דעת DAAT
← סימן רכ״ז Accueil ♥ Soutenir
Accueil › Yoreh De'ah · Nedarim › סימן רכ״ז › Niveau 3 — Synthèse / Révision
✦ ❖ ✦ Niveau 3 — Synthèse / Révision ✦ ❖ ✦

Siman 227 — Synthèse : commercer sans profiter (דין מי שאסר עצמו מכל ישראל)

דין מי שאסר עצמו מכל ישראל
Niveau 3 · Tout le siman rangé par mécanisme, pour la révision

שולחן ערוך יורה דעה סימן רכ״ז · ג׳ סעיפים
ש״ך · ט״ז · באר היטב · פתחי תשובה · טור · בית יוסף · רמב״ם
DAAT · הרב יוסף חיים סממה
Sommaire
  1. Les deux directions du vœu
  2. Les trois marchandises, et où loge le profit
  3. Les six branches du seif 1
  4. Le prêt, et le décret non prononcé
  5. Les kohanim, les pauvres, et la valeur du choix
  6. Toutes les clauses, dans l’ordre du livre
  7. Les points qui demandent un Rav
  8. Vocabulaire du siman
  9. Récapitulatif — à retenir

1. Les deux directions du vœu

Premier repère, et il commande tout le seif 1 : le vœu va-t-il de lui vers eux, ou d’eux vers lui ? אסר עצמו מהם — il ne doit pas profiter d’eux, donc lui perd. אסר הנאתו עליהם — ils ne doivent pas profiter de lui, donc eux perdent, et il faut leur accord.
« מי שאסר עצמו מכל ישראל אסור לקנות מהם ולמכור להם » (שו״ע יו״ד רכ״ז:א)
« אלא לוקח ביותר ומוכר בפחות » (שו״ע יו״ד רכ״ז:א)
« ואם אסר הנאתו עליהם לוקח מהם בפחות ומוכר ביותר אם ישמעו לו » (שו״ע יו״ד רכ״ז:א)
La réserve אם ישמעו לו n’est pas une formule de politesse : c’est la limite juridique du vœu. Un homme se lie lui-même ; il ne lie personne d’autre. Quand la règle exige une perte chez le partenaire, elle ne peut que la lui proposer.

2. Les trois marchandises, et où loge le profit

« זבינא מציעא דאית ביה הנאה ללוקח ולמוכר » (שו״ע יו״ד רכ״ז:א)
« וזבינא חריפא הוא הנאת הלוקח ולא הנאת המוכר » (שו״ע יו״ד רכ״ז:א)
« וזבינא דרמי באפיה הוי הנאת המוכר ולא הנאת הלוקח » (שו״ע יו״ד רכ״ז:א)
« הוא סחורה שקופצים עליה סוחרים » (ש״ך יו״ד רכ״ז ס״ק ג)
« היא סחורה שאין סוחרים קופצים עליה ודומה לו כמי שמונחת לו על פניו » (ש״ך יו״ד רכ״ז ס״ק ו)
Une vente entre lui et eux
▼
De quelle marchandise s’agit-il ?
▼
מציעא — profit des deux côtés → corriger des deux côtés
▼
חריפא — profit de l’acheteur seul → corriger côté achat, prix égal côté vente
▼
דרמי באפיה — profit du vendeur seul → corriger côté vente, prix égal côté achat
▼
Puis : qui doit ne pas profiter ? lui → il perd · eux → ils perdent, s’ils y consentent

