Pourquoi un niveau 4 dédié à l’Admour HaZaken ? Le Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken n’est pas un commentaire sur le Mehaber (מחבר) — c’est un Choulhan Aroukh autonome et complet, écrit par l’Admour HaZaken (Rabbi Schneur Zalman de Liadi, fondateur de Habad, élève du Maguid (מגיד) de Mezeritch). Sa singularité : il combine halakha (הלכה) + טעמי המצוות + dimension intérieure dans un seul ouvrage, et il tranche avec une rigueur talmudique unique.
Pour le Habad, l’Admour HaZaken est הפוסק האחרון — son psak est l’autorité décisionnaire. Cette page rassemble la voie du Rav sur le siman ר״א — מִי הוּא הַמְבָרֵךְ (qui doit dire le birkat hamazon), qui se déploie chez le Rav en ה׳ סְעִיפִים (cinq seifim) : du plus grand en sagesse de tous les convives, qui bénit pour tous même arrivé à la fin du repas — et qui peut céder ce droit, ou le voir céder pour lui lorsqu’il doit sans cesse s’interrompre — à la préséance du sage israélite sur le kohen, et à l’interdit de faire passer un kohen am haaretz au titre du droit de la kehouna ; de la mitsva positive de « vekidachto », qui, à sagesse égale, ouvre au kohen la lecture de la Torah, la parole dans l’assemblée, « hamotsi », le birkat hamazon et la belle part — avec ses deux limites, l’israélite plus savant et l’association d’affaires — jusqu’au Lévi, que l’on fait passer là où il n’y a pas de kohen, mais sans obligation ; puis au renversement de tout cet ordre devant l’invité, qui bénit pour bénir son hôte ; jusqu’à celui qui refuse de bénir et abrège ses jours, et à la recherche du kos chel berakha, parce que la récompense est donnée d’abord à celui qui bénit.
→ Lire la préface générale sur la chitah de l’Admour HaZaken
שולחן ערוך הרב — סימן ר״א — מִי הוּא הַמְבָרֵךְ
Le texte intégral du Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken
שולחן ערוך הרב, סימן ר״א — מִי הוּא הַמְבָרֵךְ — וּבוֹ ה׳ סְעִיפִים
Texte de l’Admour HaZaken lui-même (source Sefaria Shulchan_Arukh_HaRav,_Orach_Chayim.201), suivi de notre traduction française. Le siman comporte cinq seifim (ה׳ סְעִיפִים ; seif k → .201.k).
סעיף א גָּדוֹל בְּחָכְמָה שֶׁבְּכָל הַמְסֻבִּין הוּא יְבָרֵךְ — וּרְשׁוּת בְּיָדוֹ לִתֵּן לְקָטָן.
מִי הוּא הַמְבָרֵךְ וּבוֹ ה׳ סְעִיפִים:
גָּדוֹל בְּחָכְמָה שֶׁבְּכָל הַמְסֻבִּין, הוּא יְבָרֵךְ בִּרְכַּת הַמָּזוֹן לְכֻלָּם, אֲפִלּוּ אִם בָּא בְּסוֹף הַסְּעוּדָה. וְאִם רוֹצֶה לִתֵּן רְשׁוּת לְקָטָן לְבָרֵךְ — הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ.
וְאִם הַגָּדוֹל מוֹצִיא לֵחָה (שֶׁקּוֹרִין הוש״ט) — יְבָרֵךְ אַחֵר, כִּי זֶה אֵין נָכוֹן שֶׁיַּפְסִיק פְּעָמִים רַבּוֹת וְיִהְיֶה רוֹקֵק וַאֲחֵרִים יַמְתִּינוּ:
Qui est celui qui bénit, et il comporte cinq seifim. Le plus grand en sagesse parmi tous ceux qui sont attablés, c’est lui qui dira le birkat hamazon pour eux tous, même s’il est arrivé à la fin du repas. Et s’il veut donner l’autorisation à un plus petit que lui de bénir — le choix lui appartient.
Et si le grand émet des glaires (ce que l’on appelle הוש״ט) — qu’un autre bénisse ; car il n’est pas convenable qu’il interrompe à maintes reprises, qu’il crache, et que les autres attendent.
סעיף ב חָכָם יִשְׂרָאֵל קֹדֶם לְכֹהֵן — וּלְכֹהֵן עַם הָאָרֶץ אָסוּר לְהַקְדִּים.
