Pourquoi un niveau 4 dédié à l’Admour HaZaken ? Le Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken n’est pas un commentaire sur le Mehaber (מחבר) — c’est un Choulhan Aroukh autonome et complet, écrit par l’Admour HaZaken (Rabbi Schneur Zalman de Liadi, fondateur de Habad, élève du Maguid (מגיד) de Mezeritch). Sa singularité : il combine halakha (הלכה) + טעמי המצוות + dimension intérieure dans un seul ouvrage, et il tranche avec une rigueur talmudique unique.
Pour le Habad, l’Admour HaZaken est הפוסק האחרון — son psak est l’autorité décisionnaire. Cette page rassemble la voie du Rav sur le siman ר׳ — דִּין הַמַּפְסִיק כְּדֵי לְבָרֵךְ (Celui qui interrompt son repas afin de bénir), qui se déploie chez le Rav en ג׳ סְעִיפִים (trois seifim) : de celui qui n’a pas achevé son repas et s’interrompt malgré lui pour les deux qui ont fini — en distinguant ce qui suffit pour qu’on fasse zimoun sur lui et ce qu’il lui faut pour s’en acquitter lui-même —, au refus de la réciproque, où deux ne s’interrompent pas pour un et où l’obligation ne naît qu’avec leur consentement, jusqu’aux lois de « parah zimoun » et du convive qui se rend accessoire à chaque nouvelle paire ; et enfin au retour au repas interrompu, que la seule intention de continuer préserve de toute clôture — sans nouvelle bénédiction de « hamotsi ».
→ Lire la préface générale sur la chitah de l’Admour HaZaken
שולחן ערוך הרב — סימן ר׳ — דִּין הַמַּפְסִיק כְּדֵי לְבָרֵךְ
Le texte intégral du Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken
שולחן ערוך הרב, סימן ר׳ — דִּין הַמַּפְסִיק כְּדֵי לְבָרֵךְ — וּבוֹ ג׳ סְעִיפִים
Texte de l’Admour HaZaken lui-même (source Sefaria Shulchan_Arukh_HaRav,_Orach_Chayim.200), suivi de notre traduction française. Le siman comporte trois seifim (ג׳ סְעִיפִים ; seif k → .200.k).
סעיף א שְׁלֹשָׁה שֶׁאָכְלוּ כְּאַחַת — "הָאֶחָד מַפְסִיק עַל כָּרְחוֹ לְהַשְּׁנַיִם".
דִּין הַמַּפְסִיק כְּדֵי לְבָרֵךְ וּבוֹ ג׳ סְעִיפִים:
שְׁלֹשָׁה שֶׁאָכְלוּ כְּאַחַת וְגָמְרוּ [שְׁנַיִם] סְעוּדָתָם וְאֶחָד לֹא גָּמַר — הָאֶחָד מַפְסִיק עַל כָּרְחוֹ לְהַשְּׁנַיִם וְעוֹנֶה עִמָּהֶם בִּרְכַּת הַזִּמּוּן, וְשׁוֹמֵעַ עַד "הַזָּן אֶת הַכֹּל", כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן קצ״ג. וְאִם לָאו — הוּא לֹא יָצָא יְדֵי חוֹבַת זִמּוּן.
אֲבָל הֵם מְזַמְּנִין עָלָיו בֵּין עוֹנֶה בֵּין אֵינוֹ עוֹנֶה, כָּל שֶׁהוּא עוֹמֵד שָׁם וְשׁוֹמֵעַ וְיָכוֹל לַעֲנוֹת. וְאִם אֵינוֹ עוֹמֵד עִמָּהֶם — קוֹרִין לוֹ עַד שֶׁיִּתְקָרֵב אֲלֵיהֶם וְיוּכַל לִשְׁמֹעַ וְלַעֲנוֹת עִמָּהֶם, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן קצ״ד (מַה שֶּׁאֵין כֵּן בְּחֵרֵשׁ שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לִשְׁמֹעַ וְאִלֵּם שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לַעֲנוֹת — אֵין מְזַמְּנִין עֲלֵיהֶם אֶלָּא בַּעֲשָׂרָה, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן קצ״ט):
Celui qui interrompt son repas afin de bénir — et il comporte trois seifim. Trois qui ont mangé ensemble, et [deux] ont achevé leur repas tandis que l’un n’a pas achevé — celui-là interrompt malgré lui pour les deux, répond avec eux la bénédiction du zimoun, et écoute jusqu’à « hazan et hakol » (Celui qui nourrit toute chose), comme il a été expliqué au siman קצ״ג. Et sinon — lui-même ne s’est pas acquitté de l’obligation du zimoun.
