו״ד רכ״ב)
« השגות הראב״ד דאף שכתב הר״ן דס״ל להרמב״ם דכי אמר לה מה שתרצי עשי לדידה נמי לא יהיב לגמרי אלא באותה שעה שתרצה לעשות בהן כו׳ היינו דהרמב״ם ס״ל הכי אבל מכל מקום קשה השגת הראב״ד דהא מוכח בש״ס דאף על גב דיהיב לה לגמרי לא קני יתהון בעל לשמואל דהא משמע בש״ס דשמואל סבר כחכמים (דברי ר״מ וחכמים עיין » (נקודות הכסף יו״ד רכ״ב)
« בש״ס פ״ק דקדושין דף כ״ג ע״ב) דס״נ דלא אמרי׳ יד אשה כיד בעלה ועוד פריך לרב מכיצד משתתפין כו׳ ולא פריך לשמואל משמע דלשמואל ניחא אף על גב דיהב לה לגמרי לא קנה יתהון בעל דלא אמרינן יד אשה כיד בעלה והא דבעינא שיאמר ובלבד שלא יהא לבעלך רשות בהן היינו משום דאם לא אמר כן מסתמא נותנו מתחלה לאש׳ » (נקודות הכסף יו״ד רכ״ב)
« ובעלה ביחד. והכי משמע בירושלמי סוף נדרים דאיתא התם המודר הנאה מחתנו כו׳ תני ולא ליך א״ר מאן תנא ולא ליך ר׳ מאיר דרבי מאיר עבד יד העבד כיד רבו מפני שאמר ולא ליך הא אם לא אמר לא ליך זכתה האשה זכה בעלה ע״כ ונ״ל דה״פ תני ולא ליך כלומר דוקא כשאומר תהא נושאת לפיך ולא ליך לגמרי דאלו נתן לה לגמרי » (נקודות הכסף יו״ד רכ״ב)
« שתעשה בהם כל מה שתרצה יד האשה כיד בעלה וכן בש״ס דילן בהכי פליגי דרב סבר דוקא דאמר לה מה שאתה נושאת ונותנת לפיך דבכה״ג אף לדידה לא נתן לגמרי רק לפיה ואם כן לא קנה יתהון בעל אבל אי אמר לה מה שתרצי עשי בהם קנה יתהון בעל כרבי מאיר ושמואל מוקי לה אף כרבנן וסבירא ליה דמה שנושאת לפיך הוא לאו » (נקודות הכסף יו״ד רכ״ב)
« דוקא והלכך אפילו אמר לה מה שתרצי עשי דנתן לה לדידה לגמרי לא קנה יתהון בעל. אם כן אדרבה הא לישנא דאפי׳ אמר לה מה שתרצי עשי רבותא היא דאע״פ שהוא שלה לגמרי לא קנה יתהון בעל דלא אמרינן יד אשה כבעלה וא״כ ה״ה כשלא אמר לה לשון זה לא קנה יתהון בעל לשמואל וכמ״ש הראב״ד כן נ״ל ודו״ק. » (נקודות הכסף יו״ד רכ״ב)
« (והמגדול עוז כ׳ שהרמב״ם פסק כרב ודבריו תמוהין ע״ש): » (נקודות הכסף יו״ד רכ״ב)

6. Le tableau des seifim

Tout le seif dans une grille : la clause, et ce qu’elle dit.

SeifLa clause du Choulhan AroukhCe qu’elle dit
א « מי שהתנו מודר הנאה ממנו ורוצה ליתן טעות לבתו. ובו סעיף אחד » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א) Celui dont le gendre est מודר הנאה de lui, et qui veut donner de l’argent à sa fille — et il y a ici un seul seif
א « המודר מחתנו והוא רוצה לתת לבתו מעות » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א) Celui qui est מודר de son gendre et qui veut donner de l’argent à sa fille
א « כדי שתהא נהנית בהם ומוציאה אותם בחפציה » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א) afin qu’elle en profite et qu’elle les dépense pour ses besoins
א « הרי זה נותן לה ואומר לה הרי המעות הללו נתונים לך במתנה » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א) celui-ci lui donne et lui dit : voici, ces pièces te sont données en don
א « ובלבד שלא יהא לבעליך רשות בהן » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א) à condition seulement que ton mari n’ait aucun droit sur elles
א « אלא יהיו למה שאת נותנת לתוך פיך או למה שתלבשי וכיוצא בזה » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א) mais qu’elles soient pour ce que tu mets dans ta bouche, ou pour ce dont tu te vêtiras, ou chose semblable
א « ואפי׳ אמר על מנת שאין לבעליך רשות בהם אלא מה שתרצי עשי בהם » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א) et même s’il a dit : à condition que ton mari n’ait pas de droit sur elles, mais fais-en ce que tu voudras
א « לא קנה הבעל ומה שתרצה תעשה בהם » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א) le mari n’a pas acquis, et elle en fera ce qu’elle voudra
א « אבל אם נתן לה מתנה ואמר לה על מנת שאין לבעליך רשות בהם » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א) mais s’il lui a donné un don et lui a dit : à condition que ton mari n’ait pas de droit sur elles
א « ולא פירש שתהא המתנה הזאת לכך ולכך או למה שתרצה תעשה בהם » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א) et il n’a pas précisé que ce don serait pour ceci et cela, ou pour ce qu’elle voudrait en faire
א « הרי זה יקנה אותה הבעל לאכול פירותיה ודבר זה אסור » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א) alors le mari l’acquerra pour en manger les fruits — et cela est interdit
א « שהרי הוא אסור בהניית חותנו » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א) car il lui est interdit de profiter de son beau-père
א « ויש אומרים דאפי׳ באומר לה על מנת שאין לבעליך רשות בהם ומה שתרצי תעשי בהם » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א) et certains disent que même s’il lui dit : à condition que ton mari n’ait pas de droit sur elles, et fais-en ce que tu voudras
א « קנה הבעל ואסור בהם » (שו״ע יו״ד רכ״ב:א) le mari a acquis, et elles lui sont interdites

