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DAAT · NIVEAU 2 — LAMDAN

שולחן ערוך · יורה דעה

Siman 130 — Ce qu’un sceau garde, et ce qu’il ne garde pas — étude et pilpoul
סימן ק״ל
דִּינֵי חֲתִימַת הַיַּיִן
עיון, פלפול, שיטות הראשונים והאחרונים
⚡ ללומדים ותלמידי חכמים ⚡
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Pilpoul et étude approfondie

Sougyot, sources, ḥakira de fond, ma’hlokot des Richonim et des A’haronim,
nafka minot pour la halakha et analyse des chitot

Sujet :
שולחן ערוך יורה דעה סימן ק״ל (י׳ סעיפים)
עם נושאי כלים: ש״ך (שפתי כהן), ט״ז (טורי זהב), בית יוסף, טור

Fondement talmudique de la sougya :
עבודה זרה כ״ט ע״ב (חומץ שלנו ויין מבושל שלנו) · עבודה זרה ל״א ע״א (הכל משתמר בחותם אחד, היכי דמי חותם בתוך חותם) · עבודה זרה ל״א ע״ב (השולח חבית של יין, מירתת בין הגיתות) · עבודה זרה ס״א ע״א־ע״ב (הלוקח והשוכר בית בחצרו של גוי, נתפס עליו כגנב) · עבודה זרה ס״ט ע״ב (לא חייש לשתומא ולא חייש לזיופא) · עבודה זרה ע׳ ע״א (ביזעא בדשא, אית ליה לאישתמוטי, מדכר ליה לחמריה)

Rédaction et iyoun :
הרב יוסף חיים סממה · DAAT

📑 Table des matières

  1. שורש הסימן — deux technologies de surveillance : le sceau et la présence
  2. חותם בתוך חותם — un sceau ou deux : les trois lectures de la berayta (seif 1)
  3. טורח או מירתת — la ḥakira, et le Chakh ס״ק ח qui nomme les deux ta’amim
  4. אינסוכי ואיחלופי — deux sceaux pour deux risques distincts (seif 3)
  5. חבית של עץ — le שתומא, et le ḥiddouch du Taz sur le moment du rebouchage (seif 1)
  6. המנהג — le Ba’ḥ, le Massat Binyamin, et la frontière lekhathila / bediavad
  7. חותם אחד בדיעבד — et la clé seule : Taz ס״ק ה contre Chakh ס״ק ד (seif 2)
  8. כיצד הוא חותם בתוך חותם — la définition, et le litige que le Taz dissout (seif 4)
  9. קשרים ואותיות — nœuds, lettres, cachets imprimés, clé (seifim 5 à 7)
  10. החותם בדרך — le Taz contre le Massat Binyamin : le sceau qui voyage
  11. הכרת החותם — le sceau retrouvé, et les trois lectures de מכיר (seif 8)
  12. מירתת בלא חותם — le Juif qui habite la cour (seif 9)
  13. נתפס עליו כגנב — le jour, la nuit et le trou dans la porte (seif 10)

1. שורש הסימן — deux technologies de surveillance

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le siman 128 mesurait le yiḥoud, le siman 129 le va-et-vient du Juif. Le siman 130 change d’instrument : le Juif n’est plus là du tout, et c’est un objet — un sceau — qui doit tenir à sa place. Toute la difficulté du siman tient à ce que le sceau n’est jamais seul : il ne vaut que par ce que le non-Juif se représente en le voyant. Les deux moitiés du siman le disent — les seifim 1 à 8 traitent du sceau, les seifim 9 et 10 de la présence sans sceau — et les nossei kelim ne cessent de faire passer l’un dans l’autre.

La berayta d’où tout part Une seule berayta, citée deux fois dans le traité, porte tout le siman. Elle ne parle pas d’un dépôt mais d’une maison louée, et elle ne dit pas combien de sceaux il faut : « אחד הלוקח ואחד השוכר בית בחצירו של גוי, ומלאוהו יין, ומפתח או חותם ביד ישראל — רבי אליעזר מתיר, וחכמים אוסרין » (עבודה זרה ל״א ע״א) Deux mots y sont en litige, et de leur lecture dépend tout : מפתח או חותם — clé ou sceau — ou bien מפתח וחותם, clé et sceau. La halakha suit Rabbi Éliézer ; reste à savoir ce qu’il a permis.
Le vin fait exception Rabbi Elazar pose la règle qui isole le vin de tout le reste du garde-manger : « הכל משתמר בחותם אחד, חוץ מן היין שאין משתמר בחותם אחד » (עבודה זרה ל״א ע״א) C’est cette phrase que le siman 118 applique aux aliments confiés, et que notre siman applique au vin. Mais la Guemara elle-même donne aussitôt une seconde version où la même formule est dite du חותם בתוך חותם : le nombre de sceaux n’est donc pas un donné, c’est un résultat.
Rava définit la chose, non le nombre La Guemara ne demande jamais pourquoi deux ; elle demande היכי דמי חותם בתוך חותם — à quoi cela ressemble : « אגנא דפומא דחביתא שריקא וחתימא — הוי חותם בתוך חותם, ואי לא — לא » (עבודה זרה ל״א ע״א) Le silence de la Guemara sur le motif est ce qui a ouvert, chez les Richonim, la ma’hloket entière du seif 1.
La ḥakira qui traverse le siman Que fait le second sceau ? (א) Une quantité de peine. Le sceau agit par לא טרח ומזייף : contrefaire coûte, et deux sceaux coûtent plus qu’un. Le seuil monte donc avec l’enjeu — le vin, dont on redoute et la libation et la substitution, exige davantage. Sur cette branche, deux sceaux valent mieux qu’un toujours, et rien d’extérieur au fût ne peut les remplacer. (ב) Un état d’esprit. Le sceau agit par מירתת : il avertit le non-Juif qu’on va vérifier. Sur cette branche, la force du sceau dépend de la scène — sera-t-il examiné, par qui, et le non-Juif le sait-il ? — et un seul sceau bien placé peut alors valoir deux. C’est la ma’hloket entre Rabbenou Tam et Tossafot d’un côté, le Rif, le Rambam et le Rachba de l’autre ; c’est aussi ce qui permet, aux seifim 9 et 10, de se passer entièrement de sceau.

📜 Le texte du Choulhan Aroukh — seif א׳

↩ Explication détaillée (niveau 1)

דיני חתימת היין. ובו י׳ סעיפים:מותר להפקיד ולשלוח יין ביד עובד כוכבים אם הוא חתום בחותם בתוך חותם או מפתח וחותם והני מילי בחבית של חרס אבל לא בחבית של עץ מפני שיכולין להוציא יין מבין הנסרים ולא ירגישו וכל שכן בנודות שבקל יכולים להוציא יין מבין התפירות ואין להם תקנה אלא שיכניס כל החבית של עץ או כל הנאד בשק שאין בו תפירה מבחוץ ויחתום פי השק: הגה ויש מתירין אפילו בחבית של עץ ואין חוששין שמא יוציא בין הנסרים (מרדכי ריש פרק א״מ וב״י בשם ס״ה וסמ״ג ורשב״א ובא״ו הארוך) וכן נוהגים ובלבד שיזהר שיהא המגופה נסתם כראוי וכן שלא יהיה שם ברזא רק יחתוך כל הברזות וישים עור על המגופה והברזא קבוע במסמרות ויכתוב אותיות חציין על העור וחציין על הברזות שאם יגביה העובד כוכבים העור לא ידע לחזור ולכוון העור כבתחילה (מרדכי פר״י וב״י בשם תוס׳) ואם מצא סכין בחבית שהוציא יין בין הנסרים ע״ל סי׳ קכ״ד:

2. Un sceau ou deux — les trois lectures de la berayta (seif 1)

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le Mehaber ouvre le siman en exigeant חותם בתוך חותם או מפתח וחותם. Cette exigence n’est pas dans la berayta : elle est le fruit d’une controverse où l’on s’est disputé, mot à mot, ce que Rabbi Éliézer avait permis. Trois lectures, et chacune donne du sceau une théorie différente.

