Siman כ״ט · Pas de berakha en retirant les tefilin (אין מברכין בחליצת התפילין)
אין מברכין בחליצת התפילין — on ne dit aucune berakha en ôtant les tefilin, même la veille de Chabbat au בין השמשות (le retrait n'est pas une mitsva : סילוק מצוה)
סימן כ״ט · סעיף אחד
אין מברכין בחליצת התפילין
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Un siman d'un seul séif, mais qui touche un point que chacun vit chaque matin : puisqu'on récite une berakha en posant les tefilin, en dit-on une aussi en les ôtant ? La réponse est nette — non —, et elle dévoile un yesod : la berakha accompagne l'accomplissement d'une mitsva, non son retrait (סילוק מצוה). Texte hébreu vocalisé, traduction française fluide et explications sur l'absence de berakha au retrait (et le cas du בין השמשות de l'entrée de Chabbat), avec une section de cas pratiques.
Sujet :On ne dit aucune berakha en retirant les tefilin — le retrait n'est pas une mitsva (סילוק מצוה), même au בין השמשות de l'entrée de Chabbat Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן כ״ט · סעיף אחד
Compilation : רב יוסף חיים סממה DAAT · daattorah.com
Le siman précédent nous a appris comment ôter les tefilin — le של ראש d'abord, debout, avec le respect du משמוש (siman 28). Reste une question naturelle : puisqu'on prononce une berakha en les posant, en dit-on une aussi en les retirant ? Le Choulhan Aroukh tranche d'un mot : non. On ne prononce aucune berakha en ôtant les tefilin — car le retrait (סילוק) n'est pas une mitsva : la mitsva est de les porter, et la berakha se dit עובר לעשייתן, avant l'acte, à la pose, non à la fin. Et même lorsqu'on est tenu de les ôter — la veille de Chabbat, au בין השמשות, à l'entrée du saint jour qui n'est plus זמן תפילין — on n'ajoute aucune berakha. Ce qui demeure au cœur, à défaut de parole, c'est la conscience et la gratitude : on a été זוכה de porter le signe (אות) au bras et à la tête. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite fine, on se réfère à la décision du Rav.
📑 Plan de l'étude
A.אין מברכין בחליצה — pas de berakha au retrait : le retrait n'est pas une mitsva (סילוק מצוה), la berakha accompagne l'accomplissement (עובר לעשייתן), non le סילוק ; même au בין השמשות de l'entrée de Chabbat (séif unique)
+Cas pratiques et questions de compréhension
A. On ne dit aucune berakha en retirant les tefilin — סילוק מצוה (séif unique)
[1] Il comprend un seul paragraphe (סעיף אחד). On ne dit aucune berakha en ôtant (חליצה) les tefilin, même quand on les ôte la veille de Chabbat au בין השמשות (le crépuscule où entre Chabbat).
סִלּוּק מִצְוָה (silouk mitsva) — le « retrait » d'une mitsva — on récite une berakha sur l'accomplissement d'une mitsva, dite עוֹבֵר לַעֲשִׂיָּתָן (« avant de la faire » — Pessaḥim 7b) : ainsi, à la pose des tefilin, on bénit « לְהָנִיחַ תְּפִלִּין ». Mais ôter les tefilin n'est pas en soi une mitsva : c'est la fin de la mitsva, non une nouvelle mitsva. Or il n'y a pas de berakha sur le סילוק. C'est pourquoi le retrait — comme quitter la souccca, ou ôter le talit — ne comporte aucune berakha.
Ce que dit ce séif :
Aucune berakha au retrait : en ôtant les tefilin (חליצה), on ne dit aucune berakha — à la différence de la pose.
Le yesod : le retrait n'est pas une mitsva (סילוק מצוה) ; la berakha accompagne l'accomplissement (עובר לעשייתן), non la fin.
Même au בין השמשות : même quand on les ôte la veille de Chabbat, à l'entrée du saint jour — moment où l'on doit les retirer — on n'ajoute aucune berakha.
בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת שֶׁל עֶרֶב שַׁבָּת — le crépuscule qui fait entrer Chabbat — le Chabbat (comme le Yom Tov) n'est pas זמן תפילין : les tefilin sont un אות (un « signe »), et Chabbat est lui-même un אות — deux signes ne se superposent pas (voir siman 31). On ôte donc les tefilin avant l'entrée de Chabbat. Le séif précise que, même dans ce retrait imposé par le temps, on ne dit aucune berakha : le principe « pas de berakha sur le סילוק » vaut aussi ici.
Le séif en une phrase : on ne dit aucune berakha en retirant les tefilin — car le retrait n'est pas une mitsva (סילוק מצוה) —, même quand on les ôte la veille de Chabbat au בין השמשות.
Cas pratiques
Cas 1 — Retirer les tefilin après la prière
Situation : la prière achevée, on ôte les tefilin. On s'interroge : faut-il, comme à la pose, prononcer une bénédiction ?
Conduite :non — on ne dit aucune berakha au retrait. La berakha se dit עובר לעשייתן, à la pose (« לְהָנִיחַ תְּפִלִּין »), parce qu'on accomplit alors la mitsva ; ôter les tefilin est la fin de la mitsva (סילוק מצוה), et sur le סילוק il n'y a pas de berakha. On retire les tefilin avec respect — le של ראש d'abord, avec le משמוש (siman 28) — mais sans parole de berakha.
Cas 2 — Les ôter la veille de Chabbat (בין השמשות)
Situation : on portait encore les tefilin à l'approche de Chabbat, et l'on doit les ôter à l'entrée du saint jour, au בין השמשות.
Conduite : on les ôte (le Chabbat n'est pas זמן תפילין : il est lui-même un אות — voir siman 31), mais là encore sans aucune berakha. C'est même le cas que le séif prend soin de citer : bien que le retrait soit ici imposé par le temps, il reste un סילוק — et l'on n'y ajoute pas de bénédiction.
Cas 3 — La gratitude, à défaut de berakha
Situation : à défaut de bénédiction au retrait, comment vivre ce moment intérieurement ?
Conduite : l'absence de berakha ne veut pas dire l'absence de conscience. On peut, au retrait, éveiller dans le cœur une הודאה — la gratitude d'avoir été זוכה de porter le אות au bras et à la tête, tout près du cœur et de l'esprit. C'est dans cet esprit que le siman 28 recommande le משמוש (le fait de toucher les tefilin) : un geste d'attachement qui prolonge la mitsva jusqu'à son terme. Pour la manière concrète de retirer et de ranger les tefilin, on se réfère à la décision du Rav.
Questions de compréhension
Vérifie ta compréhension :
Dit-on une berakha en retirant les tefilin ? Pourquoi la réponse diffère-t-elle de la pose ?
Qu'est-ce que סילוק מצוה, et qu'est-ce que עובר לעשייתן ? En quoi éclairent-ils l'absence de berakha au retrait ?
Pourquoi ôte-t-on les tefilin la veille de Chabbat ? À quel siman ce point renvoie-t-il ?
Même dans ce retrait imposé par le temps (בין השמשות), ajoute-t-on une berakha ?
À défaut de berakha, que peut-on cultiver intérieurement au moment du retrait (l'esprit du משמוש, siman 28) ?
Pour aller plus loin
Si tu veux approfondir ce siman :
📚 Niveau 2 — Lamdan : pour le pilpoul — אין מברכין על סילוק מצוה et le yesod de עובר לעשייתן (מנחות ל״ו) ; la comparaison avec la sortie de la soucca et le retrait du talit ; בין השמשות של ערב שבת — למה חולצין (שבת אות, ואינה זמן תפילין, סימן ל״א) ; ההודאה בלב
✨ Niveau 3 — Synthèse : pour la révision et la mémorisation rapide
👑 Niveau 4 — Daat HaRav (Admour HaZaken) : la chitah du Choulhan Aroukh HaRav — אין מברכין בחליצת התפילין, le retrait au בין השמשות de l'entrée de Chabbat, et l'esprit de gratitude au terme de la mitsva