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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman י״ב · Ce qui rend le tsitsit pasoul (דברים הפוסלים בציצית)

דברים הפוסלים בציצית — les fils coupés, le שיעור כדי עניבה, et d'où on le mesure
סימן י״ב · ג׳ סעיפים
דברים הפוסלים בציצית
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Première approche des ג׳ סעיפים : texte hébreu vocalisé, traduction française fluide et explications pédagogiques sur les fils coupés au coin et le שיעור כדי עניבה, le סימן aux ד׳ ראשים, la chitah de רבנו תם, les fils épais mesurés בינונים, et la machloket רש״י / ר״י sur le כדי עניבה depuis le ענף ou le גדיל — avec une section de cas pratiques.

Sujet : Ce qui rend le tsitsit pasoul — les fils coupés, la mesure restante (כדי עניבה), les fils épais, et d'où l'on mesure le כדי עניבה
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן י״ב · ג׳ סעיפים

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

Au siman précédent, nous avons appris à fabriquer les fils et à les nouer. Le Choulhan Aroukh aborde ici la question inverse : après la pose, qu'est-ce qui rend le tsitsit pasoul ? Ce sont surtout les fils coupés. Le principe est double. D'une part, un fil qui a été entièrement coupé rend le tsitsit invalide s'il n'en reste plus assez — la mesure minimale étant le כדי עניבה (de quoi faire un nœud) ; et comme chaque fil est plié en deux (donc quatre fils = huit têtes), on doit savoir compter combien de fils se sont réellement coupés, d'où le סימן aux ד׳ ראשים (marquer les quatre têtes d'un même côté du nœud). D'autre part, quand les fils sont épais et qu'on ne peut les nouer, on les juge d'après des fils moyens (בינונים). Enfin, une machloket רש״י / ר״י : d'où mesure-t-on le כדי עניבה — depuis le ענף (la partie libre) ou même depuis le גדיל (le tressé) ? Nous étudions ici au niveau du principe ; pour dire d'un tsitsit concret s'il est kasher ou pasoul, on se réfère à la décision du Rav.

📑 Plan de l'étude

A. Les fils coupés au coin ; כדי עניבה — s'il reste כדי עניבה → kasher, sinon pasoul ; le סימן aux ד׳ ראשים ; la chitah de רבנו תם (ב׳ חוטין שלמים) (séif 1)
B. Les fils épais — s'ils sont trop épais pour être noués alors que fins on le pourrait → kasher ; on mesure avec des fils moyens (בינונים) (séif 2)
C. La machloket רש״י / ר״י — le כדי עניבה : depuis le ענף (רש״י) ou même le גדיל (ר״י) ; מנהג העולם כרש״י (séif 3)
+ Cas pratiques et questions de compréhension

A. Les fils coupés au coin ; le כדי עניבה (séif 1)

Texte original (séif 1)

