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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman ר״א · Qui conduit le Birkat haMazon

מי הוא המברך — le plus grand bénit même s'il est arrivé le dernier (גדול מברך אפילו בא בסוף), l'invité bénit pour bénir son hôte (אורח מברך), le texte complet de la bénédiction due au maître de maison, le conflit de préséance entre la prêtrise et la Torah (וקדשתו), et pourquoi celui qui refuse la coupe abrège ses jours
סימן ר״א · ד׳ סעיפים
מי הוא המברך
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Le siman précédent disait quand on interrompt son repas pour bénir. Celui-ci pose la question la plus concrète qui soit à une table : qui dit le Birkat haMazon pour tout le monde ? Le plus âgé ? Le plus savant ? Celui qui a payé le repas ? Celui qui est arrivé le premier ? Et si l'un des convives est Kohen — passe-t-il avant un érudit ? Texte hébreu, traduction française et explication des ד׳ seifim, avec une section de cas pratiques.

Sujet : Qui conduit le Birkat haMazon — גדול מברך, אורח מברך, ברכת האורח, כהן ותלמיד חכם, וכוס של ברכה
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן ר״א · ד׳ סעיפים

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

Le Birkat haMazon se dit à voix basse, chacun pour soi — mais le zimoun, lui, a besoin d'une bouche : quelqu'un doit ouvrir, et les autres répondent. Notre siman désigne cette bouche. Et il le fait selon trois axes qui ne coïncident pas toujours : la grandeur en Torah, l'hospitalité (celui qui doit remercier passe avant celui qui est honoré), et la sainteté de la prêtrise. Là où ces axes se croisent, le Choulhan Aroukh tranche. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite personnelle, on se réfère à la décision du Rav.

📑 Plan de l'étude

A. גדול מברך ואורח מברך (séif 1) — la règle, son exception, et la bénédiction due à l'hôte
B. כהן עם הארץ וכהן תלמיד חכם (séif 2) — quand la prêtrise passe, et quand elle ne passe pas
C. מי שנותנים לו לברך ואינו מברך (séif 3) — le prix du refus
D. כוס של ברכה (séif 4) — et le devoir de la rechercher
1-3. Cas pratiques et questions de compréhension

A. גדול מברך ואורח מברך — qui bénit, et pourquoi

מְבָרֵךְ — « celui qui bénit » : celui qui conduit le zimoun et dit le Birkat haMazon pour toute la tablée. La Guemara tranche en une ligne : והלכתא גדול מברך אף על גב דאתא לבסוף (ברכות מ״ז ע״א), « et la halakha est que le plus grand bénit, même s'il est venu à la fin ». Elle avait pourtant envisagé un tout autre critère — עיקר שבסעודה מברך (ברכות מ״ז ע״א), « c'est le principal du repas qui bénit » — et c'est cette tension entre le rang et l'appartenance au repas qui commande tout le siman.

