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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman 219 — Le vœu sans terme fixé

Trois seifim : quand rien n’oblige tout de suite, et quand rien ne finit jamais
יורה דעה · סימן רי״ט
דין הנודר בלא קביעות זמן
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Première approche du Siman 219, trois seifim seulement, et deux mouvements contraires. Le siman 218 posait qu’on suit l’intention du vouant ; celui-ci en tire la conséquence sur le point qu’un vœu oublie presque toujours de préciser : le temps. Un homme s’est engagé à épouser, à acheter, à payer un maître — on ne le presse pas, on attend ce qui lui convient. Un homme s’est interdit une chose — et rien ne bornant l’interdit, il dure toujours. Ce sont des règles למעשה : tout cas réel se pose à un Rav.

Sujet : Le vœu qui n’a pas dit quand
Source : שולחן ערוך יורה דעה סימן רי״ט (ג׳ סעיפים)

Compilation : הרב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

📑 Plan de l’étude

1. De quoi parle ce siman ?
2. Les seifim, l’un après l’autre, clause par clause
3. Les concepts-clés
4. D’où viennent ces seifim : la michna, la guemara, le Rambam, le Tour, le Beit Yossef
5. L’appareil du siman, cité entrée par entrée
6. Le tableau des seifim
7. Cas pratiques
8. Questions de compréhension

1. De quoi parle ce siman ?

Ce siman tient en une question, et elle se pose dans les deux sens. Un homme a voué, et il n’a rien dit du temps. Que fait-on de ce silence ?

La réponse dépend entièrement de ce que le vœu fait. S’il engage à une action — épouser, acheter, payer un maître —, le silence joue en faveur de l’homme : on ne l’oblige pas immédiatement, et l’on attend ce qui lui convient, parce que personne ne s’est engagé à prendre n’importe quoi. Mais si le vœu interdit une chose, le même silence joue contre lui : rien ne borne l’interdit, donc il ne finit jamais.

Ce n’est pas une contradiction : c’est le même principe appliqué deux fois. Dans les deux cas, on lit ce que le vouant a voulu dire — et l’homme qui s’engage à agir n’a pas voulu s’engager au-delà du raisonnable, tandis que l’homme qui interdit n’a posé aucune limite.

Le siman en deux mouvements. Seifim 1 et 2 : le vœu de faire, sans terme — on attend ce qui convient, et le seul devoir immédiat est de ne pas créer de rupture. Seif 3 : le vœu d’interdire, sans terme — pour toujours, et le serment avec lui.

2. Les seifim, clause par clause

Voici les trois seifim, chacun d’abord en entier — tel que la source le donne, parenthèses de source et gloses comprises —, puis décomposé clause par clause.

Seif 1 — il a voué de se marier, d’acheter : on ne le presse pas

Le siman ouvre sur un vœu positif — non pas s’interdire une chose, mais s’engager à en faire une — et sur ce que ce vœu n’a pas dit : quand. La source est une braïta de Bava Kamma, et elle se termine par un cas réel : une femme excédée par son fils avait juré d’épouser le premier venu. Les Sages ont dit qu’elle n’avait voulu dire que le premier qui lui convienne.

