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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION
Siman ע״ו · La propreté du lieu pour le ק״ש
דין להיזהר מצואה בשעת קריאת שמע — se garder des excréments (צואה) pendant le ק״ש : des excréments dans une lanterne de verre — מותר de lire face à eux (וכסית את צאתך והא מתכסיא) ; des excréments qui passent ; l annulation par un crachat ; et le doute sur la propreté (ספק צואה ומי רגלים)
סימן ע״ו · ח׳ סעיפים
דין להיזהר מצואה בשעת קריאת שמע
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Ce siman enseigne la propreté du lieu pour le ק״ש : il faut se garder des excréments (צואה). Des excréments dans une lanterne de verre (עששית) — מותר de lire face à eux (וכסית את צאתך והא מתכסיא) ; des excréments dans un creux (גומא) que l on couvre d une sandale ; des excréments qui passent (צואה עוברת) et פי חזיר ; l annulation par un crachat épais (ביטול ברוק) ; et le doute sur des excréments ou de l urine (ספק צואה ומי רגלים). Texte hébreu, traduction française et explication des ח׳ seifim, avec une section de cas pratiques.
Sujet : La propreté du lieu pour le ק״ש — צואה בעששית, צואה עוברת, ביטול ברוק, ספק צואה ומי רגלים
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן ע״ו · ח׳ סעיפים
Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com
La Torah dit (דברים כ״ג) : וְהָיָה מַחֲנֶיךָ קָדוֹשׁ... וְכִסִּיתָ אֶת צֵאָתֶךָ — « que ton camp soit saint... et tu couvriras tes excréments ». De là, la nécessité que le lieu soit propre au moment où l on prononce des paroles de sainteté. Le siman traite de celui qui doit se garder des excréments (להיזהר מצואה) pendant le ק״ש : ce qui est vu mais couvert, ce qui passe, ce qu on annule, et le doute sur la propreté du lieu. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite personnelle, on se réfère à la coutume et à la décision du Rav.
📑 Plan de l'étude
A. Les ח׳ seifim — צואה בעששית (séif 1), צואה בגומא (séif 2), צואה עוברת (séif 3), צואה על בשרו (séif 4), פי טבעת (séif 5), ביטול ברוק (séif 6), ספק צואה ומי רגלים (séif 7), מצא צואה אחר שקרא (séif 8)
1. Cas pratique — la lanterne de verre (עששית) : lire face à ce qui est vu mais couvert
2. Cas pratique — des excréments qui passent (צואה עוברת) : interrompre
3. Cas pratique — le doute sur la propreté (ספק צואה / מי רגלים)
+ Questions de compréhension et pour aller plus loin
A. La propreté du lieu pour le ק״ש — les ח׳ seifim
לְהִזָּהֵר מִצּוֹאָה בִּשְׁעַת קְרִיאַת שְׁמַע — se garder des excréments pendant le ק״ש — le principe est celui du couvert : la Torah a lié l interdit au fait que les excréments soient découverts (וכסית את צאתך). Ce qui est couvert — même vu à travers un verre — ne barre pas ; ce qui est découvert, passe, ou reste en son lieu (פי טבעת) barre. De là découlent la lanterne (עששית), le creux (גומא), les excréments qui passent (צואה עוברת), l annulation par un crachat (ביטול ברוק), et les règles du doute (ספק צואה ומי רגלים).
Séif 1 — צואה בעששית : la lanterne de verre
צוֹאָה בַּעֲשָׁשִׁית — מֻתָּר לִקְרוֹת כְּנֶגְדָּהּ, אַף עַל פִּי שֶׁרוֹאֶה אוֹתָהּ דֶּרֶךְ דָּפְנוֹתֶיהָ, מִשּׁוּם דִּבְכִסּוּי תָּלָה רַחֲמָנָא, דִּכְתִיב «וְכִסִּיתָ אֶת צֵאָתֶךָ», וְהָא מִתְכַּסְּיָא.
Séif 1 : des excréments dans une lanterne de verre (עששית) — il est permis de lire face à eux, bien qu on les voie à travers ses parois, car c est au couvert que la Torah a lié [l interdit], comme il est écrit « et tu couvriras tes excréments » (וכסית את צאתך), et ici ils sont couverts (והא מתכסיא).
Le critère n est pas la vue mais le couvert. La Torah a écrit « וכסית את צאתך » : dès lors que les excréments sont couverts — enfermés dans une lanterne de verre — מותר de lire face à eux, même si l œil les voit à travers le verre, והא מתכסיא, car ils sont bel et bien couverts.
