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DAAT · NIVEAU 2 — LAMDAN

Siman 229 — quatre questions sur la déliaison partielle et l’ordre des déliaisons (יורה דעה רכ״ט)

יורה דעה · סימן רכ״ט
דין נדר שהותר מקצתו או מי שנדר על דבר א׳ שני פעמים
נדר שהותר מקצתו · פתח וחרטה · התפסה ותוך כדי דיבור · סדר ההתרות · הנודר שני פעמים
🔥 Niveau Lamdan · תלמידי חכמים
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Quatre questions seulement — et aucune n’est de remplissage

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן רכ״ט (9 seifim)
Avec l’appareil : ש״ך (י״ט) · ט״ז (י״ז) · באר היטב (י״ג) · פתחי תשובה (ו׳) · נקודות הכסף (ד׳)
Fondements : נדרים כ״ה ע״ב · נדרים ס״ו ע״א · נדרים י״ז ע״א · רמב״ם הלכות נדרים פרקים ג׳-ד׳ · רמב״ם הלכות שבועות פרק ו׳ · טור ובית יוסף יורה דעה רכ״ט

Rédaction :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

Ce que nous allons demander au texte

  1. Pourquoi la partie entraîne le tout — et pourquoi le séif 2 fait exception
  2. Le partage Taz / Chakh sur « שיחליף דבריו », et l’arbitrage des Nekoudot HaKessef
  3. La ma’hloket centrale : peut-on délier le second serment avant le premier ?
  4. Les verrous des séifim 4 à 7, le séif 8 en contre-épreuve, et ce que chacun laisse subsister

1. Pourquoi la partie entraîne le tout

La règle paraît excessive tant qu’on se représente la déliaison comme une levée d’interdit. Elle devient évidente dès qu’on la comprend comme une constatation rétroactive. Le Taz le dit en une ligne :
« דמעיקרא לא נדר אלא על דעת שיתקיים כולו » (ט״ז יו״ד רכ״ט ס״ק א)
La ‘hakira. Le vœu est-il un acte qui crée un interdit, lequel se lève ensuite par morceaux ? Ou une déclaration dont la validité dépend d’une condition implicite — que tout se réalise comme le nodèr se l’était représenté ? Dans le premier cas, délier une part ne dit rien des autres. Dans le second, la condition est unique : elle tombe, et tout tombe avec elle.
Le second terme est celui du siman, et le Rambam le dit dans les mêmes mots que le Choul’han Aroukh :
« הַנִּשְׁבָּע אוֹ הַנּוֹדֵר שֶׁאֵינִי נֶהֱנֶה לְכֻלְּכֶם וְנִשְׁאַל עַל נִדְרוֹ אוֹ עַל שְׁבוּעָתוֹ עַל אֶחָד מֵהֶם וְהִתִּירוֹ הֻתְּרוּ כֻּלָּם. שֶׁהַנֵּדֶר שֶׁהֻתַּר מִכְּלָלוֹ הֻתַּר כֻּלּו » (רמב״ם הלכות נדרים פרק ד׳ הלכה י״א)
Et voici la difficulté. Si la raison est celle-là, le séif 2 devrait suivre : dix hommes ont frappé de ‘hérem, l’un délie, et l’on s’attendrait à ce que tout tombe. Or le séif 2 dit exactement le contraire.
« אם החרימו או נידו עשרה בני אדם והתירו אחד מהם הוא מותר וכולם אסורים » (שו״ע יו״ד רכ״ט:ב)
La réponse est donnée par le Chakh et par le Taz dans les mêmes termes, ce qui est assez rare pour être noté :
« שאין החרם והפרת בעל עוקרים מעיקרו אלא מכאן ולהבא » (ש״ך יו״ד רכ״ט ס״ק ט)
« דבהיתר זה וכן הפרת הבעל לא אמרינן דנעקר מעיקרא אלא מכאן ולהבא » (ט״ז יו״ד רכ״ט ס״ק ו)
Le critère est donc net, et il vaut pour tout le siman : la règle « une partie entraîne le tout » ne s’applique qu’aux dénouements qui extirpent depuis l’origine. Le ‘hérem et la הפרה du mari agissent pour l’avenir ; ils ne disent rien sur ce qui a été. Donc rien ne s’effondre.
Et ce même critère explique la ma’hloket du séif 1. Le פתח extirpe depuis l’origine — il montre une erreur initiale. La חרטה, elle, est un changement d’avis présent. Le Taz formule les deux côtés :
« לפי שע״י פתח דומה קצת לנדר בטעות וכיון שיש קצת טעות בנדר הותר » (ט״ז יו״ד רכ״ט ס״ק ד)
« משא״כ ע״י חרטה שאין שם טעות מעיקרא אלא שנהפכה דעתו עתה » (ט״ז יו״ד רכ״ט ס״ק ד)
« וי״א בתרא ס״ל אפילו על ידי חרטה מהני דהא החכם עוקר הנדר מעיקרא » (ט״ז יו״ד רכ״ט ס״ק ד)
Le second י״א retourne l’argument : peu importe ce qui a déclenché la déliaison, puisque le sage, lui, extirpe toujours depuis l’origine. Le Chakh ס״ק ח donne la même raison que le Taz pour le premier avis. La question n’est pas théorique : nos déliaisons se font aujourd’hui par חרטה.