דין הנודר בלא קביעות זמן. ובו ג׳ סעיפים:
מי שנדר או נשבע לישא אשה או לקנות בית וכיוצא בו ולא קבע זמן אין מחייבין אותו לישא או לקנות עד שימצא הראוי לו:
« דין הנודר בלא קביעות זמן. ובו ג׳ סעיפים » (שו״ע יו״ד רי״ט:א)
Le droit de celui qui voue sans fixer de terme — et il y a ici trois seifim
Le chapeau imprimé, et il annonce exactement ce que le siman fait : קביעות זמן, la fixation d’un terme. Trois seifim, et deux directions opposées — le vœu de faire, qui n’oblige pas tout de suite ; le vœu d’interdire, qui ne finit jamais.
« מי שנדר או נשבע לישא אשה או לקנות בית וכיוצא בו » (שו״ע יו״ד רי״ט:א)
Celui qui a voué ou juré d’épouser une femme, ou d’acheter une maison, ou chose semblable
Deux exemples, et ils ne sont pas pris au hasard : ce sont ceux de la braïta de בבא קמא פ׳ ע״א. Le Chakh, au ס״ק א, pose d’emblée la question de forme : un vœu interdit un objet ; s’engager à agir est la matière d’un serment. Il répond, au nom de la Prisha, qu’il s’agit d’une התפסה — il a rendu une chose interdite pour le cas où il ne se marierait pas.
« ולא קבע זמן אין מחייבין אותו לישא או לקנות » (שו״ע יו״ד רי״ט:א)
et il n’a pas fixé de terme — on ne l’oblige pas à épouser ni à acheter
Le cœur du seif. Le vœu tient — il n’est pas question de l’annuler —, mais il ne s’exécute pas sur commande. Le Baer Hetev, au ס״ק א, rapporte du Mabit que la règle ne se limite pas à l’absence de terme, et signale aussitôt que le Rachdam et la Knesset HaGuedola disent, eux, qu’elle s’y limite.
« עד שימצא הראוי לו » (שו״ע יו״ד רי״ט:א)
jusqu’à ce qu’il trouve ce qui lui convient
La mesure, et c’est une mesure d’intention. Personne n’a voué d’épouser n’importe qui ni d’acheter n’importe quoi : voilà ce que les Sages ont dit à la femme de la braïta. Le Pit’hei Techouva, au ס״ק א, rapporte du Ḥatam Sofer au nom du Mahari’t la distinction qui commande tout : une chose de mitsva — épouser une femme — oblige dès qu’il s’en présente une qui convienne ; une chose de permission souffre d’être remise.
Le seif 1 en un mot. Un vœu de faire, sans terme, n’est pas un vœu de faire tout de suite ni de faire n’importe comment. On attend ce qui convient. Ce n’est pas une indulgence : c’est la lecture exacte de ce que l’homme a voulu dire.

Seif 2 — le maître d’école : « jusqu’à dix litrin »

Un cas de responsa, tiré du Rachba, et qui applique le même principe à une somme plutôt qu’à un délai. Un père a juré de payer un maître d’école jusqu’à dix litrin — faut-il donc dépenser les dix, et prendre le plus savant qu’on puisse trouver ? Non : il a juré להגון, au convenable, comme la femme de la braïta.

הנשבע לשכור מלמד לבנו עד עשרה לטרין כל זמן שישכור מלמד הגון הוא פטור ויזהר שלא ישלח המלמד הראשון עד שיבא השני (כי צריך לשכור המלמד הראשון ההגון לו אם לא שבא לו מלמד אחר) . (תשובת הרשב״א):
« הנשבע לשכור מלמד לבנו עד עשרה לטרין » (שו״ע יו״ד רי״ט:ב)
Celui qui a juré de louer un maître d’école pour son fils jusqu’à dix litrin
Le לטרא est une unité de poids devenue unité de compte : « jusqu’à dix » fixe un plafond de dépense, non un objectif. Le seif va montrer que la formule ne dit pas ce qu’on croirait.
« כל זמן שישכור מלמד הגון הוא פטור » (שו״ע יו״ד רי״ט:ב)
tant qu’il loue un maître d’école convenable, il est quitte
Le même mot qu’au seif 1 : הגון. Le Chakh, au ס״ק ג, rapporte la raison du Rachba, et elle est le lien entre ce siman et le précédent : tous les vœux ne se suivent que d’après l’intention du cœur — il n’a pas juré de prendre le plus savant qu’il pût payer.
« ויזהר שלא ישלח המלמד הראשון עד שיבא השני » (שו״ע יו״ד רי״ט:ב)
et qu’il prenne garde de ne pas congédier le premier maître avant que le second n’arrive
La réserve, et elle est pratique. Le Beit Yossef en donne la raison : l’obligation est immédiate, comme la tsedaka, parce qu’il y a devant lui un enfant — et le temps perdu à l’étude est פסידא דלא הדר, une perte qui ne revient pas.
« כי צריך לשכור המלמד הראשון ההגון לו אם לא שבא לו מלמד אחר » (שו״ע יו״ד רי״ט:ב)
car il lui faut louer le premier maître qui lui convienne, à moins qu’un autre maître ne lui vienne
La parenthèse explicative, ajoutée en petit corps dans l’édition : elle borne la réserve précédente. Le renvoi qui suit, תשובת הרשב״א, donne la source du seif entier.
Le seif 2 en un mot. Un plafond n’est pas un devis. Qui s’est engagé « jusqu’à dix » s’est engagé au convenable, et il est quitte dès qu’il l’a. Mais la règle du convenable ne dispense pas de la continuité : on ne renvoie pas le maître en place avant d’avoir le suivant.

