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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman 216 — “ces fruits-ci” : ce que le mot employé emporte avec lui

Douze seifim : le démonstratif, le possessif, et la limite du goût
יורה דעה · סימן רט״ז
חילוק בין האומר פירות אלו או לא אמר אלו
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Première approche du Siman 216, douze seifim — le plus long du bloc des נדרים sur la portée des mots. La question de fond est posée par le Tour dès la première ligne : כל הנדרים הולכין אחר הלשון, tous les vœux se suivent d’après la langue. Ce siman en traite la première branche, la לשון תורה : ce que le mot fait entendre par lui-même. Trois blocs le composent — des fruits et ce qui en vient ; des biens, où le démonstratif et le possessif s’affrontent ; le goût, le mélange et le nom. Ce sont des règles למעשה : tout cas réel se pose à un Rav.

Sujet : Ce que le mot employé emporte avec lui
Source : שולחן ערוך יורה דעה סימן רט״ז (י״ב סעיפים)

Compilation : הרב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

📑 Plan de l’étude

1. De quoi parle ce siman ?
2. Les seifim, l’un après l’autre, clause par clause
3. Les concepts-clés
4. D’où viennent ces seifim : la michna, la guemara, le Rambam, le Tour, le Beit Yossef
5. L’appareil du siman, cité entrée par entrée
6. Le tableau des seifim
7. Cas pratiques
8. Questions de compréhension

1. De quoi parle ce siman ?

Le Tour ouvre ce siman par la règle qui le commande tout entier : tous les vœux se suivent d’après la langue. Si c’est la langue de la Torah, d’après ce que le mot fait entendre ; si c’est la langue des hommes, d’après la façon dont on parle en ce lieu-là et en ce temps-là, et d’après l’intention de celui qui voue. Le Choulhan Aroukh prend ici la première moitié de cette règle, et lui consacre douze seifim ; la seconde moitié est le siman suivant.

La question est donc toujours la même, seif après seif : jusqu’où va le mot employé ? Et la réponse se joue à chaque fois sur un tout petit nombre de leviers. Un démonstratif — « ces fruits-ci », « cette maison-ci » — traite la chose comme une consécration, et l’interdit passe à ce qui en vient. Un possessif — « ta maison », « mon pain » — décrit une relation, et suit la propriété. Un verbe — « ce que je mangerai », « ce que je goûterai » — borne l’interdit à l’acte qu’il nomme. Un nom d’espèce — « les olives », « la viande » — ne désigne rien et n’emporte rien.

Le reste est affaire de physique et de logique : ce qui subsiste matériellement transmet l’interdit d’un degré de plus, ce qui a disparu ne le transmet pas ; et ce qui peut être rendu permis ne se dilue jamais dans une majorité de son espèce.

Le siman en trois blocs. Seifim 1 à 3 : des fruits, et ce qui en vient — échanges, pousses, liquides. Seifim 4 à 8 : des biens, et le combat du démonstratif contre le possessif. Seifim 9 à 12 : le goût, le mélange, et le nom.

2. Les seifim, clause par clause

Voici les douze seifim, chacun d’abord en entier — tel que la source le donne, gloses entre parenthèses, crochets éditoriaux et gloses du Rama compris —, puis décomposé clause par clause.

Seif 1 — “ces fruits-ci” : le vœu suit l’objet dans ses métamorphoses

Le siman ouvre sur le cas décisif : un homme a désigné des fruits précis. Le Tour, en tête du siman, en donne la raison générale — tout vœu se suit selon la langue, et quand cette langue est celle de la Torah, selon ce que le mot fait entendre. Ici, désigner « ces fruits-ci » les traite comme une consécration : l’interdit passe à ce qu’on obtient en les échangeant et à ce qui pousse d’eux.

חילוק בין האומר פירות אלו או לא אמר אלו ודין הנודר מהמבושל (וכיצד הולכין בנדרים אחר לשון תורה). ובו י״ב סעיפים:
קונם פירות האלו עלי אסור בחילופיהם ובגידוליהם ואין צריך לומר במשקין היוצאין מהן וכן אסור בגידולי גידוליהן אבל חילופי חילופיהן מותרים ואם הוא דבר שזרעו כלה גידולי גידוליו מותרים וכן הדין אם לא אמר האלו אלא היו לפניו ואמר קונם הם עלי: הגה וכן אם אמר פירות פלוני או מקום פלוני הם קונם עלי הוי כאילו אמר פירות אלו. (ב״י בשם הר״ן):
« קונם פירות האלו עלי אסור בחילופיהם ובגידוליהם » (שו״ע יו״ד רט״ז:א)
קונם — ces fruits-ci me sont [interdits] : il est interdit dans leurs échanges et dans leurs pousses
Deux extensions d’un coup, et elles ne vont pas de soi : ce qu’un tiers a donné en échange de ces fruits, et ce qui a poussé d’eux. Le Chakh précisera au ס״ק א que l’extension aux échanges ne vaut, pour le Roch, que pour celui qui a échangé lui-même.
« ואין צריך לומר במשקין היוצאין מהן » (שו״ע יו״ד רט״ז:א)
et il va sans dire, dans les liquides qui en sortent
Le jus est plus proche du fruit que sa pousse : s’il est interdit dans la pousse, à plus forte raison dans le liquide. Le seif 12 montrera que ce raisonnement ne vaut pas pour toute formule.
« וכן אסור בגידולי גידוליהן » (שו״ע יו״ד רט״ז:א)
et de même il est interdit dans les pousses de leurs pousses
Clause contestée. Le Chakh, au ס״ק ב, note que le Ba’h la restreignait au seif 2 seulement, et la défend ici contre lui ; le Taz, au ס״ק ג, la tire d’un קל וחומר.
« אבל חילופי חילופיהן מותרים » (שו״ע יו״ד רט״ז:א)
mais les échanges de leurs échanges sont permis
La borne. Le Taz, au ס״ק ב, s’étonne que le Beit Yossef n’ait pas vu le Roch qui, dans ses pisqei, interdit même les échanges des échanges ; les Nekoudot HaKessef répondent que c’est une faute de copiste, la michna ne portant pas cela.
« ואם הוא דבר שזרעו כלה גידולי גידוליו מותרים » (שו״ע יו״ד רט״ז:א)
et si c’est une chose dont la semence disparaît, les pousses de ses pousses sont permises
Le critère physique du siman, et il est d’une grande netteté : le blé semé disparaît dans la terre, l’oignon planté s’y retrouve. Ce qui subsiste matériellement reste porteur de l’interdit ; ce qui a disparu ne le transmet plus au second degré.
« וכן הדין אם לא אמר האלו אלא היו לפניו ואמר קונם הם עלי » (שו״ע יו״ד רט״ז:א)
et tel est le droit s’il n’a pas dit « ceux-ci », mais qu’ils étaient devant lui et qu’il a dit : קונם, ils me sont [interdits]
Ce n’est donc pas le mot אלו qui compte, c’est la désignation. Le Taz, au ס״ק א, en tire une observation fine sur la différence entre les deux membres du seif : dire « ceux-ci » suppose qu’il les voit, mais non qu’ils soient posés devant lui.
« הגה וכן אם אמר פירות פלוני או מקום פלוני הם קונם עלי הוי כאילו אמר פירות אלו » (רמ״א יו״ד רט״ז:א)
Glose : et de même s’il a dit : les fruits d’untel, ou d’un tel endroit, me sont קונם — c’est comme s’il avait dit « ces fruits-ci »
Troisième façon de désigner : par le propriétaire ou par le lieu. Le Chakh, au ס״ק ד, pose aussitôt la limite décisive — dire « les figues me sont קונם », c’est nommer une espèce et non désigner : là, rien ne passe aux échanges ni aux pousses.
« ב״י בשם הר״ן » (רמ״א יו״ד רט״ז:א)
(Beit Yossef au nom du Ran)
La parenthèse de source, recopiée telle quelle. Le Ran est la voix dominante de ce siman : c’est de lui que viennent l’extension aux échanges, la limite de l’espèce, et la règle du dernier terme employé.
Le seif 1 en un mot. Désigner, c’est consacrer. Des fruits désignés — par « ceux-ci », par leur présence, par leur propriétaire ou par leur lieu — emportent avec eux leurs échanges, leurs pousses, leurs jus et, quand la semence subsiste, les pousses de leurs pousses. Ce qui ne suit pas : les échanges des échanges.

Seif 2 — “ce que j’en mangerai” : le verbe qui rétrécit le vœu

Même objet, autre formule — et tout change. Celui qui dit « ce que je mangerai d’eux » n’a pas consacré les fruits : il a interdit un acte portant sur eux. Or manger l’échange de ces fruits, ce n’est pas les manger. Ce qui rattrape l’interdit, ce n’est plus la désignation mais la persistance matérielle.

אמר קונם מה שאני אוכל או טועם מהם אם הוא דבר שזרעו כלה כגון חטים וכיוצא בהם מותר בחילופיהם ובגידוליהם ואם הוא דבר שאין זרעו כלה כשזורעין אותו כגון שום ובצלים אפי׳ גידולי גידולין אסורים וכן משקים היוצאים מהם אסורים וכן אם אמר קונם פירות האלו על פלוני אסור בחילופיהם ובגידוליהם:
« אמר קונם מה שאני אוכל או טועם מהם אם הוא דבר שזרעו כלה כגון חטים וכיוצא בהם מותר בחילופיהם ובגידוליהם » (שו״ע יו״ד רט״ז:ב)
Il a dit : קונם, ce que je mange ou goûte d’eux — si c’est une chose dont la semence disparaît, comme le blé et ce qui lui ressemble, il est permis dans leurs échanges et dans leurs pousses
Le Taz donne la raison au ס״ק ה, et elle est d’une simplicité désarmante : en mangeant l’échange ou la pousse, il ne goûte pas ces fruits-là, et c’est cela seul qu’il a interdit.
« ואם הוא דבר שאין זרעו כלה כשזורעין אותו כגון שום ובצלים אפי׳ גידולי גידולין אסורים » (שו״ע יו״ד רט״ז:ב)
et si c’est une chose dont la semence ne disparaît pas quand on la sème, comme l’ail et les oignons, même les pousses des pousses sont interdites
Parce que l’oignon d’origine est toujours là, matériellement : en mangeant la pousse, il mange bien de lui. Le Taz, au ס״ק ו, écarte l’objection qu’on pourrait tirer de l’annulation dans la majorité : c’est un דבר שיש לו מתירין, qui ne s’annule pas.
« וכן משקים היוצאים מהם אסורים » (שו״ע יו״ד רט״ז:ב)
et de même les liquides qui en sortent sont interdits
⚠️ Le Rambam, sur ce point précis, laisse la question en suspens : ובין כך ובין כך משקין היוצאין מהן ספק, d’où il ne reçoit pas de flagellation. Le Choulhan Aroukh tranche à l’interdit.
« וכן אם אמר קונם פירות האלו על פלוני אסור בחילופיהם ובגידוליהם » (שו״ע יו״ד רט״ז:ב)
et de même s’il a dit : קונם, ces fruits-ci sont [interdits] à untel — il est interdit dans leurs échanges et dans leurs pousses
Retour à la formule de désignation, mais dirigée vers un tiers. Le Taz explique au ס״ק ז que c’est une question laissée irrésolue par la guemara, tranchée ici à la rigueur ; le Pit’hei Techouva, au ס״ק א, rapporte que Rabbi Akiva Eiger fils y objecte, le motif du דבר שיש לו מתירין ne valant plus quand le tiers n’a pas le pouvoir de délier.
Le seif 2 en un mot. « Ce que je mangerai d’eux » n’interdit que ces fruits-là. Les échanges et les pousses redeviennent permis — sauf si la semence subsiste, car alors la pousse contient encore l’objet interdit. Le jus, lui, reste interdit dans les deux cas.

Seif 3 — le travail de l’épouse : les deux formules appliquées à un cas

Le seif prend les deux formules des seifim 1 et 2 et les applique au même objet — le produit du travail de l’épouse. Le Ran explique, selon le Taz au ס״ק ח, ce que chacune des deux moitiés apprend de plus : la première, qu’un objet peut être désigné sans être montré ; la seconde, que le verbe l’emporte même sur une désignation.

אמר לאשתו קונם מעשה ידיך עלי אסור בחילופיהם ובגידוליהם. אמר קונם שאני אוכל או שאני טועם ממעשה ידיך מותר בחילופיהן ובגידוליהן בדבר שזרעו כלה אבל בדבר שאין זרעו כלה אפי׳ גידולי גידולין אסורין:
« אמר לאשתו קונם מעשה ידיך עלי אסור בחילופיהם » (שו״ע יו״ד רט״ז:ג)
Il a dit à sa femme : קונם, l’ouvrage de tes mains m’est [interdit] — il est interdit dans leurs échanges
Le Chakh, au ס״ק ח, prévient l’objection du דבר שאין בו ממש : « l’ouvrage de tes mains » désigne soit les mains elles-mêmes quant à leur ouvrage, soit le produit une fois fait — dans les deux cas une chose ayant substance.
« ובגידוליהם. אמר קונם שאני אוכל או שאני טועם ממעשה ידיך מותר בחילופיהן ובגידוליהן בדבר שזרעו כלה » (שו״ע יו״ד רט״ז:ג)
et dans leurs pousses. S’il a dit : קונם, ce que je mange ou ce que je goûte de l’ouvrage de tes mains — il est permis dans leurs échanges et dans leurs pousses, pour une chose dont la semence disparaît
Le Taz, au ס״ק ח, voit ici une difficulté réelle : la formule contient deux langages contradictoires — « de l’ouvrage de tes mains » désigne, « ce que je mange » restreint. Pourquoi ne pas aller à la rigueur, comme au seif 6 ? Sa réponse : ici les deux ne se contredisent pas, ils se complètent.
« אבל בדבר שאין זרעו כלה אפי׳ גידולי גידולין אסורין » (שו״ע יו״ד רט״ז:ג)
mais pour une chose dont la semence ne disparaît pas, même les pousses des pousses sont interdites
Le même critère qu’au seif 2, appliqué ici. Et le Chakh rapporte au nom de Rabbenou Yona une limite d’un tout autre ordre : l’interdit ne porte que sur la part qui correspond au travail de l’épouse, non sur la matière première qui était au mari.
Le seif 3 en un mot. Le même objet, deux formules, deux régimes — et l’enseignement supplémentaire est que la désignation n’exige pas la présence : nommer l’ouvrage d’une personne déterminée suffit à désigner.

Seif 4 — “ta maison” : le possessif suit la propriété

Nouveau bloc, même question. On passe des fruits aux biens immeubles, et le mot examiné n’est plus le démonstratif mais le possessif. « Ta maison » : tant qu’elle est à toi. Qu’elle sorte de ta propriété, et le mot ne désigne plus rien.

