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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman 212 — Vouer « par la Torah » (דין הנודר בתורה)

Un seul seif : celui qui voue par le rouleau n’a rien dit — et tout le siman est dans le « mais »
יורה דעה · סימן רי״ב
דין הנודר בתורה
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Première approche du Siman 212, qui tient en un seul seif. Quelqu’un saisit — ou désigne — un Séfer Torah et dit : « ces fruits me sont interdits comme ceci ». A-t-il voué ? Le Choulhan Aroukh répond que non, et la raison est d’une précision technique : le vœu par comparaison n’opère que sur une chose vouée, et le parchemin d’un rouleau n’est pas une chose vouée. Mais le seif ne s’arrête pas là, et c’est là que tout se joue : celui qui n’est pas un savant doit tout de même faire délier ; celui qui a dit « par ce qui est écrit dedans » a bien voué ; celui qui l’a pris en main est jugé comme s’il l’avait dit ; et celui qui a juré sur la Torah, en toute hypothèse, doit être délié. Ce sont des règles למעשה : tout cas réel se pose à un Rav.

Sujet : Vouer par un Séfer Torah, et ce que la Torah « tenue en main » change
Source : שולחן ערוך יורה דעה סימן רי״ב (סעיף אחד)

Compilation : הרב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

📑 Plan de l’étude

1. De quoi parle ce siman ? Le rouleau, le parchemin, et les Noms
2. Le seif, clause par clause
3. Les concepts-clés : גויל, אזכרות, דבר הנדור, נדר et שבועה
4. D’où vient ce seif : la guemara Nedarim, le Rambam, le Tour, le Beit Yossef
5. L’appareil du siman : les neuf entrées, citées une à une
6. Le tableau des quatre situations
7. Cas pratiques
8. Questions de compréhension

1. De quoi parle ce siman ? (סעיף אחד)

Un vœu ne se fait pas en disant « je m’interdis ceci ». Il se fait en rattachant — מתפיס — une chose à une autre : ces fruits me sont comme telle chose. Et le procédé n’opère que si la chose nommée est un דבר הנדור, une chose que la parole d’un homme a rendue interdite : une offrande, une consécration. Rattacher à une chose interdite par la Torah elle-même — un דבר האסור — ne produit rien du tout.

Le siman applique cette règle à un objet précis, et le résultat surprend : le Séfer Torah. Celui qui voue « par la Torah » — il montre le rouleau et dit « ces fruits me sont comme ceci » — n’a rien dit, parce que son esprit, en désignant l’objet, s’arrête au parchemin (גויל), et le parchemin n’est pas une chose vouée. Mais il suffit qu’il ajoute trois mots — במה שכתוב בה, « par ce qui est écrit dedans » — pour que le vœu prenne ; et il suffit qu’il tienne le rouleau en main pour qu’on le juge comme s’il les avait dits.

Le siman en une phrase. Le vœu « par la Torah » ne vaut rien en tant que vœu — mais le Choulhan Aroukh refuse d’en tirer une permission. L’homme du commun est tout de même envoyé chez un sage ; celui qui a nommé le contenu, ou tenu le livre, a voué pour de bon ; et celui qui a juré sur la Torah n’est jamais relâché sans dissolution.

2. Le seif, clause par clause

Voici le seif en entier — tel que la source le donne, y compris sa parenthèse finale —, puis décomposé.

Seif 1 — celui qui voue par la Torah

Le seif pose sa règle, puis ses quatre limites : l’homme du commun, le contenu nommé, le livre tenu en main, et le serment.

