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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION
Siman קס״ט · Le service (chamach) au cours du repas
דין שמש הסעודה — de tout mets parfumé et désiré, on donne aussitôt au serviteur, מדת חסידות d en donner de chaque espèce מפני עגמת נפש ; on ne donne à manger qu à qui bénira ; et le serviteur récite בורא פרי הגפן sur chaque coupe car il est כנמלך
סימן קס״ט · ג׳ סעיפים
דין שמש הסעודה
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Ce siman enseigne comment traiter le serviteur (chamach) au cours du repas : on lui donne aussitôt une part de chaque mets parfumé et désiré (מִדַּת חֲסִידוּת), pour lui épargner l affliction (עָגְמַת נֶפֶשׁ) de voir manger sans recevoir ; on ne donne de pain qu à qui s est lavé les mains, et on ne donne à manger qu à מי שיודע שיברך (celui qui bénira) ; enfin les bénédictions du serviteur — il bénit sur chaque coupe (כנמלך). Texte hébreu, traduction française et explication des ג׳ seifim, avec une section de cas pratiques.
Sujet : Le serviteur du repas — נתינה לשמש, למי שיודע שיברך, ברכות השמש
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן קס״ט · ג׳ סעיפים
Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com
Après la bénédiction sur le pain et les types de pain (simanim 166-168), le Choulhan Aroukh consacre un court siman à une belle exigence de la table : la conduite envers le serviteur (שמש) qui sert au repas. Trois seifim : ce qu on lui donne (de chaque plat, מפני עגמת נפש), à qui l on a le droit de donner à manger (à celui qui bénira), et comment le serviteur récite ses bénédictions. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite personnelle, on se réfère à la coutume et à la décision du Rav.
📑 Plan de l'étude
A. נתינה לשמש (séif 1) — donner au serviteur de chaque mets, et ses limites
B. למי נותנים לאכול (séif 2) — à qui l on donne à manger
C. ברכות השמש (séif 3) — les bénédictions du serviteur et le zimoun
1-2. Cas pratiques et questions de compréhension
A. נתינה לשמש — donner au serviteur de chaque mets
שַׁמָּשׁ — le serviteur qui sert les convives au cours du repas (celui qui apporte les plats et verse à boire). Ce siman règle la conduite envers lui : ce qu on lui donne, quand, et à quelles conditions ; puis à qui, plus largement, on a le droit de donner à manger, et enfin comment le serviteur lui-même récite ses bénédictions.
Séif 1 — כל דבר שיש לו ריח : donner de chaque mets, מפני עגמת נפש
כל דבר שמביאין לפני האדם שיש לו ריח והאדם תאב לו צריך ליתן ממנו לשמש מיד ומדת חסידות הוא ליתן לו מיד מכל מין ומין ולא יתן לו כל זמן שהכוס בידו או ביד ב״ה [ודוקא לשמש אבל לאחר שבסעודה מותר ליתן בכי האי גונא] הר״י ס״פ אלו דברים ואסור ליתן לו פרוסת פת אא״כ יודע בו שנטל ידיו.
Séif 1 : de tout mets qu on apporte devant une personne, qui a une odeur [agréable] et que la personne désire, il faut en donner aussitôt au serviteur (chamach) ; et c est une mesure de piété (מדת חסידות) de lui en donner aussitôt de chaque espèce. Mais on ne lui donne pas tant que la coupe [de vin] est dans sa main ou dans la main du maître de maison. Glose du Rama : et cela concerne précisément le serviteur, mais pour un autre convive du repas, il est permis de donner en pareil cas — Rabbenou Yona, fin du perek « Elou Devarim ». Et il est interdit de lui donner un morceau de pain à moins qu on sache qu il s est lavé les mains.
Donner de chaque plat. Quand un mets parfumé et convoité arrive, on en donne aussitôt une part au serviteur, et c est une מדת חסידות de lui en donner de chaque espèce — pour lui épargner l affliction (עגמת נפש) de voir manger sans recevoir. On ne lui donne pas tant que la coupe est en main (la sienne ou celle du maître de maison), et l on ne lui donne de pain que si l on sait qu il a lavé ses mains (נטל ידיו).
B. למי נותנים לאכול — à qui l'on donne à manger
Séif 2 — לא יתן לאכול אלא למי שיודע בו שיברך
לא יתן לאכול אלא למי שיודע בו שיברך. ויש מקילין אם נותן לעני בתורת צדקה [הר״י ס״פ אלו דברים].
Séif 2 : on ne donne à manger qu à celui dont on sait qu il récitera la bénédiction. Glose du Rama : et certains sont indulgents si l on donne à un pauvre au titre de la tsedaka [Rabbenou Yona, fin du perek « Elou Devarim »].
Ne pas favoriser une faute. On ne donne à manger qu à celui dont on sait qu il bénira — pour ne pas être complice de quelqu un qui mangerait sans bénédiction (« ne place pas d obstacle devant l aveugle »). Le Rama rapporte des avis indulgents lorsqu on donne à un pauvre au titre de la tsedaka : le devoir de charité l emporte alors, et l on peut lui donner même sans cette certitude.