Séif 2 — צואה בגומא : le creux et la sandale
צוֹאָה בַּגֻּמָּא — מַנִּיחַ סַנְדָּלוֹ עָלֶיהָ וְקוֹרֵא, דַּחֲשִׁיבָה כִּמְכֻסָּה, וְכֵיוָן שֶׁאֵין רֵיחַ רַע מַגִּיעַ לוֹ מֻתָּר, וְהוּא שֶׁלֹּא יְהֵא סַנְדָּלוֹ נוֹגֵעַ בָּהּ.
Séif 2 : des excréments dans un creux (גומא) — il pose sa sandale par-dessus et lit, car [le creux couvert] est considéré comme couvert ; et puisque aucune mauvaise odeur ne lui parvient, c est permis — à condition que sa sandale ne les touche pas.
Un creux dont l ouverture est bouchée par la sandale est réputé couvert — d où la permission, comme la lanterne. Deux réserves : il faut qu aucune mauvaise odeur (ריח רע) ne parvienne à celui qui lit ; et la sandale ne doit pas toucher les excréments.
Séif 3 — צואה עוברת : les excréments qui passent
הֶעֱבִירוּ צוֹאָה לְפָנָיו — אָסוּר לִקְרוֹת כְּנֶגְדָּהּ. וּפִי חֲזִיר כְּצוֹאָה עוֹבֶרֶת דָּמֵי, אֲפִלּוּ עוֹלֶה מִן הַנָּהָר אֵין הָרְחִיצָה מוֹעֶלֶת לוֹ, דַּהֲוֵי כִּגְרָף שֶׁל רְעִי.
Séif 3 : si l on fait passer des excréments devant lui — il est interdit de lire face à eux. Et la gueule du porc est comme des excréments qui passent : même s il sort du fleuve, le lavage ne lui sert de rien, car il est comme un pot d immondices (גרף של רעי).
Ce n est pas seulement ce qui est posé mais ce qui passe devant soi qui barre : on interrompt le ק״ש. La gueule du porc (פי חזיר) est traitée de même — כגרף של רעי, comme un récipient à immondices — et même lavée au fleuve elle ne se purifie pas à cet égard, car elle est destinée à cela.
Séif 4 — צואה על בשרו : des excréments sur la peau, couverts
הָיְתָה צוֹאָה עַל בְּשָׂרוֹ וּמְכֻסָּה בִּבְגָדָיו, אוֹ שֶׁהִכְנִיס יָדָיו בְּבֵית הַכִּסֵּא דֶּרֶךְ חוֹר וְאֵינוֹ מֵרִיחַ רֵיחַ רַע — יֵשׁ מַתִּירִים לִקְרוֹת וְיֵשׁ אוֹסְרִין. וְיֵשׁ אוֹמְרִים שֶׁלֹּא הִתִּיר הַמַּתִּיר בְּצוֹאָה עַל בְּשָׂרוֹ אֶלָּא בְּמָקוֹם שֶׁהִיא נִכְסֵית מֵאֵלֶיהָ בְּלֹא מַלְבּוּשׁ, כְּגוֹן אַצִּילֵי יָדָיו, וְנָכוֹן לַעֲשׂוֹת כְּדִבְרֵי הַמַּחְמִיר. הַגָּה: וְשִׁכְבַת זֶרַע עַל בְּשָׂרוֹ דִּינוֹ כְּצוֹאָה.
Séif 4 : s il y avait des excréments sur sa peau, couverts par ses habits, ou s il a passé ses mains dans les latrines par un trou sans sentir de mauvaise odeur — certains permettent de lire, d autres l interdisent. Et certains disent que celui qui permet, pour des excréments sur la peau, ne l a permis qu à un endroit qui se couvre de lui-même sans vêtement, comme le pli du coude ; et il est juste d agir selon l avis rigoureux (המחמיר). Rem"a : et le sperme sur la peau a le même statut que des excréments.
Machloket : des excréments sur la peau mais couverts par l habit — יש מתירים ויש אוסרין. Une opinion restreint la permission aux endroits qui se couvrent d eux-mêmes (comme le pli du coude). En pratique, נכון לעשות כדברי המחמיר, il est juste de suivre l avis rigoureux. Le Rem"a ajoute que le sperme sur la peau est comme des excréments.