Première lecture — Rabbenou Tam : un sceau suffit Le Tour rapporte la position la plus simple : « פירש ר״ת אפילו בחותם אחד דכיון שחתום בחותם אחד לא טרח ומזייף » (טור יו״ד ק״ל) Le motif est purement économique : לא טרח ומזייף. Un sceau, même unique, met la contrefaçon hors de prix.
Sur quoi Tossafot s’appuient Le Beit Yossef donne les deux appuis textuels de cette lecture — l’un de fond, l’autre de forme : « וטעמא משום דאמרינן בפרק השוכר דר״א לא חייש לזיופא אי נמי מדלא קתני שני מפתחות או ב׳ חותמות » (בית יוסף יו״ד ק״ל) L’argument de forme est fin : si la berayta avait voulu deux sceaux, elle aurait dit deux.
La kouchia qui a tout déclenché Si un sceau suffit, pourquoi la Guemara demande-t-elle ailleurs היכי דמי חותם בתוך חותם ? Pourquoi Rav dit-il ailleurs que le vin en un seul sceau est interdit ? Et surtout : pourquoi Rav Achi précise-t-il que le vinaigre et le vin cuit n’ont pas besoin de חותם בתוך חותם — sinon parce que le vin ordinaire, lui, en a besoin ? Toute la suite est faite de réponses à cette kouchia.
Le terouts de Rabbenou Tam — déplacer le sujet Rabbenou Tam ne touche pas au nombre : il change de personnage. Les textes qui exigent deux sceaux ne parlent pas d’un non-Juif mais d’un Juif suspect : « והיה מתרץ ר״ת דההוא דרב דלקמן מיירי בישראל חשוד וגרע מעובד כוכבים מפני שהוא בטוח שיאמינוהו ולא מירתת כ״כ » (תוספות עבודה זרה ל״א ע״א ד״ה דאמר רב הלכה כר״א) Le renversement est saisissant : le Juif suspect est pire que le non-Juif, parce qu’on lui fait confiance et qu’il le sait. La ligne de partage n’est plus l’identité de celui qui garde, c’est son degré de מירתת.
Tossafot refusent le terouts L’objection est de méthode, et elle est sévère : « וקשה קצת פר״ת דנבואה היא להעמיד כל אלו ההלכות בישראל חשוד ואנן בעובדי כוכבים קיימינן » (תוספות עבודה זרה ל״א ע״א ד״ה דאמר רב הלכה כר״א) Reconstruire une dizaine de sougyot autour d’un personnage qu’aucune ne nomme, c’est de la divination. Le Beit Yossef reprendra la formule presque mot pour mot.
Le terouts de Tossafot — déplacer la scène Tossafot gardent le non-Juif et changent la situation : déposer n’est pas envoyer. « ויש לחלק בין שולח לחבירו ואינו חוזר ורואה חותמו להכירו דאז צריך חותם בתוך חותם דלא מרתת שסבור האחר לא יכיר החותם אבל היכא שמניחו ביד העובד כוכבים ועתיד לראות חותמו להכיר די בחותם אחד » (תוספות עבודה זרה ל״א ע״א ד״ה דאמר רב הלכה כר״א) Le pivot est דלא מרתת : dans l’envoi, le non-Juif calcule que le destinataire ne connaît pas le sceau, donc ne le vérifiera pas vraiment. Deux sceaux compensent alors l’absence d’œil.
Le Tour formule la distinction « ויש מחלקין בין להפקיד בידו ובין לשלוח על ידו דודאי להפקיד בידו שרי בחותם א׳ מפני שעתיד לראות חותמו ומירתת נכרי ולא מזייף אבל כששולח לחבירו שאינו מכיר החותם לא מירתת ובעי שני חותמות » (טור יו״ד ק״ל) Noter la formule : מפני שעתיד לראות חותמו ומירתת נכרי. Ce n’est pas le sceau qui garde, c’est le retour prévu du propriétaire, dont le sceau n’est que le signe.
Nafka mina immédiate — l’avis suffit Si tout tient à la représentation du non-Juif, alors une lettre suffit à rétablir le sceau unique : « וה״ה אם שולח לחבירו כתב להודיעו ענין חותמו ומודיעו לנכרי שכך שלח לו דסגי בחותם א׳ דנכרי כיון דידע מירתת ולא מזייף » (בית יוסף יו״ד ק״ל) Deux conditions, et elles sont symétriques : informer le destinataire, et informer le porteur qu’on a informé le destinataire. Le second avis est le seul qui agisse — il ne renseigne personne, il produit la crainte.
Troisième lecture — le Rachba : la clé et le sceau Le Rachba refuse la variante textuelle et retourne l’enseignement de Rabbi Éliézer : « אבל הרשב״א כתב שהגירסא הנכונה הוא מפתח וחותם וקולו של ר״א דעביד מפתח וחותם א׳ כשני חותמות » (בית יוסף יו״ד ק״ל) Sur cette lecture, Rabbi Éliézer n’a jamais allégé le nombre : il a seulement admis que la clé compte pour un sceau. Le vin exige donc toujours deux marques, chez le non-Juif comme chez le Juif suspect. Le Beit Yossef ajoute que le Halakhot Guedolot, le Rif et le Rambam se lisent ainsi.
La kouchia du Ramban contre cette lecture Le Ramban objecte depuis le perek Kol Kitvei, où un seul sceau a été permis en pratique : « ר׳ חנינא התיר לבית רבי לשתות יין הבא בקרונות של נכרים בחותם א׳ ולא ידענא אי משום דסבר לה כר״א אי משום אימתא דבי נשיאה » (בית יוסף יו״ד ק״ל) Rabbi Ḥanina hésite lui-même sur le motif — soit il tient comme Rabbi Éliézer, soit c’est la crainte de la maison du Nassi. Mais dans les deux cas, un seul sceau a bien été permis pour du vin.
La réponse du Rachba — il y avait une clé « דהתם מפתח היה בידו של בית רבי ושלהם היה וכגון שייחד לו קרן בקרון והניחו שם היין ומפתח בידם » (בית יוסף יו״ד ק״ל) Réponse remarquable : le convoi de vin devient un cas de מפתח וחותם, et le coin réservé dans le chariot — le קרן זוית du seif 2 — fait du chariot du non-Juif un espace juif. La solution du Rachba fait donc travailler ensemble deux seifim que le Mehaber sépare.
Le Roch trouve la lecture forcée « והרא״ש כתב על דברי הרי״ף וה״ג שהוא דוחק דהא דקאמר ר׳ אליעזר בחותם אחד לא משמע דבעי חותם עם המפתח » (בית יוסף יו״ד ק״ל) Argument de simple lecture : Rabbi Éliézer dit בחותם אחד, non “un sceau avec la clé”.
Ce que le Tour retient Le Tour, qui a exposé les trois lectures, tranche par la coutume et non par l’argument : « וה״ג וכן רב אלפס מצריכין לכל שני חותמות וכן נוהגין ואין להקל » (טור יו״ד ק״ל)
et son père, le Roch, dit pourquoi « וכ״כ א״א הרא״ש ז״ל דישראל קדושים ונוהגין בשני חותמות » (טור יו״ד ק״ל) ישראל קדושים : ce n’est pas une décision sur la kouchia, c’est une décision de tenue. La rigueur ici n’est pas déduite, elle est assumée.
La conclusion du Beit Yossef, et donc le seif 1 « ולענין הלכה כיון דבה״ג והרי״ף והרמב״ם והרשב״א סוברים שצריך חותם בתוך חותם או מפתח וחותם הכי נקטינן » (בית יוסף יו״ד ק״ל) Le Mehaber écrit donc חותם בתוך חותם או מפתח וחותם — la formule du Rachba. Mais il ne dit rien de la distinction de Tossafot entre déposer et envoyer : elle reviendra, sous forme d’indulgence, dans la glose du Rama au seif 2.

3. טורח ou מירתת — le Chakh nomme les deux ta’amim

↩ Explication détaillée (niveau 1)

La ḥakira du chapitre 1 n’est pas une reconstruction : le Chakh l’écrit noir sur blanc, en passant, dans un ס״ק consacré à tout autre chose — un chariot bâché. Et c’est précisément parce qu’il énonce les deux motifs ensemble qu’il peut trancher un cas où ni l’un ni l’autre ne s’applique.

Le Chakh, au nom du Massat Binyamin La question posée était celle d’un nœud extraordinaire, passé et repassé sur toute la longueur d’un chariot. Nul nœud n’est plus “différent” que celui-là — et pourtant : « דמאי דסמכינן אקשר משונה או חותם היינו משום דלא טרח ומזייף א״נ מרתת משא״כ בזה דמוכרח הוא להתיר הקשרים ולפתוח העגלות בכל יום כדי ליקח מאכל שלו שבתוך העגלות » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ח) Le raisonnement est d’une clarté rare. Un sceau tient par l’une ou l’autre de deux forces : le coût de la contrefaçon, ou la crainte. Or ici le charretier doit défaire le nœud chaque jour pour prendre sa nourriture : le coût est nul, puisqu’il le paie de toute façon ; et la crainte est nulle, puisqu’un nœud défait n’accusera personne. Le sceau le plus impressionnant du siman n’est pas un sceau.
D’où vient le mot מירתת Rabbi Yirmeya, expliquant pourquoi des fûts scellés sont permis à l’époque du pressurage : « כיון דכולי עלמא אפכי, מירתת, אמר: השתא אי חזו לי מפסדו לי » (עבודה זרה ל״א ע״ב) Le motif de la crainte n’est donc pas une invention des Richonim : la Guemara elle-même le pose, et elle le fonde sur un calcul de perte — אי חזו לי מפסדו לי. Le non-Juif ne craint pas la faute, il craint le dommage.
Le Rambam met la crainte en scène Le Rambam, expliquant pourquoi un Juif habitant la cour dispense de tout sceau, ne raisonne pas : il décrit une pensée. « מִפְּנֵי שֶׁהָעַכּוּ״ם מְפַחֵד תָּמִיד וְאוֹמֵר עַתָּה יִכָּנֵס לְבֵיתוֹ פִּתְאֹם וְיִמְצָא אוֹתִי בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ » רמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ג הלכה א מְפַחֵד תָּמִיד — en permanence, et non au moment de l’acte. C’est très exactement ce que le sceau ne peut pas produire : le sceau est un fait, la crainte est une durée.
Nafka minot de la ḥakira (א) Le sceau qu’on doit ouvrir chaque jour (Chakh ס״ק ח) : nul sur les deux motifs, donc nul tout court. (ב) Le sceau envoyé à un tiers qui ne le connaît pas : nul sur le motif de la crainte, entier sur le motif de la peine — d’où la ma’hloket du seif 1. (ג) L’avis donné au destinataire, et l’avis donné au porteur (seif 8) : sans effet sur la peine, décisif sur la crainte. (ד) Le Juif qui habite la cour (seif 9) : pas de sceau du tout, et pourtant permis — la crainte, seule, y suffit.

📜 Le texte du Choulhan Aroukh — seif ג׳

↩ Explication détaillée (niveau 1)

יין מבושל שלנו וכן יין שלנו שעירבו עם דברים אחרים כגון דבש ושמן וכן חומץ שלנו מותר להפקיד ביד עובד כוכבים בחותם אחד:

4. Deux sceaux, deux risques : אינסוכי et איחלופי (seif 3)

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Il existe une seconde manière, entièrement différente, de comprendre le second sceau — et elle est donnée par la Guemara elle-même. Les deux sceaux ne sont pas deux doses de la même chose : ils répondent à deux craintes distinctes. Le seif 3 est la preuve expérimentale de cette lecture.

Rav Achi partage le risque en deux La michna dit que le vinaigre d’un non-Juif est interdit. Rav Achi demande ce que cela apprend, et répond : « הא אתא לאשמועינן חומץ שלנו ביד גוי אין צריך חותם בתוך חותם. אי משום אינסוכי — לא מנסכי, ואי משום איחלופי — כיון דאיכא חותם לא טרח ומזייף » (עבודה זרה כ״ט ע״ב) Deux craintes nommées, et une seule qui subsiste ici. Contre la libation, le vinaigre est immunisé par nature. Contre la substitution, un sceau suffit. On peut donc écrire l’équation : un sceau = contre l’échange · le second sceau = contre le contact. Le même passage est répété quelques lignes plus loin pour le vin cuit.
Le Taz applique l’équation au seif 3 « דבזה אין שייך ניסוך רק שמא יחליף עם יין שלו וכיון שיש חותם אחד לא טרח ומזייף » (ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ו) Le Taz dit exactement ce que dit la Guemara, et il en fait la raison du seif : le vin cuit ne peut pas être libation, il ne reste que l’échange, donc un sceau.
Le Chakh donne la même équation et cite sa source « דאי משום איסוכי לא מנסכי ליה אי משום איחלופי כיון דאיכא חותם אחד לא טרח ומזייף » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ז) Il termine son ס״ק par le mot ש״ס : ce n’est pas une explication proposée, c’est la Guemara recopiée.
Le Rambam généralise Le Rambam ne s’arrête pas au vin cuit : il fait de l’équation un principe de classement. « וְכָל שֶׁאִסּוּרוֹ מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים שֶׁהִפְקִידוֹ בְּיַד עַכּוּ״ם אֵינוֹ צָרִיךְ שְׁנֵי חוֹתָמוֹת אֶלָּא חוֹתָם אֶחָד בִּלְבַד דַּיּוֹ » רמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ג הלכה י Autrement dit : ce qui n’est interdit que de-rabbanan n’attire pas la crainte de libation, donc un seul sceau. Le nombre de sceaux devient une fonction de la nature de l’interdit — et non de la valeur du contenu.
Nafka mina — le trou qui laisse boire Le Chakh, au nom du Beit Yossef, tire de l’équation une conséquence que rien d’autre ne donnerait : « ומשמע דאפילו יש בכלי שום נקב שיוכל לשתות ממנו אם אינו גדול שיוכל להריק בו יין לתוך הכלים שרי » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ז) Un récipient percé n’est plus étanche — et il reste pourtant permis, parce que le trou n’ouvre que sur le risque éteint. Le sceau ne protège pas le contenant : il protège contre une crainte précise. Voilà la preuve que les deux sceaux ne sont pas deux doses.
Les deux modèles du second sceau On tient donc deux modèles concurrents, et ils ne se recouvrent pas. Modèle cumulatif : les deux sceaux font le même travail, en plus fort ; le second est un supplément de peine. C’est le modèle du Rif, du Rambam et du Rachba au seif 1 — et il explique pourquoi rien d’extérieur ne les remplace. Modèle fonctionnel : chaque sceau répond à une crainte propre — l’un à l’échange, l’autre au contact. C’est le modèle de Rav Achi, du Taz ס״ק ו et du Chakh ס״ק ז — et il explique le seif 3, le trou du Beit Yossef, et le classement du Rambam. Les deux modèles cohabitent dans le même siman ; la plupart des difficultés des A’haronim viennent de ce qu’on applique l’un dans le domaine de l’autre.

5. Le fût de bois — שיתומא et le moment du rebouchage (seif 1)

↩ Explication détaillée (niveau 1)

La seconde moitié du seif 1 change complètement de terrain : il ne s’agit plus de compter les sceaux mais de savoir si le récipient a d’autres ouvertures que celle qu’on a scellée. Le Mehaber interdit tout fût de bois ; le Rama le permet et dit que telle est la coutume. Derrière ce désaccord pratique, une question de fond : contre quoi le sceau est-il censé protéger — contre l’ouverture prévue, ou contre toute ouverture concevable ?

La règle du Mehaber « והני מילי בחבית של חרס אבל לא בחבית של עץ מפני שיכולין להוציא יין מבין הנסרים ולא ירגישו » (שו״ע יו״ד ק״ל:א) Le mot décisif est ולא ירגישו : le défaut du fût de bois n’est pas d’être plus fragile, c’est d’être réparable sans trace. Un sceau ne vaut que contre ce qui se voit.
La source : la réponse de Rabbenou Yitzḥak bar Yehouda à Rachi « אבל ר׳ יצחק בר רבי יהודה השיב לרש״י דחביות של עץ אסורות לשלוח ע״י נכרי אפי׳ בחותם בתוך חותם » (טור יו״ד ק״ל) Noter אפי׳ בחותם בתוך חותם : la difficulté du fût de bois n’est pas soluble par un sceau de plus. Elle est d’un autre ordre — et c’est ce qui prouve, en passant, que le nombre de sceaux ne mesure pas une simple quantité de sécurité.
D’où la solution du sac « ואין להם תקנה אלא שיכניס כל החבית של עץ או כל הנאד בשק שאין בו תפירה מבחוץ ויחתום פי השק » (שו״ע יו״ד ק״ל:א) Le sac déplace le problème d’un cran : on renonce à sceller le fût, on scelle son enveloppe. Et le sac doit être sans couture extérieure — c’est-à-dire sans ouverture invisible, exactement le défaut qu’on fuyait.
La glose du Rama Contre tout cela, le Rama : « ויש מתירין אפילו בחבית של עץ ואין חוששין שמא יוציא בין הנסרים » (שו״ע יו״ד ק״ל:א) וכן נוהגים — et la coutume l’emporte ici sur la lettre du Mehaber. Le Taz et le Chakh vont chacun expliquer pourquoi on a le droit de ne pas craindre.
Le Taz : la racine est une ma’hloket de tannaïm « כי לא קיימא לן כתנא קמא דרשב״ג בפרק השוכר דס״ל דחיישינן לשיתומא פי׳ ר״ן שיעשה נקב חדש אלא כרשב״ג דלא חיישינן אלא שיפתח המגופה » (ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק א) Le שתומא est précisément le percement d’un trou nouveau, ailleurs que là où l’on scelle. Rabban Chimon ben Gamliel n’y croit pas : on ne perce pas un fût, on ouvre son bouchon. Le Rama s’appuie sur ce refus de craindre.
La Guemara réunit les deux “on ne craint pas” Et la Guemara elle-même s’étonne alors qu’on ne dépose pas simplement le vin chez les non-Juifs : « וכי מאחר דקיימא לן כוותיה דרבן שמעון בן גמליאל דלא חייש לשתומא, והלכתא כוותיה דרבי אליעזר דלא חייש לזיופא, האידנא מאי טעמא לא מותבינן חמרא ביד גוים? משום שייכא » (עבודה זרה ס״ט ע״ב) La réponse est משום שייכא — un motif qui n’est ni la contrefaçon ni le percement. Retenir surtout la construction : les deux indulgences — לא חייש לשתומא et לא חייש לזיופא — sont posées côte à côte par la Guemara elle-même. C’est exactement le couple que le Rama réunit dans sa glose.
Mais le Taz borne aussitôt l’indulgence « ומשמע מכאן דאם היה ברור שהוציא יין מבין הנסרים דאסור » (ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק א) On ne craint pas ; on ne permet pas ce qu’on a vu. Distinction essentielle : l’indulgence porte sur la présomption, non sur le fait.
La contradiction avec le siman 124, et le ḥiddouch du Taz Au siman 124, le Rama permet le contenu d’un fût dans lequel un non-Juif a planté un couteau pour en tirer du vin. Ici, le Taz interdit. La résolution est un ḥiddouch de fait : « שאני התם דעדיין הסכין תחוב שם אבל אם כבר סתמו ודאי אסור אף לדידן דבשעת סתימה נוגע שם במקום שהיין יוצא » (ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק א) Le point d’interdiction n’est pas le moment où il tire le vin, c’est le moment où il rebouche : à cet instant sa main est au contact du vin lui-même. Tant que le couteau est encore planté, il n’y a pas eu de rebouchage — donc pas de contact.
Le Taz tire alors une permission là où on l’attendait le moins Puisque tout tient au contact du rebouchage, le Taz peut expliquer pourquoi le fût entièrement cerclé de cercles de fer est permis alors même qu’on pourrait tirer du vin entre les cercles : « דהא עיקר האיסור משום שבשעת הסתימה נוגע בו » (ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ב)
et il achève le raisonnement par le nitsok « והוי כמו נוגע קילוח היוצא דאין איסור על מה שבחבית אלא מכח ניצוק חיבור » (ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ב) Le vin qui suinte entre les cercles est déjà loin du vin du fût : le toucher là revient à toucher le filet qui coule, et le filet ne relie au fût que par ניצוק — dont le siman 126 dit qu’il ne s’applique pas à un fût. Trois simanim s’emboîtent pour sauver une coutume.
Le Chakh résout la même contradiction autrement Le Chakh ne recourt ni au moment du rebouchage ni au nitsok : il invoque le statut des non-Juifs de son temps. « דשם נתבאר דעובדי כוכבים בזמן הזה לאו עובדי עבודת כוכבים הן ואם נגעו בכוונה על ידי ד״א כגון שדקרו שם הסכין להוציא יין מותר במקום הפסד וה״ה הכא » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ג) Deux voies opposées : le Taz sauve la coutume par la physique du contact, le Chakh par le statut du contactant. La nafka mina apparaîtra dès qu’il n’y aura pas de perte : chez le Taz la permission tient encore, chez le Chakh elle tombe.

6. La coutume, le Ba’ḥ et le Massat Binyamin — lekhathila et bediavad

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le Rama a écrit וכן נוהגים. Une génération plus tard, le Ba’ḥ constate que la coutume s’est retournée — non parce que la halakha a changé, mais parce que les faits ont changé. Le Chakh et le Taz rapportent tous deux ce constat, et tous deux le bornent au lekhathila. C’est l’un des passages les plus instructifs du siman sur la manière dont une réalité technique entre dans le psak.

Le constat du Ba’ḥ « כתב הב״ח מ״מ עכשיו נוהגים שלא להתיר לשלוח יין כלל בחבית של עץ מעיר לעיר אם לא ע״י נאמן ישראל שומר ביום ובלילה כי שכיח שהעובדי כוכבים נוקבים במקדח קטן או בסכין בין הנסרים ומוציאין יין בגניבה ואין לשנות להקל כלל » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק א) כי שכיח — parce que c’est devenu fréquent. Le fondement de l’indulgence du Rama était que percer un fût n’est pas dans les usages ; le foret et le couteau l’ont rendu usuel. Le Ba’ḥ ajoute pourtant la porte de sortie : cercler entièrement le fût et doubler le fond.
Le Chakh borne le constat « ונראה דהיינו דוקא לכתחלה וכן כתב בתשובת משאת בנימן סימן כ״ט דבדיעבד מתירין כמו שכתב הרב » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק א) Distinction capitale : un fait nouveau peut déplacer le lekhathila sans toucher au bediavad. Le vin déjà arrivé ne s’interdit pas parce que la technique a progressé.
et il le dit sans réserve Sur les précautions du Rama — cercles, cuir, sac — le Chakh, au nom du Massat Binyamin, tranche qu’elles sont de perfection et non de validité : « אבל בדיעבד הדבר ברור דסגי בחותם א׳ אף בחבית של עץ ואפילו בלא שום תיקון אחר » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ב)
sauf sur un point « מיהו אם לא חתך הברזות אף דיעבד אסור דהא בקל יכול להוציא הברזא ולהמשיך יין » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ב) Le robinet fait exception à l’exception : là, l’ouverture existe déjà, et l’on n’a même pas besoin d’effraction. La règle générale se lit alors : est un sceau ce qui rend l’ouverture coûteuse ; ce qui laisse l’ouverture gratuite n’est rien.
Le Taz, sur le même robinet « זהו לכתחלה אבל בדיעבד אם טח בטיט ונתייבש סביב הברזא גם כן מותר בהפסד מרובה » (ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ג) Le Taz sauve le bediavad par l’enduit séché — qui, on le verra au chapitre 8, est pour lui la définition même du sceau unique. Le Chakh, lui, refuse toute compensation quand les robinets n’ont pas été coupés. C’est une ma’hloket réelle, et elle est pratique.
Le dispositif du Rama, et ce qu’il dit du sceau La plus belle invention du seif, empruntée à Tossafot par le Mordekhi : « ויכתוב אותיות חציין על העור וחציין על הברזות שאם יגביה העובד כוכבים העור לא ידע לחזור ולכוון העור כבתחילה » (שו״ע יו״ד ק״ל:א) Ce n’est pas la solidité qui garde, c’est l’alignement : deux moitiés de lettres qui ne se rejoignent que dans une position. Le sceau devient ici un pur dispositif de détection — il n’empêche rien, il rend l’effraction lisible. C’est la forme la plus épurée du principe posé au chapitre 5 : un sceau ne vaut que contre ce qui se voit.

📜 Le texte du Choulhan Aroukh — seif ב׳

↩ Explication détaillée (niveau 1)

אם הפקיד ביד עובד כוכבים בחותם א׳ אסור בשתיה ומותר בהנאה והוא שייחד לו קרן זוית: הגה ויש שכתבו דבדיעבד יש להתיר אפילו בחותם אחד (ב״י לדעת ר״ת ובארוך כלל כ״ב) ואין צריך להכיר חותמו אלא אם כן רואה שחותמו מקולקל אז אסור (ג״ז שם) אבל אין צריך לבדוק אחר זה וכן נוהגין להקל ועיין לעיל סימן קי״ח:

7. Un seul sceau bediavad — et la clé seule : Chakh contre Taz (seif 2)

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le seif 2 dit ce qui arrive quand on n’a pas fait ce que le seif 1 exigeait. La réponse du Mehaber est une demi-mesure — interdit à la boisson, permis au profit — et elle porte une condition qui a l’air d’un détail : והוא שייחד לו קרן זוית. Le Rama, lui, ramène par la fenêtre la chita de Rabbenou Tam. Et sur ce que vaut, dans ce régime allégé, une clé toute seule, le Chakh et le Taz se contredisent frontalement.

Le Mehaber « אם הפקיד ביד עובד כוכבים בחותם א׳ אסור בשתיה ומותר בהנאה והוא שייחד לו קרן זוית » (שו״ע יו״ד ק״ל:ב) Deux choses à voir. D’abord la demi-sanction : le vin n’est pas devenu yayin nessekh, il est devenu douteux — un sceau a écarté l’échange, pas le contact. Ensuite la condition du coin réservé, qui n’a rien d’un détail.
C’est la langue du Rambam « וְאִם הִפְקִיד בְּיַד עַכּוּ״ם בְּחוֹתָם אֶחָד הֲרֵי זֶה אָסוּר בִּשְׁתִיָּה וּמֻתָּר בַּהֲנָיָה וְהוּא שֶׁיְּיַחֵד לוֹ קֶרֶן זָוִית » רמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ג הלכה ט
Le Taz explique la condition Pourquoi faut-il un coin réservé pour que le profit reste permis ? « דאז הוה כחצרו של ישראל משום הכי מותר בהנאה » (ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ד) Le coin réservé transforme juridiquement l’espace : le fût n’est plus “chez le non-Juif”, il est dans un lieu qui est du Juif. Sans quoi les fruits déposés seraient déjà “les fruits du non-Juif”, et l’on ne serait plus dans le régime du doute. Le sceau agit ici sur le lieu, non sur le récipient — et l’on retrouve, en germe, les seifim 9 et 10.
La glose du Rama — Rabbenou Tam par la petite porte « ויש שכתבו דבדיעבד יש להתיר אפילו בחותם אחד » (שו״ע יו״ד ק״ל:ב) La chita rejetée au seif 1 revient au seif 2 sous forme de bediavad. C’est la mécanique la plus caractéristique du Rama : ce que le Mehaber a écarté du psak, il le réinstalle comme filet de sécurité.
Le Taz tire la conséquence : la clé seule suffit « דלפי זה אפילו באין שם אלא אפי׳ מפתח לחוד גם [כן] מותר דהא בהא תליא » (ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ה) דהא בהא תליא : puisque la clé vaut un sceau (seif 7), et qu’un sceau suffit bediavad (seif 2), alors une clé suffit bediavad. Le raisonnement est un simple enchaînement — et il est irréprochable si les deux propositions parlent de la même chose.
Le Chakh dit exactement le contraire « דוקא בחותם אבל סתומות במגופה לא הוי בדיעבד כחותם אחד אלא במקום הפסד מרובה… וכן מפתח א׳ לא הוי כחותם א׳ » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ד) Le Chakh renvoie au siman 118 pour la clé, et au siman 129 pour le simple bouchon. Sa position revient à dire que le bediavad du Rama porte sur le nombre de sceaux, non sur la nature du sceau : un vrai sceau, il en faut un. Le Taz, lui, lit le bediavad comme un abaissement du seuil tout court.
Nafka mina Du vin a été confié à un non-Juif dans une pièce fermée dont le Juif seul a la clé, sans aucun sceau sur les fûts. Selon le Taz ס״ק ה, permis bediavad. Selon le Chakh ס״ק ד, interdit à la boisson — il faut un sceau, et la clé ne le remplace pas. Et pour le fût simplement bouché de sa bonde, sans enduit : le Chakh ne le permet qu’en cas de perte importante.
Faut-il reconnaître son sceau ? Le Rama tranche que non, et pose la seule réserve : « ואין צריך להכיר חותמו אלא אם כן רואה שחותמו מקולקל אז אסור » (שו״ע יו״ד ק״ל:ב) אבל אין צריך לבדוק אחר זה — on n’est pas tenu d’enquêter ; on est tenu de ne pas fermer les yeux. La ligne est exactement celle du Taz ס״ק א au chapitre 5 : on ne craint pas, mais on ne permet pas ce qu’on a vu.
Le Chakh précise ce que “détérioré” veut dire « ואפילו בחותם אחד מקולקל שרי אם לא שנראה בו דאדם קלקלו » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ה) Un sceau abîmé n’est pas un sceau rompu : il faut la marque d’une main. Le Chakh renvoie lui-même au seif 8, où le Rama pose la même exigence pour les deux sceaux. La règle est donc uniforme : ce qui accuse, c’est l’intention lisible, non le désordre.

📜 Le texte du Choulhan Aroukh — seif ד׳

↩ Explication détaillée (niveau 1)

כיצד הוא חותם בתוך חותם סתם החבי׳ בכלי שאינו מהודק כדרך שסותמין כל אדם וטח בטיט הרי זה חותם א׳ היה כלי מהודק וטח עליו מלמעלה הרי זה חותם בתוך חותם וכן אם צר פי הנאד הרי זה חותם אחד הפך פי הנאד לתוכו וצר עליו הרי זה חותם בתוך חותם וכן כל שינוי שמשנה מדברים שאין דרך כל אדם הרי הם כחותם א׳ והטיחה או הקשירה חותם שני:

8. כיצד הוא חותם בתוך חותם — le litige que le Taz dissout (seif 4)

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le seif 4 est une définition, et c’est le seul endroit du siman où l’on apprend ce qu’est un sceau. Le Mehaber y recopie le Rambam ; le Tour a écrit autre chose ; le Beit Yossef y a vu une ma’hloket et posé plusieurs kouchiot. Le Taz consacre à cela le plus long ס״ק du chapitre, et sa thèse est qu’il n’y a pas de ma’hloket du tout.

Le Rambam nomme la chose « מֻתָּר לְיִשְׂרָאֵל לְהַפְקִיד יֵינוֹ בִּכְלִי סָתוּם בְּיַד עַכּוּ״ם וְהוּא שֶׁיִּהְיֶה לוֹ בּוֹ שְׁנֵי סִימָנִין. וְזֶה הוּא הַנִּקְרָא חוֹתָם בְּתוֹךְ חוֹתָם » רמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ג הלכה ח Le mot est שְׁנֵי סִימָנִין — deux signes, non deux fermetures. Le sceau appartient à l’ordre du signe : il ne retient rien, il atteste.
La définition du Mehaber « סתם החבי׳ בכלי שאינו מהודק כדרך שסותמין כל אדם וטח בטיט הרי זה חותם א׳ היה כלי מהודק וטח עליו מלמעלה הרי זה חותם בתוך חותם » (שו״ע יו״ד ק״ל:ד) Deux ingrédients, et un seul principe : la différence. Un couvercle posé comme tout le monde le pose n’est rien ; un couvercle enfoncé de force est déjà un signe.
Le Tour écrit autrement « היכי דמי חותם בתוך חותם טח פי החבית וחותמו וכופה כלי ע״ג ומהדקו בענין שיש טורח להסירו הוי חותם בתוך חותם » (טור יו״ד ק״ל) Le Tour semble exiger trois gestes : enduire, sceller, renverser un ustensile. Le Rambam n’en demande que deux.
La kouchia du Beit Yossef « וק״ל למה כתב רבינו בטח פי החבית שחתמו דהא משמע מדברי רש״י שא״צ לחותמו » (בית יוסף יו״ד ק״ל) Le Beit Yossef en conclut que le Tour, suivant le Rachba, tient que les deux sceaux s’ajoutent à la fermeture — et qu’il y a là une ma’hloket avec le Rambam.
Le Taz commence par ajouter une condition que personne n’avait écrite Avant de dissoudre le litige, le Taz définit l’enduit : « דטיחה שטח בטיט ונתייבש הוי חותם אחד בכל גווני אבל בלא יבישה נראה דלא הוי חותם דבקלות מאד יכול להסיר הטיט הלח ולתת אחר במקומו » (ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ז) L’argument est purement fonctionnel : de la glaise fraîche s’ôte et se remet sans peine, donc טרח ומזייף ne s’applique pas. Le séchage n’est pas un détail de facture, c’est la condition qui fait passer un geste du côté du sceau.
puis il dissout le litige Sa lecture : chez le Tour, וכופה כלי signifie “ou il renverse un ustensile” — le vav vaut “ou”, usage courant. Le Tour et le Rambam disent donc la même chose de deux côtés : l’un a mentionné l’enduit sur la bonde, l’autre l’enduit sur l’ustensile, et tout enduit vaut. « והב״י לא נחית לזה והקשה כמה קושיות על הטור ועשה מחלוקת בין הרמב״ם להטור ולפי מה שכתבתי לא קשה מידי ואין כאן מחלוקת » (ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ז) Rare exemple d’un A’haron qui, plutôt que de trancher une ma’hloket, montre qu’elle n’existait pas — et le fait par une remarque de grammaire.
La règle générale, et sa nafka mina La dernière phrase du seif 4 est la formule la plus large du siman : « וְכֵן כָּל שִׁנּוּי שֶׁמְּשַׁנֶּה מִדְּבָרִים שֶׁאֵין דֶּרֶךְ כָּל אָדָם הֲרֵי הֵן כְּחוֹתָם אֶחָד וְהַטִּיחָה אוֹ הַקְּשִׁירָה חוֹתָם שֵׁנִי » רמב״ם הלכות מאכלות אסורות פרק י״ג הלכה ח Elle donne la recette générale : un écart d’usage + un enduit ou nœud = חותם בתוך חותם. D’où la nafka mina : ce n’est pas le nombre d’opérations qui compte mais le nombre de catégories — deux enduits ne font pas deux sceaux, un écart et un enduit oui.

📜 Le texte du Choulhan Aroukh — seifim ה׳–ז׳

↩ Explication détaillée (niveau 1)

שני קשרים משונים הוי כשני חותמות:

שתי אותיות הוי כשני חותמות והדפוסים אף על פי שיש בהם כמה אותיות לא חשיבי אלא כחותם אחד כיון שקובעין אותם בבת אחת ובמקום שמצויים מומרים ועובדי כוכבים שיודעים לכתוב אין כתב סימן אלא למי שמכיר הכתב:

מפתח וחותם אחד הוי כשני חותמות:

9. Ce qui vaut sceau : nœuds, lettres, imprimés, clé (seifim 5 à 7)

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Trois seifim courts, presque une liste. Mais chacun applique le critère du seif 4, et le troisième — les lettres — introduit un facteur qui n’est ni la peine ni la crainte : la compétence de celui qui garde.

L’outre, cas d’école de la Guemara « נוד בדיסקיא, חתימת פיו למטה — הוי חותם בתוך חותם, פיו למעלה — לא הוי חותם בתוך חותם » (עבודה זרה ל״א ע״א) Même sac, même corde : seule l’orientation change. Le sceau n’est ni une matière ni une force — c’est une configuration.
Le Taz : pourquoi un nœud ordinaire n’est rien Le Taz explique pourquoi le nœud, contrairement à l’enduit, exige d’être “différent” : « דקשר שעושין בעלמא ודאי אין טורח כלל להתירה אלא ודאי קשר משונה בעינן » (ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ח) Le critère est le temps : l’enduit doit sécher, et attendre le séchage est déjà une peine ; un nœud se refait à l’instant. C’est donc la durée de reconstitution, et non la difficulté du geste, qui fait le sceau.
Les lettres — deux lettres valent deux sceaux Le Beit Yossef rapporte la source, au nom du Ri : « שמעתי בשם ר״י ז״ל דשני אותיות כשני חותמות ולא טרח ומזייף להו וטעמא דמסתברא הוא » (בית יוסף יו״ד ק״ל) וטעמא דמסתברא הוא : le Rachba lui-même n’a pas de source, il a une sévara. C’est le seul “sceau” du siman qui ne ferme rien du tout.
Nafka mina — le cachet imprimé « והדפוסים אף על פי שיש בהם כמה אותיות לא חשיבי אלא כחותם אחד כיון שקובעין אותם בבת אחת » (שו״ע יו״ד ק״ל:ו) Un cachet gravé porte dix lettres et ne compte que pour une : elles sont apposées d’un seul coup. Ce qui se compte, ce ne sont donc pas les signes mais les opérations distinctes — même critère qu’au seif 4. Nafka mina moderne immédiate : un scellé industriel, un film thermorétractable, une étiquette inviolable posés en une seule opération ne font qu’un sceau, quel que soit le nombre de marques imprimées dessus.
Le facteur inattendu : la compétence La fin du seif 6 introduit une variable que le siman n’avait pas encore employée : « ובמקום שמצויים מומרים ועובדי כוכבים שיודעים לכתוב אין כתב סימן אלא למי שמכיר הכתב » (שו״ע יו״ד ק״ל:ו) L’écriture ne vaut sceau que si le non-Juif ne sait pas écrire — c’est-à-dire que la force du sceau dépend d’un état du monde extérieur au fût. Le Rama en tirera au seif 8 une dispense d’avis ; et le Ba’ḥ, au chapitre 6, retournera exactement le même raisonnement contre la coutume, quand le foret sera devenu banal. Une même variable, deux directions.

10. Le sceau en chemin — le Taz contre le Massat Binyamin

↩ Explication détaillée (niveau 1)

La fin du long ס״ק ז du Taz quitte la définition pour un cas concret, et c’est peut-être le passage le plus utile du siman aujourd’hui : un fût scellé qui voyage. Le Taz y soutient que l’enduit, qui suffit à l’arrêt, ne vaut rien en chemin — et il le démontre par un fait matériel.

Le fait matériel « כי פשוט הוא שעל ידי שהעגלה מתנענעת תמיד היין הולך למעלה ומרכך הטיט ונופל וזה דבר מצוי מאוד » (ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ז) Le vin secoué monte, ramollit l’argile et la fait tomber ; et les charretiers ont l’habitude de la refaire en route. Un sceau qu’on refait en route n’est plus un sceau : on retrouve, par un autre chemin, le raisonnement du Chakh ס״ק ח sur le chariot bâché.
Le Taz réfute le Massat Binyamin Le Massat Binyamin avait permis un chargement de vin scellé de sarments et d’argile, en distinguant le vin qui fermente — dont le bouillonnement abîme l’enduit — du vin qui ne fermente pas. Le Taz juge la distinction doublement fausse : d’une part tout vin nouveau fermente, et l’on n’emploie les sarments que dans ce cas, de sorte que la distinction annulerait la permission qu’elle prétend fonder ; d’autre part, sur le fond, la fermentation n’y est pour rien — le simple mouvement du chariot fait monter le vin de toute façon.
La conclusion du Taz « ע״כ נראה דבשום פנים אין היתר בהולכת יין מחמת טיחה לחוד בלי סימן אחר רק במונח אז מועיל טיחה » (ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ז) רק במונח. Le sceau, chez le Taz, n’a pas de valeur en soi : il en a une dans une situation. Le même enduit, sur le même fût, vaut sceau dans une cave et rien du tout sur une route. C’est le point où le siman cesse de compter des sceaux et se met à lire des scènes — exactement ce que feront les seifim 9 et 10.

📜 Le texte du Choulhan Aroukh — seif ח׳

↩ Explication détaillée (niveau 1)

חתמו בשני חותמות וחזר עליו ולא הכירו או שמצאו סתור אסור: הגה ודוקא אם רואים שנסתר בכוונה ע״י אדם אבל במקום שיכולים לתלות שנסתר ונתקלקל מעצמו או ע״י בהמה או תינוקת שלא בכוונה מותר בדיעבד (ת״ה סימן ר״ה ובארוך כלל כ״ב) ואפילו אם נתקלקל בכוונה יש להתיר אם ישראל יוצא ונכנס תמיד. (בית יוסף בשם ס״ה וסמ״ג) . אבל אינו צריך לחזור עליו אלא אם כן הודיע לישראל שנשתלח לו שהוא חתום בשני חותמות אע״פ שלא הודיעו ענין חתימותיו כיון שמצאו הישראל השני חתום בשני חותמות מותר ומכל מקום נכון הדבר להודיעו צורת החותם כדי שיחזור אחריו: הגה מיהו אם כתב עליו אותיות אין צריך להודיעו דסתם עובד כוכבים אינו בקי לכתוב אותיות (הר״ן והר״י) ואם העובד כוכבים אומר שהחבית היה מטפטף והוא הדקו ונגע ביין אינו נאמן לאסרו ואפילו ניכר עדיין קצת יין מבחוץ ויש אומדנות בדבריו (ת״ה סימן ר״ב):

11. Le sceau retrouvé, et l’exigence de הכרה (seif 8)

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Jusqu’ici le sceau était posé ; le seif 8 le fait relire. Et la question qui s’ouvre est celle qui gouvernait déjà le seif 1 : est-ce le sceau qui garde, ou le regard qu’on porte sur lui ? Trois lectures des Richonim s’affrontent sur le mot מכיר, et le Mehaber tranche pour la plus indulgente.

La berayta du seif « השולח חבית של יין ביד כותי, ושל ציר ושל מורייס ביד גוי, אם מכיר חותמו וסתמו — מותר, אם לאו — אסור » (עבודה זרה ל״א ע״ב) Deux mots, et tout le seif : אם מכיר חותמו וסתמו. Faut-il aller reconnaître, ou seulement ne pas être démenti si l’on regarde ?
Première lecture — le Raavad : la reconnaissance visuelle « והאי מכיר פי׳ הראב״ד בטביעות עינא ולפיכך כתב שהשולח יין ביד נכרי אין מסירת סימן מועיל לו שהרי לא היה עליו טביעות עין » (בית יוסף יו״ד ק״ל) Conséquence radicale : pour le vin envoyé, il n’y a aucun remède — sauf l’écriture, parce qu’un signe écrit ne sort jamais de la main du non-Juif. Le Raavad fait donc du seif 6 la seule issue du seif 8.
Deuxième lecture — le Ran : deux sceaux dispensent de reconnaître Le Ran, appuyé sur les Ba’alei HaTossafot, limite l’exigence de reconnaître au cas d’un sceau unique : « אבל בב׳ חותמות אפילו אינו מכיר כגון שולח לחבירו ואינו מודיעו ענין חתימתו כל שהודיעו שהוא חתום בב׳ חותמות ומוצא אותם כן שרי » (בית יוסף יו״ד ק״ל) C’est la traduction exacte, au seif 8, de la chita de Tossafot au seif 1 : le second sceau ne fait pas nombre, il remplace l’œil.
Troisième lecture — Rabbenou Yitzḥak HaZaken : ne pas être démenti La lecture la plus économique, et celle que le Rachba, le Séfer HaTerouma et le Semag retiennent : « אלא ה״ק אם כשחזר על חותמו ומכירו כשר ואם לאו אסור דמוכח מילתא ודאי שנשתנה ונזדייף אחר שאין מכירו » (בית יוסף יו״ד ק״ל) Autrement dit, la berayta n’impose pas une vérification : elle décrit ce qui arrive si l’on vérifie. Le contrôle devient une faculté, et son échec seul interdit.
Le psak du Mehaber Le Mehaber suit cette dernière lecture, en gardant l’avis comme condition minimale : « אבל אינו צריך לחזור עליו אלא אם כן הודיע לישראל שנשתלח לו שהוא חתום בשני חותמות » (שו״ע יו״ד ק״ל:ח) L’avis suffit, et il n’a même pas besoin de décrire les sceaux : il suffit d’annoncer qu’il y en a deux. On retrouve exactement la structure du Beit Yossef au chapitre 2 — l’avis produit la crainte, il n’instruit pas.
et il ajoute la recommandation « ומכל מקום נכון הדבר להודיעו צורת החותם כדי שיחזור אחריו » (שו״ע יו״ד ק״ל:ח) Ce qui est obligatoire et ce qui est bon sont ici soigneusement séparés — et la ligne passe exactement entre ce qui produit la crainte et ce qui permet la vérification.
La dispense du Rama « מיהו אם כתב עליו אותיות אין צריך להודיעו דסתם עובד כוכבים אינו בקי לכתוב אותיות » (שו״ע יו״ד ק״ל:ח) C’est l’application directe de la variable du seif 6 : les lettres ne valent sceau que là où le non-Juif ne sait pas écrire — et là où elles valent, elles valent tellement qu’elles dispensent de l’avis. La force du sceau et la nécessité de l’avis varient donc en sens inverse : plus le sceau est infalsifiable, moins il faut annoncer qu’on regardera.
Le sceau trouvé rompu « חתמו בשני חותמות וחזר עליו ולא הכירו או שמצאו סתור אסור » (שו״ע יו״ד ק״ל:ח)
La glose du Rama — le désordre n’accuse pas « ודוקא אם רואים שנסתר בכוונה ע״י אדם אבל במקום שיכולים לתלות שנסתר ונתקלקל מעצמו או ע״י בהמה או תינוקת שלא בכוונה מותר בדיעבד » (שו״ע יו״ד ק״ל:ח) La règle est celle du Chakh ס״ק ה au chapitre 7, et elle est constante dans tout le siman : ce qui interdit, ce n’est pas l’état du sceau, c’est la lisibilité d’une intention. Le Rama ajoute même que le va-et-vient d’un Juif permet là où l’intention est établie — c’est le siman 129 qui vient au secours du siman 130.
Nafka mina — le non-Juif qui s’accuse lui-même Le cas le plus fin du seif : le non-Juif raconte spontanément qu’il a touché. « ואם העובד כוכבים אומר שהחבית היה מטפטף והוא הדקו ונגע ביין אינו נאמן לאסרו » (שו״ע יו״ד ק״ל:ח) Et le Rama va jusqu’au bout : même s’il reste des traces de vin à l’extérieur, et même si son récit est vraisemblable. La raison est structurelle — אינו נאמן לאסרו : il n’est pas un témoin, et un aveu qui interdit le bien d’autrui n’est pas un aveu. Toute l’architecture du siman repose sur des présomptions, jamais sur la parole du gardien.

📜 Le texte du Choulhan Aroukh — seif ט׳

↩ Explication détaillée (niveau 1)

ישראל ששכר או קנה בית בחצרו של עובד כוכבים ומילאו יין אם ישראל דר שם ואף על פי שהניח היין בחצר ואין עליו לא חותם ולא מפתח מותר ואפילו היה גם העובד כוכבים דר באותו חצר אבל אם לא היה ישראל דר באותו חצר אם היה ביד ישראל המפתח וחותם מותר וא״צ לומר שני חותמות ואם לאו אעפ״י שהיין באותו בית ששכר או קנה אסור אם העובד כוכבים דר בחצר ואם אינו דר בחצר מותר אא״כ נמצא עומד בצד היין:

12. מירתת sans sceau : le Juif qui habite la cour (seif 9)

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Les deux derniers seifim quittent le récipient pour le lieu. Et le résultat est un renversement complet de tout ce qui précède : là où un Juif habite, aucun sceau n’est requis ; là où il n’habite pas, un sceau est requis mais un seul suffit ; et là où le non-Juif n’a aucun lien avec le lieu, rien n’est requis du tout. Le siman démontre ainsi, en trois lignes, que le sceau n’était qu’un substitut.

La berayta du perek Rabbi Yichmaël C’est la même berayta qu’au chapitre 1, dans sa seconde version — celle qui ne parle plus de sceaux mais d’habitation : « אחד הלוקח ואחד השוכר בית בחצירו של גוי, ומילאהו יין, וישראל דר באותה חצר — מותר, ואף על פי שאין מפתח וחותם בידו » (עבודה זרה ס״א ע״א) ואף על פי שאין מפתח וחותם בידו : la Guemara elle-même met la présence et le sceau en concurrence, et donne la victoire à la présence.
Le Mehaber « אם ישראל דר שם ואף על פי שהניח היין בחצר ואין עליו לא חותם ולא מפתח מותר ואפילו היה גם העובד כוכבים דר באותו חצר » (שו״ע יו״ד ק״ל:ט) Le motif est celui du Rambam cité au chapitre 3 : מְפַחֵד תָּמִיד. Ce n’est pas la surveillance qui garde — le Juif ne surveille rien — c’est l’imprévisibilité de son entrée.
Le Chakh précise la portée de la présomption « ואין לעובד כוכבים שייכות ביין אע״פ שיש לו שייכות בבית בחזקת משתמר הוא עד שיצא ישראל ויאמר לו שהוא מפליג » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק י) Deux limites en une phrase. D’abord la condition : le non-Juif ne doit pas avoir d’intérêt dans le vin — un intérêt dans la maison ne gêne pas. Ensuite le terme : la présomption tombe dès que le Juif annonce qu’il s’éloigne. Le Chakh renvoie explicitement au cas du siman 129, la boutique. Autrement dit, מרתת n’est pas un état stable : il s’éteint par une parole.
Le Juif qui n’habite pas là « אם היה ביד ישראל המפתח וחותם מותר וא״צ לומר שני חותמות » (שו״ע יו״ד ק״ל:ט) Noter וא״צ לומר שני חותמות : dans le régime du lieu, la règle du seif 1 est explicitement suspendue. Le lieu loué fait une part du travail que le fût devait faire seul.
Le Chakh va plus loin que le Ba’ḥ Le Ba’ḥ avait voulu qu’il faille au moins un sceau lorsque le non-Juif n’habite pas la cour. Le Chakh le réfute : « וז״א דבדברי הרשב״א מוכח דאפילו בלא חותם כלל שרי מטעמא דכיון דאינו דר שם אינו עתיד לבא שם » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק י״ב) Deux arguments : celui qui n’habite pas la cour n’a aucune raison d’y venir ; et surtout, il est alors un non-Juif comme un autre, régi par le siman 128 — où rien n’est requis. Le sceau disparaît complètement de l’équation.
Sauf s’il est trouvé debout près du vin « ואם אינו דר בחצר מותר אא״כ נמצא עומד בצד היין » (שו״ע יו״ד ק״ל:ט) Cette réserve est l’objet d’une ma’hloket de Richonim que le Tour expose sans la trancher.
Le Rachba dit d’où vient la difficulté Pourquoi le locataire est-il moins protégé que le simple propriétaire ? « זה שהשכיר ביתו או שמכרו יש לו שייכות בביתו ואינו נתפס כגנב בכניסתו לפי שאדם עשוי ליראות בבית שהוא משכיר או שהוא מכר לראות מה השכיר או מה מכר » (בית יוסף יו״ד ק״ל) Le mot est שייכות : celui qui a loué ou vendu garde un titre à entrer, donc il n’est pas “pris comme un voleur”. La protection ne vient pas de la propriété mais de l’absence de tout prétexte.
Le Taz reformule « הטעם שאין נתפס כגנב שאדם עשוי לראות מה ששכר או מכר ואין השוכר או הלוקח מקפיד עליו ע״כ יש לו קצת שייכות » (ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק ט)
Nafka mina — le Chakh oppose les deux simanim « שאז אסור דכיון שהזכיר או מכר יש לו שייכות קצת בבית שם » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק י״ג) Le Chakh renvoie au siman 128 seif 2 : là, un non-Juif trouvé debout près du vin ne l’interdit pas, parce qu’il n’a aucun lien avec le lieu. Ici il l’interdit, à cause d’un lien résiduel. Le vin est le même, le non-Juif est le même, la scène est la même : seul un titre juridique diffère. Le Tour, lui, conclut : il convient de tenir compte de cet avis.
Le Tour tranche, mais par prudence « יש מגדולי המורים שאומר שכל שהשכיר או מכר יש לו קצת שייכות ואם נמצא עומד בצד היין אסור וראוי לחוש לדבריו » (טור יו״ד ק״ל) וראוי לחוש לדבריו — non pas “telle est la halakha” mais “il convient de s’en garder”. Le Mehaber a repris ce psak-là, et le Chakh en a fait la ligne de partage avec le siman 128.

📜 Le texte du Choulhan Aroukh — seif י׳

↩ Explication détaillée (niveau 1)

במה דברים אמורים בשוכר או לוקח בית בחצרו של עובד כוכבים אבל בחצרו של ישראל ממש שלא לקחו ולא שכרו מעובד כוכבים אפי׳ היה עובד כוכבים דר באותו חצר ואין ישראל דר בו מותר ואע״פ שאין מפתח וחותם ביד ישראל לפי שאין לו בה שום שייכות ואפילו נמצא עומד בצד היין שהרי מכ״מ נתפס עליו כגנב וה״מ ביום אבל בלילה אסור: הגה ודוקא בכי האי גוונא יש לאסרו בלילה אבל בשאר מקומות דאמרינן לעיל סימן קכ״ח וקכ״ט דהעובד כוכבים מרתת אין חילוק בין יום ללילה ושאני הכא הואיל והעובד כוכבים יש לו שייכות בחצר ומסתמא נועלו בלילה הואיל ואין ישראל דר שם ואינו מרתת כולי האי ולכן אפילו ביום אם נעל ואין חור או סדק שיכולין לראות היין אסור אבל ע״י חור וסדק מותר ביום אפילו נעלו בודאי ובלילה אסור בכה״ג אפי׳ מסתמא וזהו החלוק שבין יום ללילה:

13. נתפס עליו כגנב — le jour, la nuit et le trou dans la porte (seif 10)

↩ Explication détaillée (niveau 1)

Le dernier seif retire tout : ni sceau, ni clé, ni Juif habitant les lieux. Ce qui garde alors n’est plus un objet ni une présence mais un statut : celui qui n’a aucun titre sur le lieu y serait pris comme un voleur. Puis le Mehaber ajoute quatre mots qui ont occupé tous les A’haronim — וה״מ ביום אבל בלילה אסור — et le Rama consacre à ces quatre mots la plus longue glose du siman.

La formule de Rava Elle apparaît deux fois, à la fin du perek Rabbi Yichmaël et au perek HaSokher : « אם נתפס עליו כגנב — חמרא שרי, ואי לא — אסור » (עבודה זרה ס״א ע״ב) Aucun sceau, aucune clé, aucune présence : seulement une conséquence prévisible si on le trouve là. Le dernier gardien du siman est une sanction imaginaire.
Le Mehaber « אבל בחצרו של ישראל ממש שלא לקחו ולא שכרו מעובד כוכבים אפי׳ היה עובד כוכבים דר באותו חצר ואין ישראל דר בו מותר » (שו״ע יו״ד ק״ל:י) לפי שאין לו בה שום שייכות — la même variable qu’au seif 9, portée à zéro. Le siman se referme donc sur son propre pivot : tout dépend du lien juridique du non-Juif avec le lieu.
Le Chakh rétablit une condition que le seif ne dit pas « ומכל מקום הישראל יוצא ונכנס שם דאי באינו יוצא ונכנס כלל או אפילו בהודיעו שמפליג לא עדיף ממניח עובד כוכבים בחנותו » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק י״ד) Autrement dit, le permis du seif 10 n’est pas une permission d’abandon : il suppose encore le va-et-vient du siman 129. Sans quoi ce serait moins bien que la boutique du siman 129 et que la maison du siman 118 — qui, elles, sont interdites.
et le renversement du jour à la nuit « ואפילו נמצא עומד בצד היין שהרי מכ״מ נתפס עליו כגנב וה״מ ביום אבל בלילה אסור » (שו״ע יו״ד ק״ל:י) Le Beit Yossef rapporte que le Rachba lui-même hésitait ici, et qu’il aurait volontiers dit qu’il n’y a pas de différence entre le jour et la nuit — n’était l’autorité du Raavad.
La kouchia que la glose du Rama vient résoudre Si מרתת gouverne les simanim 128 et 129, pourquoi la nuit changerait-elle quelque chose ? « אבל בשאר מקומות… דהעובד כוכבים מרתת אין חילוק בין יום ללילה » (שו״ע יו״ד ק״ל:י) La kouchia est forte : dans tous les autres cas du bloc, la crainte ne connaît pas d’horaire. Le Rama doit donc montrer que le cas du seif 10 n’est pas un cas de מרתת ordinaire.
Le terouts du Rama « הואיל והעובד כוכבים יש לו שייכות בחצר ומסתמא נועלו בלילה הואיל ואין ישראל דר שם ואינו מרתת כולי האי » (שו״ע יו״ד ק״ל:י) Trois maillons : il a un lien avec la cour ; donc il peut la verrouiller ; donc il dispose d’une excuse — et une excuse disponible détruit la crainte. Le אינו מרתת כולי האי est un degré, non une négation : la crainte se mesure.
Le Chakh nomme le mécanisme « כלומר שדר שם ואית ליה לאשתמוטי על הנעילה » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק ט״ז) אית ליה לאשתמוטי — il a de quoi se dérober. Et ce n’est pas une expression du Chakh : c’est celle de la Guemara.
La source, chez Rava « אי אית ליה לאישתמוטי — חמרא אסיר, ואי לא — חמרא שרי » (עבודה זרה ע׳ ע״א) La Guemara fait donc de l’excuse disponible le critère unique. Le Rama n’ajoute rien : il applique à la porte verrouillée un critère talmudique.
D’où la solution du trou Si l’excuse est le verrou, il suffit qu’un regard le traverse : « אבל ע״י חור וסדק מותר ביום אפילו נעלו בודאי ובלילה אסור בכה״ג אפי׳ מסתמא וזהו החלוק שבין יום ללילה » (שו״ע יו״ד ק״ל:י)
C’est le cas de Rava — et il est délimité « כל דלהדי ביזעא — שרי, דהאי גיסא והאי גיסא — אסיר » (עבודה זרה ע׳ ע״א) La permission ne porte que sur ce qui est en face du trou : ni à droite ni à gauche. Le Chakh renvoie au siman 128 seif 3 pour la même mesure. Le trou n’est donc pas une dispense générale, c’est un champ de vision — et la halakha en épouse les bords.
Le Chakh le dit en une ligne « מותר כל מה שיכולים לראות על ידי חור וסדק » (ש״ך יו״ד ק״ל ס״ק י״ז)
Le Taz complète : la porte entièrement ouverte « אבל בפתוח הדלת לגמרי מותר אפילו בלילה דמרתת דילמא השתא מדכיר ליה לחמרא ויבוא » (ט״ז יו״ד ק״ל ס״ק י) Le raisonnement est d’une élégance rare : une porte grande ouverte ne restitue pas la vue, elle restitue l’imprévisibilité. Le non-Juif se dit que le propriétaire peut se souvenir de son vin à tout instant et revenir — מדכיר ליה לחמרא ויבוא. Et cette crainte-là, contrairement à celle du regard, ne s’éteint pas la nuit.
La source de cette crainte-là Rava, à propos d’un Juif qui quitte la table en entendant l’appel de la prière : « חמרא שרי, מימר אמר: השתא מדכר ליה לחמריה והדר אתי » (עבודה זרה ע׳ ע״א) C’est la forme la plus pure du principe : ce qui garde le vin, ce n’est ni le sceau, ni la vue, ni la loi — c’est le fait que le non-Juif ne sait pas quand le Juif reviendra.
Le yessod du siman Le siman 130 s’ouvre sur un objet et se ferme sur une pensée. Le sceau n’est jamais, dans tout le chapitre, une barrière : c’est un signeשְׁנֵי סִימָנִין, écrit le Rambam — dont la fonction est de rendre l’effraction lisible et donc coûteuse. De là les deux motifs que le Chakh nomme ensemble : לא טרח ומזייף et מרתת. De là aussi le fait qu’un sceau parfait puisse ne rien valoir — le nœud du chariot qu’on défait chaque jour, l’argile qui tombe sur la route — et qu’une absence complète de sceau puisse suffire : le Juif qui habite la cour, la porte grande ouverte. Le seif 1 comptait des sceaux ; le seif 10 ne compte plus rien, il lit une scène. Entre les deux, le siman aura montré que compter des sceaux n’était qu’une manière abrégée de mesurer ce que le gardien croit qu’on va voir.

📊 Récapitulatif

Tableau — le siman seif par seif

SeifCe qui est jugéLa glose du Rama
א׳On peut déposer et envoyer du vin chez un non-Juif s’il est scellé d’un חותם בתוך חותם ou d’une clé et d’un sceau ; fût de terre seulement, jamais fût de bois ni outre, sauf enfermés dans un sac scelléOn permet aussi le fût de bois, et telle est la coutume ; à condition que la bonde soit bien fermée, qu’aucun robinet ne subsiste, et avec le cuir cloué portant des demi-lettres
ב׳Déposé sous un seul sceau : interdit à la boisson, permis au profit — à condition qu’un coin lui ait été réservéBediavad on permet même sous un seul sceau ; nul besoin de reconnaître son sceau, sauf s’il le voit détérioré ; et telle est la coutume indulgente
ג׳Notre vin cuit, notre vin mêlé de miel ou d’huile, notre vinaigre : un seul sceau suffit
ד׳Définition : un ustensile non ajusté + de l’argile = un sceau ; ustensile ajusté + argile par-dessus = חותם בתוך חותם ; tout écart d’usage vaut un sceau, l’enduit ou le nœud le second
ה׳Deux nœuds inhabituels valent deux sceaux
ו׳Deux lettres valent deux sceaux ; un cachet imprimé, même de plusieurs lettres, n’en vaut qu’un ; et là où les non-Juifs savent écrire, l’écriture ne vaut que pour qui reconnaît la main
ז׳Une clé et un sceau valent deux sceaux
ח׳Scellé de deux sceaux, revenu dessus sans le reconnaître, ou trouvé rompu : interdit. Mais il n’est pas tenu d’y revenir s’il avait averti le destinataire qu’il y avait deux sceaux ; il est bon néanmoins d’en décrire la formeSeulement si l’on voit qu’un homme l’a rompu à dessein ; sinon permis bediavad ; et même à dessein, si un Juif va et vient. Des lettres dispensent de l’avis ; et le non-Juif qui dit avoir touché n’est pas cru pour interdire
ט׳Juif ayant loué ou acheté une maison dans la cour d’un non-Juif : s’il y habite, permis sans sceau ni clé ; sinon, clé et sceau suffisent — inutile de dire deux sceaux ; à défaut, interdit si le non-Juif habite la cour ; s’il n’y habite pas, permis, sauf s’il est trouvé debout près du vin
י׳Mais dans la cour d’un Juif qu’il n’a ni louée ni achetée : permis même sans clé ni sceau, même s’il est trouvé près du vin, puisqu’il y serait pris comme un voleur — et cela de jour ; la nuit, interditC’est seulement ici qu’on interdit la nuit ; ailleurs מרתת ne connaît pas d’heure. Ici il a un lien avec la cour, il la verrouille et peut se dérober ; donc même de jour, verrouillée et sans trou ni fente, interdit ; par un trou ou une fente, permis de jour ; la nuit, interdit

Tableau — les ma’hlokot centrales

SujetChita א׳Chita ב׳
Combien de sceaux pour du vin ?Rabbenou Tam et Tossafot — un seul suffit chez un non-Juif, car מירתתLe Halakhot Guedolot, le Rif, le Rambam, le Rachba et le Mehaber — toujours deux, ou clé et sceau
Pourquoi les sougyot exigent-elles deux sceaux ?Rabbenou Tam — elles parlent d’un Juif suspect, pire qu’un non-JuifTossafot, le Roch et le Ran — elles parlent d’un envoi à un tiers qui ne reconnaîtra pas le sceau
Que fait le second sceau ?Modèle cumulatif — un supplément de peine (Rif, Rambam, Rachba)Modèle fonctionnel — l’un contre l’échange, l’autre contre le contact (Rav Achi, Taz ס״ק ו, Chakh ס״ק ז)
Fût de boisRabbenou Yitzḥak bar Yehouda, le Roch et le Mehaber — sans remède, sauf le sacLe Mordekhi, le Séfer HaTerouma, le Semag, le Rachba et le Rama — permis, et telle est la coutume
Comment sauver la coutume malgré le siman 124 ?Le Taz ס״ק א־ב — par le moment du rebouchage et par le nitsokLe Chakh ס״ק ג — par le statut des non-Juifs de notre temps, en cas de perte
Le sceau en cheminLe Massat Binyamin — l’argile vaut sceau, sauf si le vin fermenteLe Taz ס״ק ז — l’argile ne vaut jamais rien en chemin, seulement à l’arrêt
Une clé seule, bediavadLe Taz ס״ק ה — elle suffit, דהא בהא תליאLe Chakh ס״ק ד — elle ne vaut pas un sceau, et une simple bonde non plus
Le Tour et le Rambam sur חותם בתוך חותםLe Beit Yossef — deux chitot, et plusieurs kouchiot sur le TourLe Taz ס״ק ז — aucune ma’hloket : le vav du Tour vaut “ou”
Que veut dire מכיר au seif 8 ?Le Raavad — reconnaissance visuelle, d’où l’écriture comme seule issueRabbenou Yitzḥak HaZaken, le Rachba et le Mehaber — ne pas être démenti si l’on regarde ; le Ran — deux sceaux dispensent
Trouvé debout près du vin dans la maison louéeLe Rachba au nom de certains — permis, il est comme tout autre non-JuifLes guedolei hamorim, le Tour, le Mehaber et le Chakh ס״ק י״ג — interdit, il garde une שייכות
Le non-Juif n’habite pas la courLe Ba’ḥ — il faut encore un sceauLe Chakh ס״ק י״ב — rien du tout, il relève du siman 128

Tableau — les sources de la sougya

Guemara : עבודה זרה כ״ט ע״ב (חומץ שלנו ויין מבושל שלנו) · עבודה זרה ל״א ע״א (הכל משתמר בחותם אחד, היכי דמי חותם בתוך חותם) · עבודה זרה ל״א ע״ב (השולח חבית של יין, מירתת בין הגיתות) · עבודה זרה ס״א ע״א־ע״ב (הלוקח והשוכר בית בחצרו של גוי, נתפס עליו כגנב) · עבודה זרה ס״ט ע״ב (לא חייש לשתומא ולא חייש לזיופא) · עבודה זרה ע׳ ע״א (ביזעא בדשא, אית ליה לאישתמוטי, מדכר ליה לחמריה)
Richonim : רש״י · תוספות · רבנו תם · ר׳ יצחק בר׳ יהודה · הר״י (ר״י הזקן) · הרי״ף · בעל הלכות גדולות · הרמב״ם (הלכות מאכלות אסורות פרק י״ג) · הראב״ד · הרמב״ן · הרשב״א (תורת הבית) · הר״ן · הרא״ה · הרא״ש · המרדכי · ספר התרומה · סמ״ג · איסור והיתר הארוך · הטור
A’haronim : בית יוסף · דרכי משה · רמ״א · ש״ך (שפתי כהן) · ט״ז (טורי זהב) · ב״ח · תרומת הדשן · שו״ת משאת בנימין · מהרי״ל · עטרת זקנים · באר הגולה

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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
Pilpoul et iyoun sur le scellement du vin et ses limites · Siman 130 · ⚡ Niveau 2 — Lamdan
⚠️ Ce contenu est destiné à l’étude et à l’iyoun. Pour toute application pratique (לְמַעֲשֶׂה), consultez un Rav qualifié.

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