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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman ר״ג · La bénédiction sur les fruits de la terre

דיני ברכת פירות הארץ — le principe (על פירות הארץ מברך בפה״א), le critère qui sépare l'arbre de l'herbe (שמוציא עליו מעצו), les mûres du buisson et le מאוזי״ש, ce qui n'est pas assez « fruit » (אילני סרק, בני אסא), le gingembre confit et les aromates sucrés (עיקר וטפל), et le radis qui finit par durcir
סימן ר״ג · ח׳ סעיפים
דיני ברכת פירות הארץ
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Le siman précédent avait donné la bénédiction des fruits de l'arbre. Celui-ci prend l'autre versant — les fruits de la terre — et il ne le fait pas avec la pomme de terre ou la carotte, où personne n'hésite, mais avec huit cas de frontière : une baie qui pousse sur un buisson ligneux, une banane, un fruit d'arbre sauvage, une baie de myrte, du gingembre confit, des épices noyées dans du sucre, et un radis qui finit par durcir comme du bois. Texte hébreu, traduction française et explication des ח׳ seifim, avec une section de cas pratiques.

Sujet : La bénédiction sur les fruits de la terre — הכלל, גדר האילן, אילני סרק ובני אסא, זנגביל ובשמים, וצנון
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן ר״ג · ח׳ סעיפים

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

Toute la halakha des bénédictions sur les végétaux tient dans une phrase de la Michna : על פירות האילן הוא אומר בורא פרי העץ (ברכות ל״ה ע״א), et ועל פירות הארץ הוא אומר בורא פרי האדמה (ברכות ל״ה ע״א). Reste à savoir où passe la ligne. Elle ne se voit pas à l'œil : un framboisier a du bois, un bananier a un tronc — et ce ne sont pourtant pas des arbres au sens de la bénédiction. Notre siman donne le critère, puis l'éprouve sur huit cas. Et il en ajoute un second, tout différent : quand un aliment en accompagne un autre, lequel des deux commande ? Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite personnelle, on se réfère à la décision du Rav.

📑 Plan de l'étude

A. הכלל וגדר האילן (seifim 1-3) — le fruit de la terre, et ce qui n'est pas un arbre
B. אילני סרק ובני אסא (seifim 4-5) — ce qui pousse sur du bois sans être un fruit
C. זנגביל מרוקח ובשמים שחוקים (seifim 6-7) — עיקר וטפל dans le confit et le mélange
D. צנון (seif 8) — la plante jugée sur l'intention de qui la sème
1-3. Cas pratiques et questions de compréhension

A. הכלל וגדר האילן — le fruit de la terre et ce qui n'est pas un arbre

פְּרִי הָאֲדָמָה — le fruit de la terre. La Michna avait mis deux bénédictions face à face : על פירות האילן הוא אומר בורא פרי העץ (ברכות ל״ה ע״א) et ועל פירות הארץ הוא אומר בורא פרי האדמה (ברכות ל״ה ע״א). Le siman 202 traitait des premiers, le nôtre des seconds. Mais où passe exactement la frontière ? La Guemara la trace par un test très concret : היכא מברכינן בורא פרי העץ היכא דכי שקלת ליה לפירי איתיה לגווזא והדר מפיק (ברכות מ׳ ע״א) — est arbre ce dont la branche subsiste après qu'on a cueilli le fruit et redonne du fruit l'année suivante. Et l'inverse : אבל היכא דכי שקלת ליה לפירי ליתיה לגווזא דהדר מפיק לא מברכינן עליה בורא פרי העץ אלא בורא פרי האדמה (ברכות מ׳ ע״ב).

Séif 1 — על פירות הארץ מברך בפה״א

על פירות הארץ מברך בפה״א:
Séif 1 : sur les fruits de la terre, on bénit borei pri ha'adama.
La règle nue : על פירות הארץ מברך בפה״א (שו״ע או״ח ר״ג:א) — בפה״א est l'abréviation de בורא פרי האדמה. Le Rambam l'écrit en toutes lettres : ועל פרות הארץ והירקות מברכין עליהן בתחלה בורא פרי האדמה (רמב״ם הלכות ברכות פרק ח׳ הלכה א׳).
Pourquoi cette précision vaut la peine : se tromper de sens n'a pas le même prix. בירך על פירות האילן בורא פרי האדמה יצא (ברכות מ׳ ע״א), mais ועל פירות הארץ בורא פרי העץ לא יצא (ברכות מ׳ ע״א). résumé : la terre porte l'arbre, si bien que « fruit de la terre » reste vrai d'une pomme ; l'arbre ne porte pas le légume, et « fruit de l'arbre » est simplement faux d'un radis. C'est pour cela que les huit cas qui suivent ne sont pas un luxe.

