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סימן רט״זSiman 216

Yoreh De'ah · Nedarim

Siman 216 — “ces fruits-ci” : ce que le mot employé emporte avec lui

Douze seifim, et une seule question posée douze fois : jusqu’où va le mot employé ? Le Tour l’annonce dès sa première ligne — tous les vœux se suivent d’après la langue. Dire « ces fruits-ci » traite la chose comme une consécration, et l’interdit passe à ce qu’on obtient en l’échangeant, à ce qui en pousse, à ce qui en coule. Dire « ce que j’en mangerai » borne l’interdit à l’acte. Dire « ta maison » suit la propriété ; dire « cette maison-ci » suit les pierres — et les deux se croisent exactement sur la vente et sur la reconstruction. Dire « les olives » ne désigne rien : l’huile reste permise. (Choulhan Aroukh, Yoreh De’ah 216 — 12 seifim)

קונם פירות האלו עלי אסור בחילופיהם ובגידוליהם

קונם — ces fruits-ci me sont [interdits] : il est interdit dans leurs échanges et dans leurs pousses. Le siman ouvre sur le cas décisif, celui de la désignation, et sur ses deux premières conséquences.

Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 216:1

Les 4 niveaux d’étude

NIVEAU 01

רמת המתחיל

Base — Débutant & Intermédiaire

Les douze seifim en hébreu, avec traduction française fluide et décomposition clause par clause : la désignation et ses quatre extensions, le verbe et sa borne, le critère du דבר שזרעו כלה, l’ouvrage des mains de l’épouse, le possessif contre le démonstratif dans les biens, les trois responsa du Rachba, le goût, la goutte et le nom. Les soixante-quatre entrées de l’appareil — Chakh, Taz, Baer Hetev, Pit’hei Techouva, Nekoudot HaKessef — citées une à une.

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NIVEAU 02

רמת הלמדן

Lamdan — Talmid Hakham

Pilpoul : la règle du Tour et la partition לשון תורה / לשון בני אדם ; le Roch et les Tossefot contre le Ran sur les échanges — interdit personnel ou changement de statut ? ; le Ba’h contre le Mehaber sur les pousses des pousses, et le קל וחומר du Taz ; le Taz contre le Beit Yossef sur les échanges des échanges, et le שגג בזה des Nekoudot HaKessef ; pourquoi les pousses ne s’annulent pas, et l’objection de Rabbi Chmouel Eiger ; les deux langages du seif 3 et la réponse du Taz ; le doute du seif 6 ; la longue note sur בחיי ובמותי ; le צ״ע du Chakh sur ככרי.

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NIVEAU 03

חזרה וסיכום

Synthèse — Révision

Une synthèse rangée par mécanisme et non par numéro : l’axiome de la langue et ses quatre formes, la désignation et ce qu’elle emporte, le verbe et ce qu’il borne, la persistance matérielle, le possessif contre le démonstratif, le goût et le nom. Puis un tableau-maître qui remet les douze seifim dans l’ordre du livre, les huit ma’hlokot ouvertes, le vocabulaire, les règles d’or et les pièges classiques.

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NIVEAU 04

הלכה למעשה

Halakha lema'asse — Psak

La halakha pratique selon le ש״ך, le ט״ז, le באר היטב et le פתחי תשובה, puis les cas contemporains : une résolution alimentaire prise sur soi, un plat où il n’y a que le goût, un engagement pris pour quelqu’un d’autre, et un engagement collectif dont la formule nomme deux choses. Note : l’Admour HaZaken n’a pas écrit de Choulhan Aroukh sur Yoreh De’ah — niveau de psak, non « Daat HaRav ».

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Questions fréquentes — Siman 216

Quelle est la question de fond de ce siman ?

