Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן רכ״ו (ג׳ סעיפים)
עם נושאי כלים: ש״ך (ט״ו ס״ק), ט״ז (ו׳), באר היטב (ח׳), פתחי תשובה (א׳), נקודות הכסף (ב׳), בית יוסף, טור
יסוד: משנה נדרים פרק ה׳ · נדרים מ״ו ע״ב · רמב״ם הלכות נדרים פרק ז׳
Rédaction :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT
Cette page n’est pas un psak. Elle expose la ligne que suivent les poskim du siman, et elle nomme les endroits où ils ne s’accordent pas. Un vœu réellement prononcé se traite chez un Rav, avec les mots exacts et les faits exacts.
Et une précision de méthode : l’Admour HaZaken n’a pas écrit de Choulhan Aroukh sur Yoreh De’ah. On ne trouvera donc ici aucune citation de « שולחן ערוך הרב » — ce niveau 4 s’appuie sur le Chakh, le Taz, le Baer Hetev, le Pit’hei Techouva, le Rambam et le Tour, chacun avec sa référence réelle.
Premier pas — établir le bien, avant le vœu. Le bien indivis a-t-il un דין חלוקה ? Pour une cour, le Chakh donne la mesure : quatre coudées sur quatre pour chacun, et il renvoie au droit civil. La réponse commande tout le reste.
« היינו ד׳ אמות על ד׳ אמות לכל אחד כמו שכתוב בחושן משפט סימן קע״א ס״ג » (ש״ך יו״ד רכ״ו ס״ק א)
Deuxième pas — l’entrée. Partageable : interdit d’entrer jusqu’au partage. Indivisible : le vœu n’a pas pris, et l’on entre. Cette seconde branche emporte aussi, selon le Chakh, les autres usages ordinaires de la cour — tous sauf ceux que le seif 2 nomme.
« אם יש בו דין חלוקה חל הנדר ואסורין ליכנס בו » (שו״ע יו״ד רכ״ו:א)
« ואם אין בו דין חלוקה לא חל הנדר ומותרין ליכנס בו » (שו״ע יו״ד רכ״ו:א)
Troisième pas — l’installation, qui ne suit pas l’entrée. Four, fourneau, meule et poules restent interdits dans les deux branches, et le Baer Hetev généralise à tout usage qui occupe la cour entière. C’est la règle que l’on oublie le plus souvent.
« אפי׳ אין בו דין חלוקה ומשמע דכל תשמיש בעולם שממלא כל החצר כגון לשטוח פירות בכל החצר וכה״ג אסור » (באר היטב יו״ד רכ״ו ס״ק ו)
Quatrième pas — relever la formule exacte. חצרי : la vente délie, et la contrainte de vendre a un sens. חצר זו : la vente ne délie pas, et contraindre serait vain. Cela ne se devine pas — cela se relève.
« אם נאסר בלשון חצרי שמותר בו לאחר שימכר: » (שו״ע יו״ד רכ״ו:ב)
« אבל אם אמר חצר זה מאי מהני כפייה למכור כיון שאסור גם לאחר שימכור » (ש״ך יו״ד רכ״ו ס״ק י״ד)
Cinquième pas — la sortie. Le tribunal contraint le nodèr à vendre sa part, et c’est la vraie issue du siman : le vœu n’est pas dénoué, la copropriété l’est. Mais le Chakh ajoute que si les parties veulent partager elles-mêmes, ou passer par גוד או אגוד, on ne les contraint plus — elles feront comme elles voudront.
« והיו כופין את הנודר למכור חלקו » (שו״ע יו״ד רכ״ו:ב)
« ונראה דכשרוצים לחלק או כשרוצים בגוד או אגוד באין בו דין חלוקה אין כופין אלא יעשו כמו שירצו » (ש״ך יו״ד רכ״ו ס״ק י)
L’homme du dehors dans une cour partageable. Le Chakh interdit, et en des termes qu’il n’emploie presque jamais. Le Taz permet de s’appuyer sur l’indulgence quand l’entrée se fait pour le besoin d’un associé. Le Baer Hetev rapporte les deux sans trancher, et les Nekoudot HaKessef réfutent le Taz. C’est une question pour un Rav, pas pour une page.
« וכל זה ברור וחלילה להקל ולזוז מדברי המחבר » (ש״ך יו״ד רכ״ו ס״ק ג)
« ודעת הט״ז דיש לסמוך להקל בצריך לא׳ מן השותפים ע״ש שמאריך בדין זה » (באר היטב יו״ד רכ״ו ס״ק ב)
À qui la part doit-elle être vendue ? Le Ba’h exclut l’associé ; le Chakh trouve cela תמוה dans son ס״ק י״ג ; puis le Chakh lui-même, dans les Nekoudot HaKessef, revient et donne raison au Ba’h. Le Baer Hetev le signale entre parenthèses. Qui s’arrête au Chakh se trompe de position.
« עתה ראיתי שדבריו נכונים דעל כרחך מיירי הכא שהדיר את חבירו דהיינו שאמר יאסר חצרי עליך » (נקודות הכסף יו״ד רכ״ו)
« אבל בנה״כ חזר בו וכ׳ שדבריו נכונים ע״ש » (באר היטב יו״ד רכ״ו ס״ק ח)
Quatre choses à établir avant de poser la question, parce qu’aucune réponse ne peut être donnée sans elles :
« דמאחר דקאמר לך הקדש ודאי כוונתו לאסרו עליו » (רמ״א יו״ד רכ״ו:א)
« ומ״מ אם פירש עכשיו למה נתכוון אם להקדש עניים או להקדש בדק הבית הכל לפי פירושו » (ש״ך יו״ד רכ״ו ס״ק ז)
« דנראה ברור דהיינו שצריך לאחד מבני החצר זולת הנודר אבל כל שצריך לנודר ודאי איסור גמור הוא » (ט״ז יו״ד רכ״ו ס״ק א)
Un vœu contre un copropriétaire ne se règle pas comme un vœu ordinaire, parce qu’il ne porte pas seulement sur une conduite : il porte sur un bien que deux personnes tiennent ensemble. C’est pourquoi le Choulhan Aroukh ouvre le siman par une question de droit des biens, et le referme par une mesure de tribunal.
Deux conclusions pratiques en sortent. La première : ne jamais répondre avant d’avoir mesuré le bien — la même parole produit deux régimes opposés selon que le partage est possible ou non. La seconde : le siman prévoit une sortie, et il vaut mieux la connaître que de vivre indéfiniment sous un interdit — mais elle passe par un beit din, et les Richonim ne s’accordent pas sur qui elle vise.
« ואינו דומה לשותף שהדיר את אחד מן השוק » (שו״ע יו״ד רכ״ו:ג)
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