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Siman 226 — Synthèse : la cour partageable (שותפים שהדירו זה את זה)

שותפים שהדירו זה את זה
Niveau 3 · Tout le siman rangé par mécanisme, pour la révision

שולחן ערוך יורה דעה סימן רכ״ו · ג׳ סעיפים
ש״ך · ט״ז · באר היטב · פתחי תשובה · נקודות הכסף · טור · בית יוסף · רמב״ם
DAAT · הרב יוסף חיים סממה
Sommaire
  1. Le critère qui commande tout : דין חלוקה
  2. La ברירה, et où elle s’arrête
  3. L’usage qui remplit la cour
  4. La contrainte de vendre, et la condition de langue
  5. La glose du Rama : la place de synagogue et le bien meuble
  6. Toutes les clauses, dans l’ordre du livre
  7. Les ma’hlokot ouvertes
  8. Vocabulaire du siman
  9. Récapitulatif — à retenir

1. Le critère qui commande tout : דין חלוקה

Avant toute question de vœu, une question de bien : la cour est-elle partageable ? Partageable → le vœu prend, on n’entre plus. Indivisible → le vœu ne prend pas, chacun entre chez lui.
« אם יש בו דין חלוקה חל הנדר ואסורין ליכנס בו » (שו״ע יו״ד רכ״ו:א)
« ואם אין בו דין חלוקה לא חל הנדר ומותרין ליכנס בו » (שו״ע יו״ד רכ״ו:א)
« היינו ד׳ אמות על ד׳ אמות לכל אחד כמו שכתוב בחושן משפט סימן קע״א ס״ג » (ש״ך יו״ד רכ״ו ס״ק א)
Deux associés · un bien commun · vœu croisé
▼
Le bien est-il partageable ? (critère de droit civil)
▼
OUI → le vœu prend · interdit d’entrer jusqu’au partage
▼
NON → le vœu ne prend pas · chacun entre « chez lui » (ברירה)
▼
Mais dans les deux cas : four, fourneau, meule, poules restent interdits

2. La ברירה, et où elle s’arrête

La permission de la cour indivisible n’est pas une indulgence : c’est que le vœu n’a rien saisi. Chaque pas est réputé fait sur un sol qui était le sien depuis l’origine — parce que la cour a été acquise à cette condition même.
« וברירה זו מעיקרו קנייה היא דהוי כמאן דזכי להיות קנוי לכל אחד בפני עצמו בשעה שידרוך בה כף רגלו בשעת דריסתו » (ש״ך יו״ד רכ״ו ס״ק ד)
« ומשמע דה״ה שאר כל תשמיש שאינו כמו תשמיש דרחיים ותנור וגידול תרנגולים מותר באין בו דין חלוקה מה״ט » (ש״ך יו״ד רכ״ו ס״ק ד)
La limite. La ברירה suppose une part à faire ressortir. Dans les נכסי מלוג de l’épouse, le tiers n’en a aucune : la permission du seif 1 ne s’y transpose pas. C’est tout le seif 3.
« בעל שאוסר הנאתו על אחרים אסורין ליכנס בנכסי מלוג של אשתו » (שו״ע יו״ד רכ״ו:ג)
« דשותף טעמא משום ברירה ולא שייך ברירה זו בנכסי מלוג » (ש״ך יו״ד רכ״ו ס״ק ט״ו)

3. L’usage qui remplit la cour

Quatre installations nommées — four, fourneau, meule, poules — et une règle générale derrière elles : tout usage qui occupe la cour entière. Elles restent interdites même là où l’entrée est permise.
« כשהדירו שניהם זה את זה אסורין להעמיד בו תנור וכירים וריחים ותרנגולים » (שו״ע יו״ד רכ״ו:ב)
« אפילו באין בו דין חלוקה » (ש״ך יו״ד רכ״ו ס״ק ט)
« ומשמע דכל תשמיש בעולם שממלא כל החצר כגון לשטוח פירות בכל החצר וכה״ג אסור וכ״כ מהרש״ל » (באר היטב יו״ד רכ״ו ס״ק ו)

