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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman ט״ו · Transférer les tsitsit d'un vêtement à l'autre et le talit déchiré

אם להתיר ציצית מבגד לבגד ודין נקרע הטלית — détacher les tsitsit pour un autre talit, le coin transplanté et le talit déchiré près du coin
סימן ט״ו · ו׳ סעיפים
אם להתיר ציצית מבגד לבגד ודין נקרע הטלית
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Première approche des ו׳ סעיפים : texte hébreu vocalisé, traduction française fluide et explications pédagogiques sur le transfert des tsitsit d'un talit à l'autre — permis, mais pas les ôter sans les remettre (et le talit des morts, Rama) —, le coin déjà muni de ses tsitsit que l'on ne coud pas sur un autre vêtement (על כנפי בגדיהם), le talit coupé en deux, le talit déchiré dans les ג׳ אצבעות du bord (la machloket רש״י / רב עמרם), la déchirure du trou du tsitsit vers le bas, et les coutures près du coin avec un fil du même מין que les tsitsit — avec une section de cas pratiques.

Sujet : Transférer les tsitsit d'un vêtement à l'autre, le coin transplanté, et le talit déchiré ou recousu près du coin
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן ט״ו · ו׳ סעיפים

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

Aux simanim 13 et 14, nous avons vu le tsitsit à Chabbat, puis qui peut le poser. Le Choulhan Aroukh aborde ici la vie concrète du talit : on veut récupérer ses tsitsit pour un autre vêtement, le talit se déchire, on le recoud. Deux grands principes traversent le siman. D'abord, le respect de la mitsva : il est permis de détacher les tsitsit d'un talit pour les mettre sur un autre — mais pas de les ôter pour laisser le vêtement vide (séif 1). Ensuite, la עשייה בכשרות — la pose doit être valide au moment où elle se fait : le coin doit appartenir au vêtement lors de la pose (séif 2), le talit coupé en deux garde ses tsitsit si chaque moitié a le שיעור (séif 3), et une déchirure dans les ג׳ אצבעות du bord soulève la grande machloket de רש״י et de רב עמרם : peut-on recoudre, et le coin recousu reste-t-il un « coin » (séifim 4–5) ? Enfin, même une simple couture de renfort près du coin, faite d'un fil du même מין que les tsitsit, est à surveiller (séif 6). Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite concrète, on se réfère à la décision du Rav.

📑 Plan de l'étude

A. Transférer les tsitsit — permis d'un talit à l'autre ; pas les ôter sans les remettre ; talit des morts (Rama) (séif 1)
B. Le coin transplanté — ne pas coudre le coin avec ses tsitsit sur un autre vêtement : על כנפי בגדיהם (séif 2)
C. Le talit coupé en deux — si chaque moitié a le שיעור et garde 1–2 tsitsit → pas de תעשה ולא מן העשוי (séif 3)
D. נקרע תוך ג׳ אצבעות — ne pas recoudre : la machloket רש״י / רב עמרם ; ירא שמים יוצא את כולם (séif 4)
E. Déchiré du trou vers le bas — si la pose a précédé la déchirure → cachère ; recousu puis tsitsit posé : laine / autres matières (séif 5)
F. Coutures près du coin — la pièce cousue, le renfort autour du trou, le fil du même מין (Rama) (séif 6)
+ Cas pratiques et questions de compréhension

A. Transférer les tsitsit d'un talit à l'autre (séif 1)

Texte original (séif 1)

