Siman 223 — halakha lema’assé : ce que le fils peut encore faire, et ce que l’héritier interdit peut faire (יורה דעה רכ״ג)
יורה דעה · סימן רכ״ג
דין המדיר בנו לתלמוד תורה
מילי זוטרי · ביטול תורה · אנן סהדי · קני על מנת להקנות · ירושה · מראה להם מקום
⚖️ הלכה למעשה · Psak
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Ce qui reste permis, ce qui s’éteint, et ce qu’on fait d’un héritage qu’on ne peut pas toucher
Sujet : שולחן ערוך יורה דעה סימן רכ״ג (ד seifim) Avec l’appareil : ש״ך (ה) · ט״ז (ה) · באר היטב (ג) · נקודות הכסף (א) Fondements : נדרים ל״ח ע״ב · נדרים מ״ז ע״א · נדרים מ״ח ע״ב · בבא קמא ק״ח ע״ב–ק״ט ע״א · רמב״ם הלכות נדרים פרקים ה׳ ו־ו׳ · טור ובית יוסף יורה דעה רכ״ג
Rédaction : הרב יוסף חיים סממה · DAAT
Les questions pratiques
Avant tout : de quel vœu s’agit-il ?
Les trois services, et la mesure qui les autorise
Le vœu et l’héritage : sept mots qui changent tout
L’héritier interdit : quatre choses à savoir avant d’agir
Un ouvrage sans entrée, et quatre situations contemporaines
1. Avant tout : de quel vœu s’agit-il ?
Ce niveau expose la halakha telle que le Chakh, le Taz, le Baer Hetev et les Nekoudot HaKessef la donnent sur ce siman. Il ne remplace pas un Rav. Précision de compartiment : l’Admour HaZaken n’a pas écrit de Choul’han Aroukh sur Yoreh De’ah. Ce niveau est un niveau de psak, non un « Daat HaRav ».
Deux vœux très différents portent le même nom dans la guemara, et la halakha pratique n’est pas la même. (a) Le père s’est interdit à lui-même le profit de son fils, pour protéger l’étude du fils : c’est le cas du Choul’han Aroukh, et les trois petits services restent permis. (b) Le père a interdit son fils de son profit parce que le fils n’étudie pas : c’est le cas du Rambam, et selon le Chakh, le Taz et le Ba’h rien n’y est permis, pas même ces petits services.
« המדיר עצמו מהנאת בנו כדי שלא יתבטל הבן מלימודו בשבילו » (שו״ע יו״ד רכ״ג:א)
« מותר הבן כו׳. דמסתמא ממילי זוטרי כי האי דליכא בהו ביטול תורה כל כך לא אדריה וכתב הפרישה דלסברא זו אפשר בהאב שהדיר הנאה מבנו מפני שאינו עוסק בתורה אסור לעשות לו אפילו דברים אלו דלא כהרמב״ם וכ״פ הב״ח דדינו כמדיר בנו מנכסיו סתם ולא הזכיר מפני שאינו עוסק בתורה ואסור לעשות לבנו שום דבר: » (ש״ך יו״ד רכ״ג ס״ק א)
2. Les trois services, et la mesure qui les autorise
La question n’est pas « ce service est-il petit ? » mais « coûte-t-il du temps d’étude ? ». C’est la formule même du Chakh — דליכא בהו ביטול תורה כל כך. Une tâche brève mais qui oblige à sortir, à attendre, à se déplacer, n’est pas nécessairement de la même catégorie qu’une lampe qu’on allume en passant. L’extension de la liste à d’autres services se demande.
« מותר הבן למלאות לו חבית של מים ולהדליק לו את הנר ולצלות לו דג קטן » (שו״ע יו״ד רכ״ג:א)
L’achat au marché suit une autre logique. Il n’est pas permis parce qu’il est petit — il ne l’est pas — mais parce qu’un homme incapable d’y aller n’a pas pu vouloir s’en priver. Le Beit Yossef trace la limite dans l’autre sens : un homme dont c’est l’habitude d’aller au marché est, lui, inclus dans le vœu.
« וכן מותר לקנות לו מהשוק מה שצריך אם הוא אדם שאין דרכו לקנות בעצמו או אם היא אשה שהדירה את בנה: » (שו״ע יו״ד רכ״ג:א)
« וכן מותר כו׳. דכיון שהוא אדם חשוב או אשה שאין דרכה לקנות בעצמה אנן סהדי דאדעתא דהכי לא הדירוהו: » (ש״ך יו״ד רכ״ג ס״ק ב)
« למלאות. דמסתמא ממילי זוטרי כי האי דליכא בהו ביטול תורה כ״כ לא אדריה וכתב הפרישה ולפ״ז אפשר באב שהדיר את בנו מפני שאינו עוסק בתורה אסור לעשות לו אפי׳ דברים אלו דלא כהרמב״ם וכ״פ הב״ח: » (באר היטב יו״ד רכ״ג ס״ק א)
3. Le vœu et l’héritage : sept mots qui changent tout
Deux formules, deux résultats. « Tu es interdit de mon profit » : à la mort du père, le fils hérite — car ces biens ne sont plus « les siens ». « De mon vivant et après ma mort » : le fils n’hérite pas. En pratique, la reconstitution des mots employés est toute la question, et elle est du ressort du Rav.
« האומר לבנו הרי אתה אסור בהנאתי או שנשבע שלא יהנה בו אם מת יירשנו » (שו״ע יו״ד רכ״ג:ב)
« אסור עליו הנאתו ופירש בין בחיי בין במותי אם מת לא יירשנו. » (שו״ע יו״ד רכ״ג:ב)
Le Choul’han Aroukh renvoie lui-même au siman 216, où sont étudiées les formules et ce qu’elles emportent avec elles. C’est là qu’il faut aller quand la question porte sur les mots et non sur les faits.