Séif 1 — גדול מברך אפילו בא בסוף

גדול מברך אפילו בא בסוף ואם רצה ליתן רשות לקטן לברך רשאי והני מילי כשאין שם אורח אבל אם יש שם אורח הוא מברך אפילו אם בעל הבית גדול ממנו כדי שיברך לבעל הבית ומה ברכה מברכו יהי רצון שלא יבוש ולא יכלם בעל הבית הזה לא בעולם הזה ולא בעולם הבא ויצליח בכל נכסיו ויהיו נכסיו מוצלחים וקרובים לעיר ולא ישלוט שטן במעשה ידיו ואל יזדקק לפניו שום דבר חטא והרהור עון מעתה ועד עולם ואם בעל הבית רוצה לוותר (פי׳ שאינו רוצה להקפיד) על ברכתו ולברך ברכת המזון בעצמו רשאי: הגה וה״ה שיכול ליתן לברך למי שירצה (ב״י בשם אוהל מועד):
Séif 1 : le plus grand bénit, même s'il est arrivé à la fin. Et s'il veut donner permission à un plus petit de bénir, il en a le droit. Et cela vaut lorsqu'il n'y a pas là d'invité ; mais s'il y a là un invité, c'est lui qui bénit, même si le maître de maison est plus grand que lui, afin qu'il bénisse le maître de maison. Et quelle bénédiction lui adresse-t-il ? « Que ce soit Ta volonté que ce maître de maison ne connaisse ni honte ni confusion, ni en ce monde-ci ni dans le monde à venir ; qu'il réussisse en tous ses biens, que ses biens soient prospères et proches de la ville ; que le Satan ne domine pas l'œuvre de ses mains, et que ne se présente devant lui aucune chose de faute ni pensée de transgression, dès maintenant et à jamais. » Et si le maître de maison veut renoncer (c'est-à-dire qu'il ne tient pas à y prétendre) à sa bénédiction et dire lui-même le Birkat haMazon, il en a le droit. Glose : et de même il peut donner à bénir à qui il veut (Beit Yossef au nom du Ohel Moëd).
La règle par défaut : le plus grandגדול מברך אפילו בא בסוף (שו״ע או״ח ר״א:א). C'est mot pour mot la conclusion de la Guemara : והלכתא גדול מברך אף על גב דאתא לבסוף (ברכות מ״ז ע״א), et le Rambam écrit de même : וחכם גדול שבמסבין הוא שמברך לכלן אף על פי שלא בא אלא באחרונה (רמב״ם הלכות ברכות פרק ה׳ הלכה ט׳). résumé : « grand » ne veut dire ni le plus âgé ni le plus riche — la Mishna Beroura le précise : היינו הגדול בחכמה שבכל המסובין הוא יהיה המברך בהמ״ז לכולם (מ״ב ר״א:א).
Et l'heure d'arrivée ne compte pas : אפילו בא בסוף (שו״ע או״ח ר״א:א). résumé : le zimoun n'est pas une récompense d'ancienneté à table ; il revient à celui devant qui l'assemblée s'efface, quand bien même il se serait assis au dernier moment.
Mais l'honneur reste cessible : ואם רצה ליתן רשות לקטן לברך רשאי (שו״ע או״ח ר״א:א). résumé : puisque la préséance lui appartient, il peut la transmettre — ce que le siman suivant confirmera encore à propos du Kohen.
L'exception, et elle est de taille : l'invitéוהני מילי כשאין שם אורח (שו״ע או״ח ר״א:א) ; אבל אם יש שם אורח הוא מברך אפילו אם בעל הבית גדול ממנו כדי שיברך לבעל הבית (שו״ע או״ח ר״א:א). La Guemara partage les rôles : בעל הבית בוצע ואורח מברך (ברכות מ״ו ע״א), et donne la raison : ואורח מברך כדי שיברך בעל הבית (ברכות מ״ו ע״א). Le Rambam : והאורח מברך ברכת המזון כדי שיברך לבעל הבית (רמב״ם הלכות ברכות פרק ז׳ הלכה ב׳). résumé : ce n'est pas un honneur qu'on fait à l'invité, c'est une dette qu'on lui fait payer.
Et le Choulhan Aroukh donne le texte de cette dette : יהי רצון שלא יבוש ולא יכלם בעל הבית הזה לא בעולם הזה ולא בעולם הבא (שו״ע או״ח ר״א:א), puis ויצליח בכל נכסיו ויהיו נכסיו מוצלחים וקרובים לעיר (שו״ע או״ח ר״א:א), et enfin ולא ישלוט שטן במעשה ידיו (שו״ע או״ח ר״א:א). La Guemara en donne le noyau — מאי מברך יהי רצון שלא יבוש בעל הבית בעולם הזה ולא יכלם לעולם הבא (ברכות מ״ו ע״א) — et rapporte que Rabbi y ajoutait : ויצלח מאד בכל נכסיו ויהיו נכסיו ונכסינו מוצלחים וקרובים לעיר (ברכות מ״ו ע״א).
Mais l'hôte peut refuser d'être béni : ואם בעל הבית רוצה לוותר… על ברכתו ולברך ברכת המזון בעצמו רשאי (שו״ע או״ח ר״א:א). La Mishna Beroura en donne la clé : שלא תקנו ליתן לאורח אלא לטובתו כדי שיברכנו (מ״ב ר״א:ו). résumé : la règle a été faite pour le maître de maison ; qui renonce à son bénéfice reprend son droit.
Et la glose élargit encore : וה״ה שיכול ליתן לברך למי שירצה (רמ״א או״ח ר״א:א). résumé : à sa table, l'hôte dispose du zimoun — il peut le garder, le donner à l'invité, ou le confier à un troisième.

B. כהן עם הארץ וכהן תלמיד חכם — la préséance et ses limites

וְקִדַּשְׁתּוֹ — « et tu le sanctifieras » (Vayiqra 21:8). La Guemara en tire une règle générale de préséance pour le Kohen : וקדשתו לכל דבר שבקדושה לפתוח ראשון ולברך ראשון וליטול מנה יפה ראשון (גיטין נ״ט ע״ב). Mais une autre Guemara pose la règle inverse pour l'érudit : כל תלמיד חכם שמברך לפניו אפילו כהן גדול עם הארץ אותו תלמיד חכם חייב מיתה (מגילה כ״ח ע״א). Notre séif accorde les deux : tout dépend de qui est ce Kohen.