חָכָם יִשְׂרָאֵל קֹדֶם לְכֹהֵן אֲפִלּוּ שֶׁאֵינוֹ חָכָם כְּמוֹתוֹ, אַף עַל פִּי שֶׁהוּא גַּם כֵּן תַּלְמִיד חָכָם. וּמִכָּל מָקוֹם, טוֹב שֶׁיִּמְחֹל יִשְׂרָאֵל הֶחָכָם עַל כְּבוֹדוֹ וְיַקְדִּימוֹ הַכֹּהֵן לְבָרֵךְ, וְלֹא יְבָרֵךְ לְפָנָיו, כֵּיוָן שֶׁהַכֹּהֵן גַּם כֵּן תַּלְמִיד חָכָם. וְהָעוֹשֶׂה כֵּן מַאֲרִיךְ יָמִים.
אֲבָל לְכֹהֵן עַם הָאָרֶץ אָסוּר לְהַקְדִּים דֶּרֶךְ חֹק וּמִשְׁפַּט כְּהֻנָּה, מִשּׁוּם בִּזְיוֹן הַתּוֹרָה, כִּי מַעֲלָתָהּ גְּדוֹלָה מִמַּעֲלַת הַכְּהֻנָּה. אֲבָל אִם הֶחָכָם נוֹתֵן לוֹ רְשׁוּת לְבָרֵךְ כָּךְ בְּלֹא חֹק וּמִשְׁפַּט כְּהֻנָּה — מֻתָּר. וַאֲפִלּוּ אִם הֶחָכָם הוּא כֹּהֵן וְהָעַם הָאָרֶץ הוּא יִשְׂרָאֵל:
Un sage israélite précède un kohen, même un kohen qui n’est pas aussi savant que lui, bien que celui-ci soit lui aussi un talmid hakham. Néanmoins, il est bon que le sage israélite renonce à son honneur, qu’il laisse le kohen le précéder pour bénir et qu’il ne bénisse pas avant lui, puisque le kohen est lui aussi un talmid hakham. Et celui qui agit ainsi prolonge ses jours.
Mais à un kohen am haaretz, il est interdit de donner la préséance au titre du statut et du droit de la kehouna, à cause du mépris de la Torah — car son degré est plus grand que le degré de la kehouna. Mais si le sage lui donne l’autorisation de bénir, ainsi, sans statut ni droit de kehouna — c’est permis. Et cela même si le sage est kohen et que l’am haaretz est israélite.
סעיף ג שָׁוִין בְּחָכְמָה — מִצְוַת עֲשֵׂה מִן הַתּוֹרָה לְהַקְדִּים הַכֹּהֵן.
כֹּהֵן וְיִשְׂרָאֵל שֶׁהֵם שָׁוִין בְּחָכְמָה, מִצְוַת עֲשֵׂה מִן הַתּוֹרָה לְהַקְדִּים הַכֹּהֵן, שֶׁנֶּאֱמַר "וְקִדַּשְׁתּוֹ", וְדָרְשׁוּ חֲכָמִים: לְכָל דָּבָר שֶׁבִּקְדֻשָּׁה, כְּלוֹמַר בְּכָל דָּבָר שֶׁיֵּרָאֶה גָּדוֹל הוּא מְקֻדָּשׁ, כְּגוֹן לִפְתֹּחַ רִאשׁוֹן בִּקְרִיאַת הַתּוֹרָה, וְלִהְיוֹת רֹאשׁ הַמְדַבְּרִים בְּכָל קִבּוּץ עַם לְדַבֵּר וְלִדְרֹשׁ תְּחִלָּה, וְכֵן בַּיְּשִׁיבָה יְדַבֵּר בָּרֹאשׁ, וְכֵן בַּסְּעוּדָה הוּא קֹדֶם לְבָרֵךְ "הַמּוֹצִיא" וּבִרְכַּת הַמָּזוֹן, וְלִתֵּן לוֹ מָנָה יָפָה בַּתְּחִלָּה לְכָל הַמְסֻבִּין. אֶלָּא אִם כֵּן יֵשׁ יִשְׂרָאֵל גָּדוֹל מִמֶּנּוּ בְּחָכְמָה, אֲזַי יִתְּנוּ לְהֶחָכָם מָנָה הַיָּפָה תְּחִלָּה. וְצָרִיךְ לִזָּהֵר בְּכָל אֵלּוּ שֶׁהֵם מִן הַתּוֹרָה. אֲבָל כְּשֶׁהַכֹּהֵן חוֹלֵק אֵיזֶה שֻׁתָּפוּת עִם חֲבֵרוֹ יִשְׂרָאֵל — אֵין צָרִיךְ לִתֵּן לוֹ הַחֵלֶק הַיָּפֶה, שֶׁאֵין זֶה דֶּרֶךְ כָּבוֹד שֶׁיִּטֹּל חֵלֶק הַיָּפֶה, שֶׁכָּל הַנּוֹתֵן עֵינָיו בַּחֵלֶק הַיָּפֶה — אֵינוֹ רוֹאֶה סִימַן בְּרָכָה לְעוֹלָם.