הנודר בתורה כגון שאמר פירות אלו עלי כזו לא אמר כלום ואין צריך התרה אם הוא תלמיד חכם אבל אם הוא עם הארץ צריך התרה כדי שלא ינהגו קלות ראש בנדרים ואם נדר במה שכתוב בה אסור שהרי כתוב בה איסור נטלה בידו ונדר בה כמי שנדר במה שכתוב בה דמי (אבל הנשבע בתורה בכל ענין צריך התרה ועיין לקמן סימן רל״ז) . (ב״י לענין מעשה):
« הנודר בתורה כגון שאמר פירות אלו עלי כזו לא אמר כלום » (שו״ע יו״ד רי״ב:א)
Celui qui voue par la Torah — par exemple s’il a dit : ces fruits me sont comme ceci — n’a rien dit
La formule est celle du rattachement : פירות אלו עלי כזו, « ces fruits me sont comme ceci ». Elle échoue, non pas faute d’intention, mais faute d’objet : le terme de comparaison n’est pas une chose vouée.
« ואין צריך התרה אם הוא תלמיד חכם » (שו״ע יו״ד רי״ב:א)
et il n’a pas besoin de dissolution s’il est un תלמיד חכם
Le savant sait pourquoi il n’a rien voué, et on le laisse aller. La dispense est donc adossée à un savoir, non à un privilège.
« אבל אם הוא עם הארץ צריך התרה כדי שלא ינהגו קלות ראש בנדרים » (שו״ע יו״ד רי״ב:א)
mais s’il est un עם הארץ il a besoin d’une dissolution, pour qu’on ne prenne pas les vœux à la légère
La raison est dite en toutes lettres, et elle n’est pas une raison de dîn : כדי שלא ינהגו קלות ראש בנדרים. Ce n’est pas que son vœu ait pris — c’est qu’on ne veut pas qu’il apprenne à s’en tirer seul.
« ואם נדר במה שכתוב בה אסור שהרי כתוב בה איסור » (שו״ע יו״ד רי״ב:א)
et s’il a voué par ce qui est écrit dedans, c’est interdit — car il y est écrit un interdit
Trois mots renversent tout. Le Mehaber donne sa propre raison : שהרי כתוב בה איסור — l’interdit y est écrit, c’est-à-dire la parole même du vœu. Le Chakh, au ס״ק ג, montrera que le Raavad et le Ran en donnent une autre.
« נטלה בידו ונדר בה כמי שנדר במה שכתוב בה דמי » (שו״ע יו״ד רי״ב:א)
s’il l’a prise en main et a voué par elle, c’est comme celui qui a voué par ce qui est écrit dedans
La main vaut la parole. Tenir le rouleau, c’est déjà nommer son contenu : l’esprit de celui qui le tient ne s’arrête plus au parchemin.
« אבל הנשבע בתורה בכל ענין צריך התרה ועיין לקמן סימן רל״ז » (שו״ע יו״ד רי״ב:א)
mais celui qui jure par la Torah, en toute hypothèse, a besoin d’une dissolution ; et voir plus loin au siman 237
La parenthèse finale change de sujet : du vœu au serment. Le serment n’opère pas par rattachement — il lie l’homme, non la chose — et l’argument du parchemin ne le sauve donc pas. Elle est prise du Beit Yossef, comme l’indique la seconde parenthèse.
« ב״י לענין מעשה » (שו״ע יו״ד רי״ב:א)
Beit Yossef, quant à la pratique
La mention de provenance fait partie du texte imprimé : elle dit que la clause précédente n’est pas une halakha du Mehaber mais la conclusion pratique qu’il avait tirée dans son Beit Yossef. On la recopie telle quelle.

3. Les concepts-clés de ce siman

גויל — le parchemin — La peau préparée sur laquelle un Séfer Torah est écrit. C’est un objet de valeur et de sainteté, mais ce n’est pas une chose vouée : personne ne l’a consacrée par une parole. D’où : דדעתו אגוילים שבה (Taz, ס״ק א).
אזכרות — les Noms — Les mentions du Nom divin écrites dans le rouleau. Selon le Raavad et le Ran rapportés par le Chakh, ce sont elles — avec les קרבנות — qui font du contenu un דבר הנדור, « car par l’écriture et la préparation en vue de la sainteté elles sont saintes ».
דבר הנדור — la chose vouée — Une chose que la parole d’un homme a rendue interdite. Seule une telle chose transmet son statut par rattachement. Opposée au דבר האסור, interdit par la Torah, qui ne transmet rien.
נדר et שבועה — Le vœu interdit une chose à l’homme ; le serment lie l’homme. C’est pourquoi le raisonnement du parchemin peut annuler le premier et laisser le second intact — et c’est exactement ce que dit la parenthèse finale du seif.
התרה — la dissolution — L’acte par lequel un sage, ou trois hommes, délient un vœu. Ici elle est requise même quand aucun vœu n’a pris : c’est une mesure d’éducation, non de réparation.