Séif 2 — לא יקדים חכם ישראל לכהן עם הארץ

לא יקדים חכם ישראל לכהן עם הארץ לברך לפניו דרך חק ומשפט כהונה אבל לתת לו החכם רשות שיברך אין בכך כלום. אבל כהן ת״ח מצוה להקדימו שנאמר וקדשתו לפתוח ראשון ולברך ראשון: (וע״ל סי׳ קס״ז סי״ד):
Séif 2 : un sage israélite ne fera pas passer devant lui un Kohen ignorant pour qu'il bénisse avant lui, au titre du droit et de la règle de la prêtrise ; mais que le sage lui donne permission de bénir — il n'y a là rien de mal. En revanche, un Kohen qui est talmid ‘hakham, c'est une mitsva de lui donner la préséance, car il est dit « et tu le sanctifieras » — pour ouvrir le premier et bénir le premier. (Et voir plus haut, siman 167:14.)
L'interdit : לא יקדים חכם ישראל לכהן עם הארץ לברך לפניו דרך חק ומשפט כהונה (שו״ע או״ח ר״א:ב). La Guemara emploie des mots très durs — כל תלמיד חכם שמברך לפניו אפילו כהן גדול עם הארץ אותו תלמיד חכם חייב מיתה (מגילה כ״ח ע״א) — et lit le verset autrement : אל תקרי משנאי אלא משניאי (מגילה כ״ח ע״א). La Mishna Beroura explique pourquoi : שמשניא את התורה בפני ההמון שיאמרו שאינה חשובה כ״כ (מ״ב ר״א:ח).
Attention à ce qui est visé : ce ne sont pas les mots bénis, toi, mais les mots דרך חק ומשפט כהונה (שו״ע או״ח ר״א:ב). résumé : la faute n'est pas que le Kohen bénisse, elle est que l'érudit s'efface au nom de la prêtrise, comme si la Torah venait après.
Et la preuve, c'est que la permission reste ouverte : אבל לתת לו החכם רשות שיברך אין בכך כלום (שו״ע או״ח ר״א:ב). résumé : quand le sage donne, c'est encore lui qui préside — le Kohen bénit par sa main, non à sa place.
Le Kohen érudit, lui, passe devant : אבל כהן ת״ח מצוה להקדימו שנאמר וקדשתו לפתוח ראשון ולברך ראשון (שו״ע או״ח ר״א:ב), selon וקדשתו לכל דבר שבקדושה לפתוח ראשון ולברך ראשון וליטול מנה יפה ראשון (גיטין נ״ט ע״ב). La Mishna Beroura précise où cela s'applique : בקריאת התורה ולברך ראשון בסעודה בברכת המוציא ובבהמ״ז (מ״ב ר״א:י״ג), et ajoute que le Kohen lui-même peut céder : ומ״מ אם הכהן רוצה לחלוק כבוד לאחר בכל זה רשאי (מ״ב ר״א:י״ג).
Et le siman renvoie ailleurs : וע״ל סי׳ קס״ז סי״ד (שו״ע או״ח ר״א:ב) — où la même question est traitée pour le המוציא au début du repas.

C. מי שנותנים לו לברך ואינו מברך — le prix du refus

Séif 3 — מקצרים ימיו

מי שנותנים לו לברך ואינו מברך מקצרים ימיו:
Séif 3 : celui à qui l'on donne à bénir et qui ne bénit pas — on abrège ses jours.
La formule est brève et sévère : מי שנותנים לו לברך ואינו מברך מקצרים ימיו (שו״ע או״ח ר״א:ג). Elle vient d'une braïta : שלשה דברים מקצרים ימיו ושנותיו של אדם (ברכות נ״ה ע״א), dont la deuxième est précisément כוס של ברכה לברך ואינו מברך (ברכות נ״ה ע״א).
Pourquoi si dur ? La Mishna Beroura relie ce séif au premier : celui qui refuse est l'invité, et en refusant il prive son hôte de la bénédiction qui lui était due — ודוקא כשמברכין על הכוס דאז החיוב על האורח לברך את בעה״ב (מ״ב ר״א:י״ד). Et elle ajoute, plus largement : אין נכון לאדם לדחות מצוה הבאה לידו (מ״ב ר״א:י״ד). résumé : la modestie qui repousse une mitsva n'est plus de la modestie.