Seif 3 — il a interdit sans dire jusqu’à quand : c’est pour toujours

Le siman se retourne. Les deux premiers seifim portaient sur un vœu de faire, et le silence sur le terme y jouait en faveur de l’homme. Celui-ci porte sur un vœu d’interdire, et le même silence joue contre lui. Une seule ligne, et derrière elle toute la discussion de l’appareil.

מי שאסר דבר אחד עליו בלא זמן אסור בו לעולם:
« מי שאסר דבר אחד עליו בלא זמן » (שו״ע יו״ד רי״ט:ג)
Celui qui s’est interdit une chose sans terme
La formule est celle du Tour, à un mot près. Le Beit Yossef en donne la source : le Roch, à la fin du chapitre שבועות שתים, et il donne aussi le raisonnement — quel terme lui donnerais-tu ? Il n’est pas raisonnable qu’il ne soit interdit qu’un instant.
« אסור בו לעולם » (שו״ע יו״ד רי״ט:ג)
il lui est interdit pour toujours
Trois mots qui ouvrent la vraie question du siman, et c’est celle de l’appareil : et un serment ? Le Taz, au ס״ק א, rapporte la raison du Ran — le vœu enveloppe les vœux de consécration, et une bête consacrée l’est pour toujours —, puis les Hagahot Mordekhaï qui distinguent, puis le doute du Darkei Moché, et il conclut malgré tout que le serment est pareil.
Le seif 3 en un mot. Ce qu’on interdit sans dire jusqu’à quand, on l’a interdit pour toujours — et le Chakh comme le Taz étendent la règle au serment, contre le modèle de la nezirout où le silence vaut trente jours. Le Baer Hetev en tire deux cas très concrets, et le Pit’hei Techouva un troisième.

3. Les concepts-clés de ce siman

קביעות זמן — La fixation d’un terme. Le mot du chapeau, et l’axe du siman : ce que le vouant n’a pas borné dans le temps. Son absence n’a pas le même effet selon que le vœu oblige ou interdit.
הראוי לו · הגון — Ce qui lui convient ; le convenable. Le critère des seifim 1 et 2, et il est le même mot que celui des Sages dans la braïta de Bava Kamma : לא נתכוונה זו אלא להגון לה.
דבר מצוה · דבר הרשות — Chose de mitsva, chose de permission. Distinction que le Pit’hei Techouva rapporte au ס״ק א au nom du Mahari’t : pour une chose de mitsva on est réputé s’être engagé sur-le-champ, dès que le convenable se présente ; pour une chose de permission, le report est libre.
התפסה — Le fait de rendre une chose interdite en la « rattachant » à une autre déjà interdite. Le Chakh y recourt au ס״ק א pour expliquer comment un engagement à faire peut néanmoins être un vœu et non un serment.
סתם נזירות שלשים יום — La nezirout non bornée vaut trente jours. C’est le modèle inverse de notre seif 3, et c’est lui que le Taz et le Chakh doivent écarter pour étendre au serment la règle du « pour toujours ».
פסידא דלא הדר — Une perte qui ne revient pas. Raison que le Beit Yossef donne pour l’immédiateté du seif 2 : le temps d’étude perdu par l’enfant ne se rattrape pas.

4. D’où viennent ces seifim

Le Tour — les deux extrémités du siman, en deux lignes

Le Tour ne donne que les seifim 1 et 3 : le seif 2 viendra du Beit Yossef, qui l’a pris d’une responsa du Rachba. Noter que le Tour écrit מיד — « immédiatement » — là où le Choulhan Aroukh l’omet.

« מי שנדר או נשבע לישא אשה או לקנות בית וכיוצא בו ולא קבע זמן אין מחייבין אותו לישא או לקנות מיד עד שימצא הראוי לו » (טור יורה דעה רי״ט)
« ומי שאסר עליו שום דבר בלא זמן אסור בו לעולם » (טור יורה דעה רי״ט)

La braïta — בבא קמא פ׳ ע״א, et le cas de la femme

C’est la source du seif 1, et elle porte une mention que le Choulhan Aroukh n’a pas reprise : בארץ ישראל. Le Pit’hei Techouva, au ס״ק א, relève l’omission et écrit ויש לעיין.