4. D’où vient ce seif

Le seif condense une braita de Nedarim et son commentaire, deux halakhot du Rambam — et une troisième, placée ailleurs, qui a fait l’objet d’une discussion —, la formulation du Tour, et la remarque pratique du Beit Yossef qui a fini par entrer dans le texte imprimé.

La braita et la guemara

La braita est brève et le seif la suit pas à pas : « celui qui voue par la Torah n’a rien dit » ; Rabbi Yohanan ajoute qu’il faut une dissolution ; Rav Nahman en dispense le savant.

« וְהָתַנְיָא: הַנּוֹדֵר בַּתּוֹרָה — לֹא אָמַר כְּלוּם. וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וְצָרִיךְ שְׁאֵלָה לְחָכָם. וְאָמַר רַב נַחְמָן: וְתַלְמִיד חָכָם אֵינוֹ צָרִיךְ שְׁאֵלָה » (נדרים י״ד ע״א)

Le Rambam — הלכות נדרים et הלכות שבועות

Le seif est le Rambam presque mot pour mot — mais le Rambam a écrit la même chose deux fois, une fois pour le vœu et une fois pour le serment, et c’est cette seconde rédaction qui a fait difficulté. On la lira au niveau 2.

« הַנּוֹדֵר בַּתּוֹרָה כְּגוֹן שֶׁאָמַר פֵּרוֹת אֵלּוּ עָלַי כָּזוֹ לֹא אָמַר כְּלוּם וְאֵינוֹ צָרִיךְ שְׁאֵלָה לְחָכָם. אֶלָּא אִם כֵּן הָיָה עַם הָאָרֶץ. כְּדֵי שֶׁלֹּא יִנְהֲגוּ קַלּוּת רֹאשׁ בִּנְדָרִים » (רמב״ם הלכות נדרים פרק א׳ הלכה כ״ז)
« נָדַר בְּמַה שֶּׁכָּתוּב בָּהּ הֲרֵי זֶה אָסוּר שֶׁהֲרֵי כָּתוּב בָּהּ אִסָּר וְנֶדֶר. נְטָלָהּ בְּיָדוֹ וְנָדַר בָּהּ הֲרֵי זֶה כְּמִי שֶׁנָּדַר בְּמַה שֶּׁכָּתוּב בָּהּ » (רמב״ם הלכות נדרים פרק א׳ הלכה כ״ח)
« בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים בִּשְׁאָר כִּתְבֵי הַקֹּדֶשׁ. אֲבָל הַנִּשְׁבָּע בַּתּוֹרָה. אִם נִשְׁבָּע בְּמַה שֶּׁכָּתוּב בָּהּ דַּעְתּוֹ עַל הַהַזְכָּרוֹת » (רמב״ם הלכות שבועות פרק י״ב הלכה ד)
« וְאִם נִשְׁבַּע בָּהּ סְתָם דַּעְתּוֹ עַל הַגְּוִיל וְאֵין כָּאן שְׁבוּעָה » (רמב״ם הלכות שבועות פרק י״ב הלכה ד)
« נְטָלָהּ בְּיָדוֹ וְנִשְׁבַּע בָּהּ הֲרֵי זֶה כְּמִי שֶׁנִּשְׁבַּע בְּמַה שֶּׁכָּתוּב בָּהּ וְאָסוּר » (רמב״ם הלכות שבועות פרק י״ב הלכה ד)
« וְהַנִּשְׁבָּע בַּתּוֹרָה סְתָם אִם תַּלְמִיד חָכָם הוּא אֵינוֹ צָרִיךְ שְׁאֵלָה לְחָכָם. וְאִם עַם הָאָרֶץ הוּא צָרִיךְ שְׁאֵלָה לְחָכָם כְּדֵי שֶׁלֹּא יִנְהַג קַלּוּת רֹאשׁ בִּשְׁבוּעוֹת » (רמב״ם הלכות שבועות פרק י״ב הלכה ה)

Le Tour

Le Tour est plus explicite que le seif sur deux points : il précise que le rouleau est posé à terre, et il ajoute que « ce נודר n’est pas à prendre au pied de la lettre : il s’agit de celui qui jure par elle, car ce n’est pas là un langage de vœu ».