אמר לחבירו קונם לביתך שאני נכנס שדך שאני לוקח מת או שמכרן או נתנן לאחר מותר אבל כל שהוא ברשותו אסור אפילו מכרו ואחר כך קנאו או שנפל ובנאו ואפילו לא בנאו במקומו הראשון: הגה אמר לו קונם בית אביך שאיני נכנס בו אע״פ שמת האב אסור דכל יוצאי חלציו קרויין בית אב (מרדכי ספ״ק דגיטין ובא״ע סי׳ קמ״ו ועס״ק י״ב):
« אמר לחבירו קונם לביתך שאני נכנס שדך שאני לוקח » (שו״ע יו״ד רט״ז:ד)
Il a dit à son compagnon : קונם, ta maison où j’entre, ton champ où je prends
La formule vise la maison d’autrui, et par un possessif. C’est le pivot de tout le bloc des seifim 4 à 8.
« מת או שמכרן או נתנן לאחר מותר » (שו״ע יו״ד רט״ז:ד)
s’il est mort, ou s’il les a vendus, ou donnés à un autre — c’est permis
Le Chakh en donne la raison au ס״ק י en trois mots : שהרי עתה אינו ביתו. Mais il restreint au ס״ק ט — vendu à un autre, oui ; vendu au vouant lui-même, non, car il jouit encore de cette maison par la force de celui qui la lui a vendue.
« אבל כל שהוא ברשותו אסור » (שו״ע יו״ד רט״ז:ד)
mais tant qu’elle est en sa propriété, c’est interdit
La formule tient exactement le temps que dure la propriété. Ce n’est pas une clause mineure : c’est la définition même du possessif comme terme de vœu.
« אפילו מכרו ואחר כך קנאו או שנפל ובנאו » (שו״ע יו״ד רט״ז:ד)
même s’il l’a vendue puis rachetée, ou qu’elle soit tombée et qu’il l’ait rebâtie
Le possessif ne vise pas cette maison-là mais « la maison qui est à lui » — et elle l’est redevenue. Le Chakh, au ס״ק י״א, pose la borne : acheter une maison tout à fait autre est permis, car son intention ne portait que sur la maison qu’il avait alors.
« ואפילו לא בנאו במקומו הראשון » (שו״ע יו״ד רט״ז:ד)
et même s’il ne l’a pas rebâtie à son emplacement premier
Preuve que le lien n’est pas physique mais juridique : ce n’est ni le lieu ni les pierres qui sont visés, c’est la propriété. Contraste exact avec le seif 5, où le démonstratif produit l’inverse.
« הגה אמר לו קונם בית אביך שאיני נכנס בו אע״פ שמת האב אסור דכל יוצאי חלציו קרויין בית אב » (רמ״א יו״ד רט״ז:ד)
Glose : s’il lui a dit : קונם, la maison de ton père où j’entre — quoique le père soit mort, c’est interdit, car tous ses descendants sont appelés « maison du père »
Le Chakh, au ס״ק י״ב, en tire la conséquence nette : s’il l’a vendue, c’est permis — mais il reste interdit d’aller chez les descendants. Puis il ajoute une réserve contre le Rama lui-même, l’expression « entrer dans » convenant mal à des personnes.
« מרדכי ספ״ק דגיטין ובא״ע סי׳ קמ״ו ועס״ק י״ב » (רמ״א יו״ד רט״ז:ד)
(Mordekhaï, fin du premier chapitre de Guittin, et Even HaEzer siman 146, et voir le ס״ק י״ב)
La parenthèse renvoie elle-même au ס״ק י״ב du Chakh — cas rare où la source imprimée oriente le lecteur vers la contestation de ce qu’elle vient de poser.
Le seif 4 en un mot. Un possessif est une description, non une désignation : il suit la propriété, monte et descend avec elle. Vendue, la maison sort du vœu ; rachetée, elle y rentre ; rebâtie ailleurs, elle y est encore.

Seif 5 — “cette maison-ci” : le démonstratif suit les pierres

Le contraire terme à terme du seif 4, et c’est ce qui en fait la démonstration. Le démonstratif ne décrit pas une relation : il montre un objet. Tant que cet objet existe, le vœu tient, quel que soit son propriétaire ; qu’il cesse d’exister, et le vœu tombe avec lui.

אמר קונם לבית זה שאני נכנס בו אסור בו לעולם בין שמת או מכרו או נתנו לאחרים ואם נפל ובנאו אפילו במקומו ובמדתו הראשונה מותר:
« אמר קונם לבית זה שאני נכנס בו אסור בו לעולם בין שמת או מכרו או נתנו לאחרים » (שו״ע יו״ד רט״ז:ה)
Il a dit : קונם, cette maison-ci où j’entre — il lui est interdit à jamais, qu’il soit mort, ou qu’il l’ait vendue ou donnée à d’autres
Le Chakh, au ס״ק י״ג, cite une responsa du Maharil qui en tire la conséquence la plus dure : même un fils qui s’est ainsi interdit les biens de son père reste interdit après la mort du père, מדקאמר זה — parce qu’il a dit « ceci ».
« ואם נפל ובנאו אפילו במקומו ובמדתו הראשונה מותר » (שו״ע יו״ד רט״ז:ה)
et si elle est tombée et qu’il l’ait rebâtie — même à son emplacement et à ses dimensions premières — c’est permis
Le renversement exact du seif 4, et il est spectaculaire : là, la reconstruction maintenait l’interdit ; ici, elle le lève. Le Chakh consacre au ס״ק י״ד une longue défense du Beit Yossef contre le Ba’h sur ce point, en tirant une preuve du Yerouchalmi et du droit des baux.
Le seif 5 en un mot. « Ceci » montre une chose. La chose détruite, il n’y a plus rien à montrer — quand bien même on rebâtirait à l’identique. À l’inverse, le changement de propriétaire ne lui fait rien.

Seif 6 — “cette maison à toi” : deux mots qui se contredisent

Et si l’on emploie les deux à la fois ? « Ta maison, celle-ci » contient un possessif, qui suivrait la propriété, et un démonstratif, qui suivrait les pierres. Les deux donnent des résultats opposés dans les deux cas de figure — et le siman rapporte trois positions.

אמר קונם לביתך זה שאני נכנס אסור בו לעולם בין שמת או מכרו או נתנו לאחר בין שנפל ובנאו ויש מי שמתיר במת או מכרו או נתנו ואוסר בנפל ובנאו ויש מי שאוסר בזו ומתיר בזו:
« אמר קונם לביתך זה שאני נכנס אסור בו לעולם בין שמת או מכרו או נתנו לאחר בין שנפל ובנאו » (שו״ע יו״ד רט״ז:ו)
Il a dit : קונם, cette maison-ci à toi où j’entre — il lui est interdit à jamais, qu’il soit mort, ou qu’il l’ait vendue ou donnée à un autre, ou qu’elle soit tombée et qu’il l’ait rebâtie
La première position : à la rigueur des deux côtés. Le Chakh, au ס״ק ט״ו, en donne la raison en une ligne — דמספקא לן אי תפיס לשון ראשון או לשון אחרון, on ne sait lequel des deux termes l’emporte, donc on retient les deux rigueurs.
« ויש מי שמתיר במת או מכרו או נתנו ואוסר בנפל ובנאו » (שו״ע יו״ד רט״ז:ו)
et il en est un qui permet dans le cas où il est mort, l’a vendue ou donnée, et interdit dans le cas où elle est tombée et qu’il l’a rebâtie
La deuxième position, et le Chakh la ramasse au ס״ק ט״ז en quatre mots : דלביתך לשון ראשון דייקא ולא זה — c’est le premier terme qui fait foi.
« ויש מי שאוסר בזו ומתיר בזו » (שו״ע יו״ד רט״ז:ו)
et il en est un qui interdit dans ce cas-ci et permet dans celui-là
La troisième position, symétrique de la deuxième : דזה דייקא ולא ביתך, le dernier terme fait foi. Le Taz, au ס״ק ט, présente les trois voix d’un seul mouvement.
Le seif 6 en un mot. Quand deux termes de désignation se contredisent, on ne choisit pas : le Choulhan Aroukh retient d’abord la rigueur des deux, puis rapporte les deux avis qui choisissent, l’un le premier terme, l’autre le dernier.

Seif 7 — celui qui interdit ce qui est à lui, et la glose du Rama sur trois responsa

Le seif le plus long du siman, et il comporte trois matières. D’abord le renversement du seif 4 : quand c’est le propriétaire qui interdit sa maison à autrui, le démonstratif ne suit plus la propriété. Puis l’héritage du fils. Puis la glose du Rama, qui rapporte trois responsa du Rachba, toutes trois sur la portée d’un mot.

אמר ראובן לשמעון קונם בית זה שאתה נכנס ומת או שמכרו לאחר אסור שהאוסר דבר שהוא שלו על חבירו אע״פ שיצא מרשותו הרי הוא באיסורו עומד אבל אם אמר לו קונם לביתי שאתה נכנס אם מת או מכרו או נתנו לאחר מותר האומר לבנו הרי אתה אסור בהנייתי או שנשבע שלא יהנה בו אם מת יירשנו שזה כאומר נכסי עליך אסורין אבל אם אסר עליו הנייתו ופירש בין בחייו בין במותו אם מת לא יירשנו שזה כאומר נכסי אלו עליך אסורים (וע״ל סימן רכ״ג) : הגה קהל שנדרו כל מה שיגבו יהיה לצורך בנין בית הכנסת ובנין בית המדרש יתנו מחצה לזה ומחצה לזה אע״פ שלא גבו להספיק א׳ מהם (ב״י ס״ס רכ״ח בשם תשו׳ הרשב״א) מי שהשביע את בנו או חבירו שלא ילוה מעותיו לאחרים אם לא ברשות ראובן ושמעון ומת אחד מהם מותר להלוות ברשות הא׳ דכל מקום שנאמר פלוני ופלוני משמע אפי׳ א׳ מהם עד שיפרוט לך שניהם ביחד (ב״י סי׳ רכ״ח דף ע״ב ע״ד בשם תשובת הרשב״א) מי שנשבע לאשה המשודכת לו שלא ישא אשה עליה וקודם שכנסה נפלה לו יבמה מותר ליבמה דלשון עליה אינה במשמע אלא אם נשאה תחילה ולא יכנוס המשודכת אלא א״כ יתירו לו שבועתו (שם סוף דף רע״ג בשם תשובת רשב״א והיא בסימן תתי״ב):
« אמר ראובן לשמעון קונם בית זה שאתה נכנס ומת או שמכרו לאחר אסור » (שו״ע יו״ד רט״ז:ז)
Reouven a dit à Chimon : קונם, cette maison-ci où tu entres — et il est mort, ou l’a vendue à un autre : c’est interdit
Renversement par rapport au seif 4. Là, c’est celui qui entre qui vouait ; ici, c’est le propriétaire qui interdit sa propre chose. Le Chakh précise au ס״ק י״ח que « même s’il n’a pas dit “de mon vivant et après ma mort” » l’interdit vaut, mais que la maison tombée et rebâtie est permise comme au seif 5.
« שהאוסר דבר שהוא שלו על חבירו אע״פ שיצא מרשותו הרי הוא באיסורו עומד » (שו״ע יו״ד רט״ז:ז)
car celui qui rend interdite à son compagnon une chose qui est à lui — quand bien même elle serait sortie de sa propriété, elle demeure dans son interdit
Le principe, énoncé en toutes lettres. Le Chakh y ajoute au ס״ק י״ט, au nom du Ba’h, une condition de départ : il faut que l’interdit commence pendant qu’elle est encore en sa propriété ; dire « קונם à partir du moment où elle sortira de ma propriété » ne produit rien.
« אבל אם אמר לו קונם לביתי שאתה נכנס אם מת או מכרו או נתנו לאחר מותר » (שו״ע יו״ד רט״ז:ז)
mais s’il lui a dit : קונם, ma maison où tu entres — s’il est mort, ou l’a vendue ou donnée à un autre, c’est permis
Le possessif à la première personne se comporte comme celui de la deuxième au seif 4 : il suit la propriété. Le Chakh, au ס״ק כ, ajoute la contrepartie — tombée et rebâtie, elle redevient interdite, « puisqu’il a dit ma maison, et c’est encore sa maison ».
« האומר לבנו הרי אתה אסור בהנייתי או שנשבע שלא יהנה בו אם מת יירשנו שזה כאומר נכסי עליך אסורין » (שו״ע יו״ד רט״ז:ז)
Celui qui dit à son fils : te voici interdit de tirer profit de moi — ou qui a juré qu’il n’en profiterait pas — s’il meurt, [le fils] en hérite, car c’est comme s’il disait : mes biens te sont interdits
Application du même principe à l’héritage, et elle vient tout droit de la guemara (Nedarim 47a). נכסי est un possessif : il cesse avec la propriété, donc avec la mort.
« אבל אם אסר עליו הנייתו ופירש בין בחייו בין במותו אם מת לא יירשנו שזה כאומר נכסי אלו עליך אסורים » (שו״ע יו״ד רט״ז:ז)
mais s’il lui a interdit son profit et a précisé « de mon vivant comme après ma mort » — s’il meurt, il n’en hérite pas, car c’est comme s’il disait : ces biens-ci te sont interdits
La précision convertit le possessif en démonstratif. C’est exactement le point que le Taz discute longuement au ס״ק י, en montrant que le Tour exige cette précision pour la mort mais non pour la vente.
« וע״ל סימן רכ״ג » (שו״ע יו״ד רט״ז:ז)
(et voir plus loin siman 223)
Renvoi imprimé dans le texte du Choulhan Aroukh, en petits caractères, recopié tel quel.
« הגה קהל שנדרו כל מה שיגבו יהיה לצורך בנין בית הכנסת ובנין בית המדרש יתנו מחצה לזה ומחצה לזה אע״פ שלא גבו להספיק א׳ מהם » (רמ״א יו״ד רט״ז:ז)
Glose : une communauté qui a voué que tout ce qu’elle collecterait irait à la construction d’une synagogue et à celle d’une maison d’étude — on en donne la moitié à l’une et la moitié à l’autre, même si l’on n’a pas collecté de quoi suffire à l’une d’elles
Première des trois responsa. La question est la portée du « et » : deux destinations nommées ensemble se partagent à parts égales, même si le partage rend chaque part insuffisante. Le Chakh renvoie au ס״ק כ״א vers le siman 228, seif 49.
« מי שהשביע את בנו או חבירו שלא ילוה מעותיו לאחרים אם לא ברשות ראובן ושמעון ומת אחד מהם מותר להלוות ברשות הא׳ דכל מקום שנאמר פלוני ופלוני משמע אפי׳ א׳ מהם עד שיפרוט לך שניהם ביחד » (רמ״א יו״ד רט״ז:ז)
Celui qui a fait jurer son fils ou son compagnon de ne pas prêter son argent à autrui sans l’autorisation de Reouven et de Chimon, et que l’un des deux meurt : il est permis de prêter avec l’autorisation de l’un — car partout où il est dit « untel et untel », cela s’entend même de l’un d’eux, jusqu’à ce qu’on te précise « tous deux ensemble »
Deuxième responsa, et c’est une règle de lecture générale. Le Chakh, au ס״ק כ״ב, précise qu’elle ne dépend pas de la mort — un seul suffit même si les deux vivent — puis rapporte la Mahari Mizrahi, pour qui ce raisonnement ne s’applique pas aux vœux, où l’on suit לשון בני אדם.
« מי שנשבע לאשה המשודכת לו שלא ישא אשה עליה וקודם שכנסה נפלה לו יבמה מותר ליבמה דלשון עליה אינה במשמע אלא אם נשאה תחילה » (רמ״א יו״ד רט״ז:ז)
Celui qui a juré à la femme qui lui est fiancée de ne pas épouser une femme par-dessus elle, et à qui, avant de l’avoir épousée, échoit une yevama : il lui est permis de l’épouser par lévirat, car l’expression « par-dessus elle » ne s’entend que s’il l’a épousée en premier
Troisième responsa, et la plus serrée : toute la décision tient à la préposition עליה, qui suppose une antériorité.
« ולא יכנוס המשודכת אלא א״כ יתירו לו שבועתו » (רמ״א יו״ד רט״ז:ז)
et il n’épousera pas la fiancée, à moins qu’on ne lui délie son serment
Clause très contestée. Le Chakh, au ס״ק כ״ג, rapporte que le Beit Yossef l’a lui-même marquée צ״ע, et qu’au Bedek HaBayit il a corrigé le texte en « et il n’épousera pas une autre par-dessus elle » — d’où il conclut דברי הרב צ״ע.
Le seif 7 en un mot. Quand c’est le propriétaire qui interdit, le démonstratif survit à la vente et à la mort, le possessif non. Et la glose du Rama montre que la même question — que désigne ce mot ? — gouverne aussi bien la caisse d’une communauté qu’une clause de mariage.