וּבְמָקוֹם שֶׁאֵין כֹּהֵן, טוֹב לְהַקְדִּים גַּם כֵּן הַלֵּוִי לְיִשְׂרָאֵל בְּכָל אֵלּוּ אִם הֵם שָׁוִין בְּחָכְמָה (וְהָעוֹשֶׂה כֵּן מַאֲרִיךְ יָמִים. אֲבָל אֵין חִיּוּב בַּדָּבָר, שֶׁלֹּא נֶאֱמַר "וְקִדַּשְׁתּוֹ" אֶלָּא בְּכֹהֵן, "כִּי אֶת לֶחֶם אֱלֹהֶיךָ הוּא מַקְרִיב וְגוֹ׳"):
Un kohen et un israélite qui sont égaux en sagesse : c’est une mitsva positive de la Torah de donner la préséance au kohen, car il est dit « vekidachto », et les Sages ont exposé : pour toute chose de sainteté — c’est-à-dire en toute chose où il apparaîtra grand, il est sanctifié. Par exemple : ouvrir le premier à la lecture de la Torah ; être le premier des orateurs en toute assemblée du peuple, pour parler et enseigner en tête ; de même à la yechiva, il parlera en tête ; de même au repas, c’est lui qui précède pour dire « hamotsi » et le birkat hamazon ; et l’on doit lui donner la belle part en premier, avant tous les convives. À moins qu’il n’y ait un israélite plus grand que lui en sagesse : alors c’est au sage que l’on donnera la belle part en premier. Et il faut prendre garde à tout cela, car ce sont là des obligations de la Torah.
Mais lorsque le kohen partage quelque association avec son compagnon israélite — il n’est pas nécessaire de lui donner la belle part, car ce n’est pas là une marque d’honneur qu’il prenne la belle part ; car quiconque porte les yeux sur la belle part ne voit jamais signe de bénédiction.
Et dans un lieu où il n’y a pas de kohen, il est bon de donner également la préséance au Lévi sur l’israélite en tout cela, s’ils sont égaux en sagesse (et celui qui agit ainsi prolonge ses jours. Mais il n’y a pas d’obligation en la matière, car « vekidachto » n’a été dit que du kohen, « car c’est lui qui offre le pain de ton D-ieu, etc. »).
סעיף ד אוֹרֵחַ וּבַעַל הַבַּיִת — הָאוֹרֵחַ מְבָרֵךְ כְּדֵי שֶׁיְּבָרֵךְ לְבַעַל הַבַּיִת.
בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים שֶׁהֶחָכָם קֹדֶם לְכֹהֵן וְכֹהֵן לְלֵוִי וְלֵוִי לְיִשְׂרָאֵל לְבָרֵךְ בִּרְכַּת הַמָּזוֹן? כְּשֶׁכָּל הַמְסֻבִּין הֵם בַּעֲלֵי בָּתִּים וְאֵין שָׁם אוֹרֵחַ, אוֹ שֶׁכֻּלָּם אוֹרְחִים וְאֵין שָׁם בַּעַל הַבַּיִת מֵסֵב עִמָּהֶם. אֲבָל אוֹרֵחַ וּבַעַל הַבַּיִת, אֲפִלּוּ בַּעַל הַבַּיִת הוּא כֹּהֵן וְגָדוֹל בְּחָכְמָה — הָאוֹרֵחַ מְבָרֵךְ, כְּדֵי שֶׁיְּבָרֵךְ לְבַעַל הַבַּיִת. וּמַה בְּרָכָה מְבָרְכוֹ? "יְהִי רָצוֹן שֶׁלֹּא יֵבוֹשׁ וְלֹא יִכָּלֵם בַּעַל הַבַּיִת הַזֶּה לֹא בָּעוֹלָם הַזֶּה וְלֹא בָּעוֹלָם הַבָּא, וְיַצְלִיחַ בְּכָל נְכָסָיו, וְיִהְיוּ נְכָסָיו מֻצְלָחִים וּקְרוֹבִים לָעִיר, וְלֹא יִשְׁלֹט שָׂטָן בְּמַעֲשֵׂי יָדָיו, וְאַל יִזְדַּקֵּר לְפָנָיו שׁוּם דְּבַר חֵטְא וְעָוֹן מֵעַתָּה וְעַד עוֹלָם".
