✦ ❖ ✦
DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION
Siman קי״ד · La mention de la pluie
דין הזכרת הרוח והגשם והטל — quand dire משיב הרוח ומוריד הגשם (de Chemini Atseret à Pessah), l interdit de mentionner avant la הכרזת ש״ץ, celui qui a dit גשם en été ou l a oublié en hiver, où il revient, et les cas de doute (חזקת ל׳ יום)
סימן קי״ד · ט׳ סעיפים
דין הזכרת הרוח והגשם והטל
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
✦ ❖ ✦
Ce siman enseigne la mention de la pluie dans la Amida : on commence משיב הרוח ומוריד הגשם à Moussaf de שמיני עצרת et on ne cesse qu à Moussaf du 1er jour de פסח ; il est interdit de mentionner avant la הכרזת ש״ץ ; celui qui a dit גשם בימות החמה — מחזירין — ou l a oublié בימות הגשמים ; où il revient ; et les cas de doute (חזקת ל׳ יום). Texte hébreu, traduction française et explication des ט׳ seifim, avec une section de cas pratiques.
Sujet : La mention de la pluie, du vent et de la rosée — משיב הרוח ומוריד הגשם, הכרזת ש״ץ, טעה בהזכרה, חזקת ל׳ יום
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן קי״ד · ט׳ סעיפים
Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com
Nos Sages ont enseigné (ברכות ל״ג. · תענית ב׳.) : מַזְכִּירִין גְּבוּרוֹת גְּשָׁמִים בִּתְחִיַּת הַמֵּתִים — on mentionne la puissance des pluies dans la berakha de תחיית המתים (la seconde du Chemoné Esré). Ce n est pas encore la demande (שאלה) de pluie, mais une louange (הזכרה), car « les pluies sont comparées à la résurrection des morts ». Le siman fixe quand on la dit, comment on l instaure, et ce que fait celui qui se trompe. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite personnelle, on se réfère à la coutume et à la décision du Rav.
📑 Plan de l'étude
A. Les ט׳ seifim — début et fin (séif 1), הכרזת ש״ץ (séif 2), משיב הרוח וטל (séif 3), גשם בימות החמה (séif 4), oubli en hiver (séif 5), où l on revient (séif 6), שוגג ומזיד (séif 7), le doute (séif 8), le procédé צ׳ פעמים (séif 9)
1. Cas pratique — le retardataire et la הכרזה : peut-il mentionner ?
2. Cas pratique — il a dit גשם en été (ou l a oublié en hiver) : recommencer
3. Cas pratique — le doute « ai-je mentionné la pluie ? » : חזקת ל׳ יום
+ Questions de compréhension et pour aller plus loin
A. La mention de la pluie — les ט׳ seifim
הַזְכָּרָה — la mention (מוריד הגשם / מוריד הטל, dans la 2ᵉ berakha מחיה המתים) est une louange de la puissance divine ; il ne faut pas la confondre avec la שאלה — la demande (ותן טל ומטר, dans ברכת השנים, traitée au sim. קי״ז). L hiver (ימות הגשמים) court de Chemini Atseret à Pessah ; l été (ימות החמה) le reste de l année. La pluie hors saison étant un סימן קללה, la mentionner en été fait recommencer ; l omettre en hiver aussi — sauf compensation par le טל.
Séif 1 — Le début et la fin de la mention
מתחילין לומר בברכה שנייה משיב הרוח ומוריד הגשם בתפלת מוסף של יום טוב האחרון של חג, ואין פוסקין עד תפלת מוסף של יום טוב הראשון של פסח.
Séif 1 : on commence à dire, dans la seconde berakha (מחיה המתים), « משיב הרוח ומוריד הגשם » à la Amida de Moussaf du dernier jour du Hag (Chemini Atseret), et on ne cesse pas jusqu à la Amida de Moussaf du premier jour de Pessah.
La mention encadre exactement l hiver (ימות הגשמים) : elle commence à מוסף de Chemini Atseret (et non le soir, quand tout le monde n est pas à la synagogue) et s arrête à מוסף du 1er jour de Pessah. On la place à Moussaf pour que toute la communauté commence ensemble et ne se divise pas (אגודות אגודות).
Séif 2 — On ne mentionne qu après la הכרזה du שליח ציבור
אסור להזכיר הגשם עד שיכריז ש״ץ (ויש אומרים שקודם שמתחילין מוסף מכריז השמש משיב הרוח וכו׳ כדי שהצבור יזכירו בתפלתן, וכן נוהגין). הלכך אף אם הוא חולה או אנוס, לא יקדים תפלתו לתפלת הצבור, לפי שאסור להזכיר עד שיאמר ש״ץ. אבל אם יודע שהכריז ש״צ, אף על פי שהוא לא שמע — מזכיר.
