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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman י״ט · Le moment de la berakha du tsitsit (זמן ברכת ציצית)

זמן ברכת ציצית — la חובת גברא, pas de berakha à la confection, et le talit de תכריכין
סימן י״ט · ב׳ סעיפים
זמן ברכת ציצית
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Première approche des ב׳ סעיפים : texte hébreu vocalisé, traduction française fluide et explications pédagogiques sur le grand yesod ציצית חובת גברא ולא חובת מנא — le tsitsit oblige la personne et non l'objet : tant qu'on ne porte pas le talit, on est exempt, et l'on ne récite donc pas de berakha sur la confection des tsitsit, car la mitsva n'est que dans la לבישה — puis, avec délicatesse, le talit fait pour des תכריכין (linceuls), exempt même s'il est porté parfois de son vivant — avec une section de cas pratiques.

Sujet : Le moment de la berakha du tsitsit — la חובת גברא, l'absence de berakha sur la עשייה, et le talit destiné aux תכריכין
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן י״ט · ב׳ סעיפים

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

Aux simanim précédents, nous avons appris comment se fabrique le tsitsit et ce qui le rend valide. Le Choulhan Aroukh pose ici un yesod qui éclaire toutes les hilkhot tsitsit : le tsitsit est une חובת גברא — une obligation de la personneet non une חובת מנא — une obligation de l'objet. Ce n'est pas le vêtement à quatre coins qui « doit » porter des tsitsit ; c'est l'homme qui, lorsqu'il s'en revêt, est tenu d'y mettre des tsitsit. Deux conséquences en découlent. D'abord, tant qu'on ne porte pas le talit, on est exempt (פטור) — un talit plié dans l'armoire n'oblige personne. Ensuite, on ne récite pas de berakha sur la confection des tsitsit (עשיית הציצית) : la עשייה n'est qu'une préparation de la mitsva, et la mitsva ne se réalise que dans la לבישה — c'est donc au moment de revêtir le talit que la berakha est dite (voir siman 8). Le second séif en tire un cas particulier, que la halakha aborde avec pudeur : un talit fait pour servir de תכריכין (linceuls) est exempt, même si on le porte parfois de son vivant. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite concrète, on se réfère à la décision du Rav.

📑 Plan de l'étude

A. ציצית חובת גברא ולא חובת מנא — tant qu'on ne porte pas le talit, on est exempt ; pas de berakha sur la עשייה, car la mitsva n'est que dans la לבישה (séif 1)
B. Le talit fait pour des תכריכין — exempt, même si on le porte parfois de son vivant (séif 2)
+ Cas pratiques et questions de compréhension

A. ציצית חובת גברא : pas de berakha à la confection (séif 1)

Texte original (séif 1)

[א] זְמַן בִּרְכַּת צִיצִית. צִיצִית חוֹבַת גַּבְרָא הוּא וְלֹא חוֹבַת מָנָא, שֶׁכָּל זְמַן שֶׁאֵינוֹ לוֹבֵשׁ הַטַּלִּית — פָּטוּר מִצִּיצִית ; וּלְפִיכָךְ אֵינוֹ מְבָרֵךְ עַל עֲשִׂיַּת הַצִּיצִית, שֶׁאֵין מִצְוָה אֶלָּא בִּלְבִישָׁתוֹ.
[1] Le moment de la berakha du tsitsit. Le tsitsit est une חובת גברא (obligation de la personne) et non une חובת מנא (obligation de l'objet) : car tant que l'on ne porte pas le talit, on est exempt de tsitsit. C'est pourquoi l'on ne récite pas de berakha sur la confection des tsitsit (עשיית הציצית), car il n'y a de mitsva que dans le fait de le revêtir (לבישה).
חוֹבַת גַּבְרָא / חוֹבַת מָנָא (hovat gavra / hovat mana) — « obligation de la personne / obligation de l'objet » — deux manières dont une mitsva peut « reposer » sur le monde. Si le tsitsit était une חובת מנא, le vêtement lui-même devrait porter des tsitsit — même plié dans l'armoire — et poser les fils serait la mitsva. Mais le tsitsit est une חובת גברא : l'obligation ne naît que lorsqu'une personne revêt le vêtement à quatre coins. Sans לבישה, il n'y a tout simplement pas encore de mitsva.
Trois idées dans ce séif :
Pourquoi la mezouza est-elle différente ? — Pour la mezouza (et de même la מעקה, le parapet du toit), l'obligation pèse sur celui qui habite la maison, et la mitsva s'accomplit par l'acte même de la pose : on récite donc une berakha en la fixant (לקבוע מזוזה). Pour le tsitsit, au contraire, poser les fils n'accomplit encore rien — la mitsva attend la לבישה. C'est toute la force du yesod חובת גברא : il détermine se trouve la mitsva, et donc quand se dit la berakha.
Le séif 1 en une phrase : le tsitsit est une חובת גברא et non une חובת מנא — tant qu'on ne porte pas le talit, on est exempt ; la confection n'est qu'une préparation, et la berakha n'est dite qu'au moment de la לבישה, car c'est là seulement qu'il y a mitsva.