Seif 8 — “mon pain” : le possessif, encore, et sur un objet mobile

Le siman referme le bloc du possessif par un cas où la conclusion surprend. Reouven a interdit son pain à Chimon. Le pain passe à Chimon par don ou par vente : interdit — car il était « à Reouven » au moment du vœu. Mais s’il y parvient par une chaîne où Reouven a d’abord cessé d’en être propriétaire : permis.

אמר לחבירו ככרי זו אסורה עליך אפי׳ נתנה לו במתנה או מכרה לו אסורה לו מת ונפלו לו בירושה או שנתנה לאחר והוא נתנה לו מותרת לו שלא אמר אלא ככרי ועתה אינו שלו:
« אמר לחבירו ככרי זו אסורה עליך אפי׳ נתנה לו במתנה או מכרה לו אסורה לו » (שו״ע יו״ד רט״ז:ח)
Il a dit à son compagnon : mon pain que voici t’est interdit — même s’il le lui a donné en cadeau, ou le lui a vendu, il lui est interdit
Le Taz, au ס״ק י״ב, relève un point de texte : le Beit Yossef a trouvé dans son Tour la leçon ככרי זו, mais les Tourim anciens portent seulement ככרי, sans le démonstratif — et c’est cela l’essentiel, sans quoi le cas serait celui du seif 7.
« מת ונפלו לו בירושה או שנתנה לאחר והוא נתנה לו מותרת לו שלא אמר אלא ככרי ועתה אינו שלו » (שו״ע יו״ד רט״ז:ח)
s’il est mort et qu’il lui soit échu par héritage, ou qu’il l’ait donné à un autre et que celui-ci le lui donne — il lui est permis, car il n’a dit que « mon pain », et maintenant il n’est plus à lui
La raison est donnée en toutes lettres : שלא אמר אלא ככרי. Le Chakh, au ס״ק כ״ד, s’en étonne pourtant — n’aurait-on pas dû craindre le doute du seif 6 ? — et conclut par וצ״ע. Le Taz répond par la leçon des Tourim anciens.
Le seif 8 en un mot. « Mon pain » désigne par la propriété. Ce qui vient de sa main reste interdit ; ce qui lui parvient après que la propriété a cessé ne l’est plus. Le Chakh laisse la question ouverte, le Taz la referme par une leçon de texte.

Seif 9 — la viande et le vin dans un plat : le goût n’est pas la chose

Troisième bloc du siman, et le plus pratique. Ce qu’on interdit par un mot vaut-il pour ce qui n’en a que le goût ? La réponse dépend une fois encore de la formule, et la ligne de partage est la même que depuis le seif 1 : formule générale contre formule désignante ou verbale.

אמר קונם בשר ויין עלי מותר בתבשיל שיש בו בשר ויין אע״פ שנותנין בו טעם ואם אמר קונם בשר ויין שאני טועם או שאני אוכל או שאמר קונם בשר או יין זה עלי אסור בתבשיל שיש בו טעם [בשר או] יין:
« אמר קונם בשר ויין עלי מותר בתבשיל שיש בו בשר ויין אע״פ שנותנין בו טעם » (שו״ע יו״ד רט״ז:ט)
Il a dit : קונם, la viande et le vin me sont [interdits] — il est permis dans un plat où il y a de la viande et du vin, quoiqu’ils y donnent du goût
Formule générale : il a nommé une espèce, non désigné un objet. Ce qui n’est pas de la viande n’est pas de la viande, même s’il y en a le goût. Le Chakh, au ס״ק כ״ה, restreint aussitôt : cela vaut par défaut ; si le goût de la viande ou du vin lui est pénible, on suit son intention et le goût est interdit.
« ואם אמר קונם בשר ויין שאני טועם או שאני אוכל או שאמר קונם בשר או יין זה עלי אסור בתבשיל שיש בו טעם [בשר או] יין » (שו״ע יו״ד רט״ז:ט)
et s’il a dit : קונם, la viande et le vin que je goûte, ou que je mange — ou s’il a dit : קונם, cette viande ou ce vin-ci me sont [interdits] — il est interdit dans un plat où il y a du goût [de viande ou] de vin
Deux formules, un même résultat : le verbe « goûter » atteint le goût, et le démonstratif consacre l’objet, dont le goût est encore. Noter les crochets [בשר או] : ce sont des crochets éditoriaux de la source, recopiés tels quels.
Le seif 9 en un mot. Le goût suit le mot. « La viande » nomme une espèce et n’atteint pas le plat ; « cette viande-ci » ou « la viande que je goûte » atteint le goût. Et le Chakh rappelle qu’une intention déclarée peut renverser le défaut.

Seif 10 — une goutte dans un tonneau : דבר שיש לו מתירין

Un seul seif, et il porte une règle qui déborde largement le chapitre des vœux : ce qui peut être rendu permis ne s’annule pas dans une majorité de son espèce. Le vœu est par nature délivrable — donc son interdit ne se dilue jamais.

נתערב יין זה שאסרו על עצמו ביין אחר אפי׳ טפה בחבית נאסר הכל מפני שיש לו להשאיל על נדרו נעשה כדבר שיש לו מתירין שאינו בטל במינו:
« נתערב יין זה שאסרו על עצמו ביין אחר אפי׳ טפה בחבית נאסר הכל » (שו״ע יו״ד רט״ז:י)
Ce vin-ci qu’il s’est interdit s’est mélangé à un autre vin — même une goutte dans un tonneau, le tout devient interdit
La formule est celle de la désignation — יין זה —, ce qui est cohérent avec tout le siman. Le Taz, au ס״ק י״ג, précise la limite : dans du vinaigre, l’annulation joue, car ce n’est plus la même espèce.
« מפני שיש לו להשאיל על נדרו נעשה כדבר שיש לו מתירין שאינו בטל במינו » (שו״ע יו״ד רט״ז:י)
parce qu’il lui est possible de demander la dissolution de son vœu, il devient comme une chose qui a de quoi être rendue permise, laquelle ne s’annule pas dans son espèce
La raison, énoncée en toutes lettres, et elle est la clé du ס״ק ג du Chakh et du ס״ק ו du Taz au début du siman. Le Pit’hei Techouva, au ס״ק ה, renvoie pour cette règle au siman 102.
Le seif 10 en un mot. Ce qui peut être délié ne se dilue pas. Une goutte de ce vin dans un tonneau du même vin interdit le tonneau — mais dans du vinaigre, la règle cesse, l’espèce ayant changé.

Seif 11 — le vin d’untel, et le vin devenu vinaigre

Le seif réunit les deux fils du siman : la désignation par le propriétaire ou le lieu — qui vaut désignation, comme le disait déjà la glose du seif 1 — et la question du moment où le mot est prononcé, qui décide de ce qu’il recouvre.

האוסר על עצמו יינו של פלוני או של מקום פלוני דינו כדין האוסר על עצמו יין זה שאסור בתבשיל שנפל בו ויש בו טעם יין והוא הדין אם אותו יין נעשה חומץ אחר הנדר שהוא אסור עליו אבל מה שהיה חומץ בשעת הנדר מותר (דיין אסר עליו ולא חומץ) (ב״י בשם תשובת הרשב״א):
« האוסר על עצמו יינו של פלוני או של מקום פלוני דינו כדין האוסר על עצמו יין זה שאסור בתבשיל שנפל בו ויש בו טעם יין » (שו״ע יו״ד רט״ז:יא)
Celui qui s’interdit le vin d’untel, ou celui de tel endroit, a le même droit que celui qui s’interdit « ce vin-ci » : il est interdit dans un plat où il en est tombé et où il y a du goût de vin
Confirmation explicite de la glose du Rama au seif 1 : nommer le propriétaire ou le lieu, c’est désigner. La conséquence est celle du seif 9, seconde moitié.
« והוא הדין אם אותו יין נעשה חומץ אחר הנדר שהוא אסור עליו » (שו״ע יו״ד רט״ז:יא)
et il en va de même si ce vin est devenu vinaigre après le vœu : il lui est interdit
Parce que le vœu l’a saisi alors qu’il était encore vin. La transformation ultérieure ne le libère pas — c’est la même logique que la maison rebâtie du seif 4.
« אבל מה שהיה חומץ בשעת הנדר מותר » (שו״ע יו״ד רט״ז:יא)
mais ce qui était déjà vinaigre au moment du vœu est permis
Et la source donne la raison entre parenthèses : il s’est interdit du vin, non du vinaigre. Le mot ne couvre que ce qu’il désignait à l’instant où il a été dit.
« דיין אסר עליו ולא חומץ) (ב״י בשם תשובת הרשב״א » (שו״ע יו״ד רט״ז:יא)
(car c’est du vin qu’il s’est interdit, et non du vinaigre) (Beit Yossef au nom d’une responsa du Rachba)
Deux parenthèses consécutives dans le texte imprimé — la première donne la raison, la seconde la source. Nous les recopions toutes deux.
Le seif 11 en un mot. Le mot saisit ce qu’il désigne au moment où il est dit. Le vin devenu vinaigre reste pris ; le vinaigre qui l’était déjà n’a jamais été visé.

Seif 12 — les olives et les raisins : l’huile n’est pas l’olive

Le siman se clôt sur son cas le plus net, et il vient d’une michna. Celui qui s’interdit « les olives et les raisins » n’a rien dit de l’huile ni du vin : ce sont d’autres choses, portant d’autres noms. Mais qu’il ajoute un verbe ou un démonstratif, et le produit rentre dans l’interdit.

אמר קונם זיתים וענבים עלי מותר בשמן ויין היוצא מהם אפי׳ הוא חדש ואם אמר קונם זיתים וענבים שאני טועם או שאמר קונם זיתים אלו עלי אסור אף במשקים היוצאים מהם ובתבשיל שנותנין בהם טעם:
« אמר קונם זיתים וענבים עלי מותר בשמן ויין היוצא מהם » (שו״ע יו״ד רט״ז:יב)
Il a dit : קונם, les olives et les raisins me sont [interdits] — il est permis dans l’huile et le vin qui en sortent
Contraste frappant avec le seif 1, où le jus était interdit ואין צריך לומר. La différence est dans la formule : là il désignait, ici il nomme une espèce.
« אפי׳ הוא חדש » (שו״ע יו״ד רט״ז:יב)
même s’il est nouveau
Clause obscure, et le Chakh la dénoue au ס״ק כ״ז en cinq mots : שטעמו שוה דאזלינן בתר שמא — même de goût identique, on suit le nom et non le goût.
« ואם אמר קונם זיתים וענבים שאני טועם או שאמר קונם זיתים אלו עלי אסור אף במשקים היוצאים מהם ובתבשיל שנותנין בהם טעם » (שו״ע יו״ד רט״ז:יב)
et s’il a dit : קונם, les olives et les raisins que je goûte — ou s’il a dit : קונם, ces olives-ci me sont [interdites] — il est interdit même dans les liquides qui en sortent et dans un plat auquel ils donnent du goût
Les deux mêmes leviers que dans tout le siman, réunis dans une seule clause : le verbe שאני טועם et le démonstratif אלו. Chacun suffit ; réunis, ils confirment que le siman n’a jamais parlé que d’une chose — la portée du mot employé.
Le seif 12 en un mot. On suit le nom. « Les olives » ne nomment pas l’huile ; « ces olives-ci » ou « les olives que je goûte » atteignent tout ce qui en vient, jusqu’au goût dans un plat.

3. Les concepts-clés de ce siman

לשון תורה — La langue de la Torah — le sens que le mot fait entendre par lui-même. C’est la règle de lecture de ce siman, par opposition à לשון בני אדם, l’usage local, qui est celle du siman suivant.
חילופיהן — Leurs échanges : ce qu’un autre a donné en contrepartie de ces fruits. Le Roch et les Tossefot ne l’interdisent qu’à celui qui a fait l’échange ; le Ran l’interdit en toute hypothèse, parce qu’il traite les fruits comme une consécration.
גידוליהן · גידולי גידולין — Leurs pousses, et les pousses de leurs pousses. Le second degré ne suit que si la semence subsiste matériellement dans la terre.
דבר שזרעו כלה — Une chose dont la semence disparaît en terre — le blé. À l’opposé, אין זרעו כלה : l’ail, l’oignon, qui subsistent. C’est le critère physique qui commande les seifim 1 à 3.
דבר שיש לו מתירין — Une chose qui a de quoi être rendue permise. Un vœu pouvant toujours être délié, son interdit ne s’annule pas dans une majorité de son espèce — seif 10, et c’est aussi la raison des pousses au seif 2.
לשון ראשון · לשון אחרון — Le premier terme, le dernier terme. Quand une formule en contient deux qui se contredisent — « ta maison, celle-ci » —, le siman rapporte trois positions : la rigueur des deux, le premier, le dernier (seif 6).
אזלינן בתר שמא — On suit le nom. Formule du Chakh au ס״ק כ״ז : même quand le goût est identique, c’est le nom de la chose qui décide si le vœu l’atteint.
מעשה ידיך — L’ouvrage des mains de l’épouse. Le Chakh montre au ס״ק ח que l’expression n’est pas un דבר שאין בו ממש, et rapporte au nom de Rabbenou Yona que l’interdit ne porte que sur la part correspondant à son travail.
נותן טעם — Donner du goût. Le siman distingue le plat contenant la chose interdite et le plat qui n’en a que le goût — et la réponse dépend de la formule du vœu (seifim 9, 11, 12).

