Siman קל״ז · Combien de versets pour chaque montée
כמה פסוקים צריך לקרוא לכל אחד — combien de versets pour chaque oleh : au moins dix versets quand on lit à trois (« וידבר » עולה מן המנין), trois par montée (ג׳ ג׳ ד׳), le verset sauté, celui qui n'a lu que deux versets, l'interruption dans Parashat Para, et le second qui relit
סימן קל״ז · ו׳ סעיפים
כמה פסוקים צריך לקרוא לכל אחד
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Ce siman enseigne combien de versets il faut lire dans la Torah : un jour où l'on appelle trois montées, on ne lit pas moins de dix versets (et « וידבר » compte dans le décompte) ; trois versets au moins pour chaque oleh (ג׳ ג׳ ד׳, et celui qui lit quatre est louable) ; celui qui a sauté un verset et quand il revient ; celui qui n'a lu que deux (ou neuf) versets ; l'interruption dans Parashat Para ; et le second qui relit ce qu'a lu le premier. Texte hébreu, traduction française et explication des ו׳ seifim, avec une section de cas pratiques.
Compilation : רב יוסף חיים סממה DAAT · daattorah.com
Nos Sages ont enseigné (מגילה כ״א:) : הקורא בתורה לא יפחות משלשה פסוקים — celui qui lit dans la Torah ne lit pas moins de trois versets [pour chaque montée]. Le siman fixe le compte des versets de la lecture publique : dix au total quand on lit à trois, trois pour chacun, ce qu'on fait en cas de verset sauté, d'interruption ou de relecture. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite pratique, on se réfère à la coutume et à la décision du Rav.
📑 Plan de l'étude
A.Les ו׳ seifim — dix versets (séif 1), trois par oleh (séif 2), le verset sauté (séif 3), deux ou neuf versets (séif 4), Parashat Para (séif 5), le second qui relit (séif 6)
1.Cas pratique — compter les dix versets et les trois par montée (ג׳ ג׳ ד׳)
2.Cas pratique — un verset sauté : quand revient-on (מנחה ושני וחמישי לעומת שבת)
3.Cas pratique — le second qui relit : la règle du עולה מן המנין
+Questions de compréhension et pour aller plus loin
A. Combien de versets pour chaque montée — les ו׳ seifim
כַּמָּה פְּסוּקִים צָרִיךְ לִקְרוֹא לְכָל אֶחָד — combien de versets pour chaque oleh — la lecture publique de la Torah a une mesure minimale : dix versets pour l'ensemble quand on appelle trois montées (lundi, jeudi, Minha de Shabbat), et au moins trois versets par oleh. De ce cadre découlent les dins du verset sauté (חזרה), de celui qui n'a pas lu la mesure, de l'interruption dans une lecture spéciale (פרשת פרה), et du second qui relit ce qu'a déjà lu le premier (עולה מן המנין).
Séif 1 — עשרה פסוקים : au moins dix versets
ביום שקורין ג׳ אין קורין פחות מי׳ פסוקים, ו«וידבר» עולה מן המנין; ואי סליק עניינא בבציר מי׳ פסוקים, כגון פרשת עמלק שאין בה אלא ט׳ פסוקים — שפיר דמי.
Séif 1 : un jour où l'on appelle trois montées, on ne lit pas moins de dix versets (אין קורין פחות מי׳ פסוקים), et « וידבר » (le verset d'ouverture d'un passage) compte dans le décompte (עולה מן המנין). Et si le sujet s'achève en moins de dix versets — comme Parashat Amalek qui n'a que neuf versets — c'est valable (שפיר דמי).
La mesure de base : dix versets lorsqu'il y a trois montées. Un verset qui n'est qu'une ouverture, comme « וידבר ה׳ אל משה », compte quand même dans les dix. Et si le passage forme un sujet complet mais compte moins de dix versets — l'exemple type est Parashat Amalek, qui n'a que neuf versets et qu'on ne coupe pas — c'est valable ainsi.
Séif 2 — שלשה לכל עולה : trois versets par montée
אין קורין עם כל אחד פחות מג׳ פסוקים; שנים קורין ג׳ ג׳ ואחד קורא ד׳, ואיזה מהם שקרא ד׳ הרי זה משובח.
Séif 2 : on ne lit pas avec chaque oleh moins de trois versets ; deux lisent trois versets et un en lit quatre (afin d'atteindre les dix), et celui d'entre eux qui a lu les quatre versets, cela est louable (הרי זה משובח).