Séif 5 — צואה בפי טבעת : les excréments en leur lieu
צוֹאָה בְּפִי טַבַּעַת — אֲפִלּוּ הִיא מְכֻסָּה, אָסוּר לִקְרוֹת לְדִבְרֵי הַכֹּל, אֲפִלּוּ אֵינָהּ נִרְאֵית כְּשֶׁהוּא עוֹמֵד וְנִרְאֵית כְּשֶׁהוּא יוֹשֵׁב.
Séif 5 : des excréments à l orifice [du corps] (פי טבעת) — même couverts, il est interdit de lire, de l avis de tous, même s ils ne sont pas visibles quand il est debout et le sont quand il est assis.
Les excréments en leur lieu (פי טבעת) sont plus stricts : אסור לדברי הכל, interdit de l avis de tous, même couverts — car même ceux qui permettent des excréments couverts sur la peau l interdisent ici. Et cela même s ils ne se voient qu en position assise.
Séif 6 — ביטול ברוק : annuler par un crachat
הָיָה לְפָנָיו מְעַט צוֹאָה — יָכוֹל לְבַטְּלָהּ בְּרוֹק שֶׁיָּרֹק בָּהּ וְיִקְרָא כְּנֶגְדָּהּ, וְהוּא שֶׁיְּהֵא הָרוֹק עָבֶה. וְאֵין הַבִּטּוּל מוֹעִיל אֶלָּא לְפִי שָׁעָה, אֲבָל אִם לֹא יִקְרָא מִיָּד וְהָרוֹק נִמּוֹחַ וְנִבְלַע בָּהּ — לֹא בָּטְלָה.
Séif 6 : s il avait devant lui un peu d excréments — il peut les annuler par un crachat qu il crache dessus, puis lire face à eux, à condition que le crachat soit épais. Et cette annulation ne vaut que pour le moment ; mais s il ne lit pas aussitôt et que le crachat fond et s absorbe en eux — ils ne sont pas annulés.
Pour peu d excréments, un crachat épais qui les recouvre les annule (ביטול) et permet de lire — c est une forme de couvert. Mais la validité est לפי שעה, temporaire : s il tarde et que le crachat fond et est absorbé, l annulation tombe.
Séif 7 — ספק צואה ומי רגלים : le doute
סָפֵק אִם צוֹאָה בַּבַּיִת — מֻתָּר לִקְרוֹת, דְּחֶזְקַת בַּיִת שֶׁאֵין בָּהּ צוֹאָה. סָפֵק אִם צוֹאָה בָּאַשְׁפָּה — אָסוּר, מִשּׁוּם דְּחֶזְקַת אַשְׁפָּה שֶׁיֵּשׁ בָּהּ צוֹאָה. אֲבָל סְפֵק מֵי רַגְלַיִם אֲפִלּוּ בָּאַשְׁפָּה — מֻתָּר, מִשּׁוּם דְּלֹא אָסְרָה תּוֹרָה לִקְרוֹת כְּנֶגֶד מֵי רַגְלַיִם אֶלָּא כְּנֶגֶד עַמּוּד שֶׁל קִלּוּחַ, וְאַחַר שֶׁנָּפַל לֹא מִיתַּסַר אֶלָּא מִדְּרַבָּנָן, וּבִסְפֵקָן לֹא גָּזְרוּ.
Séif 7 : un doute sur des excréments dans une maison — il est permis de lire, car la présomption d une maison est qu il n y a pas d excréments. Un doute sur des excréments dans un dépotoir — interdit, car la présomption d un dépotoir est qu il y a des excréments. Mais un doute sur de l urine, même dans un dépotoir — permis, car la Torah n a interdit de lire face à l urine que face au jet continu (עמוד של קלוח) ; et une fois tombée, ce n est plus interdit que rabbiniquement, et sur le doute [les Sages] n ont pas décrété.
Le doute suit la présomption du lieu (חזקה) : une maison est présumée propre (permis), un dépotoir souillé (interdit). L urine (מי רגלים) est plus légère : la Torah n a interdit que le jet continu (עמוד של קלוח) ; une fois tombée à terre, l interdit n est plus que rabbinique, et sur le doute on n a pas décrété — d où permis même dans un dépotoir.
