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DAAT · NIVEAU 4 — HALAKHA LEMA’ASSÉ

Siman 226 — Halakha lema’assé : ce que le vœu de deux associés produit en fait (שותפים שהדירו זה את זה)

יורה דעה · סימן רכ״ו
שותפים שהדירו זה את זה
דין חלוקה · ברירה · העמדת תנור · כפיית מכר · חצרי · הקדש לך
⚖️ הלכה למעשה · Psak
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Niveau 4 · La ligne de psak, les points restés ouverts, et ce qu’il faut établir avant de demander

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן רכ״ו (ג׳ סעיפים)
עם נושאי כלים: ש״ך (ט״ו ס״ק), ט״ז (ו׳), באר היטב (ח׳), פתחי תשובה (א׳), נקודות הכסף (ב׳), בית יוסף, טור
יסוד: משנה נדרים פרק ה׳ · נדרים מ״ו ע״ב · רמב״ם הלכות נדרים פרק ז׳

Rédaction :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

Plan du niveau

  1. Avertissement, et pourquoi ce niveau ne s’appelle pas « Daat HaRav »
  2. La ligne de psak, en cinq pas
  3. Les deux points qui restent ouverts
  4. Les mots qui décident — ce qu’il faut relever avant de demander
  5. Quatre cas d’aujourd’hui, et ce qu’ils appellent
  6. Ce qui reste, une fois la page fermée

1. Avertissement, et pourquoi ce niveau ne s’appelle pas « Daat HaRav »

Cette page n’est pas un psak. Elle expose la ligne que suivent les poskim du siman, et elle nomme les endroits où ils ne s’accordent pas. Un vœu réellement prononcé se traite chez un Rav, avec les mots exacts et les faits exacts.

Et une précision de méthode : l’Admour HaZaken n’a pas écrit de Choulhan Aroukh sur Yoreh De’ah. On ne trouvera donc ici aucune citation de « שולחן ערוך הרב » — ce niveau 4 s’appuie sur le Chakh, le Taz, le Baer Hetev, le Pit’hei Techouva, le Rambam et le Tour, chacun avec sa référence réelle.

2. La ligne de psak, en cinq pas

Premier pas — établir le bien, avant le vœu. Le bien indivis a-t-il un דין חלוקה ? Pour une cour, le Chakh donne la mesure : quatre coudées sur quatre pour chacun, et il renvoie au droit civil. La réponse commande tout le reste.

« היינו ד׳ אמות על ד׳ אמות לכל אחד כמו שכתוב בחושן משפט סימן קע״א ס״ג » (ש״ך יו״ד רכ״ו ס״ק א)

Deuxième pas — l’entrée. Partageable : interdit d’entrer jusqu’au partage. Indivisible : le vœu n’a pas pris, et l’on entre. Cette seconde branche emporte aussi, selon le Chakh, les autres usages ordinaires de la cour — tous sauf ceux que le seif 2 nomme.

« אם יש בו דין חלוקה חל הנדר ואסורין ליכנס בו » (שו״ע יו״ד רכ״ו:א)
« ואם אין בו דין חלוקה לא חל הנדר ומותרין ליכנס בו » (שו״ע יו״ד רכ״ו:א)

Troisième pas — l’installation, qui ne suit pas l’entrée. Four, fourneau, meule et poules restent interdits dans les deux branches, et le Baer Hetev généralise à tout usage qui occupe la cour entière. C’est la règle que l’on oublie le plus souvent.

« אפי׳ אין בו דין חלוקה ומשמע דכל תשמיש בעולם שממלא כל החצר כגון לשטוח פירות בכל החצר וכה״ג אסור » (באר היטב יו״ד רכ״ו ס״ק ו)

Quatrième pas — relever la formule exacte. חצרי : la vente délie, et la contrainte de vendre a un sens. חצר זו : la vente ne délie pas, et contraindre serait vain. Cela ne se devine pas — cela se relève.

« אם נאסר בלשון חצרי שמותר בו לאחר שימכר: » (שו״ע יו״ד רכ״ו:ב)
« אבל אם אמר חצר זה מאי מהני כפייה למכור כיון שאסור גם לאחר שימכור » (ש״ך יו״ד רכ״ו ס״ק י״ד)

Cinquième pas — la sortie. Le tribunal contraint le nodèr à vendre sa part, et c’est la vraie issue du siman : le vœu n’est pas dénoué, la copropriété l’est. Mais le Chakh ajoute que si les parties veulent partager elles-mêmes, ou passer par גוד או אגוד, on ne les contraint plus — elles feront comme elles voudront.

« והיו כופין את הנודר למכור חלקו » (שו״ע יו״ד רכ״ו:ב)
« ונראה דכשרוצים לחלק או כשרוצים בגוד או אגוד באין בו דין חלוקה אין כופין אלא יעשו כמו שירצו » (ש״ך יו״ד רכ״ו ס״ק י)

3. Les deux points qui restent ouverts

L’homme du dehors dans une cour partageable. Le Chakh interdit, et en des termes qu’il n’emploie presque jamais. Le Taz permet de s’appuyer sur l’indulgence quand l’entrée se fait pour le besoin d’un associé. Le Baer Hetev rapporte les deux sans trancher, et les Nekoudot HaKessef réfutent le Taz. C’est une question pour un Rav, pas pour une page.

