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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION
Siman קמ״א · Le lecteur et le souffleur
דיני הקורא והמקרא — les lois du lecteur et de celui qui souffle la lecture : lire debout (מעומד), sans s'appuyer ; deux ne lisent pas ensemble ; le מקרא qui souffle mot à mot ; par un סרסור ; אמן וברכה ; le עין הרע pour deux frères ; monter et descendre de la בימה ; le קרי וכתיב הלכה למשה מסיני
סימן קמ״א · ח׳ סעיפים
דיני הקורא והמקרא
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Ce siman enseigne la conduite de la קריאת התורה du côté du lecteur (הקורא) et de celui qui souffle (המקרא) : lire debout sans s'appuyer ; que deux ne lisent pas ensemble ; le מקרא qui souffle mot à mot ; l'usage d'un סרסור ; le rythme de אמן וברכה ; le עין הרע ; la manière de monter et descendre de la בימה ; et le קרי וכתיב. Texte hébreu, traduction française et explication des ח׳ seifim, avec une section de cas pratiques.
Sujet : Les lois du lecteur et du souffleur — מעומד, לא יקראו שנים, המקרא, סרסור, אמן, עין הרע, המגדל, קרי וכתיב
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן קמ״א · ח׳ סעיפים
Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com
La lecture publique de la Torah se veut à l'image du don de la Torah au Sinaï : on lit debout, avec crainte et respect, une seule voix se faisant entendre, et l'on transmet la Torah « על ידי סרסור » — par un intermédiaire, comme Moché la reçut. Le siman traite de la conduite du lecteur et du souffleur. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite personnelle, on se réfère à la coutume et à la décision du Rav.
📑 Plan de l'étude
A. Les ח׳ seifim — מעומד (א׳), לא יקראו שנים (ב׳), המקרא (ג׳), סרסור (ד׳), אמן וברכה (ה׳), עין הרע (ו׳), העולה למגדל (ז׳), קרי וכתיב (ח׳)
1. Cas pratique — lire debout et le rôle du חזן
2. Cas pratique — le souffleur (מקרא) et l'oleh qui lit בנחת
3. Cas pratique — répondre אמן à temps
+ Questions de compréhension et pour aller plus loin
A. Le lecteur et le souffleur — les ח׳ seifim
הַקּוֹרֵא וְהַמַּקְרֶא — le lecteur et le souffleur — la lecture de la Torah devant le public reproduit la solennité du don de la Torah : elle se fait debout (מעומד), d'une seule voix (les deux ne lisent pas ensemble), avec un מקרא qui souffle et un סרסור (intermédiaire). De là découlent aussi le rythme de אמן וברכה, le souci du עין הרע, la manière de monter à la בימה, et la fidélité au קרי וכתיב.
Séif 1 — לקרות מעומד : lire debout
צריך לקרות מעומד, ואפילו לסמוך עצמו לכותל או לעמוד אסור אלא אם כן הוא בעל בשר. הגה: וכן החזן הקורא צריך לעמוד עם הקורא.
Séif 1 : il faut lire (dans la Torah) debout ; il est même interdit de s'appuyer contre un mur ou un pilier, sauf s'il est corpulent (בעל בשר). Rama : de même, le חזן qui lit doit se tenir debout avec le lecteur (העולה).
On lit debout, par crainte et respect, à l'image du don de la Torah où le peuple se tenait « au pied de la montagne ». S'appuyer (contre un mur, un pilier) est même interdit, car ce n'est plus une véritable station debout — sauf pour un homme corpulent (בעל בשר) à qui la station pénible fait difficulté. Le Rama ajoute que le חזן qui lit à voix haute doit lui aussi rester debout, avec l'oleh.
Séif 2 — לא יקראו שנים : deux ne lisent pas ensemble
לא יקראו שנים, אלא העולה קורא וש״צ שותק, או ש״צ קורא והעולה לא יקרא בקול רם, ומכל מקום צריך הוא לקרות עם ש״ץ כדי שלא תהא ברכתו לבטלה, אלא שצריך לקרות בנחת שלא ישמיע לאזניו.
Séif 2 : deux ne doivent pas lire ensemble ; soit l'עולה lit et le ש״צ se tait, soit le ש״צ lit et l'עולה ne lit pas à voix haute ; néanmoins il doit lire avec le ש״ץ, pour que sa bénédiction ne soit pas לבטלה (vaine), mais à voix basse, sans se faire entendre à ses propres oreilles.
Une seule voix doit se faire entendre — תרי קלי לא משתמעי, deux voix ne se comprennent pas. En pratique, aujourd'hui, le ש״ץ (le baal koré) lit à voix haute ; mais celui qui a fait la bénédiction (l'oleh) ne peut se taire complètement, sinon sa berakha serait vaine (לבטלה) — car on a béni pour lire. Il lit donc בנחת, tout bas, avec le ש״ץ, sans même se faire entendre à ses propres oreilles.