Chaque montant doit lire au moins trois versets. Pour atteindre dix avec trois montées, la répartition est ג׳ + ג׳ + ד׳ (3 + 3 + 4). Le siman précise que peu importe lequel des trois lit les quatre versets — et que celui qui les lit accomplit une chose louable.
Séif 3 — דילג פסוק : le verset sauté et le retour
אם דילג פסוק אחד ולא קראו — אם הוא במנחה בשבת או בשני וחמישי וקרא י׳ פסוקים בלא פסוק המדולג, אינו חוזר; ואם לאו, חוזר. אבל בשבת אפילו דילג פסוק אחד חוזר וקורא, ואפילו אחר שהחזיר את התורה ואמר קדיש חוזר וקורא הוא ושנים עמו, ואפילו הפטיר והתפלל מוסף חוזר וקורא. פרשיות המועדים דינם כמו מנחה בשבת ושני וחמישי, לפי שכבר קראו הפרשיות בשבתות שלהן.
Séif 3 : s'il a sauté un verset et ne l'a pas lu — si c'est à Minha de Shabbat, ou lundi et jeudi, et qu'il a lu dix versets sans le verset sauté, il ne recommence pas ; sinon, il recommence. Mais à Shabbat (Shaharit), même s'il n'a sauté qu'un seul verset, il revient et lit — et même après avoir rendu le Sefer Torah et dit le Kaddish il revient et lit, lui et deux avec lui ; et même s'il a lu la Haftara et prié Musaf il revient et lit. Les parachiot des fêtes ont le din de Minha de Shabbat et de lundi-jeudi, parce qu'on a déjà lu ces passages lors de leurs Shabbatot.
Tout dépend de l'importance de la lecture. Aux lectures « ordinaires » (Minha de Shabbat, lundi et jeudi), s'il reste malgré tout dix versets valables sans le verset sauté — on ne recommence pas. Mais à Shabbat (Shaharit), la lecture est si importante qu'un seul verset manquant oblige à revenir et relire — même très tard, après le Kaddish, la Haftara et Musaf. Les lectures des fêtes suivent la règle plus légère (comme Minha de Shabbat), car ces passages ont déjà été lus à leur Shabbat.
Séif 4 — קרא ב׳ או ט׳ פסוקים : la mesure non atteinte
אם קרא אחד ב׳ פסוקים צריך לחזור ולקרות; ואם לא קראו בין שלשתן אלא ט׳ פסוקים, ג׳ לכל אחד — אינם צריכים לחזור ולקרות, וראיה לדבר פרשת עמלק; אבל אם קראו פחות מט׳ צריכין לחזור ולקרות.
Séif 4 : si l'un [des olim] n'a lu que deux versets, il faut revenir et lire [de nouveau] ; et s'ils n'ont lu à eux trois que neuf versets, trois pour chacun — ils n'ont pas besoin de revenir et lire, et la preuve en est Parashat Amalek [qui n'a que neuf versets] ; mais s'ils ont lu moins de neuf, ils doivent revenir et lire.
Le seuil individuel — trois versets — est ferme : celui qui n'en a lu que deux doit recommencer. En revanche, si chacun des trois a bien lu ses trois versets et qu'on totalise seulement neuf (au lieu de dix), on ne recommence pas — la preuve est Parashat Amalek, qui n'a que neuf versets et reste valable. Mais en dessous de neuf, on doit revenir et lire.
Séif 5 — פרשת פרה : l'interruption au milieu du passage
אם קרא פרשת פרה ופסק ב«הגר הגר בתוכם» וגלל ספר תורה — חוזר ופותח ומתחיל מראש הפרשה עד «תטמא עד הערב», ומברך לפניה ולאחריה.
Séif 5 : si l'on a lu Parashat Para et qu'on s'est arrêté à « הגר הגר בתוכם » puis qu'on a roulé le Sefer Torah — on revient, on rouvre et on recommence depuis le début du passage jusqu'à « תטמא עד הערב », et l'on bénit avant et après.
Certaines lectures forment une unité qu'on ne coupe pas au mauvais endroit. Ici, si l'on s'est interrompu trop tôt (à « הגר הגר בתוכם ») et qu'on a déjà refermé le Sefer Torah, on ne se contente pas de compléter : on reprend depuis le début du passage jusqu'au vrai point d'arrêt (« תטמא עד הערב »), avec la bénédiction avant et après. C'est un exemple de la manière de rattraper une lecture spéciale mal découpée.
Séif 6 — עולה מן המנין : le second qui relit ce qu'a lu le premier
הקורא בתורה ראשון, וקורא השני מה שקרא הראשון — אם הוסיף על מה שקרא הראשון שלשה פסוקים, או אפילו שנים במקום דלא אפשר, אותו שני עולה מן המנין; ואם לאו, אינו עולה מן המנין, חוץ מפרי החג משום דלא אפשר.
