Siman 211 — La condition posée d’avance (המתנה שנדריו לא יהיו נדרים)
Quatre seifim sur une seule situation : un homme déclare que ce qu’il va vouer ne sera pas un vœu, et il voue. Le Choulhan Aroukh répond en deux temps. Dit dans le même souffle, le désaveu l’emporte — à condition d’être sorti des lèvres, car une réserve intérieure ne défait rien. Posé longtemps auparavant, il ne vaut que dans l’oubli : celui qui voue en se souvenant qu’il s’est protégé retire sa protection. Le seif 3 traite du souvenir incomplet et de la formule qui le sauve, et le seif 4 pose la borne : rien de tout cela n’atteint ce qu’un autre lui a fait jurer. C’est ici que la glose du Rama rattache כל נדרי, en deux lignes dont la seconde restreint la première. (Choulhan Aroukh, Yoreh De’ah 211 — 4 seifim)
האומר נדר שאני רוצה לידור לא יהא נדר ונדר אינו נדר בד״א שהוציא תחילה בשפתיו לומר שלא יהא נדר אבל אם חשב כך בלבו הוי דברים שבלב ואינם מבטלים הנדר שהוציא בשפתיו וי״א דאפילו אמר כן בלחש הוי דברים שבלב: הגה והא דאמרינן כל נדרי בליל יום כיפורים הוי כאילו התנו בהדיא ומכל מקום לא סמכינן על זה להתיר בלא שאלה לחכם כי אם לצורך גדול (מהרי״ו סימן ב׳):
Celui qui dit : le vœu que je veux vouer ne sera pas un vœu — et il a voué — ce n’est pas un vœu. Le seif ouvre par le cas le plus simple, et tout le siman consiste à dire ce qui l’affaiblit : la pensée au lieu de la parole, la distance dans le temps, et le vœu qu’un autre impose.
Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 211:1
Les 4 niveaux d’étude
NIVEAU 01
רמת המתחיל
Base — Débutant & Intermédiaire
Les quatre seifim en hébreu, avec traduction française fluide et décomposition clause par clause : le désaveu simultané et sa condition de forme, la position sur בלחש, la glose du Rama sur כל נדרי, la condition ancienne et le souvenir, la formule על דעת ראשונה, et la borne du seif 4. Les dix-huit entrées de l’appareil — Chakh, Taz, Baer Hetev, Pit’hei Techouva, Nekoudot HaKessef — citées une à une.
Pilpoul : la michna de Rabbi Éliézer ben Yaakov et les deux lectures d’Abayé et de Rava ; la réponse du Ran sur la différence entre les seifim 1 et 2, et le critère de la Prisha que le Taz rejette et que les Nekoudot HaKessef défendent ; la ma’hloket sur בלחש et la décision du Levouché Serad ; ce que la glose sur כל נדרי établit et ce qu’elle réserve ; le עיון du Taz sur le délai, et sa réfutation.
L’axiome de l’annulation préalable, les trois questions-réflexes, le tableau des quatre seifim clause par clause, la grille du souvenir, ce que le siman établit exactement de כל נדרי, les trois ma’hlokot ouvertes, le vocabulaire, les règles d’or et les pièges classiques.
La halakha pratique selon le ש״ך, le ט״ז, le באר היטב, le פתחי תשובה et les נקודות הכסף, puis les cas contemporains. Note : l’Admour HaZaken n’a pas écrit de Choulhan Aroukh sur Yoreh De’ah — niveau de psak, non « Daat HaRav ».
Oui, et le seif l’écrit sans réserve — mais à une condition de forme :
« האומר נדר שאני רוצה לידור לא יהא נדר ונדר אינו נדר » (שו״ע יו״ד רי״א:א)
« בד״א שהוציא תחילה בשפתיו לומר שלא יהא נדר » (שו״ע יו״ד רי״א:א)
« אבל אם חשב כך בלבו הוי דברים שבלב ואינם מבטלים הנדר שהוציא בשפתיו » (שו״ע יו״ד רי״א:א)
Le désaveu doit sortir des lèvres. Pensé seulement, il ne défait rien. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
Et une condition posée il y a longtemps ?
Elle ne joue que dans l’oubli, et le seif donne la raison :
« אם הוא זוכר לתנאו בשעת הנדר נדרו קיים שהרי מבטל תנאו בשעה שנודר » (שו״ע יו״ד רי״א:ב)
« ואם אינו זוכר לתנאו בשעת הנדר התנאי קיים והנדר בטל » (שו״ע יו״ד רי״א:ב)
« ויש אומרים שאין התנאי מועיל לבטל הנדר אלא אם כן יזכרנו תוך כדי דיבור לנדר ויאמר בלבו שהוא סומך על התנאי ויש לחוש לדבריהם » (שו״ע יו״ד רי״א:ב)
Vouer en se souvenant de sa condition, c’est la retirer. Et le יש אומרים ajoute qu’il faut s’en souvenir aussitôt et s’y appuyer. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
Que faut-il dire si l’on a oublié sur quoi portait la condition ?
C’est le seif 3, et il donne la formule exacte :
« התנה על קצת דברים שיהא נדרו בטל בהם ואינו יודע על מה התנה אם על אכילת בשר או שתיית יין » (שו״ע יו״ד רי״א:ג)
« אם אומר בשעת הנדר על דעת ראשונה אני נודר שאם אזכור על מה שהתניתי שאלך אחר התנאי ונזכר על מה התנה התנאי קיים והנדר בטל » (שו״ע יו״ד רי״א:ג)
« ואם לא אמר על דעת ראשונה אני נודר התנאי בטל והנדר קיים » (שו״ע יו״ד רי״א:ג)
Le Taz précise que dans ce cas l’homme se souvient bien d’avoir posé une condition : c’est seulement son objet qu’il ignore. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
Que dit le Choulhan Aroukh de כל נדרי ?
Deux choses, et il faut les tenir ensemble :
« הגה והא דאמרינן כל נדרי בליל יום כיפורים הוי כאילו התנו בהדיא » (רמ״א יו״ד רי״א:א)
« ומכל מקום לא סמכינן על זה להתיר בלא שאלה לחכם כי אם לצורך גדול (מהרי״ו סימן ב׳ » (רמ״א יו״ד רי״א:א)
« אלא בשבועה. ובשבועה בנקיטת חפץ לא אתבריר לן דמועיל כל נדרי. מהרי״ו סי״ב » (ש״ך יו״ד רי״א ס״ק ה)
La déclaration vaut comme une stipulation expresse ; mais on ne s’en contente pas pour permettre sans demande à un sage, sinon pour un grand besoin. Le Chakh ajoute que la glose relève du seif 2, et que pour un serment prêté en tenant un objet il n’est pas établi qu’elle serve. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
Cela vaut-il pour un engagement pris envers quelqu’un d’autre ?
Non, et le seif 4 le dit sans nuance :
« אין דברים הללו אמורים אלא בשבועה או נדר שנשבע ונדר לעצמו » (שו״ע יו״ד רי״א:ד)
« אבל מי שהשביעו חבירו או הדירו אין ביטול זה מועיל לו כלום » (שו״ע יו״ד רי״א:ד)
« כתב הר״ן בשם התוס׳ על דינים אלו דוקא בשבועות ונדרים שנשבע ונדר לעצמו אבל מי שהשביעו חבירו או הדירו אין ביטול זה מועיל לו כלום » (ב״י יו״ד רי״א)
La raison, donnée par le Beit Yossef au nom du Ran et des Tossefot : c’est sur l’intention de l’autre qu’il jure. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.