Séif 8 — מצא צואה אחר שקרא : trouver ensuite
קָרָא בְּמָקוֹם שֶׁרָאוּי לְהִסְתַּפֵּק בְּצוֹאָה וּמְצָאָהּ אַחַר כָּךְ — צָרִיךְ לַחֲזֹר וְלִקְרוֹת. אֲבָל אִם אֵין הַמָּקוֹם רָאוּי לְהִסְתַּפֵּק בּוֹ — אֵין צָרִיךְ לַחֲזֹר וְלִקְרוֹת. וּמֵי רַגְלַיִם, אֲפִלּוּ מְצָאָן בְּמָקוֹם שֶׁרָאוּי לְהִסְתַּפֵּק — אֵין צָרִיךְ לַחֲזֹר וְלִקְרוֹת.
Séif 8 : s il a lu dans un lieu où il était plausible de douter de la présence d excréments, et qu il en a trouvé ensuite — il doit relire. Mais si le lieu n était pas propice à un tel doute — il n a pas besoin de relire. Et l urine, même trouvée dans un lieu propice au doute — il n a pas besoin de relire.
Là où un doute était plausible et qu on trouve après coup des excréments, la lecture est comptée pour rien : צריך לחזור ולקרות, il faut relire. Là où le doute n était pas plausible, non. Pour l urine, plus légère, אין צריך לחזור même dans un lieu douteux.
Le siman en une phrase : il faut se garder des excréments pendant le ק״ש, et le critère est le couvert (וכסית את צאתך) : ce qui est enfermé dans une lanterne ou un creux couvert est permis même s il est vu, mais ce qui passe (צואה עוברת, פי חזיר), reste en son lieu (פי טבעת) ou dégage une mauvaise odeur barre. Peu d excréments s annulent par un crachat épais (לפי שעה) ; et dans le doute, on suit la présomption du lieu — l urine (מי רגלים) étant toujours plus légère.
Cas pratiques
Cas 1 — La lanterne de verre (עששית)
Situation : des excréments sont enfermés dans une lanterne de verre ; il les voit à travers le verre. Peut-il lire le ק״ש face à elle ?
Conduite : oui — מותר. Le critère est le couvert et non la vue : « וכסית את צאתך », et ici ils sont couverts (והא מתכסיא). De même des excréments dans un creux couvert d une sandale, à condition qu aucune mauvaise odeur ne parvienne et que la sandale ne les touche pas. Pour la mise en pratique, on suit son Rav.
Cas 2 — Des excréments qui passent (צואה עוברת)
Situation : pendant le ק״ש, on fait passer devant lui des excréments (ou la gueule d un porc). Que faire ?
Conduite : il interrompt : אסור לקרות כנגדה. Ce qui passe barre comme ce qui est posé. La gueule du porc (פי חזיר) est כגרף של רעי — comme un pot d immondices — et le lavage au fleuve n y change rien. Pour les détails de la reprise, on suit son Rav.
Cas 3 — Le doute sur la propreté (ספק צואה / מי רגלים)
Situation : il n est pas sûr qu il y ait des excréments (ou de l urine) à l endroit où il veut lire. Peut-il lire ?
Conduite : on suit la présomption du lieu : une maison est présumée propre — מותר ; un dépotoir est présumé souillé — אסור. Pour l urine (מי רגלים), plus légère, מותר même dans un dépotoir (la Torah n a interdit que le עמוד של קלוח, ובספיקן לא גזרו). S il a lu et trouvé ensuite des excréments là où le doute était plausible, il relit (pour l urine, non). Pour les cas limites, on suit son Rav.
Questions de compréhension
Vérifie ta compréhension :
- Pourquoi est-il permis de lire face à des excréments dans une lanterne de verre, alors qu on les voit (séif 1) ?
- À quelles deux conditions peut-on lire face à des excréments dans un creux couvert d une sandale (séif 2) ?
- Pourquoi la gueule du porc est-elle traitée comme des excréments qui passent, même lavée au fleuve (séif 3) ?
- Comment un crachat peut-il permettre de lire, et pourquoi seulement לפי שעה (séif 6) ?
- Pourquoi le doute sur de l urine est-il permis même dans un dépotoir, à la différence des excréments (séif 7) ?
Pour aller plus loin
Si tu veux approfondir ce siman :
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- 📚 Niveau 2 — Lamdan : pour le pilpoul — צואה בעששית — «וכסית את צאתך», בכסוי תלה רחמנא, גדר כיסוי מול ראייה ; צואה עוברת ופי חזיר — כגרף של רעי, גדר עובר מול מונח ; ספק צואה — חזקת בית וחזקת אשפה, ומי רגלים דלא אסרה תורה אלא עמוד של קלוח
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