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DAAT · NIVEAU 4 — HALAKHA LEMA’ASSÉ

Siman 227 — Halakha lema’assé : vivre sous un vœu qui vise tout le monde (דין מי שאסר עצמו מכל ישראל)

יורה דעה · סימן רכ״ז
דין מי שאסר עצמו מכל ישראל
זבינא מציעא · חריפא · דרמי באפיה · שוה בשוה · אם ישמעו לו · טובת הנאה
⚖️ הלכה למעשה · Psak
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Niveau 4 · La ligne de psak, ce qu’il faut établir avant de demander, et la voie que le traité garde pour la fin

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן רכ״ז (ג׳ סעיפים)
עם נושאי כלים: ש״ך (ט׳ ס״ק), ט״ז (ג׳), באר היטב (ו׳), פתחי תשובה (ג׳), בית יוסף, טור
יסוד: נדרים ל״א ע״א · נדרים ל״א ע״ב · נדרים פ״ה ע״א · רמב״ם הלכות נדרים פרק ז׳

Rédaction :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

Plan du niveau

  1. Avertissement, et pourquoi ce niveau ne s’appelle pas « Daat HaRav »
  2. La ligne de psak, en quatre pas
  3. Le prêt : ce que le siman permet, et ce qu’il ne transporte pas du siman 221
  4. Ce que le vœu n’atteint pas : les prélèvements et les dons des pauvres
  5. Les quatre points qui demandent un Rav
  6. Ce qui reste, une fois la page fermée

1. Avertissement, et pourquoi ce niveau ne s’appelle pas « Daat HaRav »

Cette page n’est pas un psak. Elle expose la ligne que suivent les poskim du siman, et elle nomme les endroits où la décision se prend hors du texte. Un vœu réellement prononcé se traite chez un Rav, avec les mots exacts et les faits exacts.

Et une précision de méthode : l’Admour HaZaken n’a pas écrit de Choulhan Aroukh sur Yoreh De’ah. On ne trouvera donc ici aucune citation de « שולחן ערוך הרב » — ce niveau 4 s’appuie sur le Chakh, le Taz, le Baer Hetev, le Pit’hei Techouva, le Rambam et le Tour, chacun avec sa référence réelle.

Les Nekoudot HaKessef ne nous sont pas accessibles pour ce siman. La source dont cette page tire tous ses textes n’en donne aucune entrée sur le siman 227 ; aucune n’est donc citée ici, et aucune n’est reconstituée. On les trouve en revanche sur les simanim voisins du même bloc — 223, 226 et 228.

2. La ligne de psak, en quatre pas

Premier pas — le sens du vœu. S’est-il interdit de profiter d’eux, ou leur a-t-il interdit de profiter de lui ? De cette seule question dépend qui devra subir la perte dans chaque opération — et donc si l’opération est seulement affaire de prix, ou si elle exige le consentement de l’autre.

« מי שאסר עצמו מכל ישראל אסור לקנות מהם ולמכור להם » (שו״ע יו״ד רכ״ז:א)
« ואם אסר הנאתו עליהם לוקח מהם בפחות ומוכר ביותר אם ישמעו לו » (שו״ע יו״ד רכ״ז:א)

Deuxième pas — la marchandise. Ordinaire, très demandée, ou invendable ? Le Chakh donne les deux définitions extrêmes, et elles sont opérationnelles : la première est celle sur laquelle les marchands se jettent, la seconde celle dont personne ne veut. Le profit se loge d’un côté ou de l’autre selon la réponse.

« הוא סחורה שקופצים עליה סוחרים » (ש״ך יו״ד רכ״ז ס״ק ג)
« היא סחורה שאין סוחרים קופצים עליה ודומה לו כמי שמונחת לו על פניו » (ש״ך יו״ד רכ״ז ס״ק ו)

Troisième pas — le prix, et le contrôle négatif. On déplace le prix au détriment de la partie qui ne doit pas profiter, et l’on n’emploie le prix égal que là où cette partie ne profite pas. Le Chakh pose la garde : le prix égal n’est jamais permis par défaut, et l’interdit du commerce vaut « en tout état de cause ».

« לעולם בכל ענין ואפי׳ שוה בשוה » (ש״ך יו״ד רכ״ז ס״ק א)
« אבל שוה בשוה אסור בכל ענין » (ש״ך יו״ד רכ״ז ס״ק ב)

Quatrième pas — le consentement, quand il est requis. Trois branches du seif 1 portent la réserve אם ישמעו לו, et toutes trois sont celles où c’est le partenaire qui perd. Un vœu ne crée aucune obligation à sa charge : l’affaire ne se fait que s’il l’accepte.

« ואם אסרם עליו ימכרנו להם ביותר אם ישמעו לו ויקננו מהם שוה בשוה » (שו״ע יו״ד רכ״ז:א)
« ואם אסרם עליו יקננו מהם בפחות אם ישמעו לו וימכרנו להם שוה בשוה: » (שו״ע יו״ד רכ״ז:א)

3. Le prêt : ce que le siman permet, et ce qu’il ne transporte pas du siman 221

Le seif 2 est d’application immédiate, et il est souvent mal transporté. Celui qui s’est interdit le profit d’autrui prête — objets et argent — et n’emprunte pas. Le décret du siman 221, qui interdisait de prêter de peur qu’on emprunte, ne s’applique pas ici, et la raison est explicite chez le Taz : là-bas, il y avait un autre partenaire possible ; ici, il n’y en a pas.