« הנודר בתורה והיא מונחת ע״ג קרקע ולא אמר במה שכתוב בה אם הוא ת״ח אין צריך שאלה ואם הוא ע״ה צריך שאלה » (טור יו״ד רי״ב)
« ואם הוא אוחזה בידו ונדר בה אפילו לא אמר במה שכתוב בה או אומר במה שכתוב בה אפילו אינו אוחזה בידו הוי נדר וצריך שאלה אף בת״ח » (טור יו״ד רי״ב)
« והאי נודר לאו דוקא אלא נשבע בה שאין זה לשון נדר » (טור יו״ד רי״ב)

Le Beit Yossef

Le Beit Yossef fait trois choses. Il rapporte la sugya avec la distinction décisive — posé à terre : l’esprit va au parchemin ; tenu en main : l’esprit va aux Noms. Il donne, au nom du Roch et du Ran, la raison de la différence entre le savant et l’homme du commun. Et il conclut, quant à la pratique, qu’en notre temps on ne relâche rien sur le serment par la Torah — c’est cette phrase qui est devenue la parenthèse du seif.

« בפ״ב דנדרים (יד.) תניא הנודר בתורה לא אמר כלום א״ר יוחנן וצריך שאלה לחכם אמר רב נחמן ות״ח א״צ שאלה » (ב״י יו״ד רי״ב)
« א״ר נחמן ל״ק הא דמחתא אורייתא אארעא הא דנקיט לה בידיה מחתא אארעא דעתיה אגוילי נקיט לה בידיה דעתיה על האזכרות שבה » (ב״י יו״ד רי״ב)
« וכתבו הרא״ש והר״ן דטעמא דמפלגינן בין ת״ח לעם הארץ היינו משום דת״ח יודע דכיון דלא אמר במ״ש בה בגוילים קא משתבע אבל עם הארץ אינו בקי בכל זה ואתי לזלזולי אפי׳ כי קא משתבע במ״ש בה » (ב״י יו״ד רי״ב)
« ולענין מעשה נראה שבזמן הזה אין להקל בנשבע בתורה דבין נקיט לה בידיה בין לא נקיט לה ובין אמר בה בין אמר במ״ש בה בין ת״ח בין עם הארץ לעולם צריך התרה » (ב״י יו״ד רי״ב)
« ואלה מחללין ש״ש וגורמים להשניא לומדי התורה בעיני עמי הארץ לומר שהם מתירין מה שרוצים וגורמים לזלזל בנדרים ושבועות » (ב״י יו״ד רי״ב)
« דין הנשבע בשאר כתבי הקודש יתבאר בסימן רל״ז בס״ד » (ב״י יו״ד רי״ב)

5. L’appareil du siman, entrée par entrée

L’appareil de ce siman compte neuf entrées : trois ס״ק du Chakh, deux du Taz, trois du Baer Hetev, une du Pit’hei Techouva. Nous les citons toutes, dans l’ordre, sans en résumer aucune. Les Nekoudot HaKessef ne commentent pas ce siman — on les trouve sur les simanim voisins (209, 210, 211, 215) ; il n’y a donc rien à en citer ici.

Le Chakh (ש״ך) — trois ס״ק

ס״ק א — pourquoi « il n’a rien dit » : parce que son esprit est au parchemin

« לא אמר כלום. לפי שדעתו אגוילין ואינן כלום: » (ש״ך יו״ד רי״ב ס״ק א)

ס״ק ב — et aujourd’hui, tout le monde est jugé comme un עם הארץ

« ע״ה. וכבר נתבאר לעיל סימן ר״ה דבזמן הזה לכ״ע כע״ה דיינינן להו: » (ש״ך יו״ד רי״ב ס״ק ב)

ס״ק ג — la raison du Raavad et du Ran, et les deux conséquences que le Chakh en tire

« שהרי כתוב בה איסור כו׳. והראב״ד בהשגות פי״ב מה״ש והר״ן פ״ב דנדרים כתבו הטעם מפני שיש בה קרבנות ואזכרות שהן כדבר הנדור » (ש״ך יו״ד רי״ב ס״ק ג)
« שע״י הכתיבה והכנה לקדושה הן קדושות » (ש״ך יו״ד רי״ב ס״ק ג)
« ולפ״ז כ״ש אם אמר בפירוש אני נודר באזכרות שבה דהוי נדר אעפ״י שאין כוונתו על איסור ונדר הכתוב בה » (ש״ך יו״ד רי״ב ס״ק ג)
« וכן אם נדר במקצת יריעות שבתורה אע״פ שאין כתוב באותן יריעות איסור או נדר כיון שיש בהן קרבנות או אזכרות הוי נדר » (ש״ך יו״ד רי״ב ס״ק ג)