Séif 6 : le premier lit dans la Torah, et le second relit ce qu'a lu le premier — s'il a ajouté à ce qu'a lu le premier trois versets, ou même deux dans un cas où l'on ne peut faire autrement (דלא אפשר), ce second compte dans le décompte (עולה מן המנין) ; sinon, il ne compte pas, sauf pour « פרי החג » (les sacrifices de la fête) où l'on ne peut faire autrement.
Quand un second oleh relit un passage déjà lu par le premier, il ne « compte » comme montée distincte que s'il apporte du neuf : au moins trois versets supplémentaires — ou deux seulement là où c'est inévitable (דלא אפשר). Sinon il ne compte pas dans le décompte des montées. L'exception est פרי החג (les korbanot de Souccot), dont la structure oblige à ces répétitions rapprochées.
Le siman en une phrase : pour trois montées on lit au moins dix versets (« וידבר » compte), trois pour chacun (ג׳ ג׳ ד׳, et celui qui lit quatre est louable) ; celui qui saute un verset revient à Shabbat même pour un seul, mais non à Minha/lundi-jeudi s'il reste dix versets ; celui qui n'a lu que deux recommence, mais neuf en tout reste valable (preuve : עמלק) ; l'interruption dans Parashat Para se rattrape depuis le début du passage ; et le second qui relit ne compte que s'il ajoute trois versets (ou deux בדלא אפשר, כפרי החג).
Cas pratiques
Cas 1 — Compter les dix versets et les trois par montée
Situation : on prépare une lecture de lundi/jeudi (trois montées). Combien de versets, et comment les répartir ?
Conduite : au moins dix versets en tout, jamais moins de trois par oleh — donc ג׳ ג׳ ד׳ (3 + 3 + 4). Un verset d'ouverture comme « וידבר » compte dans les dix. Si le sujet complet fait exactement neuf versets (comme עמלק), c'est valable. Pour le découpage concret d'une paracha, on suit son Rav.
Cas 2 — Un verset sauté
Situation : le lecteur s'aperçoit qu'un verset a été sauté. Faut-il tout reprendre ?
Conduite : cela dépend de la lecture. À Minha de Shabbat, lundi et jeudi — s'il reste dix versets valables sans le verset sauté, on ne revient pas. À Shabbat (Shaharit), on revient et relit même pour un seul verset manquant, même après le Kaddish, la Haftara et Musaf. Les lectures des fêtes suivent la règle plus légère. Pour la mise en pratique, on suit son Rav.
Cas 3 — Le second qui relit (עולה מן המנין)
Situation : on rappelle un passage déjà lu pour un second oleh. Cette montée « compte »-t-elle dans le décompte ?
Conduite : le second ne compte comme montée que s'il ajoute au moins trois versets à ce qu'a lu le premier — ou deux seulement là où c'est inévitable (דלא אפשר), comme פרי החג. Sinon, il ne compte pas. Pour les cas concrets, on suit son Rav.
Questions de compréhension
Vérifie ta compréhension :
Combien de versets au minimum lit-on quand il y a trois montées, et « וידבר » compte-t-il (séif 1) ?
Comment répartit-on les dix versets entre les trois olim, et qui est משובח (séif 2) ?
Pourquoi revient-on à Shabbat pour un seul verset sauté, mais non à Minha/lundi-jeudi (séif 3) ?
Celui qui n'a lu que deux versets recommence-t-il ? Et neuf en tout (séif 4) ?
Quand le second qui relit compte-t-il « מן המנין », et quelle est l'exception (séif 6) ?
Pour aller plus loin
Si tu veux approfondir ce siman :
📚 Niveau 2 — Lamdan : pour le pilpoul — מקור עשרה פסוקים (מגילה כ״א:), «וידבר» עולה מן המנין ואי סליק עניינא בבציר ; «אין קורין עם כל אחד פחות משלשה פסוקים», ולמה הקורא ד׳ משובח ; דילג פסוק — החילוק בין מנחה ושני וחמישי לשבת, וגדר החזרה אחר קדיש ומוסף, ופרי החג בדלא אפשר
✨ Niveau 3 — Synthèse : pour la révision et la mémorisation rapide
👑 Niveau 4 — Daat HaRav (Admour HaZaken) : page-passerelle — ce siman n'a pas été rédigé dans le Choul'han Aroukh HaRav ; renvoi aux Niveaux 1-3 et au Siddour de l'Admour HaZaken