3. Les six branches du seif 1

« הילכך אם אסר עצמו מהם יקננו מהם ביותר ומוכר להם שוה בשוה » (שו״ע יו״ד רכ״ז:א)
« ואם אסרם עליו ימכרנו להם ביותר אם ישמעו לו ויקננו מהם שוה בשוה » (שו״ע יו״ד רכ״ז:א)
« הילכך אם אסר עצמו מהם ימכרנו להם בפחות ויקננו מהם שוה בשוה » (שו״ע יו״ד רכ״ז:א)
« ואם אסרם עליו יקננו מהם בפחות אם ישמעו לו וימכרנו להם שוה בשוה: » (שו״ע יו״ד רכ״ז:א)
Une seule règle engendre les six : là où il y a profit pour la partie qui n’a pas le droit d’en avoir, on déplace le prix ; là où il n’y a pas de profit pour elle, le prix égal suffit. Et le Chakh ajoute le contrôle négatif : le prix égal n’est jamais permis par défaut.
« לעולם בכל ענין ואפי׳ שוה בשוה » (ש״ך יו״ד רכ״ז ס״ק א)
« דוקא ולא שוה בשוה וכ״ש בפחות דאסור » (ש״ך יו״ד רכ״ז ס״ק ד)

4. Le prêt, et le décret non prononcé

« אסר הנייתם עליו הרי זה משאילן ומלוה אותם » (שו״ע יו״ד רכ״ז:ב)
« אבל הוא לא ישאל ולא ילוה מהם » (שו״ע יו״ד רכ״ז:ב)
« ואם אסר הנאתו עליהם והנאתם עליו לא ישאיל ולא ילוה להם ולא הם ממנו: » (שו״ע יו״ד רכ״ז:ב)
« דהתם אם לא ישא ויתן עם זה ישא ויתן עם אחר אבל הכא א״א לו » (ט״ז יו״ד רכ״ז ס״ק ב)
Attention au sens de la comparaison : au siman 221, sur un vœu contre une personne, le décret existe — on n’y prête pas de peur d’emprunter. Ici il n’existe pas. La règle ne se transporte donc pas d’un siman à l’autre sans qu’on ait vérifié d’abord l’étendue du vœu.

5. Les kohanim, les pauvres, et la valeur du choix

« מי שאסר הנאתו על הכהנים ועל הלוים באים ונוטלין תרומותיו ומעשרותיו בעל כרחו » (שו״ע יו״ד רכ״ז:ג)
« ואם אמר כהנים אלו ולוים אלו יתן לכהנים ולוים אחרים » (שו״ע יו״ד רכ״ז:ג)
« רָבָא אָמַר: שָׁאנֵי תְּרוּמָה, דְּהַיְינוּ טַעְמָא דְּיִטְּלוּ עַל כׇּרְחוֹ — מִשּׁוּם דִּתְרוּמָה לָא חַזְיָא אֶלָּא לְכֹהֲנִים, וְכֵיוָן דְּקָא אָתֵי לְמֵיסְרָא עֲלַיְיהוּ, שַׁוְּיָא עַפְרָא בְּעָלְמָא » (נדרים פ״ה ע״א)
Deux régimes, une seule idée. « Les kohanim » : il n’a rien à leur retirer, puisque la terouma ne vaut qu’entre leurs mains — l’interdire, c’est la réduire à rien chez lui, et ils la prennent. « Ces kohanim-ci » : il leur retire le droit d’être choisis, qui a une valeur — טובת הנאה — et le vœu tient.
« וכן הדין במתנות עניים לעניים: » (שו״ע יו״ד רכ״ז:ג)
« וכתב ב״י ה״ה לענין צדקה שב״ד שולחין וממשכנין אותו בע״כ ונותנים לעניים כיון דקיי״ל כופין על הצדקה » (ט״ז יו״ד רכ״ז ס״ק ג)

6. Toutes les clauses, dans l’ordre du livre

Trois seifim, seize clauses — dont dix pour le seul seif 1. Le tableau restitue l’ordre exact du Choulhan Aroukh.