C. ברכות השמש — les bénédictions du serviteur
Séif 3 — השמש מברך על כל כוס : כנמלך et le zimoun
השמש מברך בורא פרי הגפן על כל כוס וכוס שיתנו לו לפי שהוא כנמלך וברכה אחרונה אינו מברך אלא לבסוף ואינו צריך לברך על כל פרוסה ופרוסה אם יש אדם חשוב בסעודה שיודע שיתנו לו כל צרכו מפת ואם אין אדם חשוב בסעודה צריך לברך על כל פרוסה ופרוסה כמו על היין. הגה שנים שהיו אוכלין ביחד השמש אוכל עמהם בלא נטילת רשות כדי שיצטרפו לזמון [וע״ל סי׳ ק״ע סכ״א].
Séif 3 : le serviteur récite « בורא פרי הגפן » sur chaque coupe qu on lui donne, parce qu il est comme quelqu un qui n y comptait pas (כנמלך) ; mais la bénédiction finale (berakha aharona), il ne la récite qu à la fin. Et il n a pas besoin de bénir sur chaque morceau de pain s il y a un homme important (אדם חשוב) au repas, car il sait qu on lui donnera tout ce dont il a besoin en pain ; mais s il n y a pas d homme important au repas, il doit bénir sur chaque morceau, comme sur le vin. Glose du Rama : deux personnes qui mangeaient ensemble — le serviteur mange avec elles sans avoir à demander la permission, afin qu ils se joignent pour le zimoun [voir plus loin siman 170:21].
Bénir sur chaque coupe. Le serviteur ne sait jamais si on lui donnera encore à boire : chaque coupe est donc pour lui inattendue (כנמלך), et il récite le בורא פרי הגפן à chaque fois ; la berakha aharona, elle, se dit une fois à la fin. Pour le pain, tout dépend de la table : s il y a un אדם חשוב (homme important) — car on lui donnera sûrement tout son pain — il n a pas à re-bénir sur chaque morceau ; sinon, il bénit sur chaque morceau comme sur le vin. Enfin le Rama : deux convives qui mangent ensemble peuvent laisser le serviteur manger avec eux sans permission, afin de former le zimoun à trois.
Le siman en une phrase : envers le serviteur (שמש) on a une exigence de délicatesse — lui donner aussitôt de chaque mets parfumé (מדת חסידות, מפני עגמת נפש), sans le faire tant que la coupe est en main, ni de pain sans le savoir ayant lavé ses mains ; on ne donne à manger qu à מי שיודע שיברך (sauf indulgence pour un pauvre בתורת צדקה) ; et le serviteur bénit sur chaque coupe (כנמלך), la berakha aharona à la fin, et peut se joindre au zimoun.
Cas pratiques
Cas 1 — Servir à table avec délicatesse
Situation : un serveur (ou un aide) sert le repas chez moi. Dois-je penser à lui pendant que les convives mangent ?
Conduite : oui — c est une מדת חסידות de lui donner aussitôt une part de chaque plat parfumé et appétissant (מכל מין ומין), pour lui épargner l עגמת נפש de voir manger sans recevoir. On ne le sert pas pendant qu il tient la coupe, et on ne lui donne de pain que si l on sait qu il a lavé ses mains. Pour la manière concrète, on suit son Rav.
Cas 2 — À qui donner à manger, et les berakhot du serviteur
Situation : puis-je offrir de la nourriture à quelqu un dont j ignore s il bénira ? Et le serveur, doit-il bénir à chaque verre ?
Conduite : en principe on ne donne à manger qu à celui qui bénira (séif 2) ; mais pour un pauvre, au titre de la tsedaka, il y a des avis indulgents. Le serviteur, lui, récite le בורא פרי הגפן sur chaque coupe qu on lui donne (car il est כנמלך) et la berakha aharona à la fin ; sur le pain, seulement si aucun אדם חשוב n est présent. Pour les détails, on suit son Rav.
Questions de compréhension
Vérifie ta compréhension :
- Que doit-on donner au serviteur, et pourquoi (quel est le motif, עגמת נפש) — séif 1 ?
- À quelles deux conditions ne donne-t-on pas au serviteur (la coupe, le pain) — séif 1 ?
- À qui a-t-on le droit de donner à manger, et quelle est l indulgence pour un pauvre (séif 2) ?
- Pourquoi le serviteur bénit-il sur chaque coupe (כנמלך), et quand seulement sur le pain (séif 3) ?
Pour aller plus loin
Si tu veux approfondir ce siman :
📖Rejoindre la khavroutha
- 📚 Niveau 2 — Lamdan : pour le pilpoul — גדר עגמת נפש וטעם הנתינה לשמש ; לא יתן לאכול אלא למי שיודע שיברך ; דין כנמלך וברכה על כל כוס
- ✨ Niveau 3 — Synthèse : pour la révision et la mémorisation rapide
- 🌉 Niveau 4 — Daat HaRav : page-passerelle — l Admour HaZaken n a pas rédigé ce siman dans son Choulhan Aroukh HaRav ; renvoi aux niveaux 1-3 et au Siddour de l Admour HaZaken