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סימן קס״בSiman 162

Yoreh De'ah · Issour ve-Heter

Siman 162 — Prêter une mesure contre une mesure

Cinq seifim — le Choulhan Aroukh l’annonce lui-même : ובו ה׳ סעיפים. Jusqu’ici l’intérêt se comptait en argent ; ici il change de nature. On prête une mesure de blé, on en rend une mesure de blé, sans qu’un centime ait été stipulé — et c’est pourtant interdit, parce que le blé porte un prix qui bouge. Tout le siman est la raison de cet interdit, et les trois portes de sortie qu’il ménage. (Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 162 — 5 seifim)

אסור ללוות סאה בסאה

Il est interdit d’emprunter une se’ah contre une se’ah. Cinq mots, et l’intérêt cesse d’être une question d’argent : ce qui est en cause n’est plus un profit convenu, mais une dette dont personne ne connaît le montant.

Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 162:1

Les 4 niveaux d’étude

NIVEAU 01

רמת המתחיל

Base — Débutant & Intermédiaire

Texte hébreu des cinq seifim avec traduction française fluide. Le mécanisme de l’interdit — יוקרא וזולא et אבק רבית —, l’exception de la monnaie, les trois portes de sortie, le métayer et la charge de la preuve ; avec la michna de Bava Metzia, le Tour, le Beit Yossef, le Chakh (16 ס״ק), le Taz (9), le Baer Hetev (12), le Pit’hei Techouva (4), les Nekoudot HaKessef (4) et le Rambam en entier.

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NIVEAU 02

רמת הלמדן

Lamdan — Talmid Hakham

Pilpoul approfondi : la ḥakira sur ce que vise l’interdit et le heter de la vente chez le Taz ; les deux raisons de l’exception de la monnaie et la kouchia du Baer Hetev ; le mécanisme du יש לו — acquisition réelle ou motif léger ; la ma’hloket sur la ידיעה entre le Ba’h, le Beit Yossef et le Taz ; le prêt qui ne peut pas fonder un יש לו ; le terme fixé du Rambam contre le Roch et le renversement du Chakh ; le צ״ע du Taz sur le prozboul, la réponse des Nekoudot HaKessef et le renversement du Pit’hei Techouva.

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NIVEAU 03

חזרה וסיכום

Synthèse — Révision

L’axiome d’une dette sans montant, les trois questions-réflexes, un tableau-maître des cinq seifim clause par clause, les trois portes de sortie et leurs faiblesses, ce qui compte comme יש לו, les deux conditions du שער שבשוק, le métayer, la charge de la preuve, le vocabulaire du bloc ריבית, les règles d’or, la mnémonique et les pièges classiques.

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NIVEAU 04

הלכה למעשה

Halakha lema'asse — Psak

La halakha pratique selon le ש״ך, le ט״ז, le באר היטב, le פתחי תשובה et les נקודות הכסף, puis les cas contemporains. Note : l’Admour HaZaken n’a pas écrit de Choulhan Aroukh sur Yoreh De’ah — niveau de psak, non “Daat HaRav”.

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Questions fréquentes — Siman 162

Une se’ah est prêtée et une se’ah est rendue : où est l’intérêt ?

Le seif le dit en six mots : le blé peut renchérir, et le prêteur reçoit alors plus de valeur qu’il n’en a donnée. « היוצא (אז) בהוצאה דשמא יתייקרו ונמצא שנותן לו יותר ממה שהלוהו » (שו״ע יו״ד קס״ב:א) Et le Chakh en donne aussitôt le degré : « הלואת סאה בסאה הוא מדרבנן והלכך אינה יוצאה בדיינים » (ש״ך יו״ד קס״ב ס״ק א) Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

Pourquoi la monnaie d’argent est-elle exceptée ?