SeifTexteSens
א« מי שאסר עצמו מכל ישראל אסור לקנות מהם ולמכור להם » (שו״ע יו״ד רכ״ז:א)Celui qui s’est interdit de tout Israël — il lui est interdit d’acheter chez eux et de leur vendre
א« זבינא מציעא דאית ביה הנאה ללוקח ולמוכר » (שו״ע יו״ד רכ״ז:א)s’agissant d’une vente moyenne, dans laquelle il y a profit pour l’acheteur et pour le vendeur
א« אלא לוקח ביותר ומוכר בפחות » (שו״ע יו״ד רכ״ז:א)mais il achète plus cher et vend moins cher.
א« ואם אסר הנאתו עליהם לוקח מהם בפחות ומוכר ביותר אם ישמעו לו » (שו״ע יו״ד רכ״ז:א)Et s’il a interdit son profit à eux, il achète d’eux moins cher et leur vend plus cher, s’ils l’écoutent.
א« וזבינא חריפא הוא הנאת הלוקח ולא הנאת המוכר » (שו״ע יו״ד רכ״ז:א)Et la marchandise très demandée : c’est le profit de l’acheteur, et non le profit du vendeur.
א« הילכך אם אסר עצמו מהם יקננו מהם ביותר ומוכר להם שוה בשוה » (שו״ע יו״ד רכ״ז:א)Par conséquent, s’il s’est interdit d’eux, il l’achètera d’eux plus cher et la leur vendra à prix égal.
א« ואם אסרם עליו ימכרנו להם ביותר אם ישמעו לו ויקננו מהם שוה בשוה » (שו״ע יו״ד רכ״ז:א)Et s’il les a interdits à son égard, il la leur vendra plus cher s’ils l’écoutent, et l’achètera d’eux à prix égal.
א« וזבינא דרמי באפיה הוי הנאת המוכר ולא הנאת הלוקח » (שו״ע יו״ד רכ״ז:א)Et la marchandise dont nul ne veut : c’est le profit du vendeur, et non le profit de l’acheteur.
א« הילכך אם אסר עצמו מהם ימכרנו להם בפחות ויקננו מהם שוה בשוה » (שו״ע יו״ד רכ״ז:א)Par conséquent, s’il s’est interdit d’eux, il la leur vendra moins cher et l’achètera d’eux à prix égal.
א« ואם אסרם עליו יקננו מהם בפחות אם ישמעו לו וימכרנו להם שוה בשוה: » (שו״ע יו״ד רכ״ז:א)Et s’il les a interdits à son égard, il l’achètera d’eux moins cher s’ils l’écoutent, et la leur vendra à prix égal.
ב« אסר הנייתם עליו הרי זה משאילן ומלוה אותם » (שו״ע יו״ד רכ״ז:ב)S’il a interdit leur profit à son égard — il peut leur prêter des objets et leur prêter de l’argent,
ב« אבל הוא לא ישאל ולא ילוה מהם » (שו״ע יו״ד רכ״ז:ב)mais lui, il n’empruntera pas d’objets et n’empruntera pas d’argent chez eux.
ב« ואם אסר הנאתו עליהם והנאתם עליו לא ישאיל ולא ילוה להם ולא הם ממנו: » (שו״ע יו״ד רכ״ז:ב)Et s’il a interdit son profit à eux et leur profit à lui — il ne prêtera pas d’objets, ne prêtera pas d’argent, et eux non plus envers lui.
ג« מי שאסר הנאתו על הכהנים ועל הלוים באים ונוטלין תרומותיו ומעשרותיו בעל כרחו » (שו״ע יו״ד רכ״ז:ג)Celui qui a interdit son profit aux kohanim et aux leviim — ils viennent et prennent ses teroumot et ses maasrot malgré lui.
ג« ואם אמר כהנים אלו ולוים אלו יתן לכהנים ולוים אחרים » (שו״ע יו״ד רכ״ז:ג)Et s’il a dit « ces kohanim-ci et ces leviim-ci », il donnera à d’autres kohanim et à d’autres leviim.
ג« וכן הדין במתנות עניים לעניים: » (שו״ע יו״ד רכ״ז:ג)Et tel est le droit s’agissant des dons des pauvres, envers les pauvres.

7. Les points qui demandent un Rav

Le siman 227 n’est pas traversé par de grandes ma’hlokot comme le 226 ; mais quatre points s’y décident hors du texte, et aucun ne se tranche seul.