4. La contrainte de vendre, et la condition de langue

« והיו כופין את הנודר למכור חלקו » (שו״ע יו״ד רכ״ו:ב)
« אם נאסר בלשון חצרי שמותר בו לאחר שימכר: » (שו״ע יו״ד רכ״ו:ב)
Le tribunal ne punit pas : il prévient. Le Taz donne la raison — on craint que le compagnon trébuche sur un vœu qu’il n’a pas prononcé. Et la mesure n’a de sens que si la vente délie : donc seulement pour la formule חצרי.
« דחיישינן שמא יכשל חבירו על ידי נדרו » (ט״ז יו״ד רכ״ו ס״ק ד)
« אבל אם אמר חצר זה מאי מהני כפייה למכור כיון שאסור גם לאחר שימכור » (ש״ך יו״ד רכ״ו ס״ק י״ד)

5. La glose du Rama : la place de synagogue et le bien meuble

« הגה וכן הדין בשנים שהיה להם יחד מקום בבית הכנסת ואמר אחד לחבירו חלקי יהא לך הקדש » (רמ״א יו״ד רכ״ו:א)
« דמאחר דקאמר לך הקדש ודאי כוונתו לאסרו עליו » (רמ״א יו״ד רכ״ו:א)
« וכן אם היו שותפין בדבר המטלטל אם יש בו דין חלוקה אסורין בו ואם אין בו דין חלוקה מותרין בו » (רמ״א יו״ד רכ״ו:א)
Deux enseignements. Un : le mot לך transforme une consécration en interdit, parce qu’on ne consacre pas « à » quelqu’un. Deux : le critère du דין חלוקה quitte la cour et vaut pour tout bien indivis — ce n’est pas un droit du sol, c’est un droit de la copropriété.

6. Toutes les clauses, dans l’ordre du livre

Trois seifim, vingt et une clauses. Le tableau restitue l’ordre exact du Choulhan Aroukh, la glose du Rama comprise.