Le Taz (ט״ז) — deux ס״ק

ס״ק א — son esprit est aux parchemins

« פירות אלו עלי כזו. דדעתו אגוילים שבה: » (ט״ז יו״ד רי״ב ס״ק א)

ס״ק ב — le serment : le Rambam d’un côté, les Tossefot, le Roch et le Tour de l’autre — et une conclusion pratique pour les juges

« אבל הנשבע בתורה כו׳. זה לדעת הרמב״ם שבסעיף זה הוא דבריו » (ט״ז יו״ד רי״ב ס״ק ב)
« אבל לפירוש התוספות והרא״ש וטור גם בנשבע י״ל דעתיה אגוילים כמבואר בטור וב״י » (ט״ז יו״ד רי״ב ס״ק ב)
« ומ״מ בב״י קרא תגר על שראה בבני דורו איזה אנשים הנשבעים בתורה לשוא לשקר ומתנצלי׳ מהא דתניא הנודר בתורה לא אמר כלום דדעתיה אגוילים » (ט״ז יו״ד רי״ב ס״ק ב)
« וקרא עליהם חכמים המה להרע » (ט״ז יו״ד רי״ב ס״ק ב)
« ונ״ל דמי שנתחייב שבועה לא יתנו לו שבועה בלשון זה הריני נשבע בספר תורה כמו שראיתי למקצת דיינים » (ט״ז יו״ד רי״ב ס״ק ב)
« דאפשר דאתי להורות לו היתר ויאמר דדעתיה אגוילים » (ט״ז יו״ד רי״ב ס״ק ב)
« אא״כ שמניח ידו עליה ואז הוה דינו כאוחזה בידו שזכר כאן כן נראה לי » (ט״ז יו״ד רי״ב ס״ק ב)

Le Baer Hetev (באר היטב) — trois ס״ק

ס״ק א — la même raison que le Chakh, en un mot

« כלום. לפי שדעתו אגוילין ואינן כלום: » (באר היטב יו״ד רי״ב ס״ק א)

ס״ק ב — et il reprend le Chakh sur notre temps, en le nommant

« עם הארץ. וכבר נתבאר לעיל סי׳ ר״ה דבזה״ז לכ״ע כע״ה דיינינן להו. ש״ך: » (באר היטב יו״ד רי״ב ס״ק ב)

ס״ק ג — il réunit en une seule entrée le ס״ק ג du Chakh et le ס״ק ב du Taz

« שכתוב. הראב״ד והר״ן כתבו הטעם מפני שיש בה קרבנות ואזכרות שהן כדבר הנדור » (באר היטב יו״ד רי״ב ס״ק ג)
« וכ׳ הט״ז ונ״ל דמי שנתחייב שבועה לא יתנו לו שבועה בלשון זה הריני נשבע בספר תורה דאפשר דאתי להורות לו היתר ויאמר דדעתיה אגוילים » (באר היטב יו״ד רי״ב ס״ק ג)
« אא״כ שמניח ידו עליה דאז דינו כמו שאוחזה בידו » (באר היטב יו״ד רי״ב ס״ק ג)

Le Pit’hei Techouva (פתחי תשובה) — une entrée

ס״ק א — jurer sur un Séfer Torah invalide : le Har HaCarmel et le Noda BiYehouda

« הנשבע בתורה. עיין בתשובת הר הכרמל חיו״ד סי׳ כ״א לענין מי שפסקו לו שבועה בס״ת שחסר בה תיבה או אות או יריעה אם בשביל זה אינו חשיב שבועה בס״ת » (פתחי תשובה יו״ד רי״ב ס״ק א)
« וכתב דאף אי מהני מעשיו מ״מ אסור לעשות כן לכתחלה למחוק אותיות ומכ״ש לחסר יריעה בס״ת » (פתחי תשובה יו״ד רי״ב ס״ק א)
« אך באמת לא מהני דמ״מ מקרי שפיר שבועה בס״ת » (פתחי תשובה יו״ד רי״ב ס״ק א)
« ועיין בתשובת נו״ב חי״ד סי׳ ע״א שנשאל ג״כ ע״ז מאדון אחד להודיע דעתו ע״פ דין תוה״ק אם מותר לישבע על שקר אם הס״ת שאוחז בידו בשעת השבועה היא פסולה » (פתחי תשובה יו״ד רי״ב ס״ק א)
« והשיב ע״ז באריכות והביא כמה ראיות מתנ״כ ומגמרא ורמב״ם שאסור לישבע בשקר אפילו בלא אחיזת ספר כלל » (פתחי תשובה יו״ד רי״ב ס״ק א)
« ומה שהמנהג ליתן ספר ביד הנשבע הוא רק לאיים עליו ולהזכירו עונש השבועה הכתובה בתורה » (פתחי תשובה יו״ד רי״ב ס״ק א)

