Trois seifim. Le siman est court et il porte le principe de tout le bloc qui suit : à quelle condition un usage venu des nations devient-il un ‘hok qu’il est interdit de suivre ? Le seif 1 énumère — le vêtement, la chevelure, le bâtiment — puis la glose du Rama donne le critère : la licence, ou l’absence de raison. Le seif 2 dispense entièrement celui qui approche le pouvoir. Le seif 3 quitte le vêtement pour la table et interdit d’y poser un pain entier auprès des miettes. (Choulhan Aroukh, Yoreh De’ah 178 — 3 seifim)
אין הולכין בחוקות העובדי כוכבים (ולא מדמין להם) (טור בשם הרמב״ם)
On ne suit pas les usages des non-Juifs, et on ne leur ressemble pas. Neuf mots, et tout le siman est posé : ce n’est pas l’usage qui est jugé, c’est ce qu’il signifie.
Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 178:1
Les 4 niveaux d’étude
NIVEAU 01
רמת המתחיל
Base — Débutant & Intermédiaire
Texte hébreu des trois seifim avec traduction française fluide : les formes de la ressemblance, le critère du Rama, celui qui approche le pouvoir et le pain entier posé sur la table — avec le Tour, le Rambam, le Chakh, le Taz, le Baer Hetev et le Pit’hei Techouva, tous cités entrée par entrée.
Pilpoul : la ‘hakira sur ce qu’est un ‘hok, les trois lectures de ציצת ראשו, les deux lectures du Raavad sur les édifices, la difficulté du Taz sur le pouvoir des sages, le צ״ע du Chakh sur la preuve du Maharik, et le désaccord du Taz avec le Levouch sur le pain de la nuit de Chabbat.
Un tableau-maître des trois seifim clause par clause, l’axiome du siman, les trois questions-réflexes, le vêtement, les cheveux, le bâtiment, la table, le vocabulaire, les règles d’or, la mnémonique et les pièges classiques.
La halakha pratique selon le ש״ך, le ט״ז, le באר היטב et le פתחי תשובה, puis les cas contemporains. Note : l’Admour HaZaken n’a pas écrit de Choulhan Aroukh sur Yoreh De’ah — niveau de psak, non « Daat HaRav ».
Le seif énumère des formes, et la glose du Rama donne le critère :
« אין הולכין בחוקות העובדי כוכבים (ולא מדמין להם) (טור בשם הרמב״ם) » (שו״ע יו״ד קע״ח:א)
« וכל זה אינו אסור אלא בדבר שנהגו בו העובדי כוכבים לשם פריצות כגון שנהגו ללבוש מלבושים אדומים והוא מלבוש שרים וכדומה לזה ממלבושי הפריצות » (רמ״א יו״ד קע״ח:א)
« או בדבר שנהגו למנהג ולחוק ואין טעם בדבר דאיכא למיחש ביה משום דרכי האמורי ושיש בו שמץ עבודת כוכבים מאבותיהם » (רמ״א יו״ד קע״ח:א)
Deux signes rendent un usage interdit : une marque de licence, ou l’absence de toute raison — auquel cas on craint les voies des Émorites et une trace de culte ancien. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
Tout ce qui vient d’eux est-il donc interdit ?
Non, et la glose le dit expressément :
« אבל דבר שנהגו לתועלת כגון שדרכן שכל מי שהוא רופא מומחה יש לו מלבוש מיוחד שניכר בו שהוא רופא אומן מותר ללובשו » (רמ״א יו״ד קע״ח:א)
« וכן שעושין משום כבוד או טעם אחר מותר » (רמ״א יו״ד קע״ח:א)
« לכן אמרו שורפין על המלכים ואין בו משום דרכי האמורי » (רמ״א יו״ד קע״ח:א)
Un usage adopté pour l’utilité est permis — le Rama choisit l’exemple du vêtement distinctif du médecin — et de même ce qui se fait par honneur. Il conclut par le cas de ce qu’on brûle pour les rois, que le Taz explique comme leurs ustensiles, par égard pour eux. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
Quelles coiffures le siman vise-t-il ?
Deux sont nommées, et une troisième lecture est proposée par le Taz :
« ולא יגלח מהצדדין ויניח השער באמצע ולא יגלח השער מכנגד פניו מאוזן לאוזן ויניח הפרע » (שו״ע יו״ד קע״ח:א)
« אבל הב״ח חלק עליו וכתב דמלתא באפי נפשה היא דלא יגדל ציצת ראשו הוא שמגדלין השער לנוי וליופי כמו הבתולות דרך שחץ וגאוה וכ״כ הפרישה: » (ש״ך יו״ד קע״ח ס״ק א)
« זה דברי רמב״ם נראה דאף בלא שום גילוח נאמר איסור זה דהיינו שדרך העובדי כוכבים בעלי מלחמות בהרבה מדינות לגדל שער שלהם מאד ואינם מגלחים עצמם כלל לא יעשה כן ישראל » (ט״ז יו״ד קע״ח ס״ק א)
Les côtés rasés avec les cheveux laissés au milieu — la bellorite — et le devant rasé d’une oreille à l’autre avec la chevelure derrière. Le Bah et la Prisha lisent la première clause comme une règle à part : laisser pousser les cheveux pour la beauté. Le Taz y voit la chevelure jamais coupée des combattants. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
Peut-on bâtir une salle sur le modèle des leurs ?
Le seif interdit, et le Bah restreint :
« ולא יבנה מקומות כבנין היכלות של עבודת כוכבים כדי שיכנסו בהם רבים כמו שהם עושים » (שו״ע יו״ד קע״ח:א)
« אבל כגון אותם העשוים לועד שלהם להתיעץ על עסקיהם ולמשפט אין איסור לבנות כתבנית אותם היכלות. » (ש״ך יו״ד קע״ח ס״ק ב)
« כתב על זה הראב״ד איני יודע מהו זה אם שלא יעשה צורות כמו שהם עושים או שלא ישים סימן לקבץ בו הרבים כדרך שהם עושים עכ״ל על כן יש לאסור בשניהם: » (ט״ז יו״ד קע״ח ס״ק ג)
Ce qui est interdit est de bâtir un lieu conçu comme leurs édifices de culte pour y rassembler du monde. Le Bah écarte de l’interdit les bâtiments de conseil, d’affaires et de justice ; le Taz, sur la parole du Raavad, tient qu’il faut interdire selon les deux lectures possibles. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
Que reproche le siman au pain entier posé sur la table ?
Le seif 3 vise un geste précis, et le Taz en donne la raison :
« מי שאכל ושייר פתיתין על שלחנו לא יביא פת שלימה ויניח על השלחן: » (שו״ע יו״ד קע״ח:ג)
« משום שנאמר העורכים לגד שלחן פירוש לשם עבודת כוכבים אבל בפתיתין לחוד יש מצוה להניחם שיהא מוכן לעני: » (ט״ז יו״ד קע״ח ס״ק ו)
« משמע דוקא להביא שם ולהניחו אצל הפתיתין אסור משום העורכים לגד שלחן אבל אם היה שם א״צ להסירו » (ש״ך יו״ד קע״ח ס״ק ה)
Apporter un pain entier pour le poser auprès des miettes, après le repas, c’est laisser un couvert dressé — et c’est cela qui est interdit, au titre de « ceux qui dressent une table pour Gad ». Un pain qui était déjà là n’a pas à être ôté, et les miettes laissées seules sont une mitzva, car elles demeurent prêtes pour un pauvre. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.