Séif 2 : il est interdit de mentionner la pluie avant que le שליח ציבור ne l ait proclamée (certains disent qu avant de commencer Moussaf, le שמש proclame « משיב הרוח » etc., afin que la communauté la mentionne dans sa prière — telle est la coutume). Aussi, même un malade ou un contraint (חולה או אנוס) ne devancera pas sa prière à celle de la communauté, car il est interdit de mentionner avant que le שליח ציבור ne l ait dit. Mais s il sait qu on a fait la proclamation, même sans l avoir entendue — il mentionne.
La mention n est pas une décision individuelle : elle a besoin d une instauration publique. Tant que le ש״ץ (ou le שמש) n a pas proclamé « משיב הרוח ומוריד הגשם », on ne mentionne pas. C est pourquoi même celui à qui l on permet d ordinaire de devancer la communauté (malade, contraint) ne devance pas ici. Ce qui compte, c est que la proclamation ait eu lieu, non qu on l ait entendue.
Séif 3 — משיב הרוח et le טל : on ne fait pas recommencer
אם אמר משיב הרוח בימות החמה, או לא אמרו בימות הגשמים — אין מחזירין אותו. וכן בטל, אם הזכירו בימות הגשמים או לא הזכירו בימות החמה — אין מחזירין אותו. הגה: ואנו בני אשכנז לא מזכירין טל לא בימות החמה ולא בימות הגשמים, רק אומרים בימות החמה « רב להושיע מכלכל חיים » וכו׳.
Séif 3 : s il a dit « משיב הרוח » en été, ou ne l a pas dit en hiver — on ne le fait pas recommencer. De même pour la rosée (טל) : s il l a mentionnée en hiver ou ne l a pas mentionnée en été — on ne le fait pas recommencer. Rama : nous, les בני אשכנז, ne mentionnons pas la rosée, ni en été ni en hiver ; nous disons seulement en été « רב להושיע מכלכל חיים » etc.
Le vent (רוח) et la rosée (טל) « ne sont jamais retenus » — ils ne cessent jamais complètement. Les mentionner ou les omettre n est donc pas grave : אין מחזירין אותו. Les communautés diffèrent sur le טל : certaines le disent en été, mais les בני אשכנז ne le mentionnent pas du tout et passent directement de « רב להושיע » à « מכלכל חיים ».
Séif 4 — Il a dit גשם en été : on le fait recommencer
אם אמר מוריד הגשם בימות החמה — מחזירין אותו, וחוזר לראש הברכה. ואם סיים הברכה — חוזר לראש התפלה. ואפילו במקום שצריכים גשם בימות החמה, אם הזכיר גשם במקום טל — מחזירין אותו.
Séif 4 : s il a dit « מוריד הגשם » en été — on le fait recommencer, et il revient au début de la berakha (מחיה המתים). Et s il a achevé la berakha — il revient au début de la Amida. Et même dans un lieu où l on a besoin de pluie en été, s il a mentionné la pluie à la place de la rosée — on le fait recommencer.
La pluie en été est un סימן קללה ; l avoir mentionnée est une faute qui fait recommencer (מחזירין). S il s en avise avant la fin de la berakha, il revient au début de la berakha ; s il a déjà achevé la berakha, il revient au début de la Amida (car les trois premières berakhot comptent comme une seule — voir séif 6). Même là où la pluie serait bienvenue en été, la הזכרה ne suit pas le besoin local mais la saison.
Séif 5 — Il a oublié גשם en hiver : on le fait recommencer, sauf le טל
בימות הגשמים אם לא אמר מוריד הגשם — מחזירין אותו. והני מילי שלא הזכיר טל, אבל אם הזכיר טל — אין מחזירין אותו.
Séif 5 : en hiver, s il n a pas dit « מוריד הגשם » — on le fait recommencer. Cela n est vrai que s il n a pas mentionné la rosée (טל) ; mais s il a mentionné la rosée — on ne le fait pas recommencer.
Oublier la pluie en hiver fait recommencer. Mais il y a une exception : si, au lieu de « מוריד הגשם », il a dit « מוריד הטל » — la rosée étant elle aussi « vie du monde » et une louange valable — il ne recommence pas. C est pourquoi certains prennent l habitude de dire le טל tout l été : ainsi, s ils oublient la pluie en hiver, leur habitude leur aura fait dire au moins le טל.