SeifTexteSens
א« שנים שהם שותפים בחצר ונדרו הנאה זה מזה » (שו״ע יו״ד רכ״ו:א)Deux hommes associés dans une cour, qui se sont mutuellement interdits par vœu d’en tirer profit.
א« אם יש בו דין חלוקה חל הנדר ואסורין ליכנס בו » (שו״ע יו״ד רכ״ו:א)S’il y a en elle un droit de partage, le vœu prend effet et il leur est interdit d’y entrer.
א« עד שיחלקו ויכנס כל אחד בשלו » (שו״ע יו״ד רכ״ו:א)jusqu’à ce qu’ils partagent, et que chacun entre dans ce qui est à lui.
א« וכ״ש אם אחד מהם הדיר לאחד מן השוק מנכסיו שאסור ליכנס בו » (שו״ע יו״ד רכ״ו:א)Et à plus forte raison, si l’un d’eux a interdit ses biens par vœu à un homme du dehors, il est interdit à celui-ci d’y entrer.
א« ואם אין בו דין חלוקה לא חל הנדר ומותרין ליכנס בו » (שו״ע יו״ד רכ״ו:א)Et s’il n’y a pas en elle de droit de partage, le vœu ne prend pas effet et ils peuvent y entrer.
א« בין אם הדירו זה את זה או שהדיר אחד מהם לאחד מן השוק מנכסיו » (שו״ע יו״ד רכ״ו:א)que ce soit eux qui se soient mutuellement interdits, ou que l’un d’eux ait interdit ses biens à un homme du dehors.
א« ודוקא כשאותו מן השוק שהוא מודר נכנס לצורך השותף » (שו״ע יו״ד רכ״ו:א)Et cela précisément lorsque cet homme du dehors, celui à qui c’est interdit, entre pour le besoin de l’associé.
א« בין שהוא צריך לשותף בין שהשותף צריך לו » (שו״ע יו״ד רכ״ו:א)que ce soit lui qui ait besoin de l’associé, ou l’associé qui ait besoin de lui.
א« אבל ליכנס בו שלא לצורך השותף אסור: » (שו״ע יו״ד רכ״ו:א)mais y entrer sans que ce soit pour le besoin de l’associé est interdit.
א« הגה וכן הדין בשנים שהיה להם יחד מקום בבית הכנסת ואמר אחד לחבירו חלקי יהא לך הקדש » (רמ״א יו״ד רכ״ו:א)Glose. Et tel est le droit pour deux hommes qui avaient ensemble une place à la synagogue, et dont l’un dit à l’autre : « ma part te sera hekdech ».
א« דמאחר דקאמר לך הקדש ודאי כוונתו לאסרו עליו » (רמ״א יו״ד רכ״ו:א)car du moment qu’il a dit « à toi hekdech », son intention fut certainement de la lui interdire.
א« אבל אם אמר יהא הקדש ולא אמר לך לא כוון אלא שיהיה הקדש לעניים ומותר חבירו ליהנות ולישב עליה » (רמ״א יו״ד רכ״ו:א)mais s’il a dit « qu’elle soit hekdech » sans dire « à toi », il n’a visé qu’un hekdech au profit des pauvres, et son compagnon peut en profiter et s’y asseoir.
א« והוא הדין בכל כיוצא בזה » (רמ״א יו״ד רכ״ו:א)et il en va de même dans tous les cas semblables.
א« וכן אם היו שותפין בדבר המטלטל אם יש בו דין חלוקה אסורין בו ואם אין בו דין חלוקה מותרין בו » (רמ״א יו״ד רכ״ו:א)Et de même s’ils étaient associés dans un bien meuble : s’il y a en lui un droit de partage, ils y sont interdits ; et s’il n’y a pas de droit de partage, ils y sont permis.
ב« כשהדירו שניהם זה את זה אסורין להעמיד בו תנור וכירים וריחים ותרנגולים » (שו״ע יו״ד רכ״ו:ב)Lorsqu’ils se sont mutuellement interdits l’un l’autre, il leur est interdit d’y installer un four, un fourneau, une meule et des poules.
ב« היה אחד מהם מודר הנאה מחבירו הוא אסור בהעמדת תנור וכירים וריחים ותרנגולים » (שו״ע יו״ד רכ״ו:ב)Si l’un d’eux était sous l’interdit de profiter de son compagnon, c’est lui qui est interdit d’installer four, fourneau, meule et poules.
ב« ואסור ליכנס בו אם יש בו דין חלוקה וחבירו מותר בכל » (שו״ע יו״ד רכ״ו:ב)et il lui est interdit d’y entrer s’il y a un droit de partage ; son compagnon, lui, est permis en tout.
ב« והיו כופין את הנודר למכור חלקו » (שו״ע יו״ד רכ״ו:ב)Et l’on contraignait celui qui a fait le vœu à vendre sa part.
ב« אם נאסר בלשון חצרי שמותר בו לאחר שימכר: » (שו״ע יו״ד רכ״ו:ב)si l’interdit a été formulé par l’expression « ma cour », laquelle redevient permise après qu’elle est vendue.
ג« בעל שאוסר הנאתו על אחרים אסורין ליכנס בנכסי מלוג של אשתו » (שו״ע יו״ד רכ״ו:ג)Un mari qui interdit à d’autres de profiter de lui — il leur est interdit d’entrer dans les biens de מלוג de sa femme.
ג« ואינו דומה לשותף שהדיר את אחד מן השוק » (שו״ע יו״ד רכ״ו:ג)et cela ne ressemble pas à l’associé qui a interdit ses biens à un homme du dehors.