[א] אִם נִפְסְקוּ כָּל חוּטֵי הַכָּנָף וְנִשְׁתַּיֵּר בָּהֶם כְּדֵי עֲנִיבַת כָּל הַחוּטִין הַפְּסוּקִים בְּיַחַד — כָּשֵׁר, וְאִם לֹא נִשְׁאַר כְּדֵי עֲנִיבָה אֲפִלּוּ בְּחוּט אֶחָד שֶׁנִּפְסַק כֻּלּוֹ — פָּסוּל. הִלְכָּךְ, כֵּיוָן שֶׁכָּל אֶחָד כָּפוּל לִשְׁנַיִם, אִם נִפְסְקוּ שְׁנֵי רָאשִׁים פָּסוּל, שֶׁמָּא נִפְסַק חוּט אֶחָד. וּלְפִי מַה שֶּׁאָנוּ נוֹהֲגִים לְדַקְדֵּק בְּעֵת עֲשִׂיַּת הַצִּיצִית לָתֵת סִימָן בְּד׳ רָאשִׁים בְּעִנְיָן שֶׁלְּעוֹלָם הַד׳ רָאשִׁים הֵם מִצַּד אֶחָד שֶׁל הַקֶּשֶׁר — אִם נִפְסְקוּ שְׁנֵי רָאשִׁים מִצַּד אֶחָד כָּשֵׁר, דְּוַדַּאי שְׁנֵי חוּטִין הֵם. וּלְרַבֵּנוּ תָּם לֹא מַכְשִׁירִים אֶלָּא בְּנִשְׁתַּיְּרוּ ב׳ חוּטִין שְׁלֵמִים. אֲבָל אִם נִפְסְקוּ ג׳ חוּטִין — אַף עַל פִּי שֶׁנִּשְׁתַּיֵּר בָּהֶם כְּדֵי עֲנִיבָה — פְּסוּלִים. [הַגָּהּ: וְהִלְכְתָא כִּסְבָרָא רִאשׁוֹנָה, מִיהוּ הֵיכָא דְּאֶפְשָׁר טוֹב לָחוּשׁ לִסְבָרַת רַבֵּנוּ תָּם, וְנוֹהֲגִין כְּר״ת].
[1] Si tous les fils du coin se sont coupés mais qu'il reste en eux de quoi faire un nœud (kedei aniva) avec tous les fils coupés ensemble — [le tsitsit est] kasher ; et s'il ne reste pas de quoi nouer, même dans un seul fil qui s'est entièrement coupé — [il est] pasoul. Par conséquent, puisque chaque [fil] est plié en deux, si deux têtes se sont coupées c'est pasoul, car peut-être est-ce un [seul] fil qui s'est coupé [des deux côtés]. Et selon ce que nous avons l'usage de veiller, au moment de faire le tsitsit, à mettre un signe (siman) sur les quatre têtes de sorte que les quatre têtes soient toujours d'un même côté du nœud — si deux têtes se sont coupées d'un même côté, c'est kasher, car ce sont assurément deux fils [différents]. Et pour Rabbeinou Tam on ne valide que s'il reste deux fils entiers. Mais si trois fils se sont coupés — même s'il reste en eux de quoi nouer — ils sont pasoul. [Glose (Rama) : et la loi est comme le premier avis, toutefois là où c'est possible il est bon de tenir compte de l'avis de Rabbeinou Tam, et l'usage est comme Rabbeinou Tam].
כְּדֵי עֲנִיבָה (kedei aniva) — « de quoi faire un nœud » — c'est la mesure minimale de fil qui doit rester après une coupure : assez de longueur pour former une petite boucle nouée. Tant qu'il reste כדי עניבה (avec tous les fils coupés pris ensemble), le tsitsit demeure valide ; s'il ne reste même pas cela, il est pasoul.
Trois idées dans ce séif :
סִימָן בְּד׳ רָאשִׁים (siman aux quatre têtes) — au moment de nouer, on prend soin de repérer (par un signe) les quatre têtes d'un même fil, de façon à toujours savoir quelles têtes appartiennent au même côté du nœud. Ce repère permet, en cas de coupure, de compter les fils réellement atteints et de lever le doute « שמא חוט אחד נפסק » (peut-être n'est-ce qu'un seul fil).
La chitah de רבנו תם :
Le séif 1 en une phrase : un fil coupé rend le tsitsit pasoul s'il ne reste plus כדי עניבה ; comme chaque fil est plié, on marque les ד׳ ראשים pour savoir combien de fils sont vraiment coupés — et l'on suit lechatehila la rigueur de רבנו תם (ב׳ חוטין שלמים) où c'est possible.

B. Les fils épais ; la mesure בינונים (séif 2)

Texte original (séif 2)

[ב] הֵיכָא דְּצָרִיךְ כְּדֵי עֲנִיבָה, וּמִתּוֹךְ שֶׁהַחוּטִים עָבִים אֵינוֹ יָכוֹל לְעָנְבָם, וְאִלּוּ הָיוּ דַּקִּים הָיָה בָּהֶם כְּדֵי עֲנִיבָה — כָּשֵׁר. [הַגָּהּ: וּמְשַׁעֲרִין בְּחוּטִין בֵּינוֹנִים].
[2] Là où l'on a besoin de « de quoi nouer » (kedei aniva), et que, du fait que les fils sont épais, on ne peut les nouer, alors que s'ils étaient fins il y aurait en eux de quoi nouer — [le tsitsit est] kasher. [Glose (Rama) : et l'on mesure avec des fils moyens (beinonim)].
חוּטִין בֵּינוֹנִים (ḥoutin beinonim) — « des fils moyens » — l'étalon de mesure du כדי עניבה n'est ni un fil très épais (qu'on ne pourrait nouer même s'il est long), ni un fil très fin ; on juge d'après un fil de grosseur moyenne (בינוני). Ainsi la mesure ne dépend pas de la simple épaisseur du fil devant nous.
L'épaisseur ne disqualifie pas :
À retenir : quand des fils sont trop épais pour être noués alors que, fins, il y aurait כדי עניבה — c'est kasher ; car on mesure le שיעור d'après des fils moyens (בינונים).