Séif 2 — על תותים הגדלים בסנה

על תותים הגדלים בסנה בורא פרי האדמה: הגה דלא מקרי עץ אלא שמוציא עליו מעצו אבל מה שמוציא עליו משרשיו לא מקרי עץ והני כיון דכלה עציו לגמרי בחורף והדר פרח משרשיו מברכים עליו בורא פרי האדמה: [טור ומרדכי בשם תשובת הגאונים]:
Séif 2 : sur les mûres qui poussent sur le buisson — borei pri ha'adama. Glose : car on n'appelle « arbre » que ce qui fait sortir ses feuilles de son bois ; mais ce qui fait sortir ses feuilles de ses racines n'est pas appelé arbre. Et ceux-ci, puisque leur bois s'épuise entièrement en hiver et qu'ensuite ils refleurissent depuis leurs racines, on bénit sur eux borei pri ha'adama. [Tour, et Mordekhaï au nom d'une réponse des Gueonim]
Le cas : על תותים הגדלים בסנה בורא פרי האדמה (שו״ע או״ח ר״ג:ב). Il s'agit de baies qui poussent sur un buisson ligneux — mûres, framboises et semblables : elles ont toute l'apparence d'un fruit d'arbre.
La glose donne le critère — et c'est le cœur du siman : דלא מקרי עץ אלא שמוציא עליו מעצו (רמ״א או״ח ר״ג:ב), et אבל מה שמוציא עליו משרשיו לא מקרי עץ (רמ״א או״ח ר״ג:ב). Le Beit Yossef le rapporte au nom des Gueonim citant une braïta : כל שמוציא עלין מעיקרו עשב הוא וכל שמוציא עלין מעצו עץ הוא (בית יוסף או״ח סימן ר״ג). résumé : la question n'est pas « y a-t-il du bois ? » mais « d'où sortent les feuilles ? ».
L'application : והני כיון דכלה עציו לגמרי בחורף והדר פרח משרשיו מברכים עליו בורא פרי האדמה (רמ״א או״ח ר״ג:ב). résumé : une plante dont la tige meurt chaque hiver et qui repart de la racine n'est pas un arbre, quelle que soit son allure — et c'est exactement le test de la Guemara, la branche qui ne subsiste pas pour redonner du fruit.
Tous n'étaient pas de cet avis : le Tour rapporte היה אומר ה״ר יצחק תותין הגדלין בסנה וכיוצא בהן מברכין עליהן בפה״ע שמין אילן הם (טור או״ח סימן ר״ג), face à quoi וה״ר יוסף כתב שיש לברך עליהן בפה״א לפי שמצא בתשובת הגאונים (טור או״ח סימן ר״ג) ; et le Tour conclut וא״א הרא״ש ז״ל היה נוהג כדברי ר״י (טור או״ח סימן ר״ג). Le Mehaber et la glose tranchent comme les Gueonim. Le débat est repris au Niveau 2.
Attention à ne pas transposer trop vite : la Mishna Beroura observe que certaines des baies que nous appelons ainsi poussent en réalité sur une branche vivace — שכן הענף מתקיים ימים הרבה (משנה ברורה, מ״ב ר״ג:ג) — et pour celles-là plusieurs Aharonim tiennent בורא פרי העץ. résumé : le siman donne une règle, pas une liste ; c'est à la plante réelle qu'on l'applique, et pour la pratique on suit son Rav.

Séif 3 — על המאוזי״ש

על המאוזי״ש בורא פרי האדמה:
Séif 3 : sur le מאוזי״ש — le fruit du bananier — borei pri ha'adama.
Le cas : על המאוזי״ש בורא פרי האדמה (שו״ע או״ח ר״ג:ג). Le mot désigne le fruit du bananier ; le Beit Yossef le rattache expressément au même motif que les mûres du buisson : והני מוז״י כיון דכלו עציו לגמרי והדר פארי משרשיו מברכין עליו בפה״א (בית יוסף או״ח סימן ר״ג).
C'est le meilleur exemple du critère : le bananier porte ce qui ressemble à un tronc, il est haut comme un arbre, et pourtant ce « tronc » meurt après avoir fructifié et la plante repart de la souche. résumé : la halakha ne regarde ni la taille ni la dureté, mais la permanence — le bois qui reste et refait du fruit.