[א] אִם לְהַתִּיר צִיצִית מִבֶּגֶד לְבֶגֶד וְדִין נִקְרַע הַטַּלִּית. וּבוֹ ו׳ סְעִיפִים.
מֻתָּר לְהַתִּיר צִיצִיּוֹת מִטַּלִּית זֶה וְלִתְּנָם בְּטַלִּית אַחֵר, אֲבָל שֶׁלֹּא לְהַנִּיחָם בְּבֶגֶד אַחֵר — לֹא. הַגָּהּ: וְדַוְקָא בְּטַלִּית שֶׁל בַּר חִיּוּבָא, אֲבָל מֻתָּר לְהַתִּיר צִיצִית מִטַּלִּית שֶׁל מֵתִים (מָרְדְּכַי וְתוֹס׳ פֶּרֶק ב״מ דַּף כ״ב).
[1] S'il est permis de détacher des tsitsit d'un vêtement pour un [autre] vêtement, et la loi du talit déchiré. Il comporte 6 séifim. Il est permis de détacher (להתיר) les tsitsit d'un talit et de les mettre sur un autre talit ; mais [les détacher] sans les remettre sur un autre vêtement — non. Glose (Rama) : et précisément d'un talit d'un בר חיובא (quelqu'un tenu à la mitsva) ; mais il est permis de détacher les tsitsit d'un talit de morts.
בַּר חִיּוּבָא (bar hiyouva) — « quelqu'un tenu à l'obligation » — une personne soumise à la mitsva du tsitsit. Le talit d'un vivant est un « vêtement de mitsva » : le vider de ses tsitsit sans but heurterait la mitsva. Le talit destiné aux morts, lui, n'est plus un vêtement d'obligation — un mort est exempt des mitsvot — c'est pourquoi le Rama permet d'en détacher les tsitsit.
Trois idées dans ce séif :
Le séif 1 en une phrase : on peut détacher les tsitsit d'un talit pour les mettre sur un autre ; on ne les ôte pas pour rien — et d'un talit de morts (qui n'est pas d'un בר חיובא), c'est permis (Rama).

B. Le coin transplanté : על כנפי בגדיהם (séif 2)

Texte original (séif 2)

[ב] אֵינוֹ יָכוֹל לִקַּח הַכָּנָף כְּמוֹ שֶׁהוּא עִם הַצִּיצִית וּלְתָפְרוֹ בְּבֶגֶד אַחֵר, מִשּׁוּם דְּעַל כַּנְפֵי בִגְדֵיהֶם בָּעִינַן, וְכָנָף זֶה לֹא הָיָה מִבֶּגֶד זֶה בִּשְׁעַת עֲשִׂיָּה.
[2] On ne peut pas prendre le coin (כנף) tel quel, avec son tsitsit, et le coudre sur un autre vêtement — car nous exigeons « עַל כַּנְפֵי בִגְדֵיהֶם » (« sur les coins de leurs vêtements »), et ce coin n'était pas de ce vêtement au moment de la עשייה (la pose du tsitsit).
שְׁעַת עֲשִׂיָּה (chaat assiya) — « le moment de la pose » — la Torah dit « sur les coins de leurs vêtements » : le tsitsit doit être posé sur un coin qui appartient déjà au vêtement au moment où on le pose. Un coin garni de son tsitsit puis cousu après coup sur un autre vêtement n'a jamais été « le coin de ce vêtement » lors de la pose — la mitsva n'y a pas été faite validement pour ce vêtement.
Ce que ce séif distingue :
À retenir : on transfère les tsitsit, pas le coin : le coin doit être du vêtement au moment de la pose (על כנפי בגדיהם) — un coin transplanté avec son tsitsit ne rend pas l'autre vêtement valide.

C. Le talit coupé en deux (séif 3)

Texte original (séif 3)

[ג] טַלִּית מְצֻיֶּצֶת כַּהֲלָכָתָהּ שֶׁחֲלָקוּהָ לִשְׁתַּיִם, וּבְכָל חֵלֶק יֵשׁ בּוֹ כַּשִּׁעוּר לְהִתְעַטֵּף, וְנִשְׁאַר לְכָל אַחַת מֵהֶם צִיצִית אַחַת אוֹ שְׁתַּיִם — אֵין בּוֹ מִשּׁוּם תַּעֲשֶׂה וְלֹא מִן הֶעָשׂוּי.
[3] Un talit pourvu de tsitsit selon la loi (מצוייצת כהלכתה) que l'on a partagé en deux : si chaque partie a la mesure (שיעור) suffisante pour s'envelopper, et qu'il reste à chacune d'elles un tsitsit ou deux — il n'y a pas là de תעשה ולא מן העשוי (« tu feras — et non à partir du déjà fait »).
תַּעֲשֶׂה וְלֹא מִן הֶעָשׂוּי (taassé velo min heassouy) — la mitsva doit être faite validement, et non « se retrouver faite » d'elle-même. Si le tsitsit avait été posé à un moment où le vêtement n'était pas apte, la validité ne peut pas « arriver » ensuite toute seule : il faudrait détacher et reposer. Ici, chaque tsitsit restant avait été posé sur un vrai coin d'un vrai talit — le partage n'a rien changé à cela : la pose d'origine reste valide.
Les conditions du séif :
À retenir : un talit valide coupé en deux — chaque moitié ayant le שיעור pour s'envelopper et gardant un ou deux tsitsit — ne tombe pas sous le תעשה ולא מן העשוי : les tsitsit restants demeurent valides, on complète les autres.