D. כוס של ברכה — et le devoir de la rechercher

Séif 4 — צריך לחזור שיתנו לו כוס של ברכה

צריך לחזור שיתנו לו כוס של ברכה לברך:
Séif 4 : il faut rechercher qu'on lui donne la coupe de bénédiction pour bénir.
Le renversement : צריך לחזור שיתנו לו כוס של ברכה לברך (שו״ע או״ח ר״א:ד). Il ne suffit pas de ne pas refuser : il faut chercher. La Guemara le dit en deux mots, dans la bouche d'un père à son fils : חטוף ובריך (ברכות נ״ג ע״ב) — « saisis, et bénis ».
Et ce qu'on recherche n'est pas la coupe mais la fonction : la Mishna Beroura précise שיהיה הוא המזמן ומוציא אחרים ידי חובתן (מ״ב ר״א:ט״ו) — et non pas seulement écouter et répondre amen, car ממהרין ליתן שכר תחלה להמברך (מ״ב ר״א:ט״ו). résumé : écouter acquitte, mais mener rapporte.
Le siman en une phrase : à table, la bouche du zimoun revient au plus grand en Torahגדול מברך אפילו בא בסוף — sauf s'il y a un invité, car l'invité doit bénir la maison qui l'a reçu ; le maître de maison peut néanmoins garder le Birkat haMazon ou le donner à qui il veut ; devant un Kohen ignorant l'érudit ne s'efface pas au nom de la prêtrise, mais devant un Kohen érudit c'est une mitsva de le faire passer ; et celui à qui l'on propose la coupe ne doit pas seulement ne pas refuser — il doit la rechercher.

Cas pratiques

Cas 1 — Trois amis à table, chacun a payé son repas : qui mène ?

Situation : Trois camarades d'étude mangent ensemble, chacun avec son propre pain. L'un est nettement plus avancé que les autres ; il est arrivé en retard et s'est assis en dernier. Qui doit conduire le zimoun ?
Conduite : Lui — גדול מברך אפילו בא בסוף (שו״ע או״ח ר״א:א), et la Guemara le dit en toutes lettres : והלכתא גדול מברך אף על גב דאתא לבסוף (ברכות מ״ז ע״א). La grandeur en cause est celle de la Torah : היינו הגדול בחכמה שבכל המסובין הוא יהיה המברך בהמ״ז לכולם (מ״ב ר״א:א). S'il préfère céder la place, il le peut : ואם רצה ליתן רשות לקטן לברך רשאי (שו״ע או״ח ר״א:א). Pour la pratique, on suit son Rav.

Cas 2 — Je suis invité chez quelqu'un : dois-je dire le Birkat haMazon ?

Situation : On m'a reçu à un repas de Chabbat. Le maître de maison est plus savant que moi et je n'ose pas conduire. Qui doit bénir ?
Conduite : En principe l'invité — אבל אם יש שם אורח הוא מברך אפילו אם בעל הבית גדול ממנו כדי שיברך לבעל הבית (שו״ע או״ח ר״א:א), et c'est déjà la Guemara : בעל הבית בוצע ואורח מברך (ברכות מ״ו ע״א). Il ne s'agit pas d'un honneur mais d'une bénédiction à rendre : יהי רצון שלא יבוש ולא יכלם בעל הבית הזה לא בעולם הזה ולא בעולם הבא (שו״ע או״ח ר״א:א). Et le maître de maison garde le dernier mot : וה״ה שיכול ליתן לברך למי שירצה (רמ״א או״ח ר״א:א). Pour la pratique, on suit son Rav.

Cas 3 — Un Kohen est assis à la table : faut-il le faire passer ?

Situation : À la fin du repas, on s'aperçoit qu'un des convives est Kohen. Faut-il lui donner le zimoun, sachant qu'un autre convive est bien plus savant que lui ?
Conduite : Cela dépend du Kohen. S'il n'est pas érudit, l'érudit ne doit pas s'effacer דרך חק ומשפט כהונה (שו״ע או״ח ר״א:ב) — mais rien n'empêche de le lui donner par permission : אבל לתת לו החכם רשות שיברך אין בכך כלום (שו״ע או״ח ר״א:ב). S'il est lui-même talmid ‘hakham : אבל כהן ת״ח מצוה להקדימו שנאמר וקדשתו לפתוח ראשון ולברך ראשון (שו״ע או״ח ר״א:ב). Pour la pratique, on suit son Rav.

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Que signifie exactement גדול dans ce siman, et pourquoi l'heure d'arrivée ne change-t-elle rien (séif 1) ?
  2. Pourquoi l'invité passe-t-il devant un maître de maison plus savant que lui (séif 1) ?
  3. Si la règle favorise l'invité, comment le maître de maison peut-il la lui reprendre (séif 1 et glose) ?
  4. Où est exactement la faute quand un érudit s'efface devant un Kohen ignorant — et pourquoi la permission, elle, est-elle permise (séif 2) ?
  5. Quelle différence y a-t-il entre le séif 3 et le séif 4 : ne pas refuser, et rechercher ?

Pour aller plus loin

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DAAT · רב יוסף חיים סממה

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