1. L’achat à crédit. Le Pit’hei Techouva rapporte du Noda BiYehouda qu’acheter plus cher ne suffit pas si l’achat se fait à crédit : le crédit est lui-même un profit, et il faut payer comptant. Rien dans le seif ne le laissait prévoir.
2. Vœu sur le profit ou vœu sur les biens ? Le Chakh, au nom du Ran, montre que les deux formules n’ont ni la même portée dans le temps ni les mêmes effets sur le prix. Établir laquelle a été employée est le premier travail.
3. Jusqu’où va le non-décret ? Le Chakh l’étend à toute nation entière, et le réserve aux vœux qui ne visent pas un individu. La frontière entre « une collectivité » et « des individus nombreux » n’est pas dans le texte.
4. Le vœu sur ses propres biens. Le Ran étend l’argument de la terouma à celui qui s’est interdit ses propres biens ; le Maharchal marque la limite. Le Chakh rapporte les deux et conclut avec le second.

8. Vocabulaire du siman

TermeSens
זבינא מציעאvente moyenne : l’objet vaut son prix, et les deux parties y profitent
זבינא חריפאmarchandise recherchée, « sur laquelle les marchands se jettent » : le profit est celui de l’acheteur
זבינא דרמי באפיהmarchandise invendable, « posée sur sa figure » : le profit est celui du vendeur
שוה בשוהà prix égal — jamais neutre : permis seulement quand la partie liée n’y profite pas
אם ישמעו לו« s’ils l’écoutent » : la perte demandée au partenaire ne peut lui être imposée
משאילן ומלוהil prête des objets et prête de l’argent — eux profitent, ce que son vœu n’interdit pas
גזירהdécret de précaution : interdire le permis pour protéger l’interdit — non prononcé ici
טובת הנאהla valeur du droit de choisir à qui donner un prélèvement
מתנות ענייםles dons dus aux pauvres — לקט, שכחה, פאה, מעשר עני
כופין על הצדקהle tribunal contraint à la tsedaka, et peut saisir pour l’exécuter

9. Récapitulatif — à retenir

Le siman en trois questions : quelle marchandise ? (où est le profit) · quel sens du vœu ? (qui doit perdre) · l’autre y consent-il ? (אם ישמעו לו).
Règles d’or. (1) Identifier la marchandise avant de parler du prix. (2) Le prix égal n’est jamais permis par défaut. (3) Un vœu ne lie que celui qui l’a prononcé : dès que la perte incombe à l’autre, il faut son accord. (4) Le prêt et l’emprunt suivent le sens du vœu, et le décret du siman 221 ne se transporte pas ici.
Pièges classiques. (a) Croire qu’une vente à prix égal est toujours neutre — le Chakh l’interdit dès qu’il y a profit pour la partie liée. (b) Appliquer ici le décret du siman 221 sur le prêt, alors que le siman le refuse expressément. (c) Confondre le vœu sur le profit et le vœu sur les biens : le second ne connaît pas de prix qui le défasse, mais ne saisit que le présent. (d) Lire dans le seif 3 que טובת הנאה n’est pas un bien — c’est précisément ce que Rava refuse.
Pour la pratique. Cette page est un instrument d’étude, non un psak. Un vœu formulé « contre tout le monde » se prononce plus vite qu’on ne croit, et ses effets touchent le commerce quotidien. Relève la formule exacte, le sens du vœu, la nature de l’affaire en cause — puis porte le tout à ton Rav. Et rappelle-toi que le traité prévoit une autre voie, au siman 228 : la dissolution.
~ ~ ~ ~ ~
DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן רכ״ז · Niveau 3 — Synthèse / Révision · דין מי שאסר עצמו מכל ישראל
daattorah.com

DAAT דעת — © 5786 / 2026 · Retour à l’accueil · סימן רכ״ז · ♥ Soutenir

📖Rejoindre la khavroutha