6. Le tableau des quatre situations

Ce qu’il a faitLe vœu prend-il ?Dissolution ?Où c’est dit
Il montre le rouleau posé et dit « comme ceci »Non — son esprit est au parcheminNon s’il est ת״ח ; oui s’il est ע״השו״ע יו״ד רי״ב:א · ש״ך ס״ק א
Il dit « par ce qui est écrit dedans »OuiOui — c’est un vrai vœuשו״ע יו״ד רי״ב:א · ש״ך ס״ק ג
Il tient le rouleau en main et voue par luiOui — comme s’il avait nommé le contenuOuiשו״ע יו״ד רי״ב:א
Il jure par la TorahLe serment lie — l’argument du parchemin ne le sauve pasOui, en toute hypothèseשו״ע יו״ד רי״ב:א · ב״י · ט״ז ס״ק ב

7. Cas pratiques

Cas 1 — un engagement pris la main sur le livre

Quelqu’un pose la main sur un Séfer Torah et s’engage à ne plus faire telle chose. Le seif enseigne que la main vaut la mention du contenu ; et le Taz, au ס״ק ב, en tire précisément que celui qui tient le rouleau « est comme celui qui le tient en main dont il est parlé ici ». Un Rav à consulter.

Cas 2 — « j’ai juré sans y penser »

La parenthèse du seif ne laisse pas d’échappatoire : pour le serment, il faut une dissolution en toute hypothèse. Le Beit Yossef écrit même que ceux qui se réfugient dans la braita « profanent le Nom ». On ne s’en tire pas seul.

Cas 3 — un serment devant un tribunal

Le Taz, au ס״ק ב, écrit que celui qui doit prêter serment ne doit pas se le voir administrer sous la formule « je jure par le Séfer Torah », sauf s’il pose la main dessus. C’est une règle qui concerne les juges, pas seulement le jureur.

Cas 4 — un rouleau invalide

Le Pit’hei Techouva rapporte la question au nom du Har HaCarmel : si l’on fait jurer sur un Séfer Torah auquel il manque un mot, une lettre ou un feuillet, cela reste-t-il un serment sur un Séfer Torah ? Il conclut que oui — et qu’il est de toute façon interdit de le rendre défectueux exprès.

Cas 5 — « je ne suis pas un עם הארץ »

Le Chakh tranche la question au ס״ק ב et son mot est bref : aujourd’hui, tout le monde est jugé comme un עם הארץ. Le Baer Hetev le répète au ס״ק ב en le nommant. La distinction du seif n’a donc plus d’emploi pratique — il faut la dissolution.

8. Questions de compréhension

  1. Pourquoi le vœu « par la Torah » ne prend-il pas ? Donne la raison, et non seulement la règle.
  2. Le seif et le Chakh, au ס״ק ג, ne donnent pas la même raison à l’interdit de במה שכתוב בה. Quelles sont-elles, et qui les porte ?
  3. Le Chakh tire deux conséquences de la raison du Raavad et du Ran. Quelles sont-elles ?
  4. Pourquoi l’עם הארץ a-t-il besoin d’une dissolution alors qu’il n’a rien voué ?
  5. Que reste-t-il, aujourd’hui, de la différence entre le ת״ח et l’עם הארץ ? Cite l’entrée qui le dit.
  6. Pourquoi le serment ne bénéficie-t-il pas de l’argument du parchemin ?
  7. Le Taz, au ס״ק ב, adresse une instruction aux juges. Laquelle, et pour quelle crainte ?
  8. Que répond le Pit’hei Techouva à la question du Séfer Torah défectueux ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
Les sources de ce niveau sont consultables sur Sefaria :
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