« אסר הנייתם עליו הרי זה משאילן ומלוה אותם » (שו״ע יו״ד רכ״ז:ב)
« אבל הוא לא ישאל ולא ילוה מהם » (שו״ע יו״ד רכ״ז:ב)
« דהתם אם לא ישא ויתן עם זה ישא ויתן עם אחר אבל הכא א״א לו » (ט״ז יו״ד רכ״ז ס״ק ב)
Et la limite se lit dans le même seif : si le vœu joue dans les deux sens, plus rien n’est possible entre eux, ni dans un sens ni dans l’autre. Le Chakh ajoute que ce qui vaut pour Israël vaut pour toute nation entière.
« ואם אסר הנאתו עליהם והנאתם עליו לא ישאיל ולא ילוה להם ולא הם ממנו: » (שו״ע יו״ד רכ״ז:ב)
« דלאו דוקא בנדר מישראל לא גזרו אלא ה״ה מן שאר אומה שלימה שאין גוזרין אלא בנדר מיחיד אבל לא מאומה שלימה כולה » (ש״ך יו״ד רכ״ז ס״ק ז)

4. Ce que le vœu n’atteint pas : les prélèvements et les dons des pauvres

Un vœu contre les kohanim et les leviim n’empêche pas qu’ils prennent les teroumot et les maasrot. La raison n’est pas une dispense mais une conséquence : ce qu’il veut leur retirer ne vaut rien entre ses propres mains. Mais s’il a nommé des kohanim précis, le vœu tient — et il donne à d’autres.

« מי שאסר הנאתו על הכהנים ועל הלוים באים ונוטלין תרומותיו ומעשרותיו בעל כרחו » (שו״ע יו״ד רכ״ז:ג)
« ואם אמר כהנים אלו ולוים אלו יתן לכהנים ולוים אחרים » (שו״ע יו״ד רכ״ז:ג)
« דטעמא דסיפא משום טובת הנאה ממון ולהכי אסור ורישא דבאים הכהנים ונוטלים בע״כ היינו טעמא כיון דתרומה לא חזיא אלא לכהנים כיון דקאתי למיסרא עלייהו שויה כעפרא בעלמא וזוכים מן ההפקר » (ש״ך יו״ד רכ״ז ס״ק ח)
L’extension, et sa limite. Le Ran étend le raisonnement à celui qui s’est interdit ses propres biens : d’autres pourraient les prendre. Le Maharchal, rapporté par le Chakh, refuse l’extension — ce qu’il s’est interdit lui reste utilisable pour la tsedaka ou une autre mitsva, et n’est donc pas de la poussière. Le Chakh conclut avec le Maharchal.
« ומסיק דלא דמי לתרומה דהכא דאין אחרים יכולין ליטלן ממנו בע״כ אלא יכול ליתנו לצדקה או שאר מצוה » (ש״ך יו״ד רכ״ז ס״ק ח)
« וכן הדין במתנות עניים לעניים: » (שו״ע יו״ד רכ״ז:ג)
« וכתב ב״י ה״ה לענין צדקה שב״ד שולחין וממשכנין אותו בע״כ ונותנים לעניים כיון דקיי״ל כופין על הצדקה » (ט״ז יו״ד רכ״ז ס״ק ג)

5. Les quatre points qui demandent un Rav

L’achat à crédit. C’est l’unique question que le Pit’hei Techouva rapporte ici, et elle est décisive en pratique : le Noda BiYehouda tient qu’acheter plus cher ne suffit pas si l’on achète à crédit, parce que le crédit lui-même est un profit — il faut donc payer comptant. Rien dans le seif ne l’indiquait.

« שכתב דאפי׳ בכה״ג לא שרי אלא בנותן דמים תיכף אבל ליקח בהקפה זה גופא הנאה היא שנותן לו בהקפה ונמצא נהנה באיסור » (פתחי תשובה יו״ד רכ״ז ס״ק א)

Le vœu portait-il sur le profit ou sur les biens ? Le Chakh, au nom du Ran, montre que les deux ne se comportent pas de même : le vœu sur le profit atteint même ce que le nodèr acquerra plus tard ; le vœu sur les biens ne saisit que ce qui existait alors, mais aucun prix ne le défait. Établir la formule est le premier travail.

« מיהו כל זה כשאסר הנאה אבל אם אסר נכסיהן עליו אפילו לוקח שוה ק׳ בר׳ אסור ליהנות ממקחו שנדרו כבר חל על נכסיהן » (ש״ך יו״ד רכ״ז ס״ק ו)

Jusqu’où le non-décret s’étend-il ? Le Chakh le porte à toute nation entière et le réserve aux vœux qui ne visent pas un individu. Où passe la frontière entre « une collectivité » et « beaucoup d’individus » ? Le texte ne le dit pas.

Et la dernière question n’est pas dans le siman : ce vœu peut-il être dénoué ? Le traité y répond au siman 228, et c’est là que va toute cette matière.

6. Ce qui reste, une fois la page fermée

Le siman 227 est le dernier de la série des vœux qui portent sur autrui, et il en montre la limite : un vœu peut viser tout un peuple, mais il ne peut pas obliger une seule personne en dehors de celui qui l’a prononcé. Trois fois, le texte s’arrête à אם ישמעו לו.

Et il montre l’autre limite, celle de l’objet : ce qui ne vaut qu’entre les mains de celui à qui on le refuse ne peut pas lui être refusé. Le vœu le plus ferme s’arrête là où il n’a plus rien à retirer.

Deux conclusions pratiques. La première : relever d’abord le sens du vœu — il commande tout, et il n’est pas toujours celui qu’on croit. La seconde : un vœu de cette portée se vit mal, et le traité prévoit une autre voie au siman 228. La connaître fait partie de la question.

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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
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