Mais eux font zimoun sur lui, qu’il réponde ou qu’il ne réponde pas, dès lors qu’il se tient là, qu’il entend et qu’il peut répondre. Et s’il ne se tient pas avec eux — on l’appelle jusqu’à ce qu’il s’approche d’eux et puisse entendre et répondre avec eux, comme il a été expliqué au siman קצ״ד (il n’en va pas de même du sourd qui ne peut entendre et du muet qui ne peut répondre — on ne fait zimoun sur eux qu’à dix, comme il a été expliqué au siman קצ״ט).
Explication. Deux choses distinctes sont ici tenues ensemble sans être confondues. La première : l’obligation du zimoun, une fois née de la table commune, ne se plie pas au confort de chacun — celui qui n’a pas fini interrompt malgré lui, parce que le zimoun appartient à la compagnie et non à l’individu. La seconde : être compté et s’acquitter ne sont pas la même chose. Pour qu’eux fassent zimoun sur lui, il suffit qu’il soit présent et en mesure de répondre ; pour que lui se soit acquitté du zimoun, il faut qu’il ait réellement écouté jusqu’à « hazan et hakol ». D’où la conséquence : on le rappelle jusqu’à portée d’oreille — car c’est la possibilité d’entendre et de répondre qui fait le lien —, tandis que le sourd et le muet, à qui cette possibilité manque par nature, sont renvoyés par le Rav au régime de dix du siman קצ״ט.
סעיף ב "שְׁנַיִם אֵינָן חַיָּבִים לְהַפְסִיק לְאֶחָד" — וְדִינֵי "פָּרַח זִמּוּן".
אֲבָל שְׁנַיִם אֵינָן חַיָּבִים לְהַפְסִיק לְאֶחָד. לְפִיכָךְ, אֵין חִיּוּב זִמּוּן חָל עֲלֵיהֶם כְּלָל עַד שֶׁיִּתְרַצּוּ לְהַפְסִיק לָאֶחָד וּלְבָרֵךְ. וְאִם לֹא רָצוּ לְהַפְסִיק וְזִמֵּן הוּא עֲלֵיהֶם וְלֹא עָנוּ אַחֲרָיו, אוֹ שֶׁלֹּא שָׁמְעוּ עַד "הַזָּן אֶת הַכֹּל" — לֹא עָשָׂה כְּלוּם וְלֹא יָצָא יְדֵי זִמּוּן. לְפִיכָךְ, אַף הוּא אֵינוֹ רַשַּׁאי לְבָרֵךְ עַד שֶׁיִּגְמְרוּ הַשְּׁנַיִם סְעוּדָתָם וִיזַמֵּן עֲלֵיהֶם, שֶׁהֲרֵי כְּבָר נִתְחַיֵּב בְּזִמּוּן מִתְּחִלַּת הַסְּעוּדָה אִם הִתְחִילוּ שְׁלָשְׁתָּם יַחַד, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן קצ״ג.
וְאִם נִתְרַצּוּ לְהַפְסִיק לוֹ וְזִמֵּן עֲלֵיהֶם וְאַחַר כָּךְ בָּא אֶחָד מִן הַשּׁוּק וְקָבַע עִמָּהֶם וְגָמְרוּ סְעוּדָתָם עִמּוֹ — אֵינָן חוֹזְרִין וּמְזַמְּנִין, שֶׁכְּבָר פָּרַח מֵהֶם זִמּוּן כְּשֶׁזִּמְּנוּ פַּעַם רִאשׁוֹנָה. אֲבָל אֶחָד הַמַּפְסִיק לִשְׁנַיִם וְאַחַר כָּךְ בָּאוּ שְׁנַיִם מִן הַשּׁוּק וְקָבְעוּ אֶצְלוֹ וְגָמַר סְעוּדָתוֹ עִמָּהֶם — חוֹזֵר וּמְזַמֵּן עִמָּהֶם, שֶׁהוּא נַעֲשָׂה טָפֵל לִשְׁנַיִם אֵלּוּ שֶׁלֹּא זִמְּנוּ עֲדַיִן, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן קצ״ג. וְהוּא הַדִּין פַּעַם ב׳ וְג׳ אוֹ יוֹתֵר, יָכוֹל לְהַפְסִיק וּלְזַמֵּן עִם כָּל שְׁנַיִם שֶׁבָּאוּ וְקָבְעוּ אֶצְלוֹ וְאָכַל עִמָּהֶם כְּזַיִת.