C. D'où mesure-t-on le כדי עניבה ? רש״י / ר״י (séif 3)

Texte original (séif 3)

[ג] כְּדֵי עֲנִיבָה — לְרַשִׁ״י מִן הֶעָנָף, וּלְר״י אֲפִלּוּ נֶחְתַּךְ כָּל הֶעָנָף וְלֹא נִשְׁאַר כְּדֵי עֲנִיבָה אֶלָּא מִן הַגְּדִיל — כָּשֵׁר. וּמִנְהַג הָעוֹלָם כְּרַשִׁ״י, וְהֵיכָא דְּלָא אֶפְשָׁר יֵשׁ לִסְמֹךְ עַל ר״י.
[3] « De quoi nouer » (kedei aniva) — pour Rachi [on le mesure] depuis le ענף (la partie libre, non tressée), et pour Rabbeinou Yits'hak (R"i) même si tout le ענף a été coupé et qu'il ne reste de quoi nouer que depuis le גדיל (la partie tressée) — [c'est] kasher. Et l'usage du monde est comme Rachi, et là où ce n'est pas possible on peut s'appuyer sur R"i.
גְּדִיל / עָנָף (guedil / anaf) — le fil du tsitsit a deux parties : le גדיל est la partie tressée / enroulée (près du coin), et le ענף est la partie libre qui pend au-dessous (les fils qui ballent). La question du séif : le שיעור כדי עניבה se mesure-t-il seulement dans le ענף, ou aussi dans le גדיל ?
Deux avis sur l'endroit de la mesure :
À retenir : pour רש״י, on mesure le כדי עניבה dans le ענף ; pour ר״י, même depuis le גדיל cela suffit. L'usage suit רש״י — et בדיעבד, quand on ne peut faire autrement, on s'appuie sur ר״י.

Cas pratiques

Cas 1 — Un fil du tsitsit s'est coupé

Situation : en mettant son talit, on s'aperçoit qu'un fil du tsitsit s'est coupé (une « tête » pend plus courte que les autres).
Conduite : le point décisif est le שיעור כדי עניבה (séif 1) : reste-t-il, avec ce qui subsiste des fils coupés, de quoi faire un nœud ? Si oui, le tsitsit est en principe kasher ; si non, il est pasoul. Comme chaque fil est plié, une seule « tête » coupée peut n'être qu'un côté d'un fil ; l'appréciation exacte du כדי עניבה est délicate : on montre le tsitsit et l'on se réfère à la décision du Rav.

Cas 2 — Plusieurs fils coupés : compter et de quel côté

Situation : deux têtes (ou plus) semblent coupées ; on veut savoir si le tsitsit est encore valide.
Conduite : il faut compter combien de fils (et non de têtes) sont réellement coupés, et de quel côté du nœud (grâce au סימן aux ד׳ ראשים, séif 1). Deux têtes coupées d'un même côté sont assurément deux fils → kasher ; sinon on craint (שמא) qu'un seul fil ait été coupé des deux côtés → pasoul. Trois fils coupés → pasoul même avec כדי עניבה (chitah de רבנו תם, suivie lechatehila). Ces distinctions sont délicates : on se réfère à la décision du Rav.

Cas 3 — Le מנהג de suivre Rachi ; quand s'appuyer sur R"i

Situation : il ne reste plus de fil dans la partie libre (le ענף), mais il en reste dans le tressé (le גדיל).
Conduite : l'usage (מנהג העולם) suit רש״י : on mesure le כדי עניבה dans le ענף (séif 3). Là où l'on ne peut faire autrement (בדיעבד / דלא אפשר), on peut s'appuyer sur ר״י et mesurer depuis le גדיל. Savoir si l'on est dans un cas de « דלא אפשר », et trancher entre רש״י et ר״י, sont des points délicats : on se réfère à la décision du Rav.

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Qu'est-ce que le כדי עניבה (séif 1) ? Quand un fil coupé rend-il le tsitsit pasoul ?
  2. Pourquoi deux « têtes » coupées peuvent-elles poser un doute ? À quoi sert le סימן aux ד׳ ראשים ?
  3. Quelle est la rigueur de רבנו תם (ב׳ חוטין שלמים) ? Que dit la הלכה (Rama) ?
  4. Pourquoi des fils épais ne disqualifient-ils pas (séif 2) ? Avec quels fils mesure-t-on ?
  5. Explique la machloket רש״י / ר״י (séif 3) : mesure-t-on depuis le ענף ou le גדיל ? Que dit le מנהג העולם ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
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