4. L’héritier interdit : quatre choses à savoir avant d’agir
Premièrement, ne pas donner soi-même si on peut l’éviter. Le Ran tient que donner en personne procure une טובת הנאה, et il faut donc passer par le מראה להם מקום : dire à qui de droit que ces biens sont là, qu’ils sont interdits, qu’on ne sait qu’en faire, et se retirer.
« אם נתן כו׳. פי׳ הר״ן דלאו למימרא שינתנו להם ממש דאם כן מיתהני מטובת הנאה דידהו אלא שמראה להן מקום ואמר להם נכסים אלו אסר עלי אבא ואיני יודע מה אעשה בהם טלו לעצמכם ועשו מהם מה שתרצו וכן בחוב וכתובת אשתו מיירי שב״ד מגבין להם שלא מדעתו אבל מדעתו אסור כדלעיל סימן רכ״א ס״ק ו׳ עכ״ד » (ש״ך יו״ד רכ״ג ס״ק ד)
Deuxièmement, à qui. Le Maharchal donne un ordre : aux héritiers du père, le plus proche d’abord, selon l’ordre de la succession. Et à ses propres fils, rien — car il n’y a pas de plus grand profit que de doter ses enfants. S’il n’y a aucun héritier, à la tsedaka, et là il n’est pas tenu d’informer.
« וכן כתב מהרש״ל פרק הגוזל עצים סימן ס׳ ועוד האריך שם ופסק דיכול ליתן בידים ממש ליורשי האב הקרוב קרוב קודם על פי הנחלה וצריך להודיען שזה ממון אבא שאסור לו ולבניו לא יתן כלל דאין לך הנאה יותר מזה ואם אין לו מה יאכל מותר לו ללוות וב״ח באין ונפרעים מחלקו מן הירושה אבל אם יש לו אסור אלא יתן ליורשי האב ואם אין יורשים יתן לצדקה ואין צריך להודיע לצדקה זה ממון אבא מיהו רשאי לאבדו ולהשליכו לים ומ״מ מצוה לכופו בזה ליתן לצדקה עכ״ד בקצרה » (ש״ך יו״ד רכ״ג ס״ק ד)
Troisièmement, les dettes. Le Chakh restreint sensiblement : selon celui qui interdit, au siman 221, d’acquitter une dette certaine ou un gage, il en va de même ici — et notre seif ne parlerait donc que d’une dette orale, ou d’une dette qui n’est pas établie. Ce n’est pas une autorisation générale de payer ses dettes avec cet argent.
« אם פרעם כו׳. נראה דלמאן דאוסר לעיל סימן רכ״א ס״ק ו׳ בפריעת חוב ברור או משכון ה״ה הכא וכן משמע מדברי הר״ן הנ״ל דדמי להדדי ואם כן מיירי הכא בחוב בעל פה וכה״ג שאינו חוב ברור: » (ש״ך יו״ד רכ״ג ס״ק ה)
Quatrièmement, et c’est décisif : לכתחילה ou בדיעבד ? La Prisha et le Ba’h lisent le seif comme le constat de ce qui a été fait, non comme une permission de le faire : אם נתן או פרע — si il a donné ou payé, c’est valable après coup ; d’emblée, c’est interdit. Le Baer Hetev le rapporte sous cette forme, et le Taz y aboutit aussi. Il ne faut donc rien entreprendre sur la base de ce seif sans un Rav.
« נתן. כ׳ הב״ח דוקא בדיעבד אם נתן או פרע וכו׳ מותר ולא קאי באיסור נדר אבל לכתחלה אסור וכתב הש״ך נראה דלמאן דאסר לעיל סימן רכ״א בפריעת חוב ברור או משכון צ״ל דמיירי הכא בחוב בע״פ וכה״ג שאינו חוב ברור: » (באר היטב יו״ד רכ״ג ס״ק ג)
5. Un ouvrage sans entrée, et quatre situations contemporaines
Le Pit’hei Techouva n’a pas d’entrée sur ce siman. Il recense les responsa postérieures ; son silence dit seulement que les questions modernes ne se sont pas portées là. On le lit aux simanim 224 et 225, et massivement au siman 228. Aucune entrée n’a été reconstruite ici.
Un parent veut « se mettre à l’écart » pour que son enfant étudie. L’intention est belle, le moyen est lourd. Un vœu prononcé tient, et il faudra une התרת נדרים pour s’en défaire — voir le siman 228. Il existe des engagements moins irréversibles, et c’est la première chose qu’un Rav dira.
Où s’arrête la liste des trois services ? Le seif en nomme trois ; le Chakh donne le critère. Mais passer du critère à un nouveau cas — conduire, répondre à un appel, porter un colis — n’est pas une opération de lecture, c’est une décision. Elle se demande.
Un héritage qu’on ne peut pas toucher. C’est le seif ד, et c’est la situation la plus susceptible de se présenter réellement. Trois réflexes : ne rien faire de sa propre main, informer les intéressés de l’origine des biens, et demander avant d’agir. La question de savoir si l’on peut donner à ses propres enfants a une réponse nette dans le Maharchal, et elle est négative.
Et le parallèle du voleur. Le Chakh renvoie à חושן משפט siman 367 seif 5, où se trouve le cas de celui qui a volé son père et doit faire sortir le bien de ses mains. La structure est la même : un patrimoine dont on ne peut pas se servir, et une sortie à organiser.
~ ~ ~ ~ ~ DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות סימן רכ״ג · Niveau 4 — Halakha lema’assé · דין המדיר בנו לתלמוד תורה daattorah.com