וְהוּא הַדִּין אִם הָיוּ תִּשְׁעָה קְבוּעִים יַחַד מִתְּחִלָּה וְהִפְסִיק אֶחָד לִשְׁנַיִם מֵהֶם — יָכוֹל [הָ]אֶחָד לַחֲזֹר וּלְהַפְסִיק לִשְׁנַיִם אֲחֵרִים מֵהֶם, וְלַחֲזֹר וּלְהַפְסִיק לִשְׁנַיִם, אֲבָל שְׁנַיִם הָאַחֲרוֹנִים פָּרַח זִמּוּן מֵהֶם כְּשֶׁזִּמְּנוּ הָרִאשׁוֹנִים, וְלֹא נִשְׁאַר זִמּוּן בַּחֲבוּרָה אִם לֹא שֶׁאָכְלוּ עוֹד אַחַר זִמּוּן הָרִאשׁוֹנִים, כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר שָׁם בְּסִימָן קצ״ג, וְשָׁם נִתְבָּאֲרוּ כָּל פְּרָטֵי דִּינֵי "פָּרַח זִמּוּן":
Mais deux ne sont pas tenus d’interrompre pour un seul. C’est pourquoi l’obligation du zimoun ne s’applique pas du tout à eux tant qu’ils n’ont pas consenti à interrompre pour l’un et à bénir. Et s’ils n’ont pas voulu interrompre, et qu’il a fait zimoun sur eux et qu’ils n’ont pas répondu après lui, ou qu’ils n’ont pas écouté jusqu’à « hazan et hakol » — il n’a rien fait et ne s’est pas acquitté du zimoun. C’est pourquoi lui non plus n’est pas autorisé à bénir avant que les deux n’aient achevé leur repas et qu’il ne fasse zimoun sur eux, car il s’est déjà rendu redevable du zimoun dès le début du repas s’ils ont commencé tous les trois ensemble, comme il a été expliqué au siman קצ״ג.
Et s’ils ont consenti à interrompre pour lui et qu’il a fait zimoun sur eux, puis qu’un homme est venu du marché, s’est fixé avec eux et qu’ils ont achevé leur repas avec lui — ils ne recommencent pas le zimoun, car le zimoun s’est déjà envolé d’eux lorsqu’ils ont fait zimoun la première fois. Mais celui qui, étant seul, interrompt pour deux, et qu’ensuite deux sont venus du marché et se sont fixés auprès de lui et qu’il a achevé son repas avec eux — il recommence et fait zimoun avec eux, car il devient accessoire (tafel) à ces deux-là qui n’ont pas encore fait zimoun, comme il a été expliqué au siman קצ״ג. Et il en va de même une deuxième et une troisième fois, ou davantage : il peut interrompre et faire zimoun avec chaque paire venue se fixer auprès de lui, dès lors qu’il a mangé avec eux un kazayit.
Et il en va de même s’ils étaient neuf fixés ensemble depuis le début et que l’un a interrompu pour deux d’entre eux — [l’]un peut revenir et interrompre pour deux autres d’entre eux, et revenir encore et interrompre pour deux ; mais les deux derniers, le zimoun s’est envolé d’eux lorsque les premiers ont fait zimoun, et il n’est pas resté de zimoun dans la compagnie — à moins qu’ils n’aient encore mangé après le zimoun des premiers —, comme il a été expliqué là-bas au siman קצ״ג ; et là-bas ont été expliqués tous les détails des lois de « parah zimoun » (« le zimoun s’est envolé »).
Explication. Le seif précédent obligeait l’un à s’interrompre pour les deux ; celui-ci refuse la réciproque, et le Rav en tire une conséquence que l’on n’attendait pas. Puisque les deux ne doivent rien, l’obligation elle-même ne se pose pas encore : tant qu’ils n’ont pas consenti, il n’y a pas de zimoun manqué, il n’y a pas de zimoun du tout. Un zimoun récité sans leur accord n’est donc pas un zimoun imparfait — il n’a rien fait. Et parce que l’obligation, elle, est née chez lui dès le début du repas commun, il ne peut pas non plus bénir seul : il est tenu d’attendre. La seconde moitié du seif applique la règle du « zimoun envolé ». Ceux qui ont déjà zimouné ont épuisé leur obligation, et un nouveau venu ne la ravive pas ; mais celui qui n’a pas fini son repas n’a rien épuisé — il peut donc se rendre tafel, autant de fois qu’il le faut, à chaque nouvelle paire, à condition d’avoir mangé un kazayit avec elle. Le cas des neuf n’ajoute pas de règle : il montre la même mécanique jusqu’à son terme, jusqu’à l’instant où il ne reste plus, dans la compagnie, aucune obligation à réveiller.
