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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman קמ״ה · Les lois de la traduction

דיני המתרגמין — au temps des Sages on traduisait pour que le peuple comprenne : le lecteur (קורא) et le traducteur (מתרגם) — un verset à la fois, sans élever la voix, sans aider ; un mineur peut traduire pour un adulte ; et de nos jours (האידנא) on ne traduit plus, puisqu'on ne comprend pas
סימן קמ״ה · ג׳ סעיפים
דיני המתרגמין
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Ce siman enseigne les lois de la traduction (targum) de la lecture : au temps des Sages, on traduisait pour que le peuple comprenne ; le קורא (lecteur) et le מתרגם (traducteur) avancent un verset à la fois, sans que l'un élève la voix plus que l'autre, et le lecteur n'aide pas le traducteur (שלא יאמרו תרגום כתוב בתורה) ; un קטן peut traduire pour un גדול ; et de nos jours (האידנא) on ne traduit plus. Texte hébreu, traduction française et explication des ג׳ seifim, avec une section de cas pratiques.

Sujet : Les lois de la traduction — le קורא et le מתרגם, קטן מתרגם על ידי גדול, האידנא לא נהגו לתרגם
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן קמ״ה · ג׳ סעיפים

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

Ce siman prolonge les lois de la lecture publique de la Torah : après le lecteur venait autrefois le traducteur (מתורגמן), qui rendait chaque verset en araméen — כדי שיבינו העם — afin que le peuple comprenne. Le siman fixe le rythme entre les deux (un verset, puis sa traduction), l'égalité de leurs voix, l'interdit d'aider le traducteur, le cas du קטן qui traduit, et l'usage de nos jours. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite personnelle, on se réfère à la coutume et à la décision du Rav.

📑 Plan de l'étude

A. Les ג׳ seifim — l'ordre du קורא et du מתרגם (séif 1), קטן מתרגם על ידי גדול (séif 2), האידנא לא נהגו לתרגם (séif 3)
1. Cas pratique — le rythme un verset / une traduction, sans élever la voix ni aider
2. Cas pratique — le מתורגמן : qui peut traduire, et pour qui
3. Cas pratique — l'usage aujourd'hui : האידנא לא נהגו לתרגם
+ Questions de compréhension et pour aller plus loin

A. Les lois de la traduction — les ג׳ seifim

הַמְּתַרְגְּמִין — les traducteurs : à l'époque de la Michna et de la Guemara, l'araméen était la langue courante et le peuple ne comprenait plus toujours l'hébreu de la Torah. On instaura donc qu'après chaque verset lu, un מתורגמן (traducteur) le rende en araméen — כדי שיבינו העם. Deux exigences en découlent : un ordre précis entre le lecteur et le traducteur (verset par verset) ; et la distinction nette entre le texte écrit (la Torah) et sa traduction orale — שלא יאמרו תרגום כתוב בתורה.

Séif 1 — l'ordre entre le קורא et le מתרגם

בימי חכמי הגמרא היו נוהגים לתרגם כדי שיבינו העם. אין הקורא רשאי לקרות לתורגמן יותר מפסוק אחד, ואין המתרגם רשאי לתרגם עד שיכלה הפסוק מפי הקורא, ואין הקורא רשאי לקרות פסוק אחר עד שיכלה התרגום מפי המתרגם. ואין הקורא רשאי להגביה קולו יותר מהמתרגם, ולא המתרגם יותר מהקורא. ואין הקורא רשאי לסייע למתרגם, שלא יאמרו תרגום כתוב בתורה.
Séif 1 : au temps des Sages de la Guemara on avait coutume de traduire afin que le peuple comprenne. Le lecteur ne lit pas au traducteur plus d'un seul verset ; le traducteur ne traduit qu'une fois le verset achevé de la bouche du lecteur ; et le lecteur ne lit pas un autre verset avant que la traduction se soit achevée de la bouche du traducteur. Le lecteur n'élève pas la voix plus que le traducteur, ni le traducteur plus que le lecteur. Et le lecteur n'aide pas le traducteur, pour qu'on ne dise pas que la traduction est écrite dans la Torah.
Un rythme à deux temps. Le lecteur donne un seul verset — pas davantage — puis attend ; le traducteur ne commence qu'après la fin du verset ; et le lecteur ne repart qu'après la fin de la traduction. Nul n'élève la voix plus que l'autre — pour l'honneur autant du texte que de sa traduction. Enfin le lecteur n'aide pas (ne souffle pas) le traducteur : sinon on pourrait croire que la traduction est écrite dans la Torah, alors qu'elle est transmission orale.