B. Le talit fait pour des תכריכין (séif 2)

Texte original (séif 2)

[ב] עָשָׂה טַלִּית לְצֹרֶךְ תַּכְרִיכִין, אַף עַל פִּי שֶׁלּוֹבְשׁוֹ לִפְעָמִים בְּחַיָּיו — פָּטוּר.
[2] Si l'on a fait un talit pour servir de תכריכין (linceuls), même si on le porte parfois de son vivant — il est exempt.
תַּכְרִיכִין (takhrikhin) — « les linceuls » — les vêtements dans lesquels on enveloppe le défunt pour l'inhumation. La Torah dit du tsitsit : אֲשֶׁר תְּכַסֶּה בָּהּ — « [le vêtement] dont tu te couvres » : un habit destiné à couvrir le vivant. Un talit fait dès l'origine pour les takhrikhin n'est pas destiné à habiller la vie — il n'entre donc pas dans le champ de la mitsva. Sujet que la tradition aborde avec pudeur : le défunt est désormais exempt des mitsvot, et on veille à son honneur.
Deux points dans ce séif :
À retenir : un talit fait pour des תכריכין est exempt de tsitsit, même si on le porte parfois de son vivant — sa destination n'est pas d'être un vêtement « dont tu te couvres » dans la vie.

Cas pratiques

Cas 1 — On fabrique ou on répare des tsitsit

Situation : on attache soi-même les fils de tsitsit sur un talit neuf, ou l'on remplace un fil abîmé sur son talit.
Conduite : on ne récite aucune berakha à ce moment — la עשייה n'est qu'un הכשר מצוה (séif 1), et « il n'y a de mitsva que dans la לבישה ». La berakha viendra tout naturellement quand on revêtira le talit (להתעטף בציצית, voir siman 8). C'est l'inverse de la mezouza, où l'on bénit au moment de la pose.

Cas 2 — Un talit rangé qu'on n'utilise pas

Situation : on possède un talit (hérité, reçu en cadeau) qui reste plié dans une armoire ; faut-il « faire quelque chose » à son sujet ?
Conduite : tant qu'on ne le porte pas, il n'y a aucune obligation (séif 1) — le tsitsit est une חובת גברא, non une obligation du vêtement ; c'est aussi pourquoi nul n'est tenu d'acheter un talit (voir siman 17). Mais la mitsva du tsitsit est précieuse, et il est bon de chercher à la vivre concrètement — notamment par le talit katan (voir siman 24). Pour l'état des fils d'un talit qu'on décide de remettre, on vérifie avant de le porter — en cas de doute, on se réfère à la décision du Rav.

Cas 3 — Le talit destiné aux takhrikhin

Situation : une famille prépare, ou fait préparer, un talit destiné aux תכריכין ; il arrive qu'il soit porté de temps en temps du vivant de la personne.
Conduite : un tel talit est exempt de tsitsit (séif 2), même s'il est porté parfois de son vivant — sa destination n'est pas d'être un habit de vie. C'est un sujet délicat, qui touche à l'honneur dû au défunt et aux usages des communautés (notamment quant aux tsitsit du talit au moment de l'inhumation) : pour toute question concrète, on se réfère à la décision du Rav.

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Que signifie ציצית חובת גברא ולא חובת מנא (séif 1) ? Qu'est-ce qui changerait si le tsitsit était une חובת מנא ?
  2. Pourquoi ne récite-t-on pas de berakha sur la עשיית הציצית ? En quoi la mezouza (et la מעקה) diffère-t-elle ?
  3. Quand la mitsva du tsitsit se réalise-t-elle, et à quel moment la berakha est-elle donc dite ?
  4. Un talit qui reste rangé sans être porté — y a-t-il une obligation à son sujet (séif 1) ?
  5. Pourquoi le talit fait pour des תכריכין est-il exempt, même porté parfois de son vivant (séif 2) ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
Continuer l'étudeSiman 20 →
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