« וכל זה ברור וחלילה להקל ולזוז מדברי המחבר » (ש״ך יו״ד רכ״ו ס״ק ג)
« ודעת הט״ז דיש לסמוך להקל בצריך לא׳ מן השותפים ע״ש שמאריך בדין זה » (באר היטב יו״ד רכ״ו ס״ק ב)

À qui la part doit-elle être vendue ? Le Ba’h exclut l’associé ; le Chakh trouve cela תמוה dans son ס״ק י״ג ; puis le Chakh lui-même, dans les Nekoudot HaKessef, revient et donne raison au Ba’h. Le Baer Hetev le signale entre parenthèses. Qui s’arrête au Chakh se trompe de position.

« עתה ראיתי שדבריו נכונים דעל כרחך מיירי הכא שהדיר את חבירו דהיינו שאמר יאסר חצרי עליך » (נקודות הכסף יו״ד רכ״ו)
« אבל בנה״כ חזר בו וכ׳ שדבריו נכונים ע״ש » (באר היטב יו״ד רכ״ו ס״ק ח)

4. Les mots qui décident — ce qu’il faut relever avant de demander

Quatre choses à établir avant de poser la question, parce qu’aucune réponse ne peut être donnée sans elles :

  1. La formule exacte. « Ma cour » ou « cette cour-ci » ? « Hekdech » ou « hekdech à toi » ? Un mot change le régime.
  2. Le bien et sa divisibilité. Sa nature, sa taille, et si un partage laisserait à chacun une part utile.
  3. Le sens du vœu. S’est-il interdit lui-même, ou a-t-il interdit à l’autre ? Les deux ? De cela dépend qui est lié — et, selon les Richonim, qui est contraint.
  4. L’usage en cause. Passer, ou installer ? Le seif 2 en fait deux questions distinctes.
« דמאחר דקאמר לך הקדש ודאי כוונתו לאסרו עליו » (רמ״א יו״ד רכ״ו:א)
« ומ״מ אם פירש עכשיו למה נתכוון אם להקדש עניים או להקדש בדק הבית הכל לפי פירושו » (ש״ך יו״ד רכ״ו ס״ק ז)

5. Quatre cas d’aujourd’hui, et ce qu’ils appellent

Une indivision successorale et une brouille. Deux héritiers, un immeuble, une parole prononcée sous le coup de la colère. Trois choses à faire dans l’ordre : relever la formule, mesurer la divisibilité, et ne rien décider soi-même. Le siman prévoit une issue — la vente contrainte — mais elle passe par un beit din.
Une place de synagogue, ou un droit dans une association. La glose du Rama vaut bien au-delà du banc : c’est le cas de tout droit partagé dans une institution. Le mot לך y décide, et l’explication que l’intéressé donne aujourd’hui de ce qu’il visait compte — le Chakh le dit expressément.
Un espace commun et un équipement encombrant. Le cas du seif 2 dans sa forme moderne. La question n’est pas la nature de l’objet mais l’emprise qu’il prend sur la part de l’autre — c’est l’exact critère du Chakh et du Baer Hetev. Et cela reste interdit même quand l’entrée est permise.
Un tiers qui doit franchir la cour. Un livreur, un artisan, un visiteur. Le seif 1 le permet lorsque c’est pour le besoin de l’associé — mais seulement dans une cour indivisible selon le Chakh, et aussi dans la cour partageable selon le Taz. Le Taz ajoute un point que l’on ne remarque pas : le « besoin de l’associé » désigne l’autre associé, non le nodèr lui-même.
« דנראה ברור דהיינו שצריך לאחד מבני החצר זולת הנודר אבל כל שצריך לנודר ודאי איסור גמור הוא » (ט״ז יו״ד רכ״ו ס״ק א)

6. Ce qui reste, une fois la page fermée

Un vœu contre un copropriétaire ne se règle pas comme un vœu ordinaire, parce qu’il ne porte pas seulement sur une conduite : il porte sur un bien que deux personnes tiennent ensemble. C’est pourquoi le Choulhan Aroukh ouvre le siman par une question de droit des biens, et le referme par une mesure de tribunal.

Deux conclusions pratiques en sortent. La première : ne jamais répondre avant d’avoir mesuré le bien — la même parole produit deux régimes opposés selon que le partage est possible ou non. La seconde : le siman prévoit une sortie, et il vaut mieux la connaître que de vivre indéfiniment sous un interdit — mais elle passe par un beit din, et les Richonim ne s’accordent pas sur qui elle vise.

Et la dernière phrase du siman reste la plus instructive : « et cela ne ressemble pas à l’associé qui a interdit ses biens à un homme du dehors ». Quiconque étend une permission par ressemblance devrait la relire.
« ואינו דומה לשותף שהדיר את אחד מן השוק » (שו״ע יו״ד רכ״ו:ג)
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן רכ״ו · Niveau 4 — Halakha lema’assé · שותפים שהדירו זה את זה
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