4. D’où viennent ces seifim

Le Tour — la règle générale, en tête du siman

C’est la phrase à laquelle tout le siman se ramène, et elle explique aussi pourquoi le chapeau imprimé annonce des matières que le siman ne traite pas : le Tour pose la règle entière, dont le Choulhan Aroukh ne développe ici que la première branche.

« כל הנדרים הולכין אחר הלשון אם הוא לשון תורה כפי מה שיצא ממשמעותו ואם לשון בני אדם כפי מה שידברו אנשי המקום ההוא בזמן ההוא ואחר כוונת הנודרים » ((טור יורה דעה רט״ז))
« לשון תורה כיצד אמר קונם פירות האלו עלי אסור בחילופיהם ובגידוליהם » ((טור יורה דעה רט״ז))

La michna et la guemara — נדרים נ״ט ע״א

Les seifim 1 et 2 sont la michna, presque mot pour mot. Et la guemara y attache aussitôt la raison qui gouvernera le seif 10 : le vœu peut être délié, donc son interdit ne s’annule pas.

« קֻוֽנָּם פֵּירוֹת הָאֵלּוּ עָלַי״, ״קֻוֽנָּם הֵן עַל פִּי״, ״קֻוֽנָּם הֵן לְפִי״ — אָסוּר בְּחִילּוּפֵיהֶן וּבְגִידּוּלֵיהֶן. ״שֶׁאֲנִי אוֹכֵל״, וְ״שֶׁאֲנִי טוֹעֵם״ — מוּתָּר בְּחִילּוּפֵיהֶן וּבְגִידּוּלֵיהֶן בְּדָבָר שֶׁזַּרְעוֹ כָּלֶה, אֲבָל בְּדָבָר שֶׁאֵין זַרְעוֹ כָּלֶה — אֲפִילּוּ גִּידּוּלֵי גִידּוּלִין אֲסוּרִין » ((נדרים נ״ט ע״א))
« אָמַר רַבִּי אַבָּא: שָׁאנֵי קוֹנָמוֹת, הוֹאִיל וְאִי בָּעֵי מִתְּשִׁיל עֲלַיְיהוּ — הָווּ לְהוּ כְּדָבָר שֶׁיֵּשׁ לוֹ מַתִּירִין, וְאֵין בָּטֵיל בָּרוֹב » ((נדרים נ״ט ע״א))

La guemara — נדרים מ״ז ע״א : la maison et l’héritage

Le bloc des seifim 4 à 8 vient de cette page. La question d’Avimi y est posée dans les termes mêmes que le siman reprendra, et la réponse de Rava est celle du seif 7 : le cas du père et du fils règle celui de la maison.

« בָּעֵי אֲבִימִי: ״קֻוֽנָּם לְבַיִת זֶה שֶׁאַתָּה נִכְנָס״, מֵת אוֹ שֶׁמְּכָרוֹ לְאַחֵר, מַהוּ? אָדָם אוֹסֵר דָּבָר שֶׁבִּרְשׁוּתוֹ לִכְשֶׁיֵּצֵא מֵרְשׁוּתוֹ, אוֹ לָא » ((נדרים מ״ז ע״א))
« הָאוֹמֵר לִבְנוֹ ״קֻוֽנָּם שֶׁאִי אַתָּה נֶהֱנֶה לִי״, וּמֵת — יִירָשֶׁנּוּ. ״בְּחַיָּיו וּבְמוֹתוֹ״, וּמֵת — לֹא יִירָשֶׁנּוּ » ((נדרים מ״ז ע״א))

Le Rambam — הלכות נדרים, chapitre 5

Le Rambam donne nos trois premiers seifim dans l’ordre, et il faut lire sa formule sur les liquides avec attention : là où le Choulhan Aroukh tranche à l’interdit, le Rambam laisse un doute, et en tire qu’il n’y a pas de flagellation. C’est aussi lui qui donne la raison du דבר שיש לו מתירין.

« הָאוֹמֵר פֵּרוֹת הָאֵלּוּ קָרְבָּן עָלַי אוֹ קָרְבָּן הֵן לְפִי. אוֹ קָרְבָּן הֵן עַל פִּי. הֲרֵי זֶה אָסוּר בְּחִלּוּפֵיהֶן וּבְגִדּוּלֵיהֶם. וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר בַּמַּשְׁקִין הַיּוֹצְאִין מֵהֶן » (רמב״ם הלכות נדרים פרק ה׳ הלכה י״ג)
« וּבֵין כָּךְ וּבֵין כָּךְ מַשְׁקִין הַיּוֹצְאִין מֵהֶן סָפֵק. לְפִיכָךְ אִם שָׁתָה מֵהֶן אֵינוֹ לוֹקֶה » (רמב״ם הלכות נדרים פרק ה׳ הלכה י״ד)
« וְלָמָּה לֹא יִבָּטֵל הָעִקָּר הָאָסוּר בַּגִּדּוּלִין שֶׁרַבּוּ עָלָיו. שֶׁהֲרֵי הֵן דָּבָר שֶׁיֵּשׁ לוֹ מַתִּירִין שֶׁאֵינוֹ בָּטֵל בְּרֹב » (רמב״ם הלכות נדרים פרק ה׳ הלכה ט״ו)

5. L’appareil du siman, entrée par entrée

L’appareil de ce siman est le plus dense du bloc : soixante-quatre entrées — vingt-sept ס״ק du Chakh, treize du Taz, dix-huit du Baer Hetev, cinq du Pit’hei Techouva, une des Nekoudot HaKessef. Nous les citons toutes, dans l’ordre, sans en résumer aucune. L’Aroukh HaChoul’han n’est pas cité : il ne nous est pas accessible pour ce siman. Le Pri Ḥadach, le Biour HaGra et le Beer HaGola ne le sont pas davantage.

Le Chakh (ש״ך) — כ״ז ס״ק

Vingt-sept entrées, le plus grand appareil du bloc. Trois sont des dissertations : le ס״ק ב sur les pousses des pousses contre le Ba’h, le ס״ק י״ב sur les Tossefot de Erouvin et de Guittin, le ס״ק י״ד sur le Beit Yossef et le Ba’h.

ס״ק א — les échanges : pour qui sont-ils interdits ?

« בחילופיהן. היינו שהחליפן בדבר אחר אסור אותו הדבר אחר וכתב הרא״ש פרק הנודר מן הירק דוקא להמחליף אסורים אבל לאחר מותרים וכן אם החליפם אחר מותרים להנודר וכ״כ סמ״ג בשם ר״י והר״ן אוסר בכל ענין דמשוי ליה כהקדש (ומיהו היכא דלא אמר אלו כתב הר״ן דמותר בהחליפן אחר וע״ש) והתוס׳ פרק השותפין (נדרים דף » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק א)
« מ״ז) כתבו כהרא״ש: » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק א)

ס״ק ב — le Ba’h contre le Mehaber sur les pousses des pousses

« וכן אסור בגידולי גידוליהן. בדבר שאין זרעו כלה והב״ח כתב דהרמב״ם והרא״ש וטור לא אסרי גידולי גידולין אלא בקונם מה שאני אוכל או טועם מהן לקמן סעיף ב׳ ולא כאן והכי נקטינן עכ״ל ולא משמע מידי בדבריהם דאי משום שכתבו כן בסיפא הא כמו שפירש הר״ן המשנה דסיפא ארישא נמי קאי כן יש ליישב דבריהם וכן משמע » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק ב)
« להדיא בכסף משנה שמפרש כן דברי הרמב״ם וכן פי׳ להדיא בדרישה דברי הטור וכן הוא בלשון המשנה שבהרא״ש האומר לאשתו קונם מעשי ידיך עלי קונם הן לפי קונם הן על פי אסור בחילופיהן ובגידוליהן אבל בדבר שאין זרעו כלה גידולי גידולין אסור ואע״ג שבמשנתנו אין הלשון כן ואפשר דילוג סופר הוא באשר״י מ״מ מאן » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק ב)
« מוכח וגם התוספות (דף נ״ה) כתבו והלכך גידולי גידולין אסורין בדבר שאין זרעו כלה אבל בדבר שזרעו כלה הגידולין אסורין וגדולי גידולים מותרים עכ״ל וע״כ באמר קונם פירות אלו מיירי מדכתבו בסיפא הגידולין אסורין הלכך אין להקל נגד דעת הר״ן והמחבר כיון שאין חולק בדבר וגם בתוס׳ משמע כן: » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק ב)

ס״ק ג — les pousses interdites, et pourquoi elles ne s’annulent pas

« גידולי גידולים מותרים. אבל הגידולים עצמן אסורים וכב״י בשם הרמב״ם פ״ה ולמה לא יבטל איסור בגידולים שרבו עליהן שהוא דבר שיש לו מתירין ואינו בטל ברוב ולא כתב מאי הוציא כן גם בכסף משנה לא כתב דבר והוא ש״ס ערוך פרק הנודר מן הירק (נדרים דף נ״ט ע״א): » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק ג)

ס״ק ד — « les fruits d’untel » : le propriétaire, non l’espèce

« פירות פלוני. כלומר של איש פלוני אבל אם אמר פירות של מין פלוני כלומר קונם תאנים או ענבים עלי כיון שלא פרט ואסר עליו כל המין לא עשאם עליו כהקדש שלא נתכוין אלא מאכילת אותו המין ומ״ה לא מיתסר בחילופיהן ובגידוליהן כן הוא בר״ן ודלא כהעט״ז: » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק ד)

ס״ק ה — le blé — et les fruits d’arbre avec lui

« כגון חטים. וה״ה פירות האילן הגהת דרישה בשם מהרש״ל: » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק ה)

ס״ק ו — les échanges sont-ils permis même quand la semence subsiste ?

« מותר בחילופיהן כו׳. כתבו דרישה ופרישה דחילופיהן אפילו באין זרעו כלה מותר וכן הוא בהדיא בש״ע וכן מוכח ברא״ש והר״ן וכו׳ ולא משמע מידי וגם בטור משמע איפכא הלכך נראה דכיון שהגידולין אסורים השוו ואסרו גם החילופין: » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק ו)

ס״ק ז — « à untel » : de toutes les manières exposées

« על פלוני אסור. בכל אופן שנתבאר כמו שאסר על עצמו: » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק ז)

ס״ק ח — l’ouvrage des mains n’est pas sans substance

« מעשה ידיך כו׳. לא תיקשי לך מעשה ידיך דבר שאין בו ממש הוא דאיכא לאוקמא באומר קונם ידיך למעשיהן (ע״ל סי׳ רל״ד ס״ק פ״ה) א״נ מעשה ידי אשתו לאחר שתעשה דבר שיש בו ממש הוא מיהו כתב הר״ב יונה דלא מיתסר אלא בכנגד מעשה ידיה שאם אשתו טחנם ואפאם ומכרה לחם להיות מעות שכנגד טחינה ואפייה שלה ודכנגד חטים » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק ח)
« שלו עכ״ל ר״ן: » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק ח)

ס״ק ט — vendu à un autre, oui ; vendu au vouant, non

« או שמכרן. דוקא לאחר אבל מכרו לנודר עצמו אסור שהרי הוא נהנה מביתו שמכחו באלו כ״כ הריב״ש סימן שנ״ז וע״ל סימן רכ״ו ס״ק י״ג: » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק ט)

ס״ק י — « permis » — car ce n’est plus sa maison

« מותר. שהרי עתה אינו ביתו: » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק י)

ס״ק י״א — rebâtie ailleurs, oui ; une autre maison, non

« ואפילו כו׳ במקומו הראשון. אלא שינהו במקום אחר ומשמע אבל קנה לגמרי בית אחר מותר שלא היתה כוונתו אלא על בית שהיה לו בשעת נדר הן שיהיה כן או ישתנה אבל לא על בית אחר לגמרי: » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק י״א)

ס״ק י״ב — « la maison du père », les Tossefot de Erouvin, et une réserve contre le Rama

« דכל יוצאי חלציו כו׳. כלומר בית אביך שאמר היינו יוצאי חלציו ולפ״ז אם מכרו מותר אלא דמ״מ אסור לילך ליוצאי חלציו וכן כוונת התוס׳ בעירובין (דף ט״ו ע״ב) במ״ש וי״ל דכל יוצאי חלציו קרויים בית אביו כו׳ ר״ל ומה שאמר ה״ז גיטך ע״מ שלא תלכי לבית אביך ר״ל יוצאי חלציו שהם קרויים בית אביך כדכתיב שבי » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק י״ב)
« אלמנה בית אביך ודלא כמ״ש מהר״ש אידל״ש שם שכתב וממכרו דגבי נדרים ל״ק להו דאין זה כריתות דאפשר שיקנה בית אחר עכ״ל גם התוספות פ״ב דגיטין (דף כ״א ע״ב) והמרדכי הקשו שם בהדיא ממכרו דנדרים ג״כ אלא ודאי כדפרישית וע״ש ודו״ק. » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק י״ב)
« ומ״מ יש לגמגם על דברי הרב דבמרדכי ותוספות שם לא משמע אלא באמר ע״מ שלא תלכי לבית אביך אבל לשון קונם בית אביך שאני נכנס בו י״ל דאבית ממש קאמר דאיוצאי חלציו לא שייך לומר שאני נכנס בו אלא שאני הולך: » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק י״ב)

ס״ק י״ג — la responsa du Maharil sur le fils et les biens du père

« אסור בו לעולם. כתוב בתשו׳ מהרי״ל סימן ר״ז על הבן המדיר עצמו מנכסים אלו (אפילו) כשאמר לביתך זה אסור בו אפילו אחר מות הנודר מדקאמר זה מה לי אבוה ומה לי אחר אי משום דראוי ליורשו בחייו נמי צריך לו לכמה ענינים ליהנות משל אביו ע״כ: » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק י״ג)