2. « שיחליף דבריו » — un partage que le Baer Hetev rend lisible

Le Taz importe ici une règle du siman 232, et elle change tout :
« ובסי׳ רל״ב ס״ח יתבאר דלא אמרינן הותר כולו כשהותר מקצתו אא״כ משנה דבריו ממה שאמר תחילה וכן הדין כאן בכל מקום דאמרינן הותר כולו » (ט״ז יו״ד רכ״ט ס״ק ה)
Au siman 232:8, « la partie entraîne le tout » ne vaut que si le nodèr change ses paroles — s’il reformule autrement qu’au départ. Le Taz veut que cette condition vaille partout. Et il ajoute, contre le Ba’h, une phrase qui est un coup :
« ותמוהין דברי מו״ח ז״ל שפסק להקל כאן » (ט״ז יו״ד רכ״ט ס״ק ה)
Le Chakh répond par une distinction, non par une autorité. Il ne dit pas que le Taz a mal lu le siman 232 : il dit que les deux cas ne sont pas le même :
« משמע דהכא אין צריך שיחליף דבריו כדלקמן סי׳ רל״ב סעיף ח » (ש״ך יו״ד רכ״ט ס״ק ד)
« דהכא כיון שאינו טעות בעיקר הנדר אלא ניתר ע״י התרה בכל ענין הותרו כולן » (ש״ך יו״ד רכ״ט ס״ק ד)
« מיהו נראה מהטור דיש לחלק בין נדר שהותר מעצמו לנדר שהתיר החכם » (ש״ך יו״ד רכ״ט ס״ק ד)
La distinction, formulée nettement. Au siman 232 il s’agit d’un vœu qui se délie de lui-même, parce qu’il portait sur une erreur : là, la reformulation prouve que le nodèr avait bien en tête ce qu’il excluait. Ici, le vœu est délié par le sage, qui l’extirpe quoi qu’il arrive : rien à prouver, donc rien à reformuler.
Les Nekoudot HaKessef tranchent, et durement. Elles ne discutent pas la sévérité du Taz : elles lui reprochent d’avoir manqué un texte.
« ז״א כמ״ש ס״ק ד׳ גם מ״ש גם בד״מ פסק כמ״ש ליתא ואישתמיטתיה דברי ד״מ שבסימן רל״ב » (נקודות הכסף יו״ד רכ״ט)
Le Baer Hetev ס״ק ג rend tout le partage lisible d’un coup, et c’est là sa valeur : le Taz d’un côté, le Ba’h et le Chakh de l’autre.
« והש״ך מסכים עם הב״ח וכתב שכ״כ בד״מ סי׳ רל״ב דהכא שאני כיון שאינו טעות מעיקר הנדר אלא ניתר ע״י התרה בכל ענין הותרו כולן וא״צ שיחליף דבריו » (באר היטב יו״ד רכ״ט ס״ק ג)