7. Les ma’hlokot ouvertes

Quatre points restent disputés, et aucun n’est tranché sur cette page. Chacun est une question à apporter à un Rav.

1. L’homme du dehors dans une cour partageable. Peut-il entrer pour le besoin d’un associé ? Le Beit Yossef dit non, le Chakh le suit dans les termes les plus fermes, le Ba’h et le Taz disent oui, et les Nekoudot HaKessef réfutent le Taz. Le Baer Hetev laisse les deux positions debout.
2. Contraint-on quand les deux ont voué ? Le Ran dit non, faute de jalousie à craindre ; le Roch et le Tour disent oui, et contraignent celui des deux qui passe le plus souvent — deux fois suffisant à en faire un רגיל.
3. Qui contraint-on, le nodèr ou le mudar ? Le Ramban et le Rambam disent exactement l’inverse l’un de l’autre, selon le trébuchement que l’on craint. Le Mehaber écrit « le nodèr » sans distinguer, et le Chakh y lit qu’on contraint dans les deux sens.
4. À qui vendre ? Le Ba’h refuse la vente à l’associé ; le Chakh trouve cela תמוה ; puis le Chakh lui-même, dans les Nekoudot HaKessef, lui donne raison. Ne lire que le Chakh, c’est ressortir avec la position qu’il a abandonnée.

8. Vocabulaire du siman

TermeSens
דין חלוקהdroit de partage : le bien est assez grand pour que le partage laisse à chacun une part utile — quatre coudées sur quatre pour une cour
ברירהclarification rétroactive : l’acte accompli révèle que la part était déjà déterminée
שותפיןassociés, copropriétaires d’un même bien
אחד מן השוקun homme du dehors : ni l’un ni l’autre des associés
חצרי« ma cour » — un rapport de propriété, que la vente dissout
חצר זו« cette cour-ci » — la chose elle-même, que la vente ne change pas
כופיןon contraint : mesure du tribunal, ici l’obligation de vendre sa part
גוד או אגוד« prends ou je prends » : procédure de sortie d’indivision
רגילcelui qui passe habituellement — deux fois suffisent, selon le Yerouchalmi
נכסי מלוגbiens de l’épouse dont le mari a l’usufruit sans en être propriétaire
הקדשconsécration au Temple ; le Rama montre que « à toi hekdech » n’est pas une consécration mais un interdit

9. Récapitulatif — à retenir

Le siman en quatre mots : חלוקה décide · ברירה permet · תנור interdit quand même · חצרי rend la vente utile.
Règles d’or. (1) Poser d’abord la question de bien — le partage est-il possible ? — avant toute question de vœu. (2) « Le vœu ne prend pas effet » n’est pas « c’est permis » : rien n’a été saisi, donc les autres usages ordinaires suivent. (3) L’entrée et l’installation sont deux régimes distincts. (4) Relever la formule exacte — « ma cour » ou « cette cour-ci » — avant de parler de contrainte.
Pièges classiques. (a) Croire que « on contraint le nodèr » vise toujours celui qui a prononcé le vœu : le Ramban et le Rambam se contredisent, et le Chakh lit dans le silence du Mehaber les deux sens. (b) Croire que la permission d’entrer emporte la permission d’installer. (c) S’appuyer sur le Chakh ס״ק י״ג sans lire les Nekoudot HaKessef, qui s’y rétractent. (d) Transposer au bien meuble ou aux נכסי מלוג ce qui vaut pour la cour — le Rama fait la première transposition, le Mehaber refuse la seconde.
Pour la pratique. Cette page est un instrument d’étude, non un psak. Le siman 226 met en jeu un vœu réel, un bien réel et, souvent, une brouille réelle : trois raisons de ne rien trancher soi-même. Relève les mots exacts qui ont été prononcés, la nature du bien et son partage possible, puis porte le tout à ton Rav.
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
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