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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman רפ"ז · 1 Seifim

Visite des malades et consolation des endeuillés Shabbat — pour découvrir et comprendre
סימן רפ"ז
נִחוּם אֲבֵלִים וּבִקּוּר חוֹלִים בְּשַׁבָּת
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Première approche du Siman רפ"ז : texte hébreu intégral du Mehaber, traduction française fluide, explications pédagogiques des concepts halakhiques, cas pratiques modernes et synthèse.

Sujet : Visite des malades et consolation des endeuillés Shabbat
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן רפ"ז (1 seifim)

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

📑 Plan de l'étude

1. Le texte du Choul'han Aroukh — les 1 seifim du Mehaber
2. Le contexte général : pourquoi ce siman, quelle est la question ?
3. Les concepts-clés halakhiques de ce siman
4. Le détail des seifim — un par un
5. Le Mishnah Berurah — premières entrées
6. La position du Rama — différences ashkénaze vs séfarade
7. Cas pratiques modernes
8. Synthèse pratique et règles à retenir
9. Questions de compréhension

1. Le texte du Choul'han Aroukh

Le siman רפ"ז contient 1 seif du Mehaber (Rabbi Yossef Karo) qui codifie les règles relatives à visite des malades et consolation des endeuillés shabbat.

Seif א — Visiter et consoler à Shabbat, mais avec une formule spéciale

ניחום אבלים וביקור חולים בשבת. ובו סעיף אחד:
יכולים לנחם אבלים בשבת וכן יכולים לבקר את החולה ולא יאמר לו כדרך שאומר לו בחול אלא אומר לו שבת היא מלזעוק ורפואה קרובה לבא ורחמיו מרובים ושבתו בשלום: הגה וי"א דא"צ לומר ורחמיו מרובים וכן נהגו (רמב"ם פכ"ד):
Traduction : « On peut consoler les endeuillés à Shabbat, et de même on peut visiter le malade. Mais on ne lui dit pas comme on le dit en semaine ; on lui dit plutôt : "Shabbat hi mi-lizok, ou-refou'a kerova lavo, ve-rahamav merubim, ve-shabto be-shalom" (= « C'est Shabbat — interdit de crier ; la guérison est proche ; Ses miséricordes sont abondantes ; et que ton Shabbat soit en paix »). Rama : Et certains disent qu'il n'est pas nécessaire de dire « ve-rahamav merubim » — et ainsi le minhag (Rambam, ch. 24). »
Deux mitzvot à Shabbat : nihoum avelim (consolation des endeuillés) et bikkour holim (visite des malades) — toutes deux permises, contrairement à ce qu'on pourrait penser à cause de l'esprit d'oneg Shabbat. Mais leur forme verbale est modifiée — pas de « Que Dieu te guérisse » comme en semaine, mais une formule paisible qui respecte l'atmosphère du Shabbat.
Pourquoi la formule spéciale ? En semaine, on dit traditionnellement au malade : « Hamakom yirahem aleikha » (« Que l'Omniprésent te fasse miséricorde ») et l'on prie. Mais à Shabbat — où il est interdit de prier explicitement pour la guérison d'un individu (car contraire à l'oneg Shabbat) — on remplace par une formule de paix : Shabbat elle-même empêche les cris ; la guérison vient ; Ses miséricordes sont déjà abondantes ; et que ton Shabbat soit paisible.
Texte intégral : ces 1 seif constituent l'ensemble de la codification du Mehaber pour ce sujet. Chacun précise un cas, une condition, ou une exception.

2. Le contexte général

De quoi parle ce siman ?

Notre siman code une tension fondamentale du Shabbat : entre l'oneg Shabbat (la joie de jouir du jour) et les mitzvot interpersonnelles (bikkour holim, nihoum avelim). La résolution : les deux mitzvot sont permises, mais leur expression verbale est adaptée pour respecter le climat du jour.