סעיף ג הַמַּפְסִיק לְזִמּוּן — "אֵין כָּאן הֶפְסֵק וְהֶסַּח הַדַּעַת כְּלָל".
הַמַּפְסִיק לְזִמּוּן אֵין צָרִיךְ לַחֲזֹר וּלְבָרֵךְ "הַמּוֹצִיא" כְּשֶׁחוֹזֵר לִסְעוּדָתוֹ, שֶׁאֵין כָּאן הֶפְסֵק וְהֶסַּח הַדַּעַת כְּלָל, כִּי גַּם בִּשְׁמִיעָתוֹ בִּרְכַּת "הַזָּן" הָיְתָה כַּוָּנָתוֹ לֶאֱכֹל עוֹד וְשֶׁלֹּא לָצֵאת בִּבְרָכָה זוֹ. וּלְפִיכָךְ, אִם אַחַר כָּךְ נִמְלַךְ שֶׁלֹּא לֶאֱכֹל עוֹד — צָרִיךְ לַחֲזֹר וּלְבָרֵךְ בִּרְכַּת הַמָּזוֹן.
אֲבָל אִם לֹא הָיָה בְּדַעְתּוֹ לֶאֱכֹל עוֹד פַּת רַק פַּרְפֶּרֶת — יָצָא יְדֵי חוֹבַת בִּרְכַּת "הַזָּן", וּמַתְחִיל בִּרְכוֹת הַמָּזוֹן מִבִּרְכַּת הָאָרֶץ. וּמִכָּל מָקוֹם, יִזָּהֵר שֶׁלֹּא יָ[שִׂ]יחַ בֵּינְתַיִם, וְאַחַר בִּרְכַּת הַמָּזוֹן יְבָרֵךְ מֵעֵין ג׳, שֶׁהִיא בְּרָכָה אַחֲרוֹנָה עַל הַפַּרְפֶּרֶת, שֶׁהִיא מֵחֲמֵשֶׁת הַמִּינִין, כִּי לֹא נִפְטְרָה בְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן, הוֹאִיל וְלֹא בֵּרַךְ בָּהּ בִּרְכַּת "הַזָּן".
וְאִם אַחַר שֶׁיָּצָא יְדֵי חוֹבַת בִּרְכַּת "הַזָּן" נִמְלַךְ לַחֲזֹר וְלֶאֱכֹל פַּת — צָרִיךְ לִטֹּל יָדָיו וּלְבָרֵךְ "הַמּוֹצִיא" תְּחִלָּה, שֶׁכְּבָר עָשָׂה סִלּוּק וְהֶסַּח הַדַּעַת בְּבָרְכוֹ בְּרָכָה אַחַת מִבִּרְכַּת הַמָּזוֹן (אֲבָל הֶסַּח הַדַּעַת לְבַדּוֹ אֵינוֹ זָקוּק לְבָרֵךְ "הַמּוֹצִיא", כְּמוֹ שֶׁנִּתְבָּאֵר בְּסִימָן קע״ט):
Celui qui interrompt pour le zimoun n’a pas besoin de revenir bénir « hamotsi » lorsqu’il retourne à son repas, car il n’y a là ni interruption ni détournement d’attention (hessah hadaat) du tout, puisque même en écoutant la bénédiction de « hazan » son intention était de manger encore et de ne pas s’acquitter par cette bénédiction. C’est pourquoi, si par la suite il s’est ravisé et ne veut plus manger — il doit revenir et réciter le birkat hamazon.
Mais s’il n’avait pas en tête de manger encore du pain, mais seulement une parperet (un mets d’accompagnement, des cinq espèces) — il s’est acquitté de l’obligation de la bénédiction de « hazan », et il commence les bénédictions du mazon à partir de la bénédiction de la terre (birkat haarets). Et malgré tout, qu’il prenne garde de ne pas converser entre-temps ; et après le birkat hamazon il récitera méein chalosh, qui est la bénédiction finale sur la parperet, laquelle est des cinq espèces, car elle n’a pas été acquittée par le birkat hamazon, puisqu’il n’y a pas récité la bénédiction de « hazan ».