וּמִכָּל מָקוֹם, אִם הָאוֹרֵחַ אֵינוֹ הָגוּן בְּעֵינֵי בַּעַל הַבַּיִת — רַשַּׁאי לְהַעֲבִיר מִמֶּנּוּ הַבְּרָכָה וְלִתְּנוֹ לְאֶחָד מִבְּנֵי בֵּיתוֹ, אֲפִלּוּ לֹא יְבָרְכֶנּוּ, כְּגוֹן שֶׁהוּא סָמוּךְ עַל שֻׁלְחָנוֹ בְּשָׂכָר, שֶׁאֵין צָרִיךְ לְבָרֵךְ לְבַעַל הַבַּיִת.
וַאֲפִלּוּ הוּא הָגוּן בְּעֵינָיו וְרוֹצֶה לְוַתֵּר עַל בִּרְכָתוֹ וּלְבָרֵךְ בְּעַצְמוֹ — הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ:
En quel cas dit-on que le sage précède le kohen, le kohen le Lévi, et le Lévi l’israélite pour dire le birkat hamazon ? Lorsque tous les convives sont des maîtres de maison et qu’il n’y a pas là d’invité, ou bien qu’ils sont tous des invités et qu’aucun maître de maison n’est attablé avec eux. Mais s’il y a un invité et un maître de maison — même si le maître de maison est kohen et grand en sagesse — c’est l’invité qui bénit, afin qu’il bénisse le maître de maison. Et de quelle bénédiction le bénit-il ? « Que ce soit Ta volonté que ce maître de maison ne connaisse ni honte ni confusion, ni en ce monde-ci ni dans le monde à venir ; qu’il réussisse en tous ses biens ; que ses biens soient prospères et proches de la ville ; que le Satan n’ait point d’emprise sur l’œuvre de ses mains ; et qu’aucune chose de faute ni d’iniquité ne se dresse devant lui, dès maintenant et à jamais. »
Néanmoins, si l’invité n’est pas convenable aux yeux du maître de maison — celui-ci a le droit de lui retirer la bénédiction et de la donner à l’un des gens de sa maison, même si ce dernier ne le bénira pas : par exemple celui qui est nourri à sa table contre salaire, lequel n’a pas à bénir le maître de maison.
Et même si l’invité est convenable à ses yeux, et que le maître de maison veut renoncer à sa bénédiction et bénir lui-même — le choix lui appartient.
סעיף ה אוֹרֵחַ שֶׁאֵינוֹ מְבָרֵךְ מְקַצֵּר יָמָיו — וְיֵשׁ לַחֲזֹר אַחַר כּוֹס שֶׁל בְּרָכָה.
וְאוֹרֵחַ שֶׁנּוֹתְנִים לוֹ לְבָרֵךְ וְאֵינוֹ מְבָרֵךְ — מְקַצֵּר יָמָיו, מִשּׁוּם שֶׁנִּמְנַע לְבָרֵךְ אֶת בַּעַל הַבַּיִת, שֶׁהוּא מִזֶּרַע אַבְרָהָם שֶׁנֶּאֱמַר בּוֹ: "וַאֲבָרְכָה מְבָרְכֶיךָ", וּמִכְּלַל הֵן אַתָּה שׁוֹמֵעַ לָאו.