ס״ק י״ד — la longue défense du Beit Yossef contre le Ba’h sur « tombée et rebâtie »

« ואם נפל כו׳. והב״ח השיג על הב״י דאע״ג דדעת הר״ן כן (וכן דעת הריב״ש בתשובה סימן שנ״ו) מ״מ מ״ש כן לדעת הרא״ש וטור ליתא אלא דעתם דאפילו בנפל ובנאו אסור ע״כ דבריו ולא ירדתי לסוף דעתו ועוד לדבריו קשיא מאי פשיט בירושלמי הא התם לא קאמר בית זה אלא גם דעת הרא״ש והטור כן וגם י״ל דהרא״ש מפרש הבעיא » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק י״ד)
« על ביתך אי אסור בנפל ופשיט לאיסור אבל בבית זה מותר וכן משמע להדיא ברבינו ירוחם ני״ד ח״ה ונראה ראיה ברורה לזה דהא בירושלמי פשיט ליה מהאומר תנו בית כו׳ נפל חייב לבנותו כו׳ ובהמשכיר בית לחבירו קי״ל בס״פ השואל דאם אמר זה אין חייב לבנותו ומוסכם מכל הפוסקים וכמו שנתבאר בח״מ סימן שי״ב וגם מדקאמר » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק י״ד)
« ש״ס התם אי דקאמר זה נפל אזדא לה משמע דפשיטא דבכל דוכתי כיון דקאמר זה נפל אזדא לה ואפשר אסיק אדעתיה הך מתניתין דמייתי בירושלמי שהביא הר״ן: » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק י״ד)

ס״ק ט״ו — le doute sur le premier ou le dernier terme

« בין שמת כו׳. דמספקא לן אי תפיס לשון ראשון או לשון אחרון הלכך יש להחמיר כשתי הלשונות: » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק ט״ו)

ס״ק ט״ז — celui qui permet : c’est « ta maison » qui est précis

« ויש מי שמתיר כו׳. דלביתך לשון ראשון דייקא ולא זה: » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק ט״ז)

ס״ק י״ז — celui qui interdit : c’est « celle-ci » qui est précis

« ויש מי כו׳. דזה דייקא ולא ביתך: » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק י״ז)

ס״ק י״ח — même sans « de mon vivant et après ma mort »

« קונם בית זה כו׳. משמע אע״פ שלא אמר בחיי ובמותי אסור ונראה דאם נפל וחזר ובנאו מותר כדלעיל סעיף ה׳: » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק י״ח)

ס״ק י״ט — l’interdit doit commencer pendant la propriété

« שהאוסר דבר שהוא שלו כו׳. ודוקא כשמתחיל האיסור בעודנו ברשותו אבל אם אמר קונס לכשיצא מרשותי אינו יכול לאסרו. ב״ח ופשוט הוא: » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק י״ט)

ס״ק כ — « permis » — mais tombée et rebâtie, interdite

« מותר. ונראה דאם נפל ובנאו אסור כיון שאמר ביתי ועדיין ביתו הוא כדלעיל סעיף ד׳: » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק כ)

ס״ק כ״א — la communauté : renvoi au siman 228

« קהל כו׳. ע״ל סימן רכ״ח סעיף מ״ט: » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק כ״א)

ס״ק כ״ב — « l’un des deux » : même de leur vivant — et l’objection du Mahari Mizrahi

« אם לא ברשות ראובן ושמעון ומת אחד מהם כו׳. לאו דוקא דה״ה שניהם חיים יכול לעשות ברשות אחד מהן כיון דטעמא הוא דקי״ל בפלוגתא דר״י ורבי נתן כרבי נתן שמשמע אפי׳ אחד מהם וכן משמע להדיא לקמן סימן רכ״ח סעיף מ׳ מיהו בתשובת ר׳ אליה מזרחי סימן נ״ב כתב דפלוגתא דר״י ור״ן לא שייך כאן דבנדרים הלך אחר » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק כ״ב)
« לשון בני אדם ופוק חזי מאי עמא דבר במי שקבל עליו ב׳ דיינים שאין דן יחידי מהם וכ״ש בנדון זה וע״ש: » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק כ״ב)

ס״ק כ״ג — la fiancée : le Bedek HaBayit corrige, et les mots du Rama demandent examen

« ולא יכנוס המשודכת כו׳. וב״י בסי׳ רכ״ח ריש דף רע״ד כתב ומה שכתב ויזהר שלא ישא המשודכת צ״ע ומביאו הד״מ ואפשר דטעמא הוא דשמא היתה הכונה שלא תהא שום אשה נשואה לו עתה מיהו בבדק הבית הגיה במקום ולא ישא המשודכת ולא ישא אחרת עליה משמע שכן מצא בתשובת הרשב״א וכ״מ מלשון תשובת הרשב״א שם ולפי זה מותר » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק כ״ג)
« ליכנס המשודכת אלא שלא ישא אשה אחרת עליה וכ״מ בתשובת הרשב״א סי׳ תתי״ב עיין שם וא״כ דברי הרב צ״ע: » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק כ״ג)

ס״ק כ״ד — « permis » — et le תימה du Chakh, laissé ouvert

« מותרת לו כו׳. תימה דאמאי כתב סתם דמותרת לו כו׳ הא למ״ד לעיל סעיף ו׳ דמספקא לן אי תפיס ל׳ ראשון או אחרון אסור וכ״ש למ״ד תפוס לשון אחרון והיה נראה לומר דהכא שאני כיון שהמדיר אומר כן לאחר וכדמחלק הב״ח סעיף ו׳ בשם הריב״ש ור׳ ירוחם וטור אך בבית יוסף לא משמע כן שהרי מה שכתב לעיל סעיף ו׳ ויש מי » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק כ״ד)
« שמתיר כו׳ ותפוס ל׳ ראשון כתב בבית יוסף שהוא הרמב״ם שכתב בלשון הזה שבסעיף ח׳ וכן כתב בעט״ז דאם אמר ככרי זה או ביתי זה דינו כמו גבי האומר ביתך זה בסעיף ו׳ שתופסין בו חומרות בו הלשונות עכ״ל וצ״ע: » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק כ״ד)

ס״ק כ״ה — « permis » — par défaut seulement

« מותר כו׳. נראה דהיינו מסתמא אבל אם היה הטעם יין או בשר קשה לו וכה״ג אזלינן בתר כוונתו כדלקמן סי׳ רי״ח ואסור בטעמן: » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק כ״ה)

ס״ק כ״ו — le goût dans un plat : le goûter d’un Juif, ou la soixantaine

« אסור בתבשיל שיש בו טעם יין. ע״ל סי׳ צ״ח ס״ק ה׳ כתבתי דיש לסמוך אטעימת ישראל דהתירה אף בזמן הזה והלכך אם יש אחר שרשאי לטעום יכול לסמוך עליו ואם אין כאן אחר משערין בס׳ מיהו כל זה שלא במינו אבל במינו אפילו באלף לא בטיל כדבסעיף שאח״ז וע״ל סימן ק״ב: » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק כ״ו)

ס״ק כ״ז — « même s’il est nouveau » : on suit le nom

« אפילו הוא חדש. שטעמו שוה דאזלינן בתר שמא: » (ש״ך יו״ד רט״ז ס״ק כ״ז)

Le Taz (ט״ז) — י״ג ס״ק

Treize entrées, et deux d’entre elles sont parmi les plus longues que le Taz écrive sur ce bloc : le ס״ק ח sur les deux langages du seif 3, et le ס״ק י sur « de mon vivant et après ma mort ».

ס״ק א — « ces fruits-ci » : il les voit, sans qu’ils soient devant lui

« פירות האלו וכו׳. ע״כ שרואה אותם מדאמר האלו אלא שמ״מ אינם מוכנים לפנים כמו בסיפא משום הכי נקט בסיפא לפניו: » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק א)

ס״ק ב — le Roch interdit même les échanges des échanges

« אסור בחילופיהם. באשר״י פ׳ הנודר מן הירק בפסקיו כתב בזה ואפילו בחילופי חילופיהן ובב״י בשם הר״ן כתב דבחילופי חילופיהן מותר כ״כ כאן בש״ע בסמוך ותימה על ב״י שלא ראה הך דהרא״ש: » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק ב)

ס״ק ג — le קל וחומר des pousses des pousses, contre le Ba’h

« וכן אסור בגדולי גידוליהן. כ״כ הר״ן הביאו ב״י דכמו דבסיפא בסעיף ב׳ באומר שאיני אוכל או טועם מהם אוסר אפילו בגידולי גידוליהן הכי נמי כאן ונראה דגם דעת הרא״ש כן שכתב בדף נ״ו שהגידולי גידוליהן אסורים בסיפא משום דהוה גוף האיסור כיון שאין זרעו כלה וא״כ גם באומר פירות האלו עלי מ״מ הרי נהנה מגוף » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק ג)
« האיסור וק״ו הוא דהרי בסיפא שאומר שאיני טועם דמותר בחילופיהן וגידוליהן בזרעו כלה אפ״ה אסור אפילו בגדולי גידוליהן באין זרעו כלה כל שכן ברישא דאסור בחלופיהן ובגידוליהן אפי׳ בזרעו כלה דיהיה אסור באין זרעו כלה אפילו בגידולי גידוליהן ומטע׳ זה לא הוצרך הרמב״ם והטור לכתוב בהדיא ברישא דאסור » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק ג)
« בגידולי גידולין באין זרעו כלה דסמכו על ק״ו שזכרנו וע״כ יפה פסק כאן בש״ע בדין זה דגידולי גידולין אסורין באין זרעו כלה ומו״ח ז״ל כתב דזו היא דעת הר״ן לחוד אבל הרמב״ם והרא״ש והטור סבירא להו ברישא דגידולי גידולין מותרין והוציא פסק זה מהלכה ותמוה הוא מטעם שזכרנו ואדרבה הרא״ש כתב להדיא דאפילו » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק ג)
« חליפי חליפין אסורין כ״ש גידולי גידולין כיון שהוא ממש בעין שהרי לא כלה זרעו ע״כ ודאי פסק ההוא ברור וכ׳ ב״י בשם הר״ן דדוקא כאן שהוא פורט ואומר פירות אלו שווינהו כהקדש בחילופין וגידולין וכן באומר פירות מקום פלוני עלי אבל באומר קונם זיתים וענבים עלי כמ״ש סוף סי׳ זה שלא נתכוין אלא מאכילת אותו » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק ג)
« מין ולא שוינהו כהקדש ומ״ה לא מיתסר בחילופיהן וגידוליהן ע״כ והך גידולין שכתב בסוף הוא שלא בדקדוק דהא על כל פנים אסור בגידוליהן דהא פירות אותו מין הם והוא אסר כל המין עליו אלא בחילופין לבד יש חילוק וכן כתב הרא״ש בהדיא שם במשנה דלא בעינן שיאמר האלו אלא אמר קונם לחוד אלא משום חילופין לחוד » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק ג)
« דאין אוסרין אלא באומר אלו ואפשר שהר״ן מיירי באומר קונם זיתים וענבים של שנה זו עלי דאז מותר בגידולים שיגדלו אחר כן כל שלא אמר אלו ובזה חילופים וגידולים שוין: » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק ג)

ס״ק ד — « dont la semence disparaît » ne porte que sur les pousses

« שזרעו כלה. זה קאי אגידוליהן אבל בחילופיהן אין חילוק דאפי׳ באין זרעו כלה מותר בהם: » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק ד)

ס״ק ה — « permis dans leurs échanges » : il ne les goûte pas

« מותר בחילופיהן. דכי אכיל חילופיהן וגידוליהן לא טעים הנהו פירות דאסר עליה והוא אמר שאני טועם: » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק ה)

ס״ק ו — pourquoi les pousses ne s’annulent pas dans la majorité

« אפי׳ גידולי גידולין. וא״ל יבטל האיסור בגידולין שרבו עליו שהרי הוא דבר שיש לו מתירין שהרי יש לנדר התרה בפתח או חרטה וכל שיש לו מתירין לא בטיל ברוב ב״י בשם רמב״ם ובזה מתורץ נמי למה לא יהא מותר מטעם זה וזה גורם כמו שהקשה ב״י בשם הראב״ד וכ״כ ב״י בסמוך: » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק ו)

ס״ק ז — « à untel » : une question que la guemara laisse ouverte

« וכן אם אמר כו׳. דבעיא היא בגמרא אם אסור בחילופיהן אם יכול לאסור דבר שלא בא לעולם על חבירו כיון שאין יכול לאסור פירות חבירו על חבירו מה שאין כן באם הוא אוסר על עצמו שכן יכול לאסור גם פירות חבירו על עצמו א״ד חילופיהן וגידוליהן לא שנא הוא לא שנא חבירו ואזלינן לחומרא: » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק ז)

ס״ק ח — deux langages contradictoires dans une même formule

« אמר לאשתו קונם מעשה ידיך כו׳. כתב הר״ן קמ״ל רבותא דמייחד פירותיו של פלוני כי היכי דמייחד מעשה ידי אשתו כאומר האלו דמי ומיתסר בחילופים וגידולים וסיפא דשאני אוכל או טועם קמשמע לן רבותא דאפילו באומר פירות האלו שאני טועם הוה ליה כאילו לא אמר האלו ואזלינן בתר לשון שאני טועם דהא כאן הוי כאומר » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק ח)
« האלו כיון שמייחד כמו שכתבתי אלא דקשה לי כיון שיש כאן ב׳ לשונות הסותרים זה את זה דמלשון ממעשה ידיך הוה כאומר האלו דהא מטעם זה אסור בחילופיהן וגידוליהן וגם הטור ע״כ ס״ל כן דאל״כ ה״ל כאומר קונם זיתים וענבים דאין איסור בחילוף וגידול אלא ע״כ דהוי כאומר האלו כמ״ש הר״ן ומלשון שאני טועם משמע » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק ח)
« להיתר בחילוף ובגידול ויש לנו לילך לחומרא כמ״ש הטור אחר כך גבי לביתך זה בשלמא להר״ן לק״מ דס״ל לישנא בתרא עיקר בין לקולא בין לחומרא כמ״ש ב״י בשמו והר״ן סידר דין זה דלגבי אשתו שלא כסדר הטור אלא דנקט תחילה קונם מעשה ידיך ואח״כ שאני טועם ממילא יש לנו לילך אחר לישנא בתרא אבל להטור קשה ונ״ל » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק ח)
« דהטור ס״ל דאין שייך לומר דאזלינן לחומרא אלא במקום שאפשר להיות לשון אחד בלא חבירו דהיינו באומר ביתך זה דהיה אפשר לומר בית זה או להיפך לביתך לחוד ע״כ לא ידעינן הי מינייהו עיקר משא״כ באומר שאני אוכל ממעשה ידיך הוי לשון שאני אוכל עיקר לפי סידור דבריו דודאי לא סגי בלא״ה וכן לא סגי אם לא יאמר » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק ח)
« ממעשה ידיך א״כ אין כאן לישני דסתרי אלא ה״ק ממעשה ידיך לא יהא איסור אלא מה שאני אוכל נמצא דלשון שאני אוכל הוא נשאר עכ״פ עיקר כנ״ל נכון: » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק ח)

