Siman 210 — La bouche et le cœur (שצריך לפרוט הנדר כשפתיו)
Trois seifim, et une seule question sous les trois : que faut-il pour qu’une parole engage ? Le Choulhan Aroukh répond par deux conditions et non une — il faut avoir parlé, et il faut que ce qu’on a dit soit ce qu’on voulait dire. De là le premier seif, qui examine les deux façons dont la parole peut s’écarter de la pensée : le mot autre, qui ne lie rien, et le mot plus large, qui lie sur ce qu’ils ont en commun. De là le deuxième, qui prend le cas limite du vœu prononcé en rêve. Et de là le troisième, qui exige que la rétractation elle-même passe par la bouche. (Choulhan Aroukh, Yoreh De’ah 210 — 3 seifim)
אין הנדר חל עד שיוציא בשפתיו ויהיו פיו ולבו שוים לפיכך היה בלבו לידור מפת חטים והוציא בשפתיו פת שעורים מותר בשניהם אבל אם היה בלבו פת חטים (או פת שעורים) והוציא בשפתיו פת סתם אסור בשל חטים לבד (או בשל שעורים לבד) (דכן משמע בסימן רי״ז ס״ט) ואם נדר על דעת אחרים אינו תלוי בלבו אלא כפי מה שיאמרו אחרים שהוא דעתם כך יחול הנדר:
Le vœu ne prend pas tant qu’il ne l’a pas énoncé de ses lèvres et que sa bouche et son cœur ne sont pas pareils. Le seif ouvre sur la double condition, et tout le siman n’est que l’examen des cas où les deux ne coïncident pas.
Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 210:1
Les 4 niveaux d’étude
NIVEAU 01
רמת המתחיל
Base — Débutant & Intermédiaire
Les trois seifim en hébreu, avec traduction française fluide et décomposition clause par clause : la double exigence, le pain d’orge et le pain sans précision, l’avis d’autrui, le vœu en rêve et ses deux positions, la rétractation immédiate et sa condition. Les vingt-et-une entrées de l’appareil — Chakh, Taz, Baer Hetev, Pit’hei Techouva, Nekoudot HaKessef — citées une à une.
Pilpoul : les deux versets de Chevouot ; la ḥakira sur ce que fait la pensée ; le Ba’h et le Chakh contre le Beit Yossef sur le mot large dit à dessein, et le doute du Ḥavot Yaïr ; la kouchia du Roch sur l’extorqueur et les réponses du Ramban et des Tossefot ; le Roch contre le Rachba sur le rêve, et la divergence du Taz et du Ba’h sur la femme ; l’objection du Raavad et la résolution du Rama.
L’axiome des deux conditions, les trois questions-réflexes, le tableau des trois seifim clause par clause, la grille du décalage entre la bouche et le cœur, les trois ma’hlokot ouvertes, le vocabulaire, les règles d’or et les pièges classiques.
La halakha pratique selon le ש״ך, le ט״ז, le באר היטב et le פתחי תשובה, puis les cas contemporains. Note : l’Admour HaZaken n’a pas écrit de Choulhan Aroukh sur Yoreh De’ah — niveau de psak, non « Daat HaRav ».
Le Taz ramène la règle à son verset en trois mots. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
Et si le mot prononcé n’est pas celui qu’on avait en tête ?
Rien ne prend, ni sur l’un ni sur l’autre, et le Chakh dit pourquoi :
« מותר בשניהם. בחטים שהרי לא הוציא בשפתיו ובשעורים שהרי לא נתכוין לומר שעורים » (ש״ך יו״ד ר״י ס״ק א)
« מותר בשניהם. בפת חטים מותר דהא לא הוציא בשפתיו ובשעורין מותר דהא לא גמר בלבו ואנן בעינן פיו ולבו שוין » (ט״ז יו״ד ר״י ס״ק ב)
Le blé parce que la bouche ne l’a pas dit, l’orge parce que le cœur ne l’a pas voulu. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
Et si le mot prononcé est plus large que la pensée ?
Le vœu prend sur ce que les deux ont en commun — mais les A’haronim divergent sur le cas où le mot large a été choisi exprès :
« אסור בשל חטים לבד (או בשל שעורים לבד) (דכן משמע בסימן רי״ז ס״ט » (שו״ע יו״ד ר״י:א)
« אבל אם הוציא בשפתיו פת סתם בכוונה ומתכוין שלא להוציא פת חטין בשפתיו אלא לחשוב בלבו פת חטים אסור בכל פת דדברים שבלב אינן דברים » (ש״ך יו״ד ר״י ס״ק ב)
« ודעתו דאפי׳ אם כוון להוציא פת סתם מותר בשל שעורים אלא דמסתפי לחלוק על כמה גדולים קמאי ובתראי שדעתם כדברי הב״ח » (פתחי תשובה יו״ד ר״י ס״ק א)
Le Ba’h, le Chakh et le Maharchal interdisent alors tout pain ; le Ḥavot Yaïr inclinerait à permettre l’orge sans oser trancher. Divergence ouverte : demande à ton Rav.
Un vœu prononcé en rêve compte-t-il ?
Selon la lettre du seif, non — et il n’y a même pas de déliaison à faire. Mais le Mehaber demande de tenir compte de l’autre position :
« הנודר בחלום אינו כלום ואינו צריך שאלה » (שו״ע יו״ד ר״י:ב)
« ויש אומרים שיתירו לו עשרה דידעי למקרי (ויתירו לו בחרטה כאלו נדר בהקיץ) (תשובת הגאונים » (שו״ע יו״ד ר״י:ב)
« ויש לחוש לדבריהם. והכי נהוג ונראה דה״ה באשה שנדרה בחלום שצריכה י׳ כמו האיש ואין הבעל יכול להפר לה ביום שמעו דדין נדר זה כמו נדוי עכ״ל ב״ח וכן נוהגין » (ש״ך יו״ד ר״י ס״ק ה)
« מיהו אי לית ליה בקלות עשרה דידעי למקרי יתירנו בשלשה כשאר נדר » (רמ״א יו״ד ר״י:ב)
Le Chakh écrit que tel est l’usage ; le Rama admet trois hommes à défaut de dix ; et le Taz a trouvé une réponse du Maharal de Prague tranchant comme la première position. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.
Combien de temps a-t-on pour se rétracter ?
Le temps d’une salutation, et il se compte depuis le vœu :
« תוך כדי דיבור לנדרו) (סברת הרב ובזה יישב השגת הראב״ד על הרמב״ם ודלא כב״י » (רמ״א יו״ד ר״י:ג)
« תוך כ״ד לנדרו. אבל לא תוך כ״ד למחאתן ולא אמרינן מאחר שחזר תוך כדי דבור למחאתן והם מיחו בו תוך כ״ד לנדרו דזה יחשב תכ״ד » (ש״ך יו״ד ר״י ס״ק ז)
« לא הוי נדר והוא שאומר כך בפיו אבל אם אמר חזרתי בלבי אינו כלום » (שו״ע יו״ד ר״י:ג)
Et la rétractation doit être dite : y avoir pensé ne vaut rien. C’est la glose du Rama, que le Taz et le Chakh soutiennent contre le Beit Yossef. Pour l’application à ta situation, consulte ton Rav.