D. נקרע תוך ג׳ אצבעות : רש״י et רב עמרם (séif 4)

Texte original (séif 4)

[ד] נִקְרַע הַטַּלִּית תּוֹךְ ג׳ אֶצְבָּעוֹת סָמוּךְ לִשְׂפַת הַכָּנָף — אֵינוֹ רַשַּׁאי לְתָפְרוֹ. וּפֵרֵשׁ רַשִׁ״י דְּחָיְשִׁינַן שֶׁיִּשְׁתַּיֵּר מֵחוּט הַתְּפִירָה וְיַנִּיחֶנּוּ וְיוֹסִיף עָלָיו שִׁבְעָה חוּטִין לְשֵׁם צִיצִית ; וּלְטַעַם זֶה אֲפִלּוּ נִקְרַע כָּל שֶׁהוּא לֹא יִתְפֹּר. וּלְפִי זֶה, טַלִּית שֶׁל צֶמֶר שֶׁנִּקְרְעָה תּוֹךְ שְׁלֹשָׁה מֻתָּר לִתְפֹּר הָאִידְּנָא, דְּאֵין דֶּרֶךְ לִתְפֹּר בְּחוּטֵי צֶמֶר. וְרַב עַמְרָם פֵּרֵשׁ דְּטַעְמָא מִשּׁוּם דְּנִקְרַע תּוֹךְ שְׁלֹשָׁה לֵית בֵּיהּ תּוֹרַת בֶּגֶד וּכְמַאן דְּלֵיתֵיהּ דָּמֵי, וְאַף עַל גַּב דִּתְפָרֵיהּ — כְּמַאן דִּפְסִיק חָשׁוּב, וְאִי עָבֵיד בֵּיהּ צִיצִית לֹא פָּטְרָה לַטַּלִּית ; וּלְפֵרוּשׁ זֶה, אִם נִקְרַע וְנִשְׁתַּיֵּר כָּל שֶׁהוּא — כָּשֵׁר. וְיֵשׁ אוֹמְרִים דִּלְרַב עַמְרָם לֹא נִפְסַל אֶלָּא צִיצִית שֶׁהָיוּ בּוֹ בְּעֵת שֶׁתְּפָרוֹ, אֲבָל אִם אַחַר שֶׁתְּפָרוֹ הֵטִיל בּוֹ צִיצִית — כָּשֵׁר. וִירֵא שָׁמַיִם יֵצֵא אֶת כֻּלָּם הֵיכָא דְּאֶפְשָׁר.
[4] Si le talit s'est déchiré dans les ג׳ אצבעות (trois doigts) près du bord du coin — on n'a pas le droit de le recoudre. רש״י explique : nous craignons qu'il reste [un bout] du fil de couture, qu'on le laisse et qu'on lui ajoute sept fils pour en faire un tsitsit [posé de façon invalide] ; et selon ce motif, même une déchirure minime (כל שהוא) ne se recoud pas. D'après cela, un talit de laine déchiré dans les trois [doigts], il est permis de le recoudre de nos jours (האידנא), car on n'a pas l'habitude de coudre avec des fils de laine. Et רב עמרם explique : le motif est qu'une [bande] déchirée dans les trois doigts n'a plus le statut de vêtement (תורת בגד) et est comme inexistante ; même recousue, elle est considérée comme coupée, et si l'on y pose un tsitsit, il ne rend pas le talit quitte. Selon cette explication, si la déchirure a laissé un reste minime (כל שהוא) [attaché] — c'est cachère. Et certains disent (י״א) que selon רב עמרם, seul est invalidé un tsitsit qui s'y trouvait au moment où on l'a recousu ; mais si après l'avoir recousu on y a posé un tsitsit — c'est cachère. Et un ירא שמים (homme qui craint le Ciel) satisfait à toutes [les opinions], là où c'est possible.
ג׳ אֶצְבָּעוֹת (guimel etsbaot) — « trois doigts » — la bande du talit proche du bord du coin, large de trois doigts : c'est là que se pose le tsitsit. Une déchirure dans cette zone touche le « coin » lui-même — d'où la gravité : pour רש״י, la couture y est suspecte (son fil pourrait servir de fil de tsitsit) ; pour רב עמרם, le morceau déchiré y perd son statut de בגד.
La machloket en deux mots :
À retenir : déchirure dans les ג׳ אצבעות du bord → on ne recoud pas : crainte du fil de couture (רש״י — d'où la permission actuelle pour la laine) ou perte du statut de בגד (רב עמרם — mais un reste כל שהוא sauve) ; le ירא שמים sort de toutes les opinions.