3. Peut-on délier le second serment avant le premier ?

C’est la discussion centrale du siman, et elle tient presque entière dans un seul ס״ק — le Taz ס״ק י, près de trois mille caractères. Le point de départ est la clause finale du séif 3 :
« אסר עליו ככר ב׳ פעמים או שנשבע עליו ב׳ פעמים אף על פי שנשאל עליו והתירו לו אסור עד שישאל עליו ויתירו לו פעם שנית » (שו״ע יו״ד רכ״ט:ג)
Si la seconde interdiction n’a pas pris — un serment ne prend pas sur un serment —, que délie-t-on quand on la délie ? Le Taz montre que le Roch et le Tour tiennent qu’on ne peut pas :
« מדכתב שלא חלה השניה משמע שאין בידו להתיר השניה קודם היתר הראשונה כיון שעדיין לא חלה » (ט״ז יו״ד רכ״ט ס״ק י)
Mais le Rambam, aux הלכות שבועות, énumère des cas où l’on demande sur la seconde, sur la troisième, ou sur la seconde seule — ce qui suppose qu’on le puisse :
« משמע שיכול להתיר השנייה או השלישית אפי׳ קודם שהתיר הראשונה » (ט״ז יו״ד רכ״ט ס״ק י)
Et le Maharlba’h en tire une seconde indulgence, bien plus large :
« הוא הדין בנשבע על דבר אחד הרבה פעמים סגי בהיתר א׳ לכולם » (ט״ז יו״ד רכ״ט ס״ק י)
Le Taz refuse les deux, et ses deux refus n’ont pas la même force. Contre la seconde, il donne une raison de fond :
« דכשזה נופל זה קם ע״כ לא שייך נפילה אחת לתרוייהו וזה דבר שהשכל מחייבו » (ט״ז יו״ד רכ״ט ס״ק י)
L’argument est beau : la déliaison du premier serment est ce qui fait prendre le second ; on ne peut donc pas, d’une même parole, faire tomber le premier et abolir le second, car le même acte le dresserait et le renverserait. Contre la première indulgence, le Taz est plus prudent — il invoque la gravité de la matière :
« נראה דאין לסמוך להקל בשל תורה כיון שהרא״ש והטור משמע דלא סבירא להו כן » (ט״ז יו״ד רכ״ט ס״ק י)
Le Chakh se range de l’autre côté, en s’appuyant sur le siman 228:46 :
« פירוש שאין כוונתו רק לשאול על הראשונה אבל אם נשאל על כולם בבת אחת סגי בהיתר אחד כדלעיל סימן רכ״ח סמ״ו » (ש״ך יו״ד רכ״ט ס״ק י״ג)
Mais lisez le séif qu’il invoque : pour ce cas précis, il dit exactement l’inverse.
« מתירים כמה נדרים לאיש אחד אפילו בהיתר אחד ולכמה אנשים בהיתר אחד והני מילי דלאיש אחד סגי בהיתר אחד בנדרים מחולפים אבל מי שנשבע על דבר אחד פעמים ושלש צריך התרה לכל אחד ואחד » (שו״ע יו״ד רכ״ח:מו)
Le Chakh le sait, et il l’assume : au siman 228 il tient pour l’essentiel comme le Maharlba’h, contre la lettre du Mehaber — puis il retire d’une main ce qu’il vient de donner de l’autre.
« וכן נראה עיקר אלא שיש להחמיר לכתחלה כיון דאפשר » (ש״ך יו״ד רכ״ח ס״ק ק״י)
« דאע״ג דאין שבועה חלה על שבועה כדלקמן סי׳ רל״ט סי״ג מ״מ כשהותרה הראשונה חלה השניה למפרע » (ש״ך יו״ד רכ״ט ס״ק י״ד)
Et les Nekoudot HaKessef arbitrent — en deux temps, qu’il ne faut pas séparer. D’abord elles défendent le Maharlba’h :
« וגם דברי מהר״ל ן׳ חביב נראין נכונים דכיון דהשבועות הן בעולם יכול להתירם בבת אחת » (נקודות הכסף יו״ד רכ״ט)
Puis elles concluent contre leur propre démonstration :
« ומכל מקום יש להחמיר בדבר וכמ״ש בש״ך סימן רכ״ח ס״ק ק״י » (נקודות הכסף יו״ד רכ״ט)
C’est un cas d’école de la manière dont la halakha se décide. Le raisonnement va d’un côté, la pratique de l’autre, et l’auteur donne les deux sans les confondre. Le Baer Hetev ס״ק ז rapporte la position du Taz avec la même retenue : מילתא בטעמא, « c’est un propos fondé en raison ».
« אבל הט״ז כתב שבשבועה א״י להתיר בב״א אפי׳ להתיר השניה קודם הראשונה אין להקל ע״ש מילתא בטעמא » (באר היטב יו״ד רכ״ט ס״ק ז)
Et la pratique ne suit pas le raisonnement. La déliaison groupée que le Chakh admet au ס״ק י״ג, le Taz la refuse par la sevara qu’on vient de lire, et le Chakh lui-même demande de s’en abstenir a priori là où l’autre voie reste possible. Deux déliaisons distinctes demeurent donc la voie sûre — le premier vœu, puis le second une fois qu’il a pris — et le choix d’un camp appartient au Rav, non à cette page.