« וְכֵן מִי שֶׁנָּדַר לִיקַּח בַּיִת וְלִיקַּח אִשָּׁה בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל – אֵין מְחַיְּיבִין אוֹתוֹ לִיקַּח מִיָּד, עַד שֶׁיִּמְצָא אֶת הַהוֹגֶנֶת לוֹ » (בבא קמא פ׳ ע״א)
« וּמַעֲשֶׂה בְּאִשָּׁה אַחַת שֶׁהָיָה בְּנָהּ מֵיצֵר לָהּ, וְקָפְצָה וְנִשְׁבְּעָה: ״כׇּל מִי שֶׁיָּבֹא, אֵינִי מַחְזִירָתוֹ״, וְקָפְצוּ עָלֶיהָ בְּנֵי אָדָם שֶׁאֵינָן מְהוּגָּנִין. וּכְשֶׁבָּא הַדָּבָר אֵצֶל חֲכָמִים, אָמְרוּ: לֹא נִתְכַּוְּונָה זוֹ אֶלָּא לְהָגוּן לָהּ » (בבא קמא פ׳ ע״א)

Le Rambam — הלכות נדרים פרק ח׳

Le Rambam place ce cas à la fin du chapitre qu’il consacre à l’intention du vouant — c’est-à-dire au siman 218. Il ajoute deux exemples que notre seif ne garde pas, la caravane et la traversée, et il rapporte le cas de la femme.

« מִי שֶׁנִּשְׁבַּע אוֹ נָדַר שֶׁיִּשָּׂא אִשָּׁה אוֹ שֶׁיִּקְנֶה בַּיִת אוֹ שֶׁיֵּצֵא בְּשַׁיָּרָא אוֹ יִפְרשׁ בַּיָּם אֵין מְחַיְּבִין אוֹתוֹ לִשָּׂא אִשָּׁה אוֹ לִקְנוֹת אוֹ לְצֵאת מִיָּד אֶלָּא עַד שֶׁיִּמָּצֵא דָּבָר הֶהָגוּן לוֹ » (רמב״ם הלכות נדרים פרק ח׳ הלכה י״ג)
« מַעֲשֶׂה בְּאִשָּׁה שֶׁנָּדְרָה שֶׁכָּל מִי שֶׁיִּתְבַּע אוֹתָהּ תִּנָּשֵׂא לוֹ וְקָפְצוּ עָלֶיהָ בְּנֵי אָדָם שֶׁאֵינָן הֲגוּנִין לָהּ. וְאָמְרוּ חֲכָמִים לֹא נִתְכַּוְּנָה זוֹ אֶלָּא לְכָל מִי שֶׁיִּתְבַּע אוֹתָהּ מִן הַהֲגוּנִין לָהּ » (רמב״ם הלכות נדרים פרק ח׳ הלכה י״ג)

Le Beit Yossef — la responsa du Rachba, source du seif 2

Le Beit Yossef rapporte la responsa en entier, et c’est de lui que le Choulhan Aroukh tire le seif — y compris la réserve finale sur le renvoi du premier maître, dont il donne la raison.

« כתב הרשב״א בתשובה על הנשבע לשכור מלמד לבנו עד י׳ ליטרין דעתי נוטה שמצד שבועתו הוא פטור כל זמן שישכור מלמד הגון לו שלא נשבע זה לשכור מלמד החכם יותר שיוכל לשכור וכל הנדרים אינם הולכין אלא אחר כוונת הלב » (בית יוסף יורה דעה רי״ט)
« ומיהו אם משלח המלמד ששכר לו קודם שיבא השני אפשר שהוא אסור מפני שהוא מחוייב בדבר מיד דהא האי דומה לדרבא (בר״ה ו ) דאמר וצדקה מיחייב עליה לאלתר דקיימי עניים וכ״ש בענין הלימוד שהביטול בו הוי פסידא דלא הדר » (בית יוסף יורה דעה רי״ט)

Le Roch — la raison du « pour toujours »

Le Beit Yossef donne la source du seif 3, et il en rapporte l’argument en une ligne : quel terme irait-on lui assigner ?

« כ״כ הרא״ש בסוף פרק שבועות שתים דכל שאסר עליו בסתם ולא הזכיר לעולם כיון שלא קבע לו זמן ממילא נאסר עליו לעולם דאיזה זמן תתן לו ולא מסתבר שלא יאסר אלא רגע א » (בית יוסף יורה דעה רי״ט)

5. L’appareil du siman, entrée par entrée

L’appareil de ce siman compte dix entrées : quatre ס״ק du Chakh, un du Taz, deux du Baer Hetev, deux du Pit’hei Techouva, une des Nekoudot HaKessef. Nous les citons toutes, dans l’ordre, sans en résumer aucune. L’Aroukh HaChoul’han n’est pas cité : il ne nous est pas accessible pour ce siman. Le Pri Ḥadach, le Biour HaGra et le Beer HaGola ne le sont pas davantage.