Séif 2 — קטן מתרגם על ידי גדול

קטן מתרגם על ידי גדול, אבל אינו כבוד לגדול שיתרגם על ידי קטן.
Séif 2 : un mineur (קטן) traduit sous la lecture d'un adulte (על ידי גדול) ; mais il n'est pas honorable pour un adulte de traduire sous la lecture d'un mineur.
La traduction n'est pas la lecture elle-même : elle peut donc être faite par un קטן (un mineur) lorsque c'est un גדול qui lit le verset. En revanche, l'inverse — un גדול qui traduirait tandis qu'un קטן lit — n'est pas honorable : ce serait rabaisser l'adulte que de le placer, comme traducteur, sous la lecture d'un enfant.

Séif 3 — האידנא לא נהגו לתרגם

האידנא לא נהגו לתרגם, משום דמה תועלת בתרגום כיון שאין מבינים אותו.
Séif 3 : de nos jours (האידנא) on n'a plus coutume de traduire, car quelle utilité y a-t-il à la traduction, puisqu'on ne la comprend pas.
Toute la coutume du targum reposait sur son but : faire comprendre le peuple. Or l'araméen a cessé d'être la langue courante. Le targum n'apportant plus cette compréhension, on ne traduit plus pendant la lecture — מה תועלת בתרגום כיון שאין מבינים אותו. (L'obligation individuelle de שנים מקרא ואחד תרגום, chaque semaine, demeure quant à elle par ailleurs.)
Le siman en une phrase : autrefois on traduisait pour que le peuple comprenne — le קורא et le מתרגם avançant un verset à la fois, à voix égale, le lecteur n'aidant pas le traducteur (שלא יאמרו תרגום כתוב בתורה) ; un קטן peut traduire pour un גדול mais non l'inverse ; et de nos jours on ne traduit plus, l'araméen n'étant plus compris.

Cas pratiques

Cas 1 — Le rythme lecteur / traducteur

Situation : on reconstitue une lecture avec targum (comme au temps des Sages). Comment lecteur et traducteur s'articulent-ils ?
Conduite : le lecteur dit un seul verset, puis se tait ; le traducteur ne commence qu'une fois le verset achevé, et le lecteur ne reprend qu'une fois la traduction achevée. Aucun des deux n'élève la voix plus que l'autre, et le lecteur ne souffle pas la traduction au traducteur. Pour la mise en pratique, on suit son Rav.

Cas 2 — Qui peut être le מתורגמן

Situation : qui peut tenir le rôle de traducteur, et pour qui ?
Conduite : un קטן (mineur) peut traduire lorsque c'est un גדול qui lit le verset (קטן מתרגם על ידי גדול). Mais on ne place pas un גדול comme traducteur sous la lecture d'un קטן : cela n'est pas honorable pour lui. Pour les détails, on suit son Rav.

Cas 3 — Traduit-on aujourd'hui ?

Situation : doit-on encore traduire la lecture verset par verset de nos jours ?
Conduite : nonהאידנא לא נהגו לתרגם : on n'a plus la coutume de traduire pendant la lecture, car la traduction araméenne n'apporte plus la compréhension recherchée (כיון שאין מבינים אותו). On lit donc la Torah sans targum intercalé. Pour les coutumes locales (par ex. le targum de certains passages), on suit son Rav.

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Pourquoi instituait-on de traduire la lecture au temps des Sages (séif 1) ?
  2. Combien de versets le lecteur donne-t-il à la fois, et qui attend qui (séif 1) ?
  3. Pourquoi le lecteur ne doit-il pas aider le traducteur (séif 1) ?
  4. Un קטן peut-il traduire, et pour qui — et pourquoi pas l'inverse (séif 2) ?
  5. Pourquoi de nos jours on ne traduit plus (séif 3) ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
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