B. אילני סרק ובני אסא — ce qui n'est pas assez « fruit »

Séif 4 — על פירות שמוציאין אילני סרק

על פירות שמוציאין אילני סרק שהכל:
Séif 4 : sur les fruits que produisent les arbres stériles — chehakol.
Le cas : על פירות שמוציאין אילני סרק שהכל (שו״ע או״ח ר״ג:ד). Un אילן סרק est un arbre « stérile », c'est-à-dire non fruitier ; ce qu'il produit malgré tout n'a pas rang de fruit.
Le tournant du siman : jusqu'ici la question était d'où cela pousse-t-il ? ; ici elle devient cela vaut-il la peine d'être appelé fruit ?. Le Beit Yossef, au nom du Chibolei haLeket : האוכל ממה שמוציאים אילני סרק אין מברכין עליהם אלא שהכל דלא חשיבי לברוכי בפה״ע (בית יוסף או״ח סימן ר״ג). résumé : la bénédiction suit ici l'importance, non la botanique.
De quels fruits parle-t-on ? La Mishna Beroura le précise : אבל כאן מיירי בפירות גרועים כגון תפוחים קטנים ואגסים קטנים הגדילים בעצי היער שאינם ראוים לאכילה כשהם חיים (משנה ברורה, מ״ב ר״ג:ה). résumé : il ne s'agit pas de tout arbre sauvage, mais du fruit chétif que personne ne mangerait cru.

Séif 5 — בני אסא

בני אסא אע״ג דבשלן והויין כפירות אינו מברך אלא שהכל:
Séif 5 : les baies du myrte — bien qu'on les cuise et qu'elles deviennent comme des fruits — on ne bénit sur elles que chehakol.
Le cas : בני אסא אע״ג דבשלן והויין כפירות אינו מברך אלא שהכל (שו״ע או״ח ר״ג:ה). אסא, c'est le myrte ; la Mishna Beroura précise : בני אסא היינו ענבים קטנים שרגילין להמצא בהדסים (משנה ברורה, מ״ב ר״ג:ו).
Le chidouch est dans le mot אע״ג דבשלן : même préparées, même devenues comestibles et « comme des fruits », elles ne montent pas de rang. La Mishna Beroura : דלא חשיבי והו״ל כפירות שמוציאין אילני סרק (משנה ברורה, מ״ב ר״ג:ז). résumé : la cuisson peut rendre mangeable ce qui ne l'était pas, elle ne fabrique pas de l'importance.
La preuve du Beit Yossef vient d'un autre domaine : parmi les quatre espèces du loulav, deux font du fruit et deux n'en font pas — וכיון דאמרי׳ הדס וערבה אינם עושים פירות שמע מינה דפירות בני אסא לאו פירות נינהו (בית יוסף או״ח סימן ר״ג). résumé : les Sages ont classé le myrte parmi les arbres qui « ne font pas de fruit » ; ce qu'il porte n'est donc pas un fruit, y compris pour la bénédiction.