Parce qu’une pièce ne renchérit pas : c’est par elle que le reste renchérit. Le Chakh le dit au nom du Rachba. « דינר זה שהוא מטבע היוצא ודאי מותר דאיהו מטבע ולאו איהו דאייקר וזול אלא הפירות » (ש״ך יו״ד קס״ב ס״ק ד) Et l’exception est bornée : une monnaie retirée de la circulation redevient une denrée. « לאפוקי אם אינו יוצא אז אע״פ שהיתה יוצאת מקודם כגון מטבע שנפסל אסור כדאיתא בטור ובפוסקים » (ש״ך יו״ד קס״ב ס״ק ג) Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

Comment une seule se’ah possédée permet-elle d’en emprunter cent ?

Parce que ce peu est regardé comme cédé au prêteur dès l’instant du prêt : la hausse se produit alors chez lui. « אפילו כולו ביחד ואצ״ל קני בזה אח״ז דבשביל כל סאה וסאה שלוה אנו רואין הסאה שלו כאלו היא נחלטת מיד למלוה ואם מתייקר ברשותו מתייקר » (ש״ך יו״ד קס״ב ס״ק ו) La guemara l’étend expressément d’une se’ah à plusieurs korin : « אָמַר רַב הוּנָא: יֵשׁ לוֹ סְאָה – לֹוֶה סְאָה. סָאתַיִם – לֹוֶה סָאתַיִם. רַבִּי יִצְחָק אוֹמֵר: אֲפִילּוּ יֵשׁ לוֹ סְאָה – לֹוֶה עָלֶיהָ כַּמָּה כּוֹרִין » (בבא מציעא ע״ה ע״א) Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

Avoir de quoi acheter le blé, est-ce avoir du blé ?

Non, et c’est le piège le plus fréquent du siman. Le Chakh l’exclut expressément, et c’est l’accord des décisionnaires. « אבל מעות אפי׳ בכדי שיכול ליקח כל אותו המין אסור כן הסכמת הפוסקים » (ש״ך יו״ד קס״ב ס״ק ה) Le Taz s’en approche pour la monnaie d’or, et le Baer Hetev relève aussitôt la difficulté : « ולפ״ז אם היה לו מעות מותר ללות לו סאה בסאה וצ״ע דלא משמע כן מהפוסקים » (באר היטב יו״ד קס״ב ס״ק ג) Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

Pourquoi le seif 3 exige-t-il que le cours soit connu des deux, alors que le seif 2 n’exige rien de tel ?

Le Taz en donne la raison : dans le cas du יש לו, le blé est celui de l’emprunteur et il est acquis au prêteur ; au marché, le blé est celui d’autrui, et il ne reste que la connaissance. « שאני התם דלא שייך לומר שנקנו לו למלוה דהא של אחרים הם דהיינו אנשי השוק וא״כ אין היתר אלא שידעו שיש שער בשוק משא״כ ביש לו » (ט״ז יו״ד קס״ב ס״ק ג) Mais lekhatkhila, ajoute-t-il, les deux doivent savoir dans les deux cas : « נראה שבאם רוצה להלות חטין בחטין מכח היתר דיש לו ודאי לכתחלה צריך שידעו שניהם שיש היתר וכן בהיתר דשער שבשוק » (ט״ז יו״ד קס״ב ס״ק ג) Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.

Pourquoi prêter de la semence à un métayer n’est-il pas un prêt ?

Parce que tant que le propriétaire peut encore le renvoyer, ce qu’il lui remet est une avance sur le partage et non un prêt. Le Taz le formule ainsi : « שבאריס יש היתר ללוות מב״ה סאה בסאה מטעם שאין כאן הלואה אלא כאלו התנה שיטול ב״ה הסאה הראשונה משדה שלו » (ט״ז יו״ד קס״ב ס״ק ו) Et le seif marque la limite exacte : « במה דברים אמורים במקום שנהגו שיתן האריס הזרע אבל במקום שדרך בעל הקרקע ליתן הזרע אם כבר ירד האריס לשדה אסור » (שו״ע יו״ד קס״ב:ד) Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.