Séif 6 — Où revient-il ? Les trois premières berakhot comptent comme une
במה דברים אמורים שמחזירין אותו כשלא אמר בימות הגשמים מוריד הגשם — היינו כשסיים כל הברכה והתחיל ברכה שאחריה, ואז חוזר לראש התפלה. אבל אם נזכר קודם שסיים הברכה — יאמר במקום שנזכר. ואפילו אם סיים הברכה ונזכר קודם שהתחיל « אתה קדוש » — אין צריך להחזיר, אלא אומר משיב הרוח ומוריד הגשם בלא חתימה. הגה: שלש ברכות הראשונות חשובות כאחת, ובכל מקום שטעה בהם חוזר לראש, בין שהוא יחיד בין שהוא צבור.
Séif 6 : on ne dit qu on le fait recommencer (quand il a omis « מוריד הגשם » en hiver) que s il a achevé toute la berakha et commencé la berakha suivante — alors il revient au début de la Amida. Mais s il s en avise avant d avoir achevé la berakha — il le dit à l endroit où il s en souvient. Et même s il a achevé la berakha mais s en avise avant d avoir commencé « אתה קדוש » — il n a pas à recommencer : il dit « משיב הרוח ומוריד הגשם » sans conclusion (בלא חתימה). Rama : les trois premières berakhot comptent comme une seule ; partout où il s y est trompé, il revient au début, qu il soit particulier ou officiant.
Tout dépend d où il se trouve quand il s en avise. Avant la fin de la berakha : il dit simplement la mention à cet endroit. Après la chatima, mais avant « אתה קדוש » : il rattrape « משיב הרוח ומוריד הגשם » sans nouvelle conclusion. Ce n est qu une fois entré dans la berakha suivante qu il doit revenir — et comme les trois premières berakhot sont une unité, ce retour est au début de la Amida.
Séif 7 — שוגג ומזיד : par mégarde ou volontairement
בכל מקום שאנו אומרים חוזר לברכה שטעה בה — הני מילי שטעה בשוגג, אבל במזיד ומתכוין — חוזר לראש.
Séif 7 : partout où nous disons qu il revient à la berakha où il s est trompé — cela ne vaut que s il s est trompé par mégarde (בשוגג) ; mais s il l a fait volontairement et intentionnellement (במזיד ומתכוין) — il revient au début.
Les réparations « douces » (revenir seulement à la berakha) sont réservées à l erreur involontaire (שוגג). Celui qui s est trompé volontairement (מזיד) est traité plus sévèrement : il revient au début de la Amida. Le principe traverse tout le domaine des erreurs de תפילה.
Séif 8 — Le doute en été : la présomption des trente jours
בימות החמה אם נסתפק אם הזכיר מוריד הגשם אם לא — עד ל׳ יום בחזקת שהזכיר הגשם וצריך לחזור. הגה: והוא הדין לדידן דאין מזכירין טל בימות החמה, אם נסתפק לו אם אמר מוריד הגשם בימות הגשמים — כל ל׳ יום חוזר, דודאי אמר כמו שרגיל, והרי לא הזכיר לא טל ולא גשם. לאחר ל׳ יום אינו חוזר.
Séif 8 : en été, s il doute d avoir dit « מוריד הגשם » — durant les trente premiers jours il est présumé avoir mentionné la pluie et doit recommencer. Rama : il en va de même pour nous, qui ne mentionnons pas la rosée en été : s il doute d avoir dit « מוריד הגשם » en hiver, durant les trente premiers jours il recommence, car assurément il a dit comme il en a l habitude — et il n a mentionné ni rosée ni pluie. Après trente jours, il ne recommence pas.
Dans le doute, on suit l habitude (חזקה). Pendant les trente premiers jours après le changement de saison, la langue est encore réglée sur l ancienne formule : celui qui doute est présumé avoir continué comme avant, donc s être trompé, et il recommence. Après trente jours, la langue s est accoutumée à la formule correcte : dans le doute, on présume qu il a dit comme il faut, et il ne recommence pas.
Séif 9 — Le procédé des quatre-vingt-dix fois (צ׳ פעמים)
אם ביום ראשון של פסח אומר ברכת « אתה גבור » עד « מוריד הטל » צ׳ פעמים — כנגד ל׳ יום שאומר אותה ג׳ פעמים בכל יום — משם ואילך, אם אינו זוכר אם הזכיר גשם, הרי הוא בחזקת שלא הזכיר גשם ואינו צריך לחזור. הגה: וכן אם אמר בשמיני עצרת צ׳ פעמים « אתה גבור » עד « מוריד הגשם », אם נסתפק אחר כך אם הזכיר או לא — חזקה שהזכירו.