ס״ק ט — « interdit à jamais » : les trois positions du seif 6

« אסור בו לעולם. דיש לנו ספק אם ניזול בתר לישנא דלביתך ויהיה מותר במכירה ואסור בנפל או ניזול בתר זה ויהיה איפכא ואזלינן לחומרא ואסרינן בשניהם ויש שמתיר במת כו׳ דס״ל דלביתך עיקר דבתר לישנא קמא אזלינן ויש שאוסר בזו דס״ל לישנא בתרא דהוא זה עיקר: » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק ט)

ס״ק י — la longue note : « de mon vivant et après ma mort », la mort et la vente

« אע״פ שיצא מרשותו כו׳. בטור כתוב בזה וכגון שפירש בחיי ובמותי קונם לביתי שאתה נכנס מת או מכרו לאחר מותר עכ״ל והוא ע״פ הרא״ש כמו שהביא ב״י ותמה ב״י על הסיפא דמותר ממ״נ אי מיירי בלא פירש בחיי ובמותי הא אפילו אומר בית זה מותר לפי דעת הרא״ש ואי בפירש למה יהיה מותר והביאו בפרישה בשם רש״ל דמיירי » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק י)
« הסיפא שאמר בחיי ובמותי וכן מו״ח ז״ל כתב כן וכתב שאפ״ה מותר כיון שאמר תחילה לביתי לא מהני אח״כ בחיי ובמותי אף על גב דלעיל בסמוך כי אמר הנודר לביתך זה אזלינן לחומרא דהוה ג״כ לישני דסתרי אהדדי שאני התם דהנודר אומר כן דאפשר שלא יכנס לאותו בית לעולם אבל הכא דמדיר אומר לשמעון לביתי שאתה נכנס מה » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק י)
« איכפת ליה לאחר שיצא מרשותו ולפיכך מותר ליכנס אחר מות המדיר אע״פ שאומר בחיי כו׳ וסברא זו כתב ריב״ש סי׳ שנ״ז עכ״ל וראיתי בריב״ש שם שלא חילק בין נודר למדיר אלא באין אומר בחיי ובמותי וכן הוא בר״ן דף מ״ו ד״ה בעי אבימי כו׳ והוא פשוט אבל באומר בחיי ובמותי לא ידעתי אפי׳ התחלה לדבר זה דהא אין כאן » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק י)
« לישני דסתרי כלל דהכי קאמר אותו שהוא ביתי עכשיו לא תכנס בו לעולם אפי׳ לאחר מותי ותימה מאד הא כתבו כאן הטור והש״ע בסמוך האומר לבנו קונם שאתה נהנה לי בחיי ובמותי לא יירשנו כו׳ והא התם אמר תחילה שאתה נהנה לי דהוה ממש כמו לביתי ואפ״ה מהני מה שאמר אח״כ בחיי כו׳ וכן בגמרא דמבעיא ליה ככרי עליך » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק י)
« ונתנו לו במתנה ככרי אמר לו כי איתא ברשותיה הוא דאסור א״ד עליך א״ל שוייה הקדש וב״י מביאה הרי דאע״ג דלשון ככרי מורה על ברשותו דוקא מ״מ אתי עליך ואסרו וכ״ש שאם אמר אח״כ בחיי וכו׳ והנלע״ד לפי דברי הרא״ש והטור הוא בדרך זה דהטעם שצ״ל בחיי ובמותי אע״ג דאמר קונם בית זה שאתה נכנס בו הוא משום דאין » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק י)
« אדם משים אל לבו לאסור ביתו אחר מותו דלא קפיד אינש מסתמא אלא שלא יראה שונאו בביתו וע״כ לעיל שאמר קונם לבית זה שאני נכנס דאסור אפילו מת כו׳ א״צ בחיי ובמותי דפשיטא דהאוסר עצמו כוונתו כל ימי חייו כיון דאמר בית זה ודאי יש לו איזה שנאה להבית עצמו משא״כ כאן דאוסר את שלו על חבירו אע״ג דאמר זה » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק י)
« כוונתו שלא יראה את שונאו נהנה מנכסיו ואחר מותו דרך עולם למחול לכל שונאיו ע״כ צ״ל בחיי ובמותי וע״פ זה נלע״ד עוד דאפילו שהצריכו הרא״ש והטור לומר בחיי כו׳ היינו לענין אחר מיתה מטעם שכתבתי אבל אחר מכירה ודאי אסור אפילו בלא פירש לאחר מכירתי דחד טעמא הוא שלא יראה שונאו נהנה מבית זה והדבר ברור » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק י)
« בזה דאילו לענין מכירה קשה מה תיקן בלשון בחיי ובמותי אלא היה לו לומר בין אם יהיה בידי או ביד אחר וא״ל דלשון בחיי מורה על זה דהא זה הלשון אצטריך דאם לא יאמר אלא במותי יהיה היתר בחייו תיכף אלא ודאי דלא צריך תיקון אלא לענין מיתה אבל לא למכירה וכן משמע בסימן רכ״ו שכתב הטור אבל אם אמר חצר זו לא » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק י)
« מהני כפייה שהרי אסור בו אף לאחר שימכור ועל פי זה מתורצות קושיות בית יוסף דסיפא שכתב הטור קונם לביתי שאתה נכנס כו׳ מיירי בלא פירש וקמ״ל דלענין מכירה מותר באומר לביתי ואין אוסר אלא באומר לבית זה דלגבי מכירה לא אכפת לן כלל אם אומר בחיי ובמותי ואגב מכירה נקט הטור גם מיתה כן נ״ל נכון לדעת הטור » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק י)
« אבל להלכה כבר פסק הש״ע שא״צ כאן לומר בחיי ובמותי ומש״ה לא הזכירו אלא כל שאומר בית זה אסור אפי׳ מת או מכרו דכיון דאמר זה אסרו לעולם: » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק י)

ס״ק י״א — « même l’un d’eux » : le Rachba, et la question du mariage

« משמע אפי׳ אחד מהם. בתשובת רשב״א הביאו ב״י סי׳ רכ״ח מביא ראייה לזה מדקי״ל פרק השואל כרבי יונתן דאמר אביו ואמו קלל משמע שניהם כאחד ומשמע כל אחד בפני עצמו עד שיפרוט לך הכתוב יחדיו כדרך שפרט בשור וחמור ואף זה בהשביעו משמע שלא ילויהו כ״א ברשות שניהם או ברשות אחד מהם לבד עכ״ל ולפי זה אף אם » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק י״א)
« שניהם חיים די לו אם עושה ברשות אחד מהם ומה שהוזכר שמת אחד מהם מעשה היה כך וכן כתב בהדיא בסי׳ רכ״ח סעיף מ׳ ועיין מה שכתבתי שם מדברי ריב״ש סימן תנ״ג והיאך קיי״ל להלכה: » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק י״א)
« ומה שכתב אחר זה) אלא אם כן יתירו לו שבועתו הטעם דאפשר דהכי קאמר שלא תהא שום אשה נשואה לו אחר נישואיה ולפי מה שכתב בסוף סי׳ ר״ח סעיף ה׳ דאם אמר לשון שמשמעו שלא יעשה נשואין כו׳ הכי נמי הוה כן דבלשונו תליא מילתא כפי החילוק דלעיל כן נ״ל: » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק י״א)

ס״ק י״ב — « mon pain » : la leçon des Tourim anciens

« ככרי זה אסורה כו׳. גם בבית יוסף כתב שכן מצא הגירסא בטור אבל בטורים ישנים לא כתב אלא ככרי ולא זה וכן הוא בהדיא באשר״י בפירוש שלו בנדרים וכן עיקר דעיקר הטעם כאן דמותר במת ונפלו לו בירושה הוא מטעם שלא אמר זה דאלו אמר ככרי זה הוה דינו כמו לבית זה דבסעיף ז׳: » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק י״ב)

ס״ק י״ג — « dans un autre vin » — mais non dans du vinaigre

« ביין אחר. אבל בחומץ לא איכפת לן ביש לו מתירין כיון שאינו מינו ונתבאר בסי׳ ק״ב סעיף א׳ דדבר שיש לו מתירין בטל באינו מינו: » (ט״ז יו״ד רט״ז ס״ק י״ג)

Le Baer Hetev (באר היטב) — י״ח ס״ק

Dix-huit entrées, qui résument le Chakh et le Taz. Elles servent ici de fil conducteur : on voit d’un coup d’œil ce que les A’haronim ont retenu de chaque discussion.

ס״ק א — les échanges : le Roch et le Ran

« בחלופיהם. (והיינו שהחליפם בד״א אסור אותו הדבר אחר) כתב הרא״ש דוקא להמחליף אסורים אבל לאחר מותרים וכן אם החליפם אחר מותרים להנודר והר״ן אוסר בכל ענין דמשוי ליה כהקדש ומיהו היכא דלא אמר אלו כ׳ הר״ן דמותר בהחליפן אחר ע״ש: » (באר היטב יו״ד רט״ז ס״ק א)

ס״ק ב — les pousses : le Ba’h contre le Taz et le Chakh

« בגידולי. בדבר שאין זרעו כלה והב״ח כ׳ דהרמב״ם והרא״ש והטור לא אסרי גידולי גידולין אלא בקונם מה שאני אוכל או טועם מהן והכי נקטינן עכ״ל אבל הט״ז והש״ך חולקין עליו ופסקו כהמחבר: » (באר היטב יו״ד רט״ז ס״ק ב)

ס״ק ג — les échanges des échanges, et la réponse des Nekoudot HaKessef

« מותרים. כתב הט״ז דבאשר״י פ׳ הנודר מן הירק בפסקיו כתב ואפי׳ בחילופי חילופיהן אסור ותימה על הב״י שלא ראה הך דהרא״ש עכ״ל (ובנה״כ השיג עליו וכתב דט״ס הוא בפסק הרא״ש ע״ש): » (באר היטב יו״ד רט״ז ס״ק ג)

ס״ק ד — « d’untel » : le propriétaire et non l’espèce

« פלוני. כלומר של איש פלוני אבל אם אמר פירות של מין פלוני כגון קונם תאנים או ענבים עלי כיון שאסר עליו כל המין לא עשאם עליו הקדש שלא נתכוין אלא מאכילת אותו המין ומ״ה לא מיתסר בחילופיהן ובגידוליהן כן הוא בר״ן ודלא כהלבוש עכ״ל הש״ך: » (באר היטב יו״ד רט״ז ס״ק ד)

ס״ק ה — pourquoi les pousses ne s’annulent pas

« אפילו. כתב הט״ז וא״ל יבטל האיסור בגידולין שרבו עליו שהרי הוא דבר שיל״מ שהרי לנדר יש התרה בפתח או בחרטה ובזה מתורץ נמי למה לא יהא מותר מטעם זה וזה גורם עכ״ל: » (באר היטב יו״ד רט״ז ס״ק ה)

ס״ק ו — l’ouvrage des mains, et la part de Rabbenou Yona

« ידיך. כתב הש״ך וא״ל הא מעשה ידיך דבר שאין בו ממש הוא דאיכא לאוקמי באומר קונם ידיך למעשיהן א״נ מעשה ידי אשתו לאחר שתעשה דבר שיש בו ממש הוא מיהו כתב הר״ר יונה דלא מיתסר אלא בכנגד מעשה ידיה שאם אשתו טחנם ואפאם ומכרה לחם להיות מעות שכנגד טחינה ואפייה שלה וכנגד חטים שלו עכ״ל הר״ן: » (באר היטב יו״ד רט״ז ס״ק ו)

ס״ק ז — vendu au vouant lui-même

« שמכרן. דוקא לאחר אבל מכרן לנודר עצמו אסור שהרי הוא נהנה מביתו שמכחו בא לו כ״כ הריב״ש: » (באר היטב יו״ד רט״ז ס״ק ז)

ס״ק ח — rebâtie, oui — achetée ailleurs, non

« ובנאו. משמע אבל קנה לגמרי בית אחר מותר שלא היתה כוונתו אלא על בית שהיה לו בשעת נדר הן שיהיה כן או ישתנה אבל לא על בית אחר לגמרי ש״ך: » (באר היטב יו״ד רט״ז ס״ק ח)

ס״ק ט — « ses descendants », et la réserve du Chakh

« חלציו. כלומר בית אביך שאמר היינו יוצאי חלציו ולפ״ז אם מכרו מותר אלא דמ״מ אסור לילך ליוצאי חלציו ומ״מ יש לגמגם על הר״ב דבתוס׳ ובמרדכי לא משמע כן אלא באמר ע״מ שלא תלכי לבית אביך אבל לשון קונם בית אביך כו׳ י״ל דאבית ממש קאמר דאילו איוצאי חלציו לא שייך לומר שאני נכנס בו אלא שאני הולך עכ״ל » (באר היטב יו״ד רט״ז ס״ק ט)
« הש״ך: » (באר היטב יו״ד רט״ז ס״ק ט)

ס״ק י — « à jamais » : la responsa du Maharil

« לעולם. כתוב בתשו׳ מהרי״ל על הבן המדיר עצמו מנכסים אלו אפי׳ כשאמר לביתך זה אסור בו אפילו אחר מות הנודר מדקאמר זה מה לי אבוה ומה לי אחר אי משום דראוי ליורשו בחייו נמי צריך לו לכמה ענינים ליהנות משל אביו עכ״ל: » (באר היטב יו״ד רט״ז ס״ק י)

ס״ק י״א — « tombée et rebâtie » : le doute et les trois positions

« שנפל. דמספקא לן אי תפוס לשון ראשון או אחרון הלכך יש להחמיר כשתי הלשונות והיש מי שמתיר וכו׳ ס״ל דלביתך ל׳ ראשון דייקא ולא זה והיש מי שאוסר כו׳ ס״ל דלישנא בתרא דהוא זה עיקר ט״ז וש״ך: » (באר היטב יו״ד רט״ז ס״ק י״א)

ס״ק י״ב — « interdit » : sans « de mon vivant », et la condition de départ

« אסור. (משמע אפי׳ שלא אמר בחיי ובמותי אסור). ונראה דאם נפל וחזר ובנאו מותר כדלעיל ס״ה וכן אם אמר קונם לכשיצא מרשותי אינו יכול לאסרו דצריך להתחיל האיסור בעודנו ברשותו. ש״ך: » (באר היטב יו״ד רט״ז ס״ק י״ב)