Séif 3 — המקרא : le souffleur, mot à mot
יש נוהגים להעמיד מי שמקרא לעולה מלה במלה, ואחר שגומר המקרא המלה אומרה העולה.
Séif 3 : certains ont l'usage de placer quelqu'un qui souffle à l'עולה mot à mot (מלה במלה) ; et après que le מקרא a achevé le mot, l'עולה le dit.
Le מקרא (le souffleur) précède l'oleh mot à mot pour l'aider à lire sans erreur. L'ordre est important : le מקרא dit le mot, puis l'oleh le répète — de sorte que l'oleh lise bien lui-même, dans l'ordre, et que ce soit sa lecture qui accompagne le ש״ץ.
Séif 4 — על ידי סרסור : par un intermédiaire
אם ש״צ רוצה לברך לעצמו ולקרות, צריך שיעמוד אחר אצלו, שכשם שנתנה תורה על ידי סרסור כך אנו צריכים לנהוג בה על ידי סרסור.
Séif 4 : si le ש״צ veut bénir pour lui-même et lire, un autre doit se tenir à ses côtés ; car de même que la Torah fut donnée par l'intermédiaire d'un סרסור (Moché), ainsi devons-nous nous conduire avec elle par un סרסור.
La Torah fut donnée « על ידי סרסור » — par un intermédiaire, Moché, entre Hachem et Israël. Pour perpétuer ce mode de transmission, même quand le ש״ץ bénit et lit pour lui-même, un autre se tient à ses côtés (comme un intermédiaire), afin qu'il ne lise pas seul mais « par un סרסור ».
Séif 5 — אמן וברכה : ne pas chevaucher
אין הצבור רשאים לענות אמן עד שתכלה ברכה מפי הקורא, ואין הקורא רשאי לקרות בתורה עד שיכלה אמן מפי הצבור.
Séif 5 : le צבור n'a pas le droit de répondre אמן avant que la ברכה ne soit achevée de la bouche du lecteur, et le lecteur n'a pas le droit de lire dans la Torah avant que le אמן ne soit achevé de la bouche du צבור.
Deux temps qui ne doivent pas se chevaucher. Le public attend la fin de la bénédiction avant de répondre אמן — pour que le אמן porte sur une berakha entière et bien entendue. Et le lecteur attend la fin du אמן du public avant d'entamer la lecture — pour que le אמן ne se perde pas dans la lecture. Chaque chose à son tour, avec attention.
Séif 6 — ב׳ אחים : deux frères et le עין הרע
יכולים לקרות ב׳ אחים זה אחר זה, והבן אחר האב, ואין מניחין אלא בשביל עין הרע. ואפילו אם אחד הוא השביעי ואחד הוא המפטיר, לא יקראו השני בשמו משום עין הרע.
Séif 6 : deux frères peuvent être appelés l'un après l'autre, et le fils après le père ; on ne s'en abstient qu'à cause du עין הרע (le mauvais œil). Et même si l'un est le septième et l'autre le מפטיר, on n'appelle pas le second par son nom, à cause du עין הרע.
Sur le plan du din, rien n'empêche d'appeler deux frères de suite, ou le fils après le père. On s'en abstient seulement par crainte du עין הרע (attirer une attention défavorable). Et même là où c'est permis — le septième puis le מפטיר — on prend soin de ne pas appeler le second par son nom (« untel fils d'untel »), toujours à cause du עין הרע.
Séif 7 — העולה למגדל : monter et descendre de la בימה
העולה למגדל עולה בפתח שהיא לו בדרך קצרה ממקומו, וירד מהמגדל בדרך אחר שהיא לו בדרך ארוכה עד מקומו, ואם ב׳ הדרכים שוים עולה בפתח שהיא לו בדרך ימין וירד בפתח שכנגדו, ולא ירד עד שעלה כבר הראוי לקרות אחריו.
Séif 7 : celui qui monte à la בימה (מגדל) monte par l'entrée qui lui est le chemin le plus court depuis sa place, et descend par un autre chemin qui lui est le plus long jusqu'à sa place ; si les deux chemins sont égaux, il monte par l'entrée à sa droite et descend par l'entrée d'en face ; et il ne descend pas avant que celui qui doit lire après lui ne soit déjà monté.
On se hâte vers la mitsva — donc on monte par le chemin le plus court — et l'on montre qu'on la quitte à regret — donc on descend par le chemin le plus long. Si les deux se valent, la préférence va à la droite à la montée. Enfin, on ne descend pas tant que le suivant (le prochain oleh) n'est pas déjà monté, pour que la בימה ne reste pas « sans Torah ».