Et si, après s’être acquitté de l’obligation de la bénédiction de « hazan », il s’est ravisé et veut revenir manger du pain — il doit se laver les mains et réciter « hamotsi » d’abord, car il a déjà opéré une clôture (silouk) et un détournement d’attention en récitant l’une des bénédictions du birkat hamazon (mais le détournement d’attention à lui seul n’oblige pas à bénir « hamotsi », comme il a été expliqué au siman קע״ט).
Explication. Tout ce seif se joue sur l’intention. Écouter « hazan » pour faire nombre n’est pas le réciter pour soi : la pensée de continuer le repas, et de ne pas s’acquitter par cette bénédiction, empêche l’écoute de valoir clôture — le repas n’a donc pas été interrompu, et « hamotsi » n’a pas à être répété. Mais la même intention, retournée, produit l’effet inverse : celui qui écoutait sans plus vouloir de pain a bel et bien reçu la bénédiction de « hazan », de sorte qu’il n’a plus qu’à reprendre à birkat haarets — d’où l’avertissement de ne pas parler entre-temps, une bénédiction commencée ne souffrant pas d’être coupée. Le dernier cas mesure la différence : lorsqu’il a réellement récité une bénédiction du birkat hamazon, la clôture est faite en acte, et non plus dans la seule pensée ; c’est pourquoi il faut nétilat yadaïm et « hamotsi » — alors que le simple hessah hadaat, sans acte, ne l’exigerait pas (siman קע״ט).
הלכה למעשה — מנהג חב״ד
La conduite Habad pratique
Des points de conduite qui découlent directement du siman ר׳ dans la sensibilité de l’Admour HaZaken et de Habad — présentés au niveau du principe, en renvoyant au Rav pour le détail des cas.
Pour le Hassid Habad — Siman ר׳ (דִּין הַמַּפְסִיק כְּדֵי לְבָרֵךְ)
- ① Seif א. Trois qui ont mangé ensemble et dont deux ont achevé : celui qui n’a pas fini s’interrompt malgré lui, répond le zimoun avec eux et écoute jusqu’à « hazan et hakol » — faute de quoi il ne s’est pas acquitté, lui, du zimoun. Eux, en revanche, font zimoun sur lui qu’il réponde ou non, dès lors qu’il est présent et en mesure de répondre ; s’il est à l’écart, on l’appelle jusqu’à ce qu’il puisse entendre et répondre (siman קצ״ד).
- ② Seif ב. L’inverse n’oblige pas : deux ne s’interrompent pas pour un, et tant qu’ils n’y ont pas consenti l’obligation ne se pose même pas — un zimoun récité sans eux n’a rien produit. Lui, pourtant, ne peut pas bénir seul : redevable depuis le début du repas commun, il attend qu’ils achèvent. Après un zimoun, le zimoun « s’est envolé » de ceux qui l’ont dit, et un nouveau venu ne le ravive pas ; mais celui qui n’a pas fini son repas peut se faire tafel et zimouner encore avec chaque paire qui se fixe auprès de lui — à condition d’avoir mangé un kazayit avec elle.
- ③ Seif ג. Celui qui s’est interrompu pour le zimoun ne refait pas « hamotsi » en reprenant son repas : son intention de continuer empêche toute clôture — et c’est pourquoi, s’il se ravise et cesse de manger, il devra réciter le birkat hamazon. S’il ne comptait plus manger de pain mais seulement une parperet, il s’est acquitté de « hazan », reprend à birkat haarets, prend garde de ne pas converser entre-temps, et récite ensuite méein chalosh sur la parperet. Et s’il se ravise alors pour reprendre du pain : nétilat yadaïm et « hamotsi », car une bénédiction du birkat hamazon déjà récitée a fait clôture en acte (à la différence du seul hessah hadaat — siman קע״ט).
⚠ Cette section présente la conduite Habad fondée sur le Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken, siman ר׳ (texte réel reproduit au §1). Elle ne remplace pas une décision rabbinique pour un cas particulier. Pour toute question concrète — s’interrompre ou non au milieu de son repas, le zimoun refait avec une nouvelle paire, la reprise du repas et la nécessité de « hamotsi » — consulter ton Rav, et pour Habad, un Rav de Habad.