Les deux mitzvot concernées :

Place dans Hilkhot Shabbat

Le siman רפ"ז est court mais structurellement important : il marque la limite entre les mitzvot de Shabbat lui-même (tefilla, kiddoush, oneg) et les mitzvot extérieures à Shabbat (visite, consolation, mort, voyage, jeûne) — qui suivent (simanim 287-291).

3. Les concepts-clés halakhiques

1. עונג שבת (Oneg Shabbat) : joie obligatoire du Shabbat (cf. Yeshayahou 58:13 — « ve-karata la-shabbat oneg »). Interdit tout ce qui contredit cet état — pleurer, gémir, prier pour la guérison, etc.
2. "שבת היא מלזעוק" : formule talmudique (Shabbat 12a-b) signifiant « Shabbat empêche de crier [vers Dieu en supplication]. La guérison viendra. Ses miséricordes sont abondantes. Que ton Shabbat soit paisible. » C'est la formulation appropriée à la visite d'un malade Shabbat.
3. ביקור חולים : mitzva talmudique (Nedarim 39b-40a). Le visiteur « prend 1/60ème de la maladie ». À Shabbat, la mitzva existe — mais avec adaptations.
4. ניחום אבלים : mitzva de consoler l'endeuillé pendant la shiv'a. À Shabbat, la shiv'a est suspendue publiquement (« Shabbat einah olah ve-einah mafsekhet » selon Beit Hillel) mais les visites de consolation sont permises.
5. "רפואה קרובה לבא" : « la guérison est proche de venir » — formule positive qui exprime l'espoir sans demander explicitement la guérison. Permet de maintenir l'oneg Shabbat tout en montrant solidarité.
6. "ושבתו בשלום" : « et que ton Shabbat soit en paix » — souhait final qui rattache le malade ou l'endeuillé à la shalom du Shabbat, malgré sa douleur.

4. Précisions du Mishnah Berurah et du minhag

3 enseignements clés du Mishnah Berurah :
  1. MB (א) : « Be-kushi hitiru » — la gemara permet « avec peine » la visite à Shabbat. Ce n'est pas idéal. Et donc celui qui n'a visité de toute la semaine et choisit Shabbat — agit mal. Le Shabbat est un dernier recours, pas le moment de prédilection.
  2. MB (ב) : on ne dit pas la formule semaine, parce qu'elle provoque le pleurmetsa'er u-me'orer ha-bekhi ») — incompatible avec Shabbat.
  3. MB (ג) : distinction bikkour holim vs nihoum avelim :
    • Malade : « Shabbat hi mi-li-zok... ve-shabto be-shalom »
    • Endeuillé : « Shabbat hi mi-le-nahem ve-nehama kerova lavo » (et certains permettent même « Ha-Makom yenahem'kha »)
Précision du Peri Megadim (citée par MB) : si l'endeuillé arrive à la synagogue après « Mizmor shir le-yom ha-Shabbat », le shamash ne crie plus « Tseu negged ha-avel » (« Sortez à la rencontre de l'endeuillé ») car cela rendrait le deuil public à Shabbat — contraire à l'oneg. Mais aller individuellement vers lui pour dire « Shabbat hi mi-le-nahem... » reste permis.

5. Le Mishnah Berurah — premières entrées

Le Mishnah Berurah de Rabbi Israël Méir Kagan (Hafets Haïm) compte 3 entrées sur ce siman. Voici les premières — pour mieux comprendre le sens des seifim :

משנה ברורה (א) — (א) יכולים וכו' - אמרינן בגמרא בקושי התירו לנחם אבלים ולבקר חולים בשבת וע"כ לא יפה עושין אותן שכל ימי השבוע אין הולכין רק בשבת:
משנה ברורה (ב) — (ב) כדרך שאומר לו בחול - דמצטער ומעורר הבכי דאסור בשבת:
משנה ברורה (ג) — (ג) אומר לו וכו' - אבקור חולים קאי ובנחום אבלים יאמר לו שבת היא מלנחם ונחמה קרובה לבוא ויש מקילים דרשאי לומר המקום ינחמך. כתב בפמ"ג אם בא האבל לבהכ"נ אחר אמירת מזמור שיר ליום השבת שוב לא יקרא השמש צאו נגד האבל דאין להזכיר אבילות בפרהסיא ומ"מ לילך בעצמו לו לומר שבת היא מלנחם וכו' רשאי:

Pour le texte intégral des 3 entrées, consulte Sefaria : Mishnah Berurah 287.