4. Les verrous

Les séifim 4 à 7 racontent un seul personnage sous des déguisements successifs : l’homme qui veut se rendre indéliable. Rangez-les par ce sur quoi il agit, et le siman s’ordonne.
Verrou 1 — séif 4 : il jure de ne pas demander. Résultat : cela marche, mais cela crée un second vœu, qu’on délie d’abord. Le Taz ס״ק י״א explique pourquoi « בלא התרה » suffit à en créer un.
« שדבר זה הוה כשבועה בפני עצמה כ״כ ב״י בשם רשב״א והרא״ש » (ט״ז יו״ד רכ״ט ס״ק י״א)
Verrou 2 — séif 5 : il fait repousser le vœu à chaque déliaison. Résultat : on délie autant de fois qu’il le faut. Le Chakh ס״ק י״ז en donne la raison au nom du Ran.
« שאע״פ שלשון וכן לעולם כולל לאין תכלית אי אפשר שיתרבה הנדר מטעם זה » (ש״ך יו״ד רכ״ט ס״ק י״ז)
Verrou 3 — séif 6 : il désigne deux déliants inaccessibles. Résultat : on délie la désignation, puis le vœu. Et le Taz ס״ק ט״ו ajoute la borne qui compte :
« פירוש דוקא שנים אבל אם הזכיר ג׳ הוה על דעת רבים ודינו מבואר בסימן רכ״ח סעיף כ״א » (ט״ז יו״ד רכ״ט ס״ק ט״ו)
Verrou 4 — séif 7 : il décrète que le vœu ne sera jamais délié. Résultat : rien. דברים בעלמא.
« אם התנה בשעת שבועתו שלא תהא ניתרת לעולם אין תנאו כלום דדברים בעלמא הם » (שו״ע יו״ד רכ״ט:ז)
Et c’est ici que le Taz pose la question qui ouvre tout le débat :
« ותמיה לי מה בין זה לאומר בלא התרה דסעיף ד » (ט״ז יו״ד רכ״ט ס״ק ט״ז)
Autrement dit : au séif 4 il dit « sans déliaison » et cela crée un second vœu ; au séif 7 il dit « jamais déliée » et cela ne crée rien. Où est la différence ? Le Taz ne trouve pas de réponse qui le satisfasse, et il conclut par la pratique :
« ולענין מעשה נ״ל דאף כאן יעשה ב׳ היתרים אחד על מה שאמר שלא יהיה ניתר לעולם וא׳ על עיקר השבועה » (ט״ז יו״ד רכ״ט ס״ק ט״ז)
Les Nekoudot HaKessef répondent, et leur réponse est nette :
« לק״מ דבסעיף ד׳ מיירי שכלל כן בשבועתו כלומר שהשבועה היתה ג״כ ע״ז שלא יהא לו התרה אבל הכא אמר כן בשעת שבועתו ולא כלל בשבועתו » (נקודות הכסף יו״ד רכ״ט)
La distinction, en une phrase. Au séif 4, la clause est dans le serment — il a juré, entre autres choses, qu’il ne serait pas délié. Au séif 7, elle est à côté : il a juré une chose, et il a en outre déclaré que ce serment serait indéliable. Un serment se délie ; une déclaration sur un serment n’est pas un serment. Le séif 7 le dit lui-même :
« כיון שלא כלל בשבועתו שלא ישאל על שבועתו דאם כן מתירין תחילה הב׳ ואחר כך הראשונה כאמור » (שו״ע יו״ד רכ״ט:ז)
« כלומר כשכלל בשבועתו כן מתירין תחלה הב׳ כו » (ש״ך יו״ד רכ״ט ס״ק י״ח)
Et le séif 8 est le contre-exemple qui vérifie la règle. Un mot de plus — היתר — et le régime du séif 4 revient, parce que ce mot est une langue de serment. Le Taz s’en étonne depuis le siman 228:25 :
« ותימה לי הא איתא בסי׳ רכ״ח סעיף כ״ה אפילו הזכירו בפירוש שבועה עם החרם » (ט״ז יו״ד רכ״ט ס״ק י״ז)
Et les Nekoudot HaKessef, une quatrième et dernière fois, lui répondent :
« לא דק אלא רצה לומר שהחרם צריך התרה שלשון היתר שייך בחרם ואם כן הרי קבל עליו שלא יתיר חרמו וצריך התרה לזה מתחילה » (נקודות הכסף יו״ד רכ״ט)
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן רכ״ט · Niveau 2 — Lamdan · דין נדר שהותר מקצתו או מי שנדר על דבר א׳ שני פעמים
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