Le Tour l’annonce dès sa première ligne, et tout le siman en découle :

« כל הנדרים הולכין אחר הלשון אם הוא לשון תורה כפי מה שיצא ממשמעותו ואם לשון בני אדם כפי מה שידברו אנשי המקום ההוא בזמן ההוא ואחר כוונת הנודרים » (טור יורה דעה רט״ז)
Deux branches, donc : la langue de la Torah, ce que le mot fait entendre par lui-même, et la langue des hommes, l’usage du lieu et du temps. Ce siman développe la première ; le siman 217 développera la seconde. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

Pourquoi « ces fruits-ci » interdit-il aussi ce qu’on obtient en les échangeant ?

Parce que désigner, c’est traiter la chose comme une consécration :

« קונם פירות האלו עלי אסור בחילופיהם ובגידוליהם » (שו״ע יו״ד רט״ז:א)
« אבל חילופי חילופיהן מותרים » (שו״ע יו״ד רט״ז:א)
Mais la borne est posée aussitôt : les échanges des échanges sont permis. Et le Roch, rapporté par le Chakh, restreint encore — les échanges ne seraient interdits qu’à celui qui a échangé lui-même. Le Mehaber suit le Ran, mais ce n’est pas unanime : demande à ton Rav.

Quelle différence entre « ta maison » et « cette maison-ci » ?

Les deux formules se croisent exactement, et c’est la plus belle démonstration du siman :

« מת או שמכרן או נתנן לאחר מותר » (שו״ע יו״ד רט״ז:ד)
« אמר קונם לבית זה שאני נכנס בו אסור בו לעולם בין שמת או מכרו או נתנו לאחרים » (שו״ע יו״ד רט״ז:ה)
« ואם נפל ובנאו אפילו במקומו ובמדתו הראשונה מותר » (שו״ע יו״ד רט״ז:ה)
« Ta maison » décrit une relation : la vente lève l’interdit, la reconstruction le maintient. « Cette maison-ci » montre un objet : la vente ne lève rien, la destruction lève tout. Deux phrases presque identiques à l’oreille, des conséquences opposées — et c’est pourquoi on ne tranche pas de mémoire. Consulte ton Rav.

Si je m’interdis la viande, un plat qui en a le goût m’est-il interdit ?

Cela dépend, une fois de plus, de la formule employée :

« אמר קונם בשר ויין עלי מותר בתבשיל שיש בו בשר ויין אע״פ שנותנין בו טעם » (שו״ע יו״ד רט״ז:ט)
« ואם אמר קונם בשר ויין שאני טועם או שאני אוכל או שאמר קונם בשר או יין זה עלי אסור בתבשיל שיש בו טעם [בשר או] יין » (שו״ע יו״ד רט״ז:ט)
« נראה דהיינו מסתמא אבל אם היה הטעם יין או בשר קשה לו וכה״ג אזלינן בתר כוונתו כדלקמן סי׳ רי״ח ואסור בטעמן » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק כ״ה)
Mais la ligne « permis » n’est qu’un défaut, que le Chakh renverse si le goût de la viande ou du vin lui est pénible — car on suit alors son intention. Et le Pit’hei Techouva ajoute la question de la marmite et du נ״ט בר נ״ט. Trois couches de conditions : demande à ton Rav.

Une goutte du vin que je me suis interdit est tombée dans un tonneau. Que faire ?

Le seif 10 est catégorique, et il donne sa raison :

« נתערב יין זה שאסרו על עצמו ביין אחר אפי׳ טפה בחבית נאסר הכל » (שו״ע יו״ד רט״ז:י)
« מפני שיש לו להשאיל על נדרו נעשה כדבר שיש לו מתירין שאינו בטל במינו » (שו״ע יו״ד רט״ז:י)
« אבל בחומץ לא איכפת לן ביש לו מתירין כיון שאינו מינו ונתבאר בסי׳ ק״ב סעיף א׳ דדבר שיש לו מתירין בטל באינו מינו » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק י״ג)
Et la conséquence pratique est l’inverse de ce qu’on attend : puisque le vœu peut toujours être délié, on ne cherche pas à diluer — on va le faire délier. La limite est posée par le Taz : hors de l’espèce, dans du vinaigre, la règle cesse. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.