7. Cas pratiques

Cinq situations, prises dans l’ordre du seif. Chacune se clôt sur le même renvoi : la conduite réelle revient au Rav.

Cas 1 — le cadeau de mariage et le cadeau de tous les jours

Le seif parle d’מעות — de l’argent. Le Taz, au ס״ק א, et le Chakh, au ס״ק א, disent tous deux que pour des מזונות il n’y a rien à dire : le mari n’y a pas de droit acquis, puisque la michna du siman 221 le permet expressément. Où passe la frontière entre nourrir et doter ? La question revient à un Rav.

Cas 2 — la formule que l’on croit suffisante

Dire seulement « ton mari n’a pas de droit sur cet argent » ne suffit pas, selon le Chakh au ס״ק ב et le Taz au ס״ק ב, et ce dernier ajoute que la chose ne fait même pas doute. Mais le Pit’hei Techouva, au ס״ק א, rapporte du Cha’ar HaMelekh que plusieurs Richonim tiennent l’inverse. C’est un point où les décisionnaires divergent : demande à ton Rav.

Cas 3 — « fais-en ce que tu veux »

C’est la formulation la plus naturelle, et c’est précisément celle qui est disputée : permise pour le Mehaber d’après le Rambam, interdite pour le יש אומרים d’après le Tour. Le Chakh, au ס״ק ג, signale qu’à Even HaEzer 85:11 le Mehaber écrit la première position sans le second avis, et rapporte la règle d’arbitrage du Ba’h. Demande à ton Rav.

Cas 4 — « mon gendre s’est lui-même interdit d’en profiter »

La Prisha pensait que cela dénouerait tout. Le Taz, au ס״ק ג, écarte cette solution en deux temps : l’objet reste interdit au gendre de toute façon, et surtout son propre vœu, lui, peut être délié — après quoi il voudra en profiter. Le Baer Hetev, au ס״ק ב, reprend l’argument et conclut ודלא כפרישה. Ne pas monter ce genre de montage sans un Rav.

Cas 5 — la fille meurt avant son mari

La question est du Cha’ar HaMelekh, rapportée par le Pit’hei Techouva au ס״ק ב : l’argent réservé à la femme, dont le mari ne pouvait rien tirer de son vivant — lui revient-il en héritage ? Le Pit’hei Techouva renvoie sans trancher. Question d’héritage autant que de vœu : elle se pose à un Rav.

8. Questions de compréhension

  1. Pourquoi donner de l’argent à la fille est-il, en droit, un profit pour le gendre ?
  2. Pourquoi le seif parle-t-il de מעות et non de מזונות ? Donne la réponse du Ran, rapportée par le Taz au ס״ק א.
  3. Quels sont les deux membres de la formule, et pourquoi aucun ne suffit seul ?
  4. La michna ne connaît qu’une affectation. Laquelle, et qui a élargi la règle à toute affectation ?
  5. Qu’ont dit Rav et Chmouel, et lequel des deux le Mehaber écrit-il en premier ?
  6. Quelle est l’explication du Taz, au ס״ק ב, pour la position du Rambam sur מה שתרצי עשי ?
  7. Le Taz tire un קל וחומר contre la Derisha. Expose-le.
  8. Le Chakh écrit פשיטא au ס״ק ב. Sur quoi, et qui le conteste, et où ?
  9. Le Chakh renvoie, au ס״ק ג, à Even HaEzer 85:11. Qu’y trouve-t-on, et en quoi cela pèse-t-il ?
  10. Quelle règle d’arbitrage le Ba’h donne-t-il, et pourquoi en donne-t-il deux ?
  11. Le Taz, au ס״ק ג, demande pourquoi ne pas donner simplement à la fille. Que répond-il ?
  12. Pourquoi un vœu que le gendre prendrait sur lui-même ne résout-il rien ?
  13. Sur quoi porte l’objection du Raavad, et à qui les Nekoudot HaKessef donnent-elles raison ?
  14. Quelle preuve les Nekoudot HaKessef tirent-elles du Yerouchalmi de la fin de Nedarim ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
Les sources de ce niveau sont consultables sur Sefaria :
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן רכ״ב · Niveau 1 — Initiation · מי שהתנו מודר הנאה ממנו ורוצה ליתן טעות לבתו
daattorah.com

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