ס״ק י״ג — « permis » — mais tombée et rebâtie, interdite

« מותר. אבל אם נפל ובנאו אסור כיון שאמר ביתי ועדיין ביתו הוא כדלעיל ס״ד ש״ך: » (באר היטב יו״ד רט״ז ס״ק י״ג)

ס״ק י״ד — « l’un d’eux » : le Chakh, le Rabbi Eliya Mizrahi, et le siman 228

« משמע. כתב הש״ך לפ״ז לאו דוקא מת אחד מהם דה״ה שניהם חיים יכול לעשות ברשות אחד מהם (כיון דטעמא הוא דקיי״ל כרבי יונתן עד שיאמר יחדיו וכ״מ לקמן סי׳ רכ״ח סעיף מ׳ ובתשובת הרא״ם כתב שצריך דוקא רשות שניהם) דבנדרים הולכין אחר לשון בני אדם ופוק חזי מאי עמא דבר במי שקיבל עליו ב׳ דיינים שאין דן יחידי » (באר היטב יו״ד רט״ז ס״ק י״ד)
« מהם וכ״ש בנדון זה עיין שם ועיין בסי׳ רכ״ח ס״מ: » (באר היטב יו״ד רט״ז ס״ק י״ד)

ס״ק ט״ו — la fiancée : le Chakh et le Taz

« המשודכת. כתב הש״ך דמצא בבדק הבית שהגיה במקום ולא ישא המשודכת ולא ישא אחרת עליה וכן משמע מל׳ תשובת הרשב״א ולפ״ז מותר להכניס המשודכת וא״כ דברי הרב צ״ע וכתב הט״ז ולפי מ״ש בסי׳ ר״ח ס״ה דאם אמר לשון שמשמעו שלא יעשו נשואין וכו׳ ה״נ הוי כן דבלשונו תליא מילתא כפי החילוק דלעיל עכ״ל: » (באר היטב יו״ד רט״ז ס״ק ט״ו)

ס״ק ט״ז — « permis » : le תימה du Chakh et la leçon du Taz

« מותרת. כתב הש״ך תימא דאמאי כתב סתם דמותרת הא לעיל ס״ו מספקא לן אי תפוס ל׳ ראשון או אחרון א״כ אם אמר זה יהיה אסור לעולם וצ״ע ובט״ז כ׳ שבטורים ישנים לא כתב אלא ככרי ולא זה וכן הוא בהדיא באשר״י וכן עיקר דאלו אמר ככרי זה הוה דינו כמו לבית זה בס״ז עכ״ל: » (באר היטב יו״ד רט״ז ס״ק ט״ז)

ס״ק י״ז — « dans un plat » : par défaut, sauf intention contraire

« בתבשיל. כתב הש״ך נראה דהיינו מסתמא אבל אם היה הטעם יין או בשר קשה לו וכה״ג אזלינן בתר כונתו ואסור בטעמן כדלקמן סי׳ רי״ח: » (באר היטב יו״ד רט״ז ס״ק י״ז)

ס״ק י״ח — « du goût » : le goûter d’un Juif, ou la soixantaine

« טעם. ואם יש ישראל אחר שרשאי לטעום יכול לסמוך עליו ואם אין כאן אחר משערין בס׳ מיהו כ״ז שלא במינו אבל במינו אפי׳ באלף לא בטיל ש״ך: » (באר היטב יו״ד רט״ז ס״ק י״ח)

Le Pit’hei Techouva (פתחי תשובה) — ה׳ ס״ק

Cinq entrées, et elles portent les A’haronim tardifs sur ce siman : Rabbi Akiva Eiger, le Brit Avraham, le Techouat Ḥen, le Ganat Veradim.

ס״ק א — « interdit dans leurs échanges » : l’objection de Rabbi Chmouel Eiger

« אסור בחילופיהן. בכל אופן שנתבאר כמו שאסר על עצמו ש״ך. ועיין בתשובת רבינו עקיבא איגר סוס״י ס״ה בשם בנו הרב מהר״ש איגר זצ״ל שטען ע״ז דהא אחד מן האופנים שנתבאר הוא דבאמר פירות אלו עלי אם הוא דבר שזרעו כלה גידולי גידולין מותרין אבל הגדולים עצמן אסורים והטעם דלא בטל האיסור בגדולים מבואר בש״ך » (פתחי תשובה יו״ד רט״ז ס״ק א)
« ס״ק ג׳ דהוא דשיל״מ והרי זה נכון באומר קונם עלי דבידו להתיר אבל באומר קונם על פלוני דאין ביד פלוני להתיר מהראוי דגם גידולים עצמן מותרין דעתה אינו דשיל״מ (עיין לעיל סימן ק״ב ס״ק יו״ד מ״ש בזה) וא״כ אינו בכל אופן שנתבאר ע״ש ועיין בתשובת ברית אברהם חי״ד סימן ל״ז אות ב׳ ודו״ק. » (פתחי תשובה יו״ד רט״ז ס״ק א)
« ועיין בספר בני אהובה פ״ה מהלכות אישות סוף הלכה ב׳ מ״ש בזה דלא תיקשי ממ״ש המחבר בא״ח סימן תמ״ג דחליפי חמץ מותרין ואפילו להמחליף דהא בש״ס מדמה להו להדדי ע״ש: » (פתחי תשובה יו״ד רט״ז ס״ק א)

ס״ק ב — « même l’un d’eux » : Rabbi Akiva Eiger restreint à l’indulgence

« משמע אפילו אחד מהם. עבה״ט בשם רא״מ ועיין בתשובת רבינו עקיבא איגר זצ״ל סימן מ״ו שכתב דהיכא שהוא להקל כגון שנשבע שלא יעשה זאת וזאת או שלא יאכל זאת וזאת אין לסמוך על הרא״מ בזה להקל ואסור אפילו באחד מהם וע״ש עוד: » (פתחי תשובה יו״ד רט״ז ס״ק ב)

ס״ק ג — « jusqu’à ce qu’on te précise » : deux renvois

« שיפרוט לך. עיין מה שהקשה על זה בסוף ספר מהר״מ ברבי מדלעיל סימן כ״ח ועיין בתשובת אא״ז פנים מאירות ח״ב סימן קי״ז: » (פתחי תשובה יו״ד רט״ז ס״ק ג)

ס״ק ד — « un plat où il y a du goût » : la marmite et le נ״ט בר נ״ט

« בתבשיל שיש בו טעם. עיין בתשובת תשואת חן סימן נ״ז שכתב דאסור גם כן בתבשיל שנתבשל בקדרה של בשר ב״י אם נתבשל אחר הנדר אמנם אם נתבשל קודם הנדר מותר כדלקמן סימן רי״ז סעיף י״ב אפילו אם אמר קונם טעם בשר עלי דאז גם הטעם שיצא מבשר קודם שנדר בכלל זה מ״מ שרי לאכול התבשיל שנתבשל בקדרה של בשר קודם » (פתחי תשובה יו״ד רט״ז ס״ק ד)
« שנדר משום דהוי נ״ט בר נ״ט דהתירא דלא כספר גינת וורדים כלל ס״ה ע״ש. וע׳ בתשובת ברית אברהם חי״ד סימן י״ז שכתב בגזירת צבור שהבשר יהיה טרפה אין חשש לאסור הכלים אף דכל היכא דשוי חתיכה דאיסורא גם הטעם אסור ויש לאסור גם הכלים מ״מ הא באם גזרו שהבשר יהיה טרפה אינו ענין לשויא ח״ד מדין נדר דהא א״א » (פתחי תשובה יו״ד רט״ז ס״ק ד)
« להיתר להעשות טרפה כדלעיל סימן ר״ה ואין ענין אך לדין תקנת הצבור שיש כח בידם לאסור המותר וכבר כתב בתשובת הראנ״ח ח״ב סימן ע״א דבתקנת הצבור אזלינן בתר לשון בני אדם והא קי״ל דבלשון ב״א אין הטעם בכלל בשר ע״ש: » (פתחי תשובה יו״ד רט״ז ס״ק ד)

ס״ק ה — « ce vin qu’il s’est interdit » : renvoi au siman 102

« זה שאסרו על עצמו. [עיין מש״ל סי׳ ק״ב ס״ק י׳ מזה]: » (פתחי תשובה יו״ד רט״ז ס״ק ה)

Les Nekoudot HaKessef (נקודות הכסף) — א׳ entrée

Les Nekoudot HaKessef sont la réponse du Chakh au Taz. Elles n’ont ici qu’une entrée, mais elle est tranchante : elle contredit le ס״ק ב du Taz.

Entrée א — la faute de copiste dans les pisqei du Roch

« (סי׳ רט״ז ט״ז סק״ב) ותימה כו׳. שגג בזה דהיאך אפשר לומר דחלופי חלופי אסורים והרי בש״ס פרק השותפין (נדרים דף מ״ו ע״ב) מוכח להדיא דשרי וכן מוכח להדיא באשר״י סוף פרק האיש מקדש ומה שכתוב בפסקי הרא״ש אסור בחלופיהן ובגידוליהן ובחלופי חלופיהן כו׳ טעות סופר הוא שהרי העתיק לשון המשנה ובמשנה אינו כן » (נקודות הכסף יו״ד רט״ז)
« תדע דאל״כ לא ה״ל להפסיק בגידוליהן אלא הי׳ ליה למימר אסור בחלופיהן ובחלופי חלופיהן ובגידוליהן וזה פשוט: » (נקודות הכסף יו״ד רט״ז)

6. Le tableau des seifim

Tout le siman dans une grille : le seif, la clause, et ce qu’elle dit.