E. Déchiré du trou du tsitsit vers le bas (séif 5)

Texte original (séif 5)

[ה] אִם נִקְרַע מִנֶּקֶב שֶׁהַצִּיצִית תָּלוּי בּוֹ וּלְמַטָּה — אִם קָדַם הֲטָלַת צִיצִית לַקֶּרַע, שֶׁאוֹתוֹ צִיצִית הָיָה שָׁם בִּשְׁעַת הַקֶּרַע — כָּשֵׁר. וְאִם נִקְרַע וְנִשְׁתַּיֵּר מִמֶּנּוּ כָּל שֶׁהוּא וּתְפָרוֹ, וְאַחַר כָּךְ הֵטִיל בּוֹ צִיצִית — אִם הוּא שֶׁל צֶמֶר, כָּשֵׁר לְכֻלֵּי עָלְמָא ; וְאִם הוּא שֶׁל שְׁאָר מִינִים, שֶׁדֶּרֶךְ לִתְפֹּר בְּחוּטִין שֶׁל אוֹתוֹ הַמִּין — לֹא יִתְפֹּר לְדַעַת רַשִׁ״י. וְאִם נִקְרַע וּתְפָרוֹ וְאַחַר כָּךְ הֵטִיל בּוֹ צִיצִית — אִיכָּא לְסַפּוּקֵי.
[5] Si [le talit] s'est déchiré depuis le trou où le tsitsit est suspendu, vers le bas : si la pose du tsitsit a précédé la déchirure — ce tsitsit étant déjà là au moment de la déchirure — c'est cachère. Et s'il s'est déchiré en laissant un reste minime (כל שהוא), qu'on l'a recousu et qu'ensuite on y a posé un tsitsit : si [le talit] est de laine — cachère selon tous (לכולי עלמא) ; et s'il est d'autres matières, que l'on a l'habitude de coudre avec des fils de cette même matière — on ne recoudra pas, selon רש״י. Et s'il s'est déchiré [sans reste], qu'on l'a recousu et qu'ensuite on y a posé un tsitsit — il y a lieu de douter (איכא לספוקי).
קָדַם הֲטָלַת צִיצִית לַקֶּרַע — « la pose a précédé la déchirure » — le critère décisif : si le tsitsit était déjà posé validement quand la déchirure est survenue, la déchirure n'invalide pas ce qui a été bien fait. Tout le problème naît quand on pose le tsitsit après — sur un coin déchiré ou recousu : la pose se fait alors sur un coin dont le statut est discuté.
Les trois cas du séif :
À retenir : tout dépend de la chronologie — un tsitsit posé avant la déchirure reste cachère ; posé après recousure, il dépend du reste (כל שהוא) et de la matière (laine → cachère pour tous ; autres matières → crainte de רש״י) ; sans reste, c'est un cas de doute.

F. Coutures près du coin : la pièce et le renfort du trou (séif 6)

Texte original (séif 6)