C. זנגביל מרוקח ובשמים שחוקים — עיקר וטפל

Séif 6 — על זנגביל שמרקחים אותו

על זנגביל שמרקחים אותו כשהוא רטוב בפה״א ונראה דה״ה אם מרקחים אותו יבש כיון שע״י כך הוא ראוי לאכילה הזנגביל עיקר ומברך עליו בורא פרי האדמה:
Séif 6 : sur du gingembre que l'on confit lorsqu'il est frais — borei pri ha'adama. Et il apparaît qu'il en va de même si on le confit sec, puisque par là il devient propre à être mangé : le gingembre est l'essentiel, et l'on bénit sur lui borei pri ha'adama.
Le cas : על זנגביל שמרקחים אותו כשהוא רטוב בפה״א (שו״ע או״ח ר״ג:ו). La source est dans la Guemara : האי המלתא דאתיא מבי הנדואי שריא ומברכינן עלה בורא פרי האדמה (ברכות ל״ו ע״ב) — une préparation de gingembre venue de l'Inde.
Frais et sec ne sont pas la même chose : la Guemara le tranche par לא קשיא הא ברטיבתא הא ביבשתא (ברכות ל״ו ע״ב), et le Rambam en tire la règle — הפלפלין והזנגביל בזמן שהן רטבין מברך עליהן בורא פרי האדמה (רמב״ם הלכות ברכות פרק ח׳ הלכה ז׳), tandis que אבל יבשין אין טעונין ברכה לא לפניהם ולא לאחריהם מפני שהן תבלין ואינו אכל (רמב״ם הלכות ברכות פרק ח׳ הלכה ז׳).
Le chidouch du Mehaber : ונראה דה״ה אם מרקחים אותו יבש כיון שע״י כך הוא ראוי לאכילה (שו״ע או״ח ר״ג:ו). Confire un gingembre desséché le rend de nouveau comestible — et il retrouve alors la bénédiction qui lui revient. La Mishna Beroura : הכא דע״י ריקוח נעשה ראוי לאכילה חוזר לברכתו הראויה (משנה ברורה, מ״ב ר״ג:ט).
Et le sucre ne prend pas le dessus : הזנגביל עיקר ומברך עליו בורא פרי האדמה (שו״ע או״ח ר״ג:ו). La Mishna Beroura : אשמעינן דע״י ריקוח שמרקחין אותו בדבש לא נשתנה ברכתו מאלו אכלו חי דברכתו בפה״א (משנה ברורה, מ״ב ר״ג:ח). résumé : le miel n'est pas là pour être mangé, il est là pour conserver et adoucir — donc il suit.

Séif 7 — בשמים שחוקים ומעורבים עם סוקר

בשמים שחוקים ומעורבים עם סוקר הבשמים עיקר ומברך עליהם כדין ברכת אותן בשמים:
Séif 7 : des aromates broyés et mélangés avec du sucre — les aromates sont l'essentiel, et l'on bénit sur eux selon la loi de la bénédiction propre à ces aromates-là.
Le cas : בשמים שחוקים ומעורבים עם סוקר הבשמים עיקר (שו״ע או״ח ר״ג:ז). Deux obstacles sont ici surmontés d'un coup : les aromates sont broyés (ils ont perdu leur forme) et ils sont minoritaires dans le sucre.
Le Beit Yossef expose la question : אבל הכא שהבשמים אינם מבושלים עם הסוקר ה״א דסוקר עיקר ומברך שהכל (בית יוסף או״ח סימן ר״ג) — et la réponse : קמ״ל דהכא נמי הבשמים הם עיקר ומברכים עליהם (בית יוסף או״ח סימן ר״ג). La Mishna Beroura ajoute la raison, le sucre דאינו בא רק למתקו (משנה ברורה, מ״ב ר״ג:יג).
Une nuance à ne pas manquer : le Tour écrivait, au nom du Maharam de Rothenbourg, כתב הר״מ מרוטנבורג נראה לי על בשמים שחוקין מעורבין יחד בסוכרא מברכין בפה״א כמו הומלתא (טור או״ח סימן ר״ג) — une bénédiction fixe, celle du gingembre. Le Mehaber, lui, écrit ומברך עליהם כדין ברכת אותן בשמים (שו״ע או״ח ר״ג:ז). résumé : « les aromates sont l'essentiel » ne dit pas quelle bénédiction ; cela dit seulement sur quoi on bénit — et chaque aromate garde ensuite la sienne.