SeifLa clause du Choulhan AroukhCe qu’elle dit
א « קונם פירות האלו עלי אסור בחילופיהם ובגידוליהם » (שו״ע יו״ד רט״ז:א) קונם — ces fruits-ci me sont [interdits] : il est interdit dans leurs échanges et dans leurs pousses
א « ואין צריך לומר במשקין היוצאין מהן » (שו״ע יו״ד רט״ז:א) et il va sans dire, dans les liquides qui en sortent
א « וכן אסור בגידולי גידוליהן » (שו״ע יו״ד רט״ז:א) et de même il est interdit dans les pousses de leurs pousses
א « אבל חילופי חילופיהן מותרים » (שו״ע יו״ד רט״ז:א) mais les échanges de leurs échanges sont permis
א « ואם הוא דבר שזרעו כלה גידולי גידוליו מותרים » (שו״ע יו״ד רט״ז:א) et si c’est une chose dont la semence disparaît, les pousses de ses pousses sont permises
א « וכן הדין אם לא אמר האלו אלא היו לפניו ואמר קונם הם עלי » (שו״ע יו״ד רט״ז:א) et tel est le droit s’il n’a pas dit « ceux-ci », mais qu’ils étaient devant lui et qu’il a dit : קונם, ils me sont [interdits]
א « הגה וכן אם אמר פירות פלוני או מקום פלוני הם קונם עלי הוי כאילו אמר פירות אלו » (רמ״א יו״ד רט״ז:א) Glose : et de même s’il a dit : les fruits d’untel, ou d’un tel endroit, me sont קונם — c’est comme s’il avait dit « ces fruits-ci »
א « ב״י בשם הר״ן » (רמ״א יו״ד רט״ז:א) (Beit Yossef au nom du Ran)
ב « אמר קונם מה שאני אוכל או טועם מהם אם הוא דבר שזרעו כלה כגון חטים וכיוצא בהם מותר בחילופיהם ובגידוליהם » (שו״ע יו״ד רט״ז:ב) Il a dit : קונם, ce que je mange ou goûte d’eux — si c’est une chose dont la semence disparaît, comme le blé et ce qui lui ressemble, il est permis dans leurs échanges et dans leurs pousses
ב « ואם הוא דבר שאין זרעו כלה כשזורעין אותו כגון שום ובצלים אפי׳ גידולי גידולין אסורים » (שו״ע יו״ד רט״ז:ב) et si c’est une chose dont la semence ne disparaît pas quand on la sème, comme l’ail et les oignons, même les pousses des pousses sont interdites
ב « וכן משקים היוצאים מהם אסורים » (שו״ע יו״ד רט״ז:ב) et de même les liquides qui en sortent sont interdits
ב « וכן אם אמר קונם פירות האלו על פלוני אסור בחילופיהם ובגידוליהם » (שו״ע יו״ד רט״ז:ב) et de même s’il a dit : קונם, ces fruits-ci sont [interdits] à untel — il est interdit dans leurs échanges et dans leurs pousses
ג « אמר לאשתו קונם מעשה ידיך עלי אסור בחילופיהם » (שו״ע יו״ד רט״ז:ג) Il a dit à sa femme : קונם, l’ouvrage de tes mains m’est [interdit] — il est interdit dans leurs échanges
ג « ובגידוליהם. אמר קונם שאני אוכל או שאני טועם ממעשה ידיך מותר בחילופיהן ובגידוליהן בדבר שזרעו כלה » (שו״ע יו״ד רט״ז:ג) et dans leurs pousses. S’il a dit : קונם, ce que je mange ou ce que je goûte de l’ouvrage de tes mains — il est permis dans leurs échanges et dans leurs pousses, pour une chose dont la semence disparaît
ג « אבל בדבר שאין זרעו כלה אפי׳ גידולי גידולין אסורין » (שו״ע יו״ד רט״ז:ג) mais pour une chose dont la semence ne disparaît pas, même les pousses des pousses sont interdites
ד « אמר לחבירו קונם לביתך שאני נכנס שדך שאני לוקח » (שו״ע יו״ד רט״ז:ד) Il a dit à son compagnon : קונם, ta maison où j’entre, ton champ où je prends
ד « מת או שמכרן או נתנן לאחר מותר » (שו״ע יו״ד רט״ז:ד) s’il est mort, ou s’il les a vendus, ou donnés à un autre — c’est permis
ד « אבל כל שהוא ברשותו אסור » (שו״ע יו״ד רט״ז:ד) mais tant qu’elle est en sa propriété, c’est interdit
ד « אפילו מכרו ואחר כך קנאו או שנפל ובנאו » (שו״ע יו״ד רט״ז:ד) même s’il l’a vendue puis rachetée, ou qu’elle soit tombée et qu’il l’ait rebâtie
ד « ואפילו לא בנאו במקומו הראשון » (שו״ע יו״ד רט״ז:ד) et même s’il ne l’a pas rebâtie à son emplacement premier
ד « הגה אמר לו קונם בית אביך שאיני נכנס בו אע״פ שמת האב אסור דכל יוצאי חלציו קרויין בית אב » (רמ״א יו״ד רט״ז:ד) Glose : s’il lui a dit : קונם, la maison de ton père où j’entre — quoique le père soit mort, c’est interdit, car tous ses descendants sont appelés « maison du père »
ד « מרדכי ספ״ק דגיטין ובא״ע סי׳ קמ״ו ועס״ק י״ב » (רמ״א יו״ד רט״ז:ד) (Mordekhaï, fin du premier chapitre de Guittin, et Even HaEzer siman 146, et voir le ס״ק י״ב)
ה « אמר קונם לבית זה שאני נכנס בו אסור בו לעולם בין שמת או מכרו או נתנו לאחרים » (שו״ע יו״ד רט״ז:ה) Il a dit : קונם, cette maison-ci où j’entre — il lui est interdit à jamais, qu’il soit mort, ou qu’il l’ait vendue ou donnée à d’autres
ה « ואם נפל ובנאו אפילו במקומו ובמדתו הראשונה מותר » (שו״ע יו״ד רט״ז:ה) et si elle est tombée et qu’il l’ait rebâtie — même à son emplacement et à ses dimensions premières — c’est permis
ו « אמר קונם לביתך זה שאני נכנס אסור בו לעולם בין שמת או מכרו או נתנו לאחר בין שנפל ובנאו » (שו״ע יו״ד רט״ז:ו) Il a dit : קונם, cette maison-ci à toi où j’entre — il lui est interdit à jamais, qu’il soit mort, ou qu’il l’ait vendue ou donnée à un autre, ou qu’elle soit tombée et qu’il l’ait rebâtie
ו « ויש מי שמתיר במת או מכרו או נתנו ואוסר בנפל ובנאו » (שו״ע יו״ד רט״ז:ו) et il en est un qui permet dans le cas où il est mort, l’a vendue ou donnée, et interdit dans le cas où elle est tombée et qu’il l’a rebâtie
ו « ויש מי שאוסר בזו ומתיר בזו » (שו״ע יו״ד רט״ז:ו) et il en est un qui interdit dans ce cas-ci et permet dans celui-là
ז « אמר ראובן לשמעון קונם בית זה שאתה נכנס ומת או שמכרו לאחר אסור » (שו״ע יו״ד רט״ז:ז) Reouven a dit à Chimon : קונם, cette maison-ci où tu entres — et il est mort, ou l’a vendue à un autre : c’est interdit
ז « שהאוסר דבר שהוא שלו על חבירו אע״פ שיצא מרשותו הרי הוא באיסורו עומד » (שו״ע יו״ד רט״ז:ז) car celui qui rend interdite à son compagnon une chose qui est à lui — quand bien même elle serait sortie de sa propriété, elle demeure dans son interdit
ז « אבל אם אמר לו קונם לביתי שאתה נכנס אם מת או מכרו או נתנו לאחר מותר » (שו״ע יו״ד רט״ז:ז) mais s’il lui a dit : קונם, ma maison où tu entres — s’il est mort, ou l’a vendue ou donnée à un autre, c’est permis
ז « האומר לבנו הרי אתה אסור בהנייתי או שנשבע שלא יהנה בו אם מת יירשנו שזה כאומר נכסי עליך אסורין » (שו״ע יו״ד רט״ז:ז) Celui qui dit à son fils : te voici interdit de tirer profit de moi — ou qui a juré qu’il n’en profiterait pas — s’il meurt, [le fils] en hérite, car c’est comme s’il disait : mes biens te sont interdits
ז « אבל אם אסר עליו הנייתו ופירש בין בחייו בין במותו אם מת לא יירשנו שזה כאומר נכסי אלו עליך אסורים » (שו״ע יו״ד רט״ז:ז) mais s’il lui a interdit son profit et a précisé « de mon vivant comme après ma mort » — s’il meurt, il n’en hérite pas, car c’est comme s’il disait : ces biens-ci te sont interdits
ז « וע״ל סימן רכ״ג » (שו״ע יו״ד רט״ז:ז) (et voir plus loin siman 223)
ז « הגה קהל שנדרו כל מה שיגבו יהיה לצורך בנין בית הכנסת ובנין בית המדרש יתנו מחצה לזה ומחצה לזה אע״פ שלא גבו להספיק א׳ מהם » (רמ״א יו״ד רט״ז:ז) Glose : une communauté qui a voué que tout ce qu’elle collecterait irait à la construction d’une synagogue et à celle d’une maison d’étude — on en donne la moitié à l’une et la moitié à l’autre, même si l’on n’a pas collecté de quoi suffire à l’une d’elles
ז « מי שהשביע את בנו או חבירו שלא ילוה מעותיו לאחרים אם לא ברשות ראובן ושמעון ומת אחד מהם מותר להלוות ברשות הא׳ דכל מקום שנאמר פלוני ופלוני משמע אפי׳ א׳ מהם עד שיפרוט לך שניהם ביחד » (רמ״א יו״ד רט״ז:ז) Celui qui a fait jurer son fils ou son compagnon de ne pas prêter son argent à autrui sans l’autorisation de Reouven et de Chimon, et que l’un des deux meurt : il est permis de prêter avec l’autorisation de l’un — car partout où il est dit « untel et untel », cela s’entend même de l’un d’eux, jusqu’à ce qu’on te précise « tous deux ensemble »
ז « מי שנשבע לאשה המשודכת לו שלא ישא אשה עליה וקודם שכנסה נפלה לו יבמה מותר ליבמה דלשון עליה אינה במשמע אלא אם נשאה תחילה » (רמ״א יו״ד רט״ז:ז) Celui qui a juré à la femme qui lui est fiancée de ne pas épouser une femme par-dessus elle, et à qui, avant de l’avoir épousée, échoit une yevama : il lui est permis de l’épouser par lévirat, car l’expression « par-dessus elle » ne s’entend que s’il l’a épousée en premier
ז « ולא יכנוס המשודכת אלא א״כ יתירו לו שבועתו » (רמ״א יו״ד רט״ז:ז) et il n’épousera pas la fiancée, à moins qu’on ne lui délie son serment
ח « אמר לחבירו ככרי זו אסורה עליך אפי׳ נתנה לו במתנה או מכרה לו אסורה לו » (שו״ע יו״ד רט״ז:ח) Il a dit à son compagnon : mon pain que voici t’est interdit — même s’il le lui a donné en cadeau, ou le lui a vendu, il lui est interdit
ח « מת ונפלו לו בירושה או שנתנה לאחר והוא נתנה לו מותרת לו שלא אמר אלא ככרי ועתה אינו שלו » (שו״ע יו״ד רט״ז:ח) s’il est mort et qu’il lui soit échu par héritage, ou qu’il l’ait donné à un autre et que celui-ci le lui donne — il lui est permis, car il n’a dit que « mon pain », et maintenant il n’est plus à lui
ט « אמר קונם בשר ויין עלי מותר בתבשיל שיש בו בשר ויין אע״פ שנותנין בו טעם » (שו״ע יו״ד רט״ז:ט) Il a dit : קונם, la viande et le vin me sont [interdits] — il est permis dans un plat où il y a de la viande et du vin, quoiqu’ils y donnent du goût
ט « ואם אמר קונם בשר ויין שאני טועם או שאני אוכל או שאמר קונם בשר או יין זה עלי אסור בתבשיל שיש בו טעם [בשר או] יין » (שו״ע יו״ד רט״ז:ט) et s’il a dit : קונם, la viande et le vin que je goûte, ou que je mange — ou s’il a dit : קונם, cette viande ou ce vin-ci me sont [interdits] — il est interdit dans un plat où il y a du goût [de viande ou] de vin
י « נתערב יין זה שאסרו על עצמו ביין אחר אפי׳ טפה בחבית נאסר הכל » (שו״ע יו״ד רט״ז:י) Ce vin-ci qu’il s’est interdit s’est mélangé à un autre vin — même une goutte dans un tonneau, le tout devient interdit
י « מפני שיש לו להשאיל על נדרו נעשה כדבר שיש לו מתירין שאינו בטל במינו » (שו״ע יו״ד רט״ז:י) parce qu’il lui est possible de demander la dissolution de son vœu, il devient comme une chose qui a de quoi être rendue permise, laquelle ne s’annule pas dans son espèce
יא « האוסר על עצמו יינו של פלוני או של מקום פלוני דינו כדין האוסר על עצמו יין זה שאסור בתבשיל שנפל בו ויש בו טעם יין » (שו״ע יו״ד רט״ז:יא) Celui qui s’interdit le vin d’untel, ou celui de tel endroit, a le même droit que celui qui s’interdit « ce vin-ci » : il est interdit dans un plat où il en est tombé et où il y a du goût de vin
יא « והוא הדין אם אותו יין נעשה חומץ אחר הנדר שהוא אסור עליו » (שו״ע יו״ד רט״ז:יא) et il en va de même si ce vin est devenu vinaigre après le vœu : il lui est interdit
יא « אבל מה שהיה חומץ בשעת הנדר מותר » (שו״ע יו״ד רט״ז:יא) mais ce qui était déjà vinaigre au moment du vœu est permis
יא « דיין אסר עליו ולא חומץ) (ב״י בשם תשובת הרשב״א » (שו״ע יו״ד רט״ז:יא) (car c’est du vin qu’il s’est interdit, et non du vinaigre) (Beit Yossef au nom d’une responsa du Rachba)
יב « אמר קונם זיתים וענבים עלי מותר בשמן ויין היוצא מהם » (שו״ע יו״ד רט״ז:יב) Il a dit : קונם, les olives et les raisins me sont [interdits] — il est permis dans l’huile et le vin qui en sortent
יב « אפי׳ הוא חדש » (שו״ע יו״ד רט״ז:יב) même s’il est nouveau
יב « ואם אמר קונם זיתים וענבים שאני טועם או שאמר קונם זיתים אלו עלי אסור אף במשקים היוצאים מהם ובתבשיל שנותנין בהם טעם » (שו״ע יו״ד רט״ז:יב) et s’il a dit : קונם, les olives et les raisins que je goûte — ou s’il a dit : קונם, ces olives-ci me sont [interdites] — il est interdit même dans les liquides qui en sortent et dans un plat auquel ils donnent du goût

7. Cas pratiques

Cinq situations, prises dans l’ordre du siman. Chacune se clôt sur le même renvoi : la conduite réelle revient au Rav.

Cas 1 — un engagement pris sur « ceci »

Quelqu’un a désigné une chose précise — celle-ci, la sienne, celle de tel endroit. Le siman dit que l’interdit voyage : il passe à ce qu’on obtient en l’échangeant, à ce qui en pousse, à ce qui en coule. La première chose à établir n’est donc pas ce qu’il a voulu interdire, mais quel mot il a employé. Cela ne se reconstruit pas de mémoire : demande à ton Rav.

Cas 2 — « je ne mangerai pas de… »

Une formule verbale borne l’interdit à l’acte nommé. Manger l’échange de la chose, ce n’est pas la manger. Mais le seif 2 pose un correctif que l’on n’attend pas : si la semence subsiste, la pousse contient encore l’objet, et redevient interdite — jusqu’au second degré. Le raisonnement est physique autant que juridique, et l’application à un produit d’aujourd’hui relève d’un Rav.

Cas 3 — « ta maison » ou « cette maison »

Les seifim 4 à 8 montrent que deux formules quasi identiques à l’oreille produisent des conséquences opposées sur la vente, l’héritage et la reconstruction. Et le seif 6 montre ce qui arrive quand on les emploie ensemble : trois positions, dont la première retient la rigueur des deux. Aucune de ces distinctions ne se tranche sans un Rav.

Cas 4 — un engagement collectif, et le mot « et »

La glose du Rama au seif 7 rapporte trois responsa du Rachba, et toutes trois reposent sur la portée d’un mot : « et » entre deux destinations d’une collecte, « untel et untel » dans une autorisation, « par-dessus elle » dans un engagement de mariage. Le Chakh conteste la dernière et renvoie au Bedek HaBayit. Matière de responsa, et de Rav.

Cas 5 — le goût dans un plat

C’est le cas le plus courant du siman aujourd’hui. Le seif 9 pose le défaut : une formule générale n’atteint pas le plat, une formule désignante ou verbale l’atteint. Mais le Chakh, au ס״ק כ״ה, renverse le défaut si le goût lui est pénible ; le Pit’hei Techouva, au ס״ק ד, ajoute la question de la marmite et du נ״ט בר נ״ט ; et le Chakh, au ס״ק כ״ו, renvoie au siman 98 pour la mesure. Trois couches de conditions : demande à ton Rav.

8. Questions de compréhension

  1. Quelle est la règle générale que le Tour pose en tête du siman, et quelle moitié le Choulhan Aroukh développe-t-il ici ?
  2. Pourquoi « ces fruits-ci » emporte-t-il les échanges et les pousses, alors que « les figues » n’emporte rien ? Donne la réponse du Chakh au ס״ק ד.
  3. Qu’est-ce qu’un דבר שזרעו כלה, et quelle conséquence en tire le seif 1 pour les pousses des pousses ?
  4. Le Ba’h restreint les pousses des pousses au seul seif 2. Comment le Chakh au ס״ק ב et le Taz au ס״ק ג lui répondent-ils ?
  5. Pourquoi, au seif 2, les échanges deviennent-ils permis ? Donne la raison du Taz au ס״ק ה.
  6. Le Taz, au ס״ק ח, trouve une difficulté dans le seif 3. Laquelle, et comment la résout-il au nom du Tour ?
  7. Expose la différence entre le seif 4 et le seif 5 sur la maison vendue puis rachetée, et sur la maison tombée puis rebâtie.
  8. Le seif 6 rapporte trois positions. Quelles sont-elles, et sur quoi porte exactement le désaccord ?
  9. Pourquoi, au seif 7, le démonstratif survit-il à la vente alors qu’au seif 4 le possessif n’y survit pas ?
  10. Le Chakh, au ס״ק כ״ד, s’étonne du seif 8 et conclut צ״ע. De quoi s’étonne-t-il, et que répond le Taz au ס״ק י״ב ?
  11. Pourquoi « la viande » n’atteint-elle pas un plat, alors que « cette viande-ci » l’atteint ?
  12. Qu’est-ce qu’un דבר שיש לו מתירין, et pourquoi le vin du seif 10 ne s’annule-t-il pas dans un tonneau ?
  13. Le seif 11 permet le vinaigre qui l’était déjà et interdit le vin devenu vinaigre. Donne la raison, et compare-la au seif 4.
  14. Que veut dire אזלינן בתר שמא, et sur quelle clause du seif 12 le Chakh l’applique-t-il ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
Les sources de ce niveau sont consultables sur Sefaria :
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן רט״ז · Niveau 1 — Initiation · חילוק בין האומר פירות אלו או לא אמר אלו
daattorah.com

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