[ו] הַתּוֹפֵר חֲתִיכַת בֶּגֶד בְּכַנְפֵי הַטַּלִּית, וְכֵן מַה שֶּׁנּוֹהֲגִים לִתְפֹּר סָבִיב הַנֶּקֶב שֶׁהַצִּיצִית בּוֹ — אִם הַטַּלִּית שֶׁל מֶשִׁי וּתְפָרוֹ בְּחוּט מֶשִׁי לָבָן, יֵשׁ לָחוּשׁ בַּדָּבָר לְדַעַת רַשִׁ״י, שֶׁלֹּא תְּהֵא שׁוּם תְּפִירָה לְמַטָּה מִג׳ וּלְמַעְלָה מִקֶּשֶׁר גּוּדָל. הַגָּהּ: וְהוּא הַדִּין בְּכָל מָקוֹם שֶׁתּוֹפֵר בְּחוּט שֶׁהוּא מִין הַצִּיצִית, דְּחָיְשִׁינַן שֶׁמָּא יִקַּח אוֹתוֹ חוּט לְחוּט הַצִּיצִית (ת״ה סִי׳ מ״ו בְּשֵׁם הַגָּהוֹת מַיְמוֹנִי).
[6] Celui qui coud une pièce d'étoffe aux coins du talit — de même ce que l'on a coutume de coudre autour du trou où passe le tsitsit — : si le talit est de soie et qu'on l'a cousu avec un fil de soie blanc, il y a lieu de craindre en la chose, selon רש״י — qu'il n'y ait aucune couture au-dessous de ג׳ [אצבעות] et au-dessus du קשר גודל. Glose (Rama) : et il en va de même (וה״ה) partout où l'on coud avec un fil qui est du même מין (matière) que les tsitsit, car nous craignons qu'on ne prenne ce fil pour fil de tsitsit (ת״ה סי׳ מ״ו au nom des הגהות מיימוני).
קֶשֶׁר גּוּדָל (kecher goudal) — la distance d'une phalange du pouce depuis le bord : c'est la limite basse de la zone où l'on perce le trou du tsitsit, dont la limite haute est ג׳ אצבעות. Toute la bande comprise entre le קשר גודל et les trois doigts est la « zone du tsitsit » — c'est là que la crainte de רש״י s'applique aux coutures.
Ce que le séif surveille :
À retenir : dans la zone du tsitsit (entre קשר גודל et ג׳ אצבעות), pas de couture avec un fil du même מין que les tsitsit — soie sur soie selon רש״י, et tout fil du même מין selon le Rama : le fil de couture ne doit jamais pouvoir passer pour un fil de tsitsit.

Cas pratiques

Cas 1 — Récupérer les tsitsit d'un vieux talit pour un talit neuf

Situation : on a acheté un talit neuf et l'on voudrait y poser les beaux tsitsit encore cachères de l'ancien talit.
Conduite : c'est exactement le cas du séif 1 — permis : on détache les tsitsit de l'ancien talit pour les poser sur le neuf. Ce qu'on ne fait pas, c'est les ôter sans les remettre sur un autre vêtement. Et attention au séif 2 : on transfère les fils, jamais le coin entier avec son tsitsit — la pose doit être refaite sur le coin du nouveau talit (על כנפי בגדיהם).

Cas 2 — Un talit katan déchiré près du coin : recoudre ou pas ?

Situation : le talit katan s'est déchiré à proximité du coin, dans la bande des ג׳ אצבעות du bord.
Conduite : c'est la machloket du séif 4. Selon רש״י, la crainte porte sur le fil de couture — d'où, pour un talit de laine aujourd'hui, une place à la permission (on ne coud pas avec des fils de laine) ; selon רב עמרם, le morceau déchiré a perdu son statut de בגד et la couture ne le « ressuscite » pas — sauf s'il est resté un כל שהוא attaché. Le ירא שמים cherche à satisfaire toutes les opinions. Où passe exactement la déchirure, quelle matière, quel reste ? Ces mesures sont délicates : on se réfère à la décision du Rav.

Cas 3 — Les renforts cousus autour du trou du tsitsit

Situation : beaucoup de talitot portent une pièce de renfort au coin, ou une couture autour du trou où passe le tsitsit — parfois en fil de la même matière que les tsitsit (soie sur soie, etc.).
Conduite : c'est le séif 6 : dans la zone du tsitsit (entre le קשר גודל et les ג׳ אצבעות), la couture faite d'un fil du même מין que les tsitsit est à craindre selon רש״י — et le Rama étend cela à tout fil du même מין, de peur qu'on ne prenne ce fil pour fil de tsitsit. Vérifier la matière du renfort d'un talit de soie est un point délicat : on se réfère à la décision du Rav.

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Peut-on détacher les tsitsit d'un talit (séif 1) ? À quelle condition ? Que permet le Rama pour le talit des morts ?
  2. Pourquoi ne peut-on pas coudre sur un autre vêtement le coin déjà garni de son tsitsit (séif 2) ? Que signifie על כנפי בגדיהם ?
  3. Un talit coupé en deux : à quelles conditions n'y a-t-il pas de תעשה ולא מן העשוי (séif 3) ?
  4. Explique la machloket רש״י / רב עמרם sur le talit déchiré dans les ג׳ אצבעות (séif 4) : quels sont les deux motifs, et quelles différences pratiques (laine aujourd'hui, reste כל שהוא) ? Que fait le ירא שמים ?
  5. Quand la déchirure sous le trou du tsitsit laisse-t-elle le tsitsit cachère (séif 5) ? Et pourquoi surveille-t-on les coutures près du coin faites d'un fil du même מין (séif 6, Rama) ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
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