Séif 8 — קרי וכתיב : lire selon la מסורה
כל תיבה שהיא קרי וכתיב הלכה למשה מסיני שתהא נכתבת כמו שהיא בתורה ונקרית בענין אחר, ומעשה באחד שקרא כמו שהיא כתובה בפני גדולי הדור ה״ר יצחק אבוהב וה״ר אברהם ואלנסי ושמואל ואלנסי בנו ז״ל, והתרו בו שיקרא כפי המסורה ולא רצה, ונדוהו והורידוהו מהתיבה.
Séif 8 : tout mot qui est קרי וכתיב est הלכה למשה מסיני : il s'écrit tel qu'il est dans la Torah et se lit autrement. Il advint qu'un homme lut (le mot) tel qu'il est écrit, devant les grands de la génération — le Rav Yits'hak Abouhav, le Rav Avraham Valensi et Chmouel Valensi son fils, de mémoire bénie — ; on l'avertit de lire selon la מסורה, il refusa ; on le mit en נידוי (ban) et on le fit descendre de la בימה.
Certains mots ont une forme écrite (כתיב) et une forme lue (קרי) différentes : c'est une הלכה למשה מסיני. À la lecture publique, on suit toujours le קרי (la מסורה). L'histoire rapportée montre la gravité de la chose : celui qui a lu selon le כתיב contre la מסורה, et a refusé de se reprendre devant les grands du דור, fut mis en נידוי et écarté de la בימה.
Le siman en une phrase : on lit la Torah debout et sans s'appuyer, une seule voix se faisant entendre (l'oleh lisant בנחת pour que sa berakha ne soit pas לבטלה) ; on peut placer un מקרא qui souffle מלה במלה et un סרסור ; on ne chevauche pas אמן וברכה ; on tient compte du עין הרע ; on monte par le chemin court et l'on descend par le long ; et l'on lit tout קרי וכתיב selon la מסורה, car c'est הלכה למשה מסיני.
Cas pratiques
Cas 1 — Lire debout et le rôle du חזן
Situation : l'oleh (ou le חזן qui lit) peut-il s'appuyer contre la בימה pendant la lecture ?
Conduite : on lit debout, sans s'appuyer (contre un mur, un pilier, la בימה) — car ce n'est plus une vraie station debout — sauf une personne corpulente (בעל בשר) pour qui rester ainsi est pénible. Le חזן qui lit à voix haute reste lui aussi debout, avec l'oleh. Pour la mise en pratique, on suit son Rav.
Cas 2 — Le souffleur (מקרא) et l'oleh qui lit בנחת
Situation : le baal koré (ש״ץ) lit à voix haute pour l'oleh. L'oleh doit-il aussi lire ? à quelle voix ?
Conduite : deux ne lisent pas à voix haute ensemble. L'oleh, qui a fait la berakha, lit בנחת (tout bas) avec le ש״ץ — שלא תהא ברכתו לבטלה, pour que sa bénédiction ne soit pas vaine — sans même se faire entendre à ses propres oreilles. On peut aussi placer un מקרא qui souffle מלה במלה. Pour les détails, on suit son Rav.
Cas 3 — Répondre אמן à temps
Situation : quand répond-on אמן à la bénédiction, et quand le lecteur commence-t-il à lire ?
Conduite : le public attend que la ברכה soit achevée de la bouche du lecteur avant de répondre אמן ; et le lecteur attend que le אמן soit achevé de la bouche du public avant d'entamer la lecture. On ne chevauche pas les deux, pour que chacun — berakha, amen, lecture — soit entendu à part. Pour les cas limites, on suit son Rav.
Questions de compréhension
Vérifie ta compréhension :
- Pourquoi lit-on la Torah debout, et qui peut s'appuyer (séif 1) ?
- Pourquoi l'oleh doit-il lire בנחת avec le ש״ץ, et que craint-on autrement (séif 2) ?
- Qu'est-ce que le מקרא et dans quel ordre souffle-t-il (séif 3) ?
- Que signifie transmettre la Torah « על ידי סרסור » (séif 4) ?
- Pourquoi ne pas chevaucher אמן וברכה, et qu'est-ce que le קרי וכתיב (séifim 5 et 8) ?
Pour aller plus loin
Si tu veux approfondir ce siman :
📖Rejoindre la khavroutha
- 📚 Niveau 2 — Lamdan : pour le pilpoul — לקרות מעומד וגדר הסמיכה ; לא יקראו שנים — תרי קלי לא משתמעי, והעולה קורא בנחת שלא תהא ברכתו לבטלה ; המקרא, על ידי סרסור, ודין אמן וברכה וקרי וכתיב הלכה למשה מסיני
- ✨ Niveau 3 — Synthèse : pour la révision et la mémorisation rapide
- 🌉 Niveau 4 — Daat HaRav : page-passerelle — l'Admour HaZaken n'a pas rédigé ce siman dans son Choul'han Aroukh ; renvoi aux Niveaux 1-3 et au Siddour de l'Admour HaZaken