D. צנון — la plante et l'intention de qui la sème

Séif 8 — צנון מברך עליו בפה״א

צנון מברך עליו בפה״א:
Séif 8 : sur le radis, on bénit borei pri ha'adama.
Le cas : צנון מברך עליו בפה״א (שו״ע או״ח ר״ג:ח). Le Tour explicite l'objection qu'il écarte : צנון מברך עליו בפה״א אע״ג דסופו להקשות (טור או״ח סימן ר״ג).
La Guemara en avait fait un argument : דהא צנון סופו להקשות ומברכינן עליה בורא פרי האדמה (ברכות ל״ו ע״א) — et la raison qui referme le débat : צנון נטעי אינשי אדעתא דפוגלא (ברכות ל״ו ע״א), on plante le radis pour le manger comme radis. La Mishna Beroura le redit : דנטעי אינשי אדעתא לאוכלו כשהוא רך (משנה ברורה, מ״ב ר״ג:יד).
Un troisième critère, donc : après « d'où cela pousse-t-il ? » et « cela vaut-il d'être appelé fruit ? », voici « pourquoi le plante-t-on ? ». Le Beit Yossef le formule ainsi : שאע״פ שסופו להקשות כלומר שאם אינו תולשו בעתו הוא מתקשה כעץ אפ״ה מברכין עליו בפה״א (בית יוסף או״ח סימן ר״ג). résumé : on ne juge pas la plante sur ce qu'elle devient si on l'oublie en terre, mais sur ce pour quoi elle a été mise en terre.
Le siman en une phrase : la bénédiction des végétaux se décide par trois questions, et non par l'apparence. D'où sortent les feuilles — שמוציא עליו מעצו et non משרשיו — c'est le partage entre העץ et האדמה (mûres, מאוזי״ש). Le fruit est-il assez fruit — sinon il tombe à שהכל (אילני סרק, בני אסא), et la cuisson n'y change rien. Et quand deux aliments sont mêlés, lequel est l'עיקר — le gingembre l'emporte sur le miel, les aromates sur le sucre. Le radis referme le siman en ajoutant la mesure de l'intention : נטעי אינשי אדעתא דפוגלא.

Cas pratiques

Cas 1 — Framboises, mûres, fraises : quelle bénédiction ?

Situation : on sert un bol de baies. Faut-il dire בורא פרי העץ ou בורא פרי האדמה ?
Conduite : la règle est celle de la glose — דלא מקרי עץ אלא שמוציא עליו מעצו (רמ״א או״ח ר״ג:ב) — et le Mehaber tranche pour ce cas précis על תותים הגדלים בסנה בורא פרי האדמה (שו״ע או״ח ר״ג:ב). Mais la Mishna Beroura relève que certaines de ces baies poussent sur une tige vivace — שכן הענף מתקיים ימים הרבה (משנה ברורה, מ״ב ר״ג:ג) — et plusieurs Aharonim y disent בורא פרי העץ. Il faut donc savoir de quelle plante il s'agit. Pour la pratique, on suit son Rav.

Cas 2 — Un petit fruit ramassé en forêt

Situation : on trouve dans un bois de minuscules pommes ou poires sauvages, dures et âpres. Que dit-on ?
Conduite : על פירות שמוציאין אילני סרק שהכל (שו״ע או״ח ר״ג:ד), et la Mishna Beroura vise exactement ce cas — אבל כאן מיירי בפירות גרועים כגון תפוחים קטנים ואגסים קטנים הגדילים בעצי היער שאינם ראוים לאכילה כשהם חיים (משנה ברורה, מ״ב ר״ג:ה). Le raisonnement vaut aussi pour les baies du myrte : דלא חשיבי והו״ל כפירות שמוציאין אילני סרק (משנה ברורה, מ״ב ר״ג:ז). Pour la pratique, on suit son Rav.

Cas 3 — Gingembre confit et poudre d'épices sucrée

Situation : on mange un morceau de gingembre confit, ou une préparation d'épices broyées noyées dans le sucre. Sur quoi bénit-on ?
Conduite : pour le gingembre, הזנגביל עיקר ומברך עליו בורא פרי האדמה (שו״ע או״ח ר״ג:ו), et cela vaut aussi lorsqu'on a confit du gingembre sec, כיון שע״י כך הוא ראוי לאכילה (שו״ע או״ח ר״ג:ו). Pour les épices, בשמים שחוקים ומעורבים עם סוקר הבשמים עיקר (שו״ע או״ח ר״ג:ז), mais attention à la suite : ומברך עליהם כדין ברכת אותן בשמים (שו״ע או״ח ר״ג:ז) — donc selon l'aromate en question, et non une bénédiction unique. Pour la pratique, on suit son Rav.

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Quel est le critère qui fait d'une plante un arbre, et pourquoi ni la hauteur ni la dureté n'y suffisent (séif 2) ?
  2. Pourquoi le מאוזי״ש illustre-t-il ce critère mieux qu'aucun autre exemple (séif 3) ?
  3. Qu'est-ce qui change de question entre les séifim 2-3 et les séifim 4-5 (de où pousse-t-il ? à quoi) ?
  4. Pourquoi la cuisson des בני אסא ne suffit-elle pas à leur donner rang de fruit (séif 5) ?
  5. Quelle différence exacte y a-t-il entre la formule du Tour et celle du Mehaber sur les aromates sucrés (séif 7), et quel troisième critère le radis ajoute-t-il (séif 8) ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
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DAAT · רב יוסף חיים סממה

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