Le Chakh (ש״ך) — ד׳ ס״ק

Quatre entrées, et chacune ouvre une question distincte : la forme du vœu, son étendue quand un terme est fixé, la raison du Rachba, et enfin l’extension au serment — qui est la discussion principale du siman.

ס״ק א — un vœu, ou bien un serment déguisé ? La réponse de la Prisha

« מי שנדר כו׳. ר״ל שהתפיס בדבר אחד שאמר דבר פלוני אסור עלי אם לא אשא אשה דאל״כ הוי לשון שבועה ואינו נדר כלל. פרישה. מיהו נראה דהאידנא בכל ענין הוי נדר כדלעיל ס״ס ר״ו (ע״ל סי׳ רי״ח ס״ק ב׳) וע״ש די״א ג״כ דמהני מדין ידות אם הוציא לנדר בלשון שבועה: » (ש״ך יו״ד רי״ט ס״ק א)

ס״ק ב — le Mabit : même avec un terme fixé, on n’exige que ce qui convient

« ולא קבע זמן כו׳. ל״ד אלא ה״ה קבע זמן לישא אשה תוך שנה וכה״ג אין מחייבים אותו אלא לישא אשה ההגונה לו כ״כ בתשובת מבי״ט ח״ב סימן ק״ד דף נ׳ ע״ג: » (ש״ך יו״ד רי״ט ס״ק ב)

ס״ק ג — la raison du Rachba : le vœu suit l’intention du cœur

« כל זמן כו׳. שלא נשבע זה לשכור מלמד החכם יותר שיוכל לשכור וכל הנדרים אינם הולכים אלא אחר כוונת הלב וכיון שבתחילת הלמוד כ״כ ראוי והגון אף שלא הגיע למדרגות הרבנות כמו א׳ מגדולי הרבנים דלא נתכוין זה אלא לראוי לו. שם: » (ש״ך יו״ד רי״ט ס״ק ג)

ס״ק ד — le serment aussi est pour toujours — et pourquoi le Ba’h n’avait pas à s’étonner

« אסור בו לעולם כו׳. כתוב בד״מ שנראה מהגמ״ר דשבועות דדוקא בנדר אמרינן הכי כיון דאסר חפצים עליו אבל שבועה דאסר נפשיה אחפצא דמי לנזירות דסתמא ל׳ יום מיהו מסיק שם בשם הרא״ש ס״פ שבועות שתים דגם בשבועה אסור לעולם וכן מבואר בהרא״ש שם והשתא ניחא דל״ק מה שכתב הב״ח כ״כ הרא״ש ס״פ שבועות שתים מסברא » (ש״ך יו״ד רי״ט ס״ק ד)
« ולפע״ד דין זה מבואר פ״ק דנדרים דף ד׳ כו׳. דבש״ס אין מבואר רק בנדרים והרא״ש מיירי בשבועות וכ״כ הרב לקמן סי׳ רל״ז ס״ד בשבועה דאם נשבע סתם אסור לעולם: » (ש״ך יו״ד רי״ט ס״ק ד)

Le Taz (ט״ז) — א׳ ס״ק

Une seule entrée, mais c’est elle qui porte le débat : le Ran, les Hagahot Mordekhaï, le doute du Darkei Moché, et une preuve tirée de la braïta des différences entre vœu et serment.

ס״ק א — la nezirout, la consécration, et les Hagahot Mordekhaï

« אסור בו לעולם. ואע״ג דגבי נזירות אמרינן סתם נזירות ל׳ יום שאני בנדר שכולל בו נדרי הקדש ונדרי איסור וכשם שהמקדיש בהמה למזבח קדושה עולמית ה״נ בנדרי איסור כן כתב הר״ן בנדרים דף ד׳ ובהגהות מרדכי דשבועות כתב וז״ל דלגבי נזירות איתסר מן חפצא הלכך סברא הוא שלא שיעבד עצמו אלא בפחות שיוכל אבל נדרים » (ט״ז יו״ד רי״ט ס״ק א)
« אוסר חפצא עליו הלכך לא גמרינן מנזיר עכ״ל. וכתוב בד״מ וצ״ע לפי זה אