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Accueil Yoreh De'ah · Ne pas bâtir contre un temple idolâtre Siman קמ״ג Niveau 3 — Synthèse / Révision
✦ ❖ ✦ D A A T · N I V E A U 3 — S Y N T H È S E / R É V I S I O N ✦ ❖ ✦

Siman 143 — Ne pas bâtir sa maison contre un temple idolâtre, et quand on peut tirer profit de l’idole

שלא לבנות ביתו סמוך לבית עבודת כוכבים ובאיזה אופן מותר ליהנות מעבודת כוכבים

Six seifim. Le siman 142 interdisait de jouir de l’idole ; celui-ci interdit de lui procurer. Un mur mitoyen qui s’effondre, une voûte qu’on ne bâtit pas, un jardin et un bain dont le revenu va aux prêtres, des flûtes, des boutiques, une taxe — six situations et une seule question
Révision structurée, tableaux de psak, mémorisation rapide


Source : Shulchan Aroukh, Yoreh De'ah קמ״ג — 6 seifim
Nossei kelim : ש״ך (7 ס״ק) · ט״ז (6 ס״ק) · באר היטב (8 ס״ק) · פתחי תשובה (ס״ק א) · בית יוסף · טור
Compilation : הרב יוסף חיים סממה · DAAT
Pour les étudiants ayant maîtrisé les Niveaux 1 et 2
daattorah.com

📑 Plan de la synthèse

  1. L’axiome : מהנה se mesure à la destination
  2. Les 3 questions-réflexes
  3. Tableau-maître — les six seifim clause par clause
  4. Le mur qui s’effondre — ד׳ אמות et מחצה למחצה
  5. La voûte, la salle et le salaire
  6. בטובה — les trois lectures et la porte du Rama
  7. La caisse de la ville — flûtes, boutiques et taxe
  8. Les 5 règles d’or
  9. Mnémonique — l’aide-mémoire « מהנה »
  10. Les 4 pièges classiques et la carte-éclair finale

1. L’axiome : מהנה se mesure à la destination

Le point de départ :

Le siman 142 interdit de tirer profit de l’idole. Le siman 143 interdit de lui en procurerמהנה. La guemara relie les deux par un kal va’homer, et le Tour ouvre le siman par ce même « de même que ».

D’où l’axiome, valable pour les six seifim : ne demande pas ce que tu ressens, demande où va ce que tu donnes. À l’idole elle-même — son mur, sa voûte, sa parure, sa taxe — interdit. À ses prêtres — interdit avec faveur, avec les portes que le Rama ouvre. À ses fidèles — permis, même avec faveur. À la caisse de la ville — permis.

La source du kal va’homer, et le cas où l’on ne peut échapper ni à l’un ni à l’autre :

« וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲפִילּוּ מְעוּטָּרוֹת בְּפֵירוֹת נָמֵי אָסוּר, קַל וָחוֹמֶר: נֶהֱנֶה — אָסוּר, מְהַנֶּה — לֹא כׇּל שֶׁכֵּן » (עבודה זרה י״ג ע״א)
« יְהוּדִי שֶׁנִּמְצָא שָׁם מָה יַעֲשֶׂה? יַנִּיחַ — נִמְצָא נֶהֱנֶה, לֹא יַנִּיחַ — נִמְצָא מְהַנֶּה » (עבודה זרה י״ג ע״א)

Le Tour en fait la première phrase du siman :

« כשם שאסור ליהנות מאליל כך אסור לההנותם לפיכך מי שביתו סמוך לאליל ונפל אסור לבנותו שמהנה לה לבנות לה כותל כיצד יעשה כונס לתוך שלו ד׳ אמות ובונה » (טור יו״ד קמ״ג)

Et une seconde voie, que le Beit Yossef rapporte au nom du Ramban : l’interdit tiendrait à la mitsva d’anéantir l’idole, si bien que même garder gratuitement serait interdit. Le siman, lui, ne suit jamais cette voie : il ne demande jamais ce que l’on veut, mais où va ce que l’on donne.

« כתב רבינו ירוחם בשם הרמב״ן כיון דאמרינן מצוה לבטל אליל ומשמשיה ורוצה בקיומן אסור נראה שאפי׳ בחנם שאם אמר לו שמור אליל אסור » (בית יוסף יו״ד קמ״ג)
La sourceCe qu’elle établitConséquence dans le siman
La guemara (עבודה זרה י״ג ע״א)Jouir est interdit, procurer l’est à plus forte raisonLe mur, la voûte, la taxe — tout ce qui aboutit à l’idole
Le Tour (ouverture du siman)« De même qu’il est interdit de jouir… ainsi de leur procurer »Les six seifim sont un seul interdit décliné
Abbaye (עבודה זרה נ״א ע״ב)בטובה = la faveur des prêtres ; לאפוקי טובת עובדיהLe seif 3 : prêtres interdits, fidèles permis
Le Yerouchalmi (Tour, Roch, Tossefot)Ce qui monte à la ville n’est pas de l’idoleLes seifim 5 et 6 : la caisse de la ville permet
Rabba bar Oulla (עבודה זרה י״ט ע״ב)L’idole naît au dernier coup de marteauLe seif 2 : שכרו מותר a posteriori
💡 Le repère : quatre destinataires, quatre régimes — לאליל interdit · לכהנים interdit בטובה · לעובדיה permis · למדינה permis. Tout le siman tient dans cette échelle.

2. Les 3 questions-réflexes

1. Qui reçoit ? L’idole elle-même — son mur, sa voûte, sa parure, sa taxe : interdit. Ses prêtres : passe à 2. Ses fidèles, ou la caisse de la ville : permis.
2. Est-ce « avec faveur » ? Sans faveur — tout le monde en jouit au même titre : permis. Avec faveur — on paie les prêtres ou on leur doit quelque chose : interdit selon le Mehaber. Mais le Rama permet quand le bien ne se tient pas dans la cour de l’idole, « et l’on peut s’appuyer là-dessus pour être indulgent ».
3. Avant ou après ? A priori : on ne bâtit pas, on ne perce pas de fenêtre, on ne loue pas. A posteriori : le salaire est permis — pour la voûte selon tous, pour l’idole elle-même selon le Rama, le Chakh et le Taz, qui ajoutent qu’on ne l’enseigne pas d’avance.

3. Tableau-maître — les six seifim clause par clause

Clause du seifQui parleCe qui en résulte
« מי שהיה ביתו סמוך לבית אלילים ונפל אסור לבנותו » (שו״ע יו״ד קמ״ג:א)MehaberOn ne rebâtit pas le mur d’une maison mitoyenne d’un temple : ce serait le faire jouir
« כיצד יעשה כונס לתוך שלו ובונה ואותו הריוח ממלאו קוצים או צואה כדי שלא ירחיב בבית אלילים » (שו״ע יו״ד קמ״ג:א)MehaberIl se retire dans son terrain — ד׳ אמות (Chakh ס״ק ב) — et remplit l’espace de ronces ou d’immondices, pour ne pas élargir le temple
« היה הכותל שלו ושל אלילים ידון מחצה למחצה שלו מותר בהנאה » (שו״ע יו״ד קמ״ג:א)MehaberMur mitoyen : moitié-moitié ; sa moitié à lui reste permise au profit
« הכל אסור בהנאה אבניו ועציו ואפרו » (שו״ע יו״ד קמ״ג:א)MehaberLa part de l’idole est interdite ; s’il ne reconnaît pas les pierres (Rama, du Tour), tout l’est — pierres, bois, poussière
« מיהו מותר למכור להם חלקו בכל מקום שהוא » (שו״ע יו״ד קמ״ג:א)Rama (Ran)Il peut en tout cas leur vendre sa part, où qu’elle se trouve
« אסור לבנות עם העובד כוכבים כיפה שמעמידים בה אלילים » (שו״ע יו״ד קמ״ג:ב)MehaberInterdit de bâtir avec le non-Juif la voûte où l’on dresse l’idole
« ואם עבר ובנה » (שו״ע יו״ד קמ״ג:ב)MehaberS’il a transgressé et bâti — a posteriori
« אפי׳ עבודת כוכבים עצמה » (שו״ע יו״ד קמ״ג:ב)Rama (Kol Bo)… et même s’il s’agit de l’idole elle-même
« אבל בונה הוא לכתחילה הטרקלין או החצר שיש בה אותה הכיפה » (שו״ע יו״ד קמ״ג:ב)Mehaber… son salaire est permis. Mais la salle ou la cour qui contient la voûte, il peut les bâtir a priori
« היה לאלילים גנה או מרחץ והטובה היוצאת מהם היא לכהנים מותר ליהנות מהם שלא בטובה ואסור ליהנות מהם בטובה ואפי׳ יש לאחרים חלק בטובה עם הכהנים » (שו״ע יו״ד קמ״ג:ג)MehaberJardin ou bain de l’idole dont le revenu va aux prêtres : permis sans faveur, interdit avec faveur — même si d’autres partagent
« ואם אין הטובה היוצאת מהם לכהנים אלא לעובדיה מותר ליהנות מהם אפילו בטובה אפילו הגנה והמרחץ לאלילים לבדה » (שו״ע יו״ד קמ״ג:ג)MehaberSi le revenu va aux fidèles et non aux prêtres : permis même avec faveur, et même si le bien est à l’idole seule
« וי״א שאין אסור ליהנות ממנה אם הטובה באה לכהני׳ אלא כשהם עומדים בחצר עבודת כוכבים עצמה אבל כשאין עומדין לפניה אע״פ שהטובה היוצאת מהם היא לכהנים מותר ליהנות ממנה אם לא שהטובה לעבודת כוכבים עצמה ויש לסמוך על זה להקל » (שו״ע יו״ד קמ״ג:ג)Rama (Tour, R. Tam, Tossefot, Roch, Mordekhi)Hors de la cour de l’idole, la faveur des prêtres ne rend pas interdit — sauf si la faveur va à l’idole elle-même ; on peut s’appuyer là-dessus
« חלילים של אלילים אסור לספוד בהם » (שו״ע יו״ד קמ״ג:ד)MehaberLes flûtes de l’idole : interdit d’en jouer pour une oraison funèbre
« חנויות של אלילים אסור לשכור מהם » (שו״ע יו״ד קמ״ג:ה)MehaberLes boutiques de l’idole : interdit d’y louer
« ואם נופל השכר למדינה והם קונים צרכיהם שרי » (שו״ע יו״ד קמ״ג:ה)Rama (Tour et les poskim, du Yerouchalmi)… sauf si le loyer tombe à la ville et qu’elle achète ses besoins
« גבאים שנוטלים מכס לאלילים אסור ליתן להם » (שו״ע יו״ד קמ״ג:ו)MehaberLes collecteurs qui lèvent une taxe pour l’idole : interdit de leur donner
« וכן בכאן אינו אסור אלא כשנופל השכר לצרכי עבודת כוכבים עצמה אבל כשנופל לכיס בני המדינה אע״פ שהם קונים צרכי עבודת כוכבים שרי » (שו״ע יו״ד קמ״ג:ו)Rama (Tour)… interdit seulement quand l’argent va aux besoins de l’idole ; s’il tombe dans la bourse des gens de la ville, permis, même s’ils en achètent ce qu’il faut à l’idole

4. Le mur qui s’effondre — ד׳ אמות et מחצה למחצה

Le retrait est de quatre coudées, et le Chakh le rappelle parce que le Mehaber l’a tu :

« ד׳ אמות כן הוא במשנה וטור ופוסקים » (ש״ך יו״ד קמ״ג ס״ק ב)

Que met-on dans l’espace laissé libre ? La guemara objecte que le retrait « élargit » l’idole, et répond en le rendant inutilisable :

« וְהָא קָא מַרְוַוח לַעֲבוֹדָה זָרָה! אָמַר רַב חֲנִינָא מִסּוּרָא: דְּעָבֵד לֵיהּ בֵּית הַכִּסֵּא » (עבודה זרה מ״ז ע״ב)
« דְּעָבֵד לֵיהּ לְתִינוֹקוֹת. אִי נָמֵי, דְּגָדַיר לֵיהּ בְּהִיזְמֵי וְהִיגֵי » (עבודה זרה מ״ז ע״ב)

Reste la moitié du mur. Le Bavli, tel que Rachi le lit, parle de l’espace : sa moitié compte dans les quatre coudées, mais les pierres sont toutes interdites, faute de pouvoir dire lesquelles étaient les siennes.

« אותו חלק של עבודת כוכבים אינו עולה לו בכניסת ד׳ אמות אבל חלקו עולה לו שאם היה עביו שתי אמות מונה האמה שלו וכונס עוד ג׳ אמות לתוך שלו » (רש״י עבודה זרה מ״ז ע״ב ד״ה נידון)
« של אותו כותל מטמאין כשרץ אפילו חלקו לפי שאין ברירה » (רש״י עבודה זרה מ״ז ע״ב ד״ה אבניו)

Le Yerouchalmi, tel que le Ran le rapporte, parle des pierres : il en prend la moitié, s’il les reconnaît — et le Beit Yossef, qui hésite à s’appuyer sur cette indulgence, note que le Rambam l’a pourtant recopiée.

« וכתב הר״ן אבל בירושלמי פירשו דמאי דאמרינן נדון מחצה על מחצה היינו לומר שחצי הכותל מותר ונוטל מחצה בעצים ובאבנים ומיהו ה״מ במכיר האבנים שכנגדו אבל כשאינו מכירו הכל אסור דאין ברירה ומיהו מסתברא דמותר למכור לו חלקו בכל מקום שהוא » (בית יוסף יו״ד קמ״ג)
« ולי פשטא דמתניתין מוכחא כפירושו של רש״י ולפיכך אני חוכך להחמיר בהיתירו של הירושלמי אבל הרמב״ם כתבו בפ״ח » (בית יוסף יו״ד קמ״ג)

Le Rama tranche en prenant les deux clauses : celle du Tour — s’il ne reconnaît pas, tout est interdit — et celle du Ran — il peut vendre sa part. Le Chakh et le Baer Hetev rappellent, eux, le calcul de Rachi pour l’espace.

« וחלקו מן העצים והאבנים אם מכירן מותרין ואם לאו הכל אסור ובאותם ד׳ אמות שהרחיק יעשה בהם דברים שלא תהנה מהם האליל ואם אינו רשאי ימלאנה קוצים » (טור יו״ד קמ״ג)
« וחלקו עולה לו שאם היה עביו של כותל ב׳ אמות מונה האמה שלו וכונס עוד ג׳ אמות לתוך שלו. רש״י והר״ן » (ש״ך יו״ד קמ״ג ס״ק ג)

Et une question de fond, que le niveau 2 développe : faut-il que la maison soit elle-même adorée pour que rebâtir son mur soit interdit ? Le Ba’h le pensait ; le Chakh et le Baer Hetev le réfutent.

« משמע מדברי הט״ו שאפילו אין הבית עצמו נעבד אסור לבנות כותל להבית כיון שמהנה לאליל » (ש״ך יו״ד קמ״ג ס״ק א)
« כ׳ הש״ך משמע מדברי הט״ו שאפי׳ אין הבית עצמו נעבד אסור לבנות כותל להבית כיון שמהנה לאליל וכן משמע בש״ס וברש״י דלא כהב״ח שמתיר אם הבית עצמו אינו נעבד רק שהעמידו בו עבודת כוכבים דלא נקרא מהנה לעבודת כוכבי׳ בבנין הכותל ואין דבריו נראין כלל » (באר היטב יו״ד קמ״ג ס״ק א)

⚖ Ce qu’il faut retenir

Le mur ne se rebâtit pas ; on se retire de quatre coudées et l’on rend l’espace inutilisable. La moitié qui est à lui compte dans le retrait ; les pierres, elles, sont interdites s’il ne les reconnaît pas. Et il peut toujours leur vendre sa part.

5. La voûte, la salle et le salaire

La michna permet de bâtir avec eux des בימוסיאות, et interdit la voûte. Tout dépend de la leçon du mot — un ב ou un ד — et de la catégorie qu’elle engage.

« אֲבָל בּוֹנִין עִמָּהֶם בִּימוֹסְיָאוֹת וּבֵית מֶרְחֲצָאוֹת. הִגִּיעַ לְכִיפָּה שֶׁמַּעֲמִידִין בָּהּ עֲבוֹדָה זָרָה — אָסוּר לִבְנוֹת » (עבודה זרה ט״ז ע״א)

Rachi lit בימוסיאות, une estrade où l’on offre des sacrifices : un accessoire d’accessoire, donc permis. C’est de là que le Rambam, recopié par le Mehaber, tire la permission de la salle et de la cour.

« בנין שאינו לצורך עבודת כוכבים … ומאי בימוס בימה של אבן אחת ומקריב זבחים דהוי תשמיש דתשמיש לעבודת כוכבים » (רש״י עבודה זרה ט״ז ע״א ד״ה בימוסיאות)

Rabbenou Yitshak lit דימוסיאות, des bains — et alors la michna ne permet rien qui serve à l’idole, même de loin.

« לכך נראה לר״י כגירסת הערוך שפירש דימוסיאות בדל״ת והוא לשון מרחצאות » (תוספות עבודה זרה ט״ז ע״א ד״ה בימוסיאות)

Le Taz s’étonne que le Mehaber et le Rama n’aient pas tranché à la rigueur, restreint la permission à l’aide seule, et conclut pour la pratique :

« כן פסק רש״י ורמב״ם במתניתין דקתני בונה עמהם בימוסיאות דהיינו מידי דהוה תשמיש דתשמיש לעבודת כוכבים והתוספות חולקים וגורסים בגמרא דימוסיאו׳ ופירושו מרחצאות וכ״פ הערוך והטור הביאו במסקנא אבל תשמיש דתשמיש לעבודת כוכבים אסור » (ט״ז יו״ד קמ״ג ס״ק ד)
« ונ״ל עוד דאפי׳ לרש״י ורמב״ם אין היתר אלא דרך מסייע לחוד שהרי איתא במשנה בלשון זה בונה עמהם וכן הרמב״ם שהעתיק המחבר כאן כתב בריש הסעיף אסור לבנות עם העובדי כוכבים כו׳ ועלה קאמר אבל בונה כו׳ כלומר עמהם דוקא ומצינו כמה פעמים דמסייע אין בו ממש אבל לבנות הוא לבדו אסור לכ״ע » (ט״ז יו״ד קמ״ג ס״ק ד)
« אבל למעשה ודאי ראוי לנו לפסוק כר״י שראה דברי רש״י וחלק עליהם ואליו תשמעון להרחיק מכיעור ודומה לו » (ט״ז יו״ד קמ״ג ס״ק ד)

Le Baer Hetev enregistre cette conclusion :

« כ׳ הט״ז ונראה דאין להתיר אלא דרך מסייע לחוד שיהא בונה עמהם אבל לבנות הוא לבדו אסור לכ״ע וכל זה להלכה אבל למעשה ודאי ראוי להחמיר ולהרחיק מהכיעור ודומה לו לאסור אף במסייע להם » (באר היטב יו״ד קמ״ג ס״ק ה)

Et le Taz étend la voûte aux fenêtres de la pièce où l’idole est dressée, sans que la crainte de l’hostilité y change rien :

« מכאן אסור לעשות חלונות לבית עבודת כוכבים דהיינו להחדר שהעבודת כוכבים בתוכו » (ט״ז יו״ד קמ״ג ס״ק ב)
« ואין להתיר משום איבה דכבר כתבו התוספות פ״ק דעבודת כוכבים (דף י״ט) לענין תכשיטין של אליל דאיכא לאשתמוטי למימר דאסור לנו למיעבד תכשיטין לאליל » (ט״ז יו״ד קמ״ג ס״ק ב)

Reste le salaire. L’idole ne naît qu’au dernier coup de marteau, qui ne vaut pas une perouta, et le salaire s’acquiert au fur et à mesure :

« אֶלָּא אָמַר רַבָּה בַּר עוּלָּא: לֹא נִצְרְכָה אֶלָּא בְּמַכּוֹשׁ אַחֲרוֹן. עֲבוֹדָה זָרָה מַאן קָא גָרֵים לַהּ? גְּמַר מְלָאכָה, וְאֵימַת הָוְיָא גְּמַר מְלָאכָה? בְּמַכּוֹשׁ אַחֲרוֹן. מַכּוֹשׁ אַחֲרוֹן לֵית בֵּיהּ שָׁוֶה פְּרוּטָה. אַלְמָא קָסָבַר, יֶשְׁנָהּ לִשְׂכִירוּת מִתְּחִלָּה וְעַד סוֹף » (עבודה זרה י״ט ע״ב)
« הָעוֹשֶׂה עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים לַאֲחֵרִים אַף עַל פִּי שֶׁהוּא לוֹקֶה שְׂכָרוֹ מֻתָּר וַאֲפִלּוּ עֲשָׂאָהּ לְעוֹבֵד כּוֹכָבִים שֶׁהִיא אֲסוּרָה מִיָּד. מִפְּנֵי שֶׁאֵינָהּ נֶאֱסֶרֶת עַד שֶׁתִּגָּמֵר וּמַכּוֹשׁ אַחֲרוֹן שֶׁגּוֹמְרָהּ אֵין בּוֹ שְׁוֵה פְּרוּטָה » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ז׳ הלכה ה׳)

Le Rambam en fait la règle ; le Rif, le Tour et le Mehaber ne l’écrivent que pour la voûte, et c’est le Rama qui rétablit la guemara au nom du Kol Bo. Le Chakh défend l’un et l’autre, puis tranche comme le Rama ; le Taz explique le silence des premiers ; le Pit’hei Techouva renvoie à la question restée ouverte.

« משמע מדברי הט״ו דדוקא כיפה אבל עבודת כוכבי׳ עצמה שכרה אסור וכ״נ דעת הרי״ף ותמה הב״ח דבש״ס (בעבודת כוכבים דף י״ט ע״ב) אמרין דאפי׳ עבודת כוכבים עצמה שכרה מותר » (ש״ך יו״ד קמ״ג ס״ק ד)
« אבל הרא״ש והר״ן והתו׳ לשם פסקו כר׳ ירמיה וכ״פ הרמב״ם ספ״ז מהלכות עבודת כוכבים דין ה׳ והרשב״א בתה״א דף קל״ח ע״א וכן כ׳ הכלבו סימן צ״ז וזהו דעת הרב » (ש״ך יו״ד קמ״ג ס״ק ד)
« וכן כתבו כל הפוסקים רק הרי״ף והטור והש״ע לא הביאו להאי רבותא דאפילו אליל עצמה שרי השכר בדיעבד ונראה טעמם שלא רצו לגלות היתר זה כדי להרחיק את האדם מכיעור עבירה זו וכדרך שאמרו בפרק מי שהחשיך עוד אחרת אמרו ולא רצו לגלותה » (ט״ז יו״ד קמ״ג ס״ק ג)
« עיין ב״ח ובש״ך סק״ד הטעם למה השמיטו הטור והמחבר הא דר׳ ירמיה בש״ס דאפילו שכר עבודת כוכבים עצמה מותר » (פתחי תשובה יו״ד קמ״ג ס״ק א)

⚖ Ce qu’il faut retenir

A priori : la voûte, jamais ; les fenêtres de la pièce de l’idole, jamais ; la salle et la cour, permises par le Mehaber mais que le Taz conseille d’éviter, et jamais en bâtissant seul. A posteriori : le salaire est permis — pour la voûte selon tous, pour l’idole elle-même selon le Rama, le Chakh et le Taz.

6. בטובה — les trois lectures et la porte du Rama

Le mot בטובה commande tout le seif 3, et il se lit de trois façons.

QuiCe que בטובה veut direCe qui devient permis
Rachi (נ״א ע״ב)Payer un salaire aux prêtresRien : moudre et cuire au moulin et au four des prêtres est interdit
Rabbenou Tam (Tossefot מ״ד ע״ב, Roch, Tour)Leur devoir une faveur, même sans payerPayer est permis, si l’on ne leur doit rien — et surtout hors de la cour de l’idole
Le Raavad et le Rambam (Beit Yossef)Une reconnaissance verbale, « pourvu qu’on ne paie pas »L’interdit devient rabbinique, d’où l’indulgence du Rambam quand d’autres partagent

La michna et Abbaye, d’abord — et c’est la seconde version d’Abbaye que le Mehaber retient, d’où sa sévérité « même si d’autres ont part » :

« אָמַר אַבָּיֵי: בְּטוֹבָה — בְּטוֹבַת כּוֹמָרִין, שֶׁלֹּא בְּטוֹבָה — שֶׁלֹּא בְּטוֹבַת כּוֹמָרִין, לְאַפּוֹקֵי טוֹבַת עוֹבְדֶיהָ דִּשְׁרֵי » (עבודה זרה נ״א ע״ב)
« אִיכָּא דְּמַתְנֵי לַהּ אַסֵּיפָא — הָיָה שֶׁלָּהּ וְשֶׁל אֲחֵרִים, נֶהֱנִין מֵהֶן בְּטוֹבָה וְשֶׁלֹּא בְּטוֹבָה. אָמַר אַבָּיֵי: בְּטוֹבָה — בְּטוֹבַת אֲחֵרִים, שֶׁלֹּא בְּטוֹבָה — שֶׁלֹּא בְּטוֹבַת כּוֹמָרִין. מַאן דְּמַתְנֵי אַסֵּיפָא — כׇּל שֶׁכֵּן אַרֵישָׁא, וּמַאן דְּמַתְנֵי אַרֵישָׁא — אֲבָל אַסֵּיפָא, כֵּיוָן דְּאִיכָּא אֲחֵרִים בַּהֲדַהּ, אֲפִילּוּ בְּטוֹבַת כּוֹמָרִין נָמֵי שַׁפִּיר דָּמֵי » (עבודה זרה נ״א ע״ב)
« שלא יעלו שכר לכומרים דאין הקדש לעבודת כוכבים » (רש״י עבודה זרה נ״א ע״ב ד״ה נהנין)
« ולא נהירא לר״ת דלשון בטובה לא משמע הכי ואדרבה בשכר ושלא בשכר מיבעי ליה » (תוספות עבודה זרה מ״ד ע״ב ד״ה נהנין)
« אבל הראב״ד ז״ל פי׳ בטובה ושלא בטובה טובת דברים וטעמא דאסור בטובת דברי׳ כדי שלא ימשך אחריהם » (בית יוסף יו״ד קמ״ג)
« עֲבוֹדַת כּוֹכָבִים שֶׁהָיָה לָהּ מֶרְחָץ אוֹ גִּנָּה נֶהֱנִים בָּהֶם שֶׁלֹּא בְּטוֹבָה וְאֵין נֶהֱנִים בָּהֶם בְּטוֹבָה. הָיָה לָהּ וְלַאֲחֵרִים נֶהֱנִין בָּהֶן אֲפִלּוּ בְּטוֹבַת כֹּהֲנֶיהָ וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יִתֵּן שָׂכָר » (רמב״ם הלכות עבודה זרה וחוקות הגויים פרק ז׳ הלכה י״ז)
« ופסק הרמב״ם בפ״ז מהלכות ע״ז כלישנא קמא דשרי באיכא אחרים בהדה אפילו בטובת כהנים וכבר נתן הר״ן טעם למה פסק כן והרי״ף והרא״ש כתבו שתי הלשונות ולא הכריעו ומשמע דמסתמא ס״ל דהלכה כלישנא בתרא וכ״פ הר״ן ז״ל וכ״נ שהוא דעת רבינו » (בית יוסף יו״ד קמ״ג)

Le Chakh explique pourquoi chacun a choisi sa version : le Mehaber lit un salaire, et l’on n’autorise pas un salaire réel sur une lecture douteuse ; le Rambam lit une parole, un interdit rabbinique, et va à l’indulgence.

« משמע דהיינו כהמפרשי׳ השכר וכ״כ עט״ז ולכך פסק לחומרא דאפי׳ יש לאחרים חלק בטובה עם הכהנים אסור » (ש״ך יו״ד קמ״ג ס״ק ה)
« והרמב״ם פרק ז׳ דין י״ז לפי שמפרש בטובה בטובת דברים ובלבד שלא יתן שכר פסק לקולא דאם היה לה ולאחרים מותר דכיון דטובת דברים אינה אלא דרבנן אזלינן לקולא » (ש״ך יו״ד קמ״ג ס״ק ה)
« והש״ך כתב דבטובת דברים אם היה לאחרים חלק בהן מותר דכיון דטובת דברים אינה אלא דרבנן אזלינן לקולא » (באר היטב יו״ד קמ״ג ס״ק ו)

Le Taz élargit l’interdit au lieu de choisir : tout ce qui est interdit avec faveur l’est aussi bien en payant qu’en devant une faveur.

« והרמב״ם כתב דבשכר גרע טפי ונראה דהכי קי״ל וכל שאסור בטובה אסור הן בנתינת שכר הן בהחזקת טובה » (ט״ז יו״ד קמ״ג ס״ק ה)

Puis vient la porte du Rama, tirée de Rabbenou Tam par le Tour : hors de la cour de l’idole, c’est permis.

« ועוד פי׳ ר״ת ואפי׳ לרש״י אם אין הריחים והתנור עומדים בחצר אליל עצמה מותר » (טור יו״ד קמ״ג)
« וי״א שאין אסור ליהנות ממנה אם הטובה באה לכהני׳ אלא כשהם עומדים בחצר עבודת כוכבים עצמה אבל כשאין עומדין לפניה אע״פ שהטובה היוצאת מהם היא לכהנים מותר ליהנות ממנה אם לא שהטובה לעבודת כוכבים עצמה ויש לסמוך על זה להקל » (שו״ע יו״ד קמ״ג:ג)

Trois bornes viennent la resserrer. Rabbenou Yitshak : la distance n’est pas le critère, c’est la destination du revenu. Le Mordekhi au nom du Ravyah, puis le Ba’h : seulement si d’autres acheteurs se seraient présentés de toute façon. Le Maharchal : jamais un prix de faveur personnel.

« והר״י כתב לאו דוקא בגינה העומדת לפניה כדברי ר״ת אלא אפי׳ רחוק לה כיון שהגינה נתונה לאליל ונותנין פירותיה לשכר המתעסקים בצרכה דהיינו הכומרים אסור ליהנות ממנה בשכר אבל גנות שקנו הכומרים מאיליהן לא מצינו איסור ליהנות מהם » (טור יו״ד קמ״ג)
« כתב המרדכי בשם אבי״ה דהא דאין נהנין בטובת הנאה כגון שלא היה בא לכהן שלה זה הריוח אלא ע״י זה אבל מה שאנו נותנים להם שכירות מקרקעות ולקנות פירות גנותיהם מותר שאם לא יקנה ישראל יש עכו״ם רבים שיקנו » (בית יוסף יו״ד קמ״ג)
« והב״ח פסק להחמיר היכא דלא היה מגיע זה הריוח לכומרים אם לא ע״י ישראל זה שנותנו אבל אם לא היה קונה פירות אלו או רוחץ במרחץ היו באים עובדי כוכבים וקונים פירות ורוחצים במרחץ מותר » (ש״ך יו״ד קמ״ג ס״ק ז)
« וכתב רש״ל דהך שלא בטובה פירושו שכל העולם נהנין ממנה שלא בטובה אבל אם מוחלין ליחיד אסור דאדרבה נהנה מעובד כוכבים שמהנה אותו כדלקמן סימן קמ״ט גבי מכס עכ״ל » (ט״ז יו״ד קמ״ג ס״ק ה)

Enfin, לעובדיה : le Chakh et le Taz lisent « la foule des fidèles », contre le Levouch qui lisait « les employés du jardin et du bain ».

« ור״ל העובדי כוכבים העובדים אותה העבודת כוכבים וכן פרש״י והר״ן והוא פשוט ודלא כהעט״ז שפירש למשרתיה שבגנה ומרחץ » (ש״ך יו״ד קמ״ג ס״ק ו)
« פירוש ההמון עם שעובדים אותו האליל » (ט״ז יו״ד קמ״ג ס״ק ו)

⚖ Ce qu’il faut retenir

Aux prêtres : interdit avec faveur selon le Mehaber ; permis hors de la cour de l’idole selon le Rama, sur qui l’on peut s’appuyer, sauf si la faveur va à l’idole elle-même. Aux fidèles : permis, même avec faveur. Et le Ba’h resserre : seulement si le profit serait arrivé aux prêtres sans ce Juif-là.

7. La caisse de la ville — flûtes, boutiques et taxe

Les trois derniers seifim viennent d’un même Yerouchalmi, que le Beit Yossef situe :

« חלילין של אליל אסור לספוד בהן חנויות של אליל אסור לשכור מהם וכו׳ ירושלמי ותוספתא בפרק רבי ישמעאל » (בית יוסף יו״ד קמ״ג)

Le Tour en donne la lecture qui permet : l’argent n’arrive pas à l’idole, il arrive à la ville, et c’est la ville qui pourvoit ensuite de sa propre bourse.

« חנויות של אליל אסור לשכור מהם ואם מעלה שכר למדינה מותר לשכור מהם פי׳ שמעלה השכר למדינה ובני המדינה מספיקים צרכי אליל כיון שאין השכר מיוחד לכו״ם » (טור יו״ד קמ״ג)
« וגבאין של אליל אסור ליתן להם ואם היו מעלין שכר למדינה אע״פ שגובין לאליל מותר ליתן להם פירוש שבני המדינה לוקחין לעצמן מה שגובין ומספיקין צרכי האליל מותר כיון שאם ירצו יקחו לעצמן כל מה שגבו ומה שנותנין לאליל כאילו נתנו מכיסן » (טור יו״ד קמ״ג)

Reste une difficulté, que le Taz pose : à la foire de עבודה זרה י״ג ע״א, la taxe est interdite, et celui qui achète au marchand qui la paie est comme s’il la donnait.

« כָּאן — בְּלוֹקֵחַ מִן הַתַּגָּר, דְּשָׁקְלִי מִיכְסָא מִינֵּיהּ » (עבודה זרה י״ג ע״א)

Les Tossefot et le Roch distinguent : là-bas la taxe finance l’idole elle-même, ici elle ne fait qu’avantager les prêtres.

« ולא דמי ליריד של עובדי כוכבים דאסרנא לעיל פ״ק (עבודה זרה דף יג.) אליבא דרבי יוחנן דאמר נהנה אסור מהנה לא כ״ש דהתם עושין מן המכס צרכי עבודת כוכבים אבל הכא אין עושין אלא הנאת הכומרים » (תוספות עבודה זרה מ״ד ע״ב ד״ה נהנין)
« דהתם מיירי שהמכס הוא לצורך עבודת כוכבים ונויה ותקרובתה. אבל האידנא אינו אלא חוק הכומרים והנאתן ואין עושין מהן צרכי עבודת כוכבים » (רא״ש עבודה זרה פרק ד׳ סימן ב׳)

Le Taz objecte que la distinction paraissait inutile — à la foire on donne pour rien, ici on achète — puis montre qu’elle s’impose de toute façon, à cause des boutiques du seif 5 :

« ולכאורה יש להקשות מאי קשיא ליה ממכס דהתם נהנה הרבה האליל מהישראל שנותן לו מעות בחנם משא״כ כאן כשקונ׳ ממנו דגם לעובד כוכבים היה יכול למכור » (ט״ז יו״ד קמ״ג ס״ק ה)
« יש לומר דבלאו הכי מוכח חילוק זה מההיא דסע״ה חנויות של אליל אסור לשכור ומזה קשה לר״ת אלא ע״כ צריך לחלק דהתם השכר לאליל עצמו ע״כ מתרץ גם גבי מכס כן דתרווייהו הם בירוש׳ » (ט״ז יו״ד קמ״ג ס״ק ה)

⚖ Ce qu’il faut retenir

La question n’est jamais « ce loyer sert-il à un culte ? » mais « à qui l’ai-je remis ? ». Remis à l’idole ou à ses besoins : interdit. Remis à une caisse commune qui, ensuite, pourvoit à ce qu’elle veut : permis — c’est le Rama, deux fois, aux seifim 5 et 6.

8. Les 5 règles d’or

  1. Procurer est interdit comme jouir. C’est le kal va’homer de Rabbi Yohanan et la première phrase du Tour ; les six seifim n’en sont que des cas.
  2. La destination fait la loi. À l’idole : interdit. Aux prêtres : interdit avec faveur. Aux fidèles : permis. À la ville : permis.
  3. On se retire, on ne rebâtit pas. ד׳ אמות, l’espace rendu inutilisable, la moitié permise et les pierres interdites faute de les reconnaître.
  4. A priori et a posteriori ne se confondent pas. On ne bâtit pas la voûte ; mais si l’on a bâti, le salaire est permis — et le Taz explique pourquoi les premiers ne l’ont pas écrit.
  5. Le Rama ouvre, trois Aharonim resserrent. Hors de la cour : permis (Rama) ; seulement si d’autres achèteraient de toute façon (Ba’h) ; jamais à un prix de faveur (Maharchal) ; et jamais quand la faveur va à l’idole elle-même.

9. Mnémonique — l’aide-mémoire « מהנה »

מ מָקוֹם — la destination — à qui va l’argent ? tout le siman tient dans cette question.
ה הַכִּיפָּה — la voûte — on ne la bâtit pas ; mais si l’on a bâti, le salaire est permis.
נ נֶהֱנִין שֶׁלֹּא בְּטוֹבָה — le jardin et le bain — sans faveur : permis ; avec faveur des prêtres : interdit, sauf hors de la cour (Rama).
ה הַמְּדִינָה — la ville — flûtes, boutiques, taxe : ce qui tombe dans la caisse commune est permis.

10. Les 4 pièges classiques et la carte-éclair finale

  1. Croire que l’interdit porte sur l’intention. Non : le siman ne demande jamais ce que l’on veut, mais où va ce que l’on donne. La voie du Ramban — « il veut son maintien » — est rapportée par le Beit Yossef, non retenue ici.
  2. Confondre la moitié du mur et la moitié des pierres. La moitié qui est à lui compte dans les quatre coudées (Rachi, Chakh ס״ק ג) ; les pierres sont interdites s’il ne les reconnaît pas (Rama, du Tour).
  3. Prendre « son salaire est permis » pour une permission de bâtir. C’est un a posteriori, et le Taz dit que le Rif, le Tour et le Mehaber l’ont tu exprès.
  4. Lire la porte du Rama sans ses bornes. Elle ne vaut pas quand la faveur va à l’idole elle-même ; le Ba’h et le Maharchal la resserrent encore.
SeifEn une ligne
1On ne rebâtit pas le mur d’une maison mitoyenne d’un temple : on se retire dans son terrain (ד׳ אמות) et l’on rend l’espace inutilisable ; mur mitoyen jugé moitié-moitié, sa part permise, les pierres interdites s’il ne les reconnaît pas — mais il peut leur vendre sa part.
2On ne bâtit pas avec eux la voûte où l’idole est dressée ; si l’on a bâti — même l’idole elle-même, dit le Rama — le salaire est permis ; la salle et la cour qui contiennent la voûte se bâtissent a priori.
3Jardin ou bain de l’idole : sans faveur, permis ; avec faveur des prêtres, interdit, même si d’autres partagent ; si le revenu va aux fidèles, permis même avec faveur. Le Rama : hors de la cour de l’idole, on peut s’appuyer sur l’indulgence.
4Les flûtes de l’idole : on ne s’en sert pas pour une oraison funèbre.
5Les boutiques de l’idole : on n’y loue pas — sauf si le loyer tombe à la ville.
6Les collecteurs de la taxe de l’idole : on ne leur donne pas — sauf si l’argent tombe dans la bourse des gens de la ville.
Carte-éclair. כשם שאסור ליהנות כך אסור לההנות → à qui va le don ? לאליל : interdit (mur, voûte, fenêtres, taxe) · לכהנים : אסור בטובה, et יש לסמוך על זה להקל hors de la cour · לעובדיה : permis même בטובה · למדינה : שרי · déjà fait : שכרו מותר.
🎓 Récapitulatif du parcours d’étude
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן קמ״ג · Niveau 3 — Synthèse / Révision · שלא לבנות ביתו סמוך לבית עבודת כוכבים ובאיזה אופן מותר ליהנות מעבודת כוכבים
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