Séif 9 : si, le premier jour de Pessah, il répète la berakha « אתה גבור » jusqu à « מוריד הטל » quatre-vingt-dix fois — correspondant aux trente jours où on la dit trois fois par jour — à partir de là, s il ne se souvient plus d avoir mentionné la pluie, il est présumé ne pas l avoir mentionnée et n a pas à recommencer. Rama : de même, si à Chemini Atseret il a dit quatre-vingt-dix fois « אתה גבור » jusqu à « מוריד הגשם », et qu ensuite il doute d avoir mentionné — il est présumé l avoir mentionnée.
On peut fabriquer la חזקה d avance. Trente jours × trois prières = quatre-vingt-dix fois. En répétant la berakha צ׳ פעמים avec la nouvelle formule dès le premier jour de la saison, on habitue aussitôt sa langue — et dès lors, le doute se tranche selon la nouvelle formule (à Pessah : sans la pluie ; à Chemini Atseret : avec la pluie), sans avoir à attendre trente jours.
Le siman en une phrase : on dit משיב הרוח ומוריד הגשם de Moussaf de Chemini Atseret à Moussaf du 1er jour de Pessah, après la הכרזה du ש״ץ ; le vent et la rosée ne font pas recommencer, mais גשם en été (מחזירין) et l oubli de גשם en hiver (sauf s il a dit טל) le font ; on revient selon l endroit où l on s en avise (les trois premières berakhot comptant comme une), doucement en שוגג et au début en מזיד ; et dans le doute, on suit la חזקת ל׳ יום, que l on peut anticiper par les צ׳ פעמים.
Cas pratiques
Cas 1 — Le retardataire et la הכרזה
Situation : il arrive à la synagogue à Moussaf de Chemini Atseret ; la communauté a déjà commencé. Peut-il mentionner מוריד הגשם ?
Conduite : ce qui compte, c est que la הכרזה ait eu lieu. S il sait que le ש״ץ (ou le שמש) a proclamé « משיב הרוח ומוריד הגשם », il mentionne, même sans l avoir entendu lui-même. En revanche, tant que la proclamation n a pas eu lieu, même un חולה ou un אנוס ne devance pas la communauté. Pour la mise en pratique, on suit son Rav.
Cas 2 — Il a dit גשם en été (ou l a oublié en hiver)
Situation : en été il a dit מוריד הגשם ; ou bien en hiver il a oublié מוריד הגשם. Doit-il recommencer ?
Conduite : גשם en été — מחזירין : il revient au début de la berakha (ou au début de la Amida s il l a achevée). Oubli de גשם en hiver — il recommence aussi, sauf s il a dit טל (מוריד הטל), auquel cas il ne recommence pas. S il s en avise avant la fin de la berakha, il rattrape sur place, sans recommencer. Pour les cas limites, on suit son Rav.
Cas 3 — Le doute « ai-je mentionné la pluie ? »
Situation : quelques jours après le changement de saison, il ne se souvient plus s il a mentionné la pluie comme il faut. Doit-il recommencer ?
Conduite : on suit la חזקה. Dans les trente premiers jours, on présume qu il a dit comme avant (par habitude) — donc il recommence ; après trente jours, on présume qu il a dit correctement — il ne recommence pas. Qui veut être tranquille peut répéter la berakha צ׳ פעמים dès le premier jour. Pour les cas limites, on suit son Rav.
Questions de compréhension
Vérifie ta compréhension :
- Quand commence et quand s arrête-t-on de dire משיב הרוח ומוריד הגשם, et pourquoi à מוסף (séif 1) ?
- Pourquoi est-il interdit de mentionner la pluie avant la הכרזת ש״ץ, et que fait le retardataire (séif 2) ?
- Pourquoi le vent et le טל ne font-ils pas recommencer, alors que le גשם oui (séifs 3-5) ?
- Où revient-on selon l endroit où l on s avise de l erreur, et que signifie « ג׳ ברכות ראשונות כאחת » (séif 6) ?
- Qu est-ce que la חזקת ל׳ יום et comment le procédé des צ׳ פעמים l anticipe-t-il (séifs 8-9) ?
Pour aller plus loin
Si tu veux approfondir ce siman :
📖Rejoindre la khavroutha
- 📚 Niveau 2 — Lamdan : pour le pilpoul — מאימתי מזכירין גבורות גשמים (תענית ב׳.), הזכרה בגבורות ושאלה בברכת השנים ; גשם בימות החמה סימן קללה, מחזירין אף במקום שצריכים גשם ; חזקת ל׳ יום וחשבון צ׳ פעמים, שוגג ומזיד
- ✨ Niveau 3 — Synthèse : pour la révision et la mémorisation rapide
- 👑 Niveau 4 — Daat HaRav (Admour HaZaken) : la chitah du Choulhan Aroukh HaRav — רצוי שאלה, ההכרזה, גשם וטל, החזרה והחזקות