וְגַם כָּל אָדָם יֵשׁ לוֹ לַחֲזֹר שֶׁיִּתְּנוּ לוֹ כּוֹס שֶׁל בְּרָכָה לְבָרֵךְ בִּרְכַּת הַמָּזוֹן בְּזִמּוּן, וְלֹא לִשְׁמֹעַ וְלַעֲנוֹת "אָמֵן", שֶׁאַף שֶׁהַשּׁוֹמֵעַ כְּעוֹנֶה, וְעוֹנֶה "אָמֵן" כְּמוֹצִיא בְּרָכָה מִפִּיו, מִכָּל מָקוֹם, מְמַהֲרִין לִתֵּן שָׂכָר תְּחִלָּה לְהַמְבָרֵךְ:
Et un invité à qui l’on donne de bénir et qui ne bénit pas — abrège ses jours, parce qu’il s’est abstenu de bénir le maître de maison, lequel est de la descendance d’Abraham, dont il est dit : « et je bénirai ceux qui te bénissent » — et de l’affirmation tu déduis la négation.
Et de même, tout homme doit rechercher qu’on lui donne le kos chel berakha pour dire le birkat hamazon avec zimoun, plutôt que d’écouter et de répondre « amen ». Car bien que celui qui écoute soit comme celui qui récite, et que celui qui répond « amen » soit comme celui qui prononce la bénédiction de sa bouche — néanmoins, on se hâte de donner la récompense d’abord à celui qui bénit.
הלכה למעשה — מנהג חב״ד
La conduite Habad pratique
Des points de conduite qui découlent directement du siman ר״א dans la sensibilité de l’Admour HaZaken et de Habad — présentés au niveau du principe, en renvoyant au Rav pour le détail des cas.
Pour le Hassid Habad — Siman ר״א (מִי הוּא הַמְבָרֵךְ)
- ① Seif א. C’est la sagesse, non la place à table ni l’heure d’arrivée, qui désigne le mezamen : le plus grand en sagesse de tous les convives dit le birkat hamazon pour tous, même s’il est arrivé à la fin du repas. Ce droit n’est pas une chaîne : il peut en donner l’autorisation à un plus petit que lui. Et une raison toute concrète le fait céder — celui qui doit s’interrompre sans cesse et cracher ne fera pas attendre l’assemblée : qu’un autre bénisse.
- ② Seif ב. Entre la Torah et la kehouna, l’Admour HaZaken tranche pour la Torah : le sage israélite précède le kohen, même quand ce kohen est lui aussi un talmid hakham. Mais le psak n’est pas une invitation à en user : il est bon de renoncer à son honneur et de laisser bénir le kohen — et celui qui agit ainsi prolonge ses jours. La ligne rouge est ailleurs : donner la préséance à un kohen am haaretz au titre de la kehouna est interdit, car c’est mépriser la Torah. Le lui donner comme une simple autorisation du sage reste permis.
- ③ Seif ג. À sagesse égale, la préséance du kohen n’est plus une convenance : c’est une mitsva positive de la Torah, tirée de « vekidachto ». Elle ne se limite pas au repas — premier à la lecture de la Torah, premier à parler dans l’assemblée et à la yechiva, premier pour « hamotsi » et le birkat hamazon, et la belle part avant tous. Deux bornes : un israélite plus savant reprend le pas, et une association d’affaires ne relève pas du kabod — « quiconque porte les yeux sur la belle part ne voit jamais signe de bénédiction ». À défaut de kohen, on fait de même pour le Lévi, mais sans obligation.
- ④ Seif ד. Toute cette hiérarchie s’efface devant une autre : l’invité bénit, fût le maître de maison kohen et grand en sagesse — non par honneur, mais pour qu’il puisse bénir son hôte, et le Rav donne le texte même de cette bénédiction. Deux réserves du côté du maître de maison : il peut la retirer à un invité qui ne lui convient pas et la confier à un familier, et il peut renoncer à être béni et bénir lui-même.
- ⑤ Seif ה. L’envers du seif précédent : l’invité qui refuse de bénir abrège ses jours — car il a privé de bénédiction un fils d’Abraham, dont il est dit « et je bénirai ceux qui te bénissent ». Et la règle vaut au-delà de l’invité : chacun doit rechercher le kos chel berakha plutôt que de se contenter d’écouter et de répondre amen ; l’écoute vaut la parole, mais la récompense est donnée d’abord à celui qui bénit.
⚠ Cette section présente la conduite Habad fondée sur le Choulhan Aroukh de l’Admour HaZaken, siman ר״א (texte réel reproduit au §1). Elle ne remplace pas une décision rabbinique pour un cas particulier. Pour toute question concrète — qui doit dire le birkat hamazon, la préséance du kohen, l’invité et le maître de maison — consulter ton Rav, et pour Habad, un Rav de Habad.