6. La position du Rama

Là où le Rama (Rabbi Moshe Isserles) ajoute une הגהה (glose), il précise généralement les nuances ashkénazes par rapport au Mehaber séfarade. Vérifie attentivement le texte hébreu ci-dessus pour repérer les passages introduits par הגה.

Ajout du Rama dans ce siman :

7. Cas pratiques modernes

SituationHalakha pratique
Visite hospitalière ShabbatPermise mais pas idéale. Mieux : visiter en semaine. Si Shabbat seul moment dispo, dire la formule paisible (« Shabbat hi mi-lizok... ») et éviter de prier explicitement pour la guérison à haute voix.
Maison de deuil (shiv'a) à ShabbatVisite permise. La shiv'a est suspendue publiquement (l'endeuillé sort, mange à table, etc.), mais les visites de consolation se font. Formule : « Shabbat hi mi-le-nahem ve-nehama kerova lavo ».
L'endeuillé arrive à la synagogue après Mizmor ShirLe shamash ne crie plus « Tseu negged ha-avel » (déjà entré dans Shabbat) ; les fidèles peuvent aller individuellement le saluer avec la formule.
Téléphone à un malade à ShabbatTéléphone interdit Shabbat (sauf pikuah nefesh). Visiter physiquement OK ; appeler — non.
Mishaberach (prière de guérison) à la kéhilaSouvent dit lors de la lecture de la Torah Shabbat ; mais le texte est adapté — « Shabbat hi mi-li-zok ou-refou'a kerova lavo » est ajouté pour conserver l'esprit de Shabbat.
Visiter un proche en deuil dont la shiv'a a commencé vendrediVendredi : commencer shiv'a normalement. Shabbat : suspendre le deuil public, mais recevoir visiteurs avec formule paisible. Motzaei Shabbat : reprendre shiv'a (jusqu'au 7ème jour).
Règle d'or : à Shabbat, on visite et on console, mais avec des mots qui n'engendrent pas la tristesse. La présence physique et silencieuse est souvent le meilleur cadeau à Shabbat.

8. Synthèse pratique du Siman

Les 3 enseignements clés du Siman רפ"ז :
  1. Bikkour holim et nihoum avelim sont permis à Shabbat — la mitzva n'est pas annulée par l'oneg Shabbat.
  2. La formule verbale est adaptée — pas de cris, pas de prière explicite ; les expressions paisibles : « Shabbat empêche les cris », « guérison/consolation viennent », « shalom du Shabbat ».
  3. « Be-kushi hitiru » : Shabbat n'est pas le moment de prédilection pour ces mitzvot — celui qui ne visite que Shabbat « ne fait pas bien » (MB).

9. Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Pourquoi la formule de visite aux malades est-elle différente Shabbat ? Quel principe halakhique structure cette différence ?
  2. Quelle est la formule exacte selon le Mehaber ? Et celle adaptée par le Rama (avec le Rambam) ?
  3. Que signifie « be-kushi hitiru » dans le Mishnah Berurah ? Quelle leçon pratique en tirer ?
  4. Pour un endeuillé en shiv'a Shabbat, quelle formule remplace celle du malade ? Pourquoi ?
  5. Pourquoi le shamash ne crie-t-il pas « Tseu negged ha-avel » à Shabbat ?
  6. Téléphoner à un malade Shabbat est-il une forme de bikkour holim ? Pourquoi non ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
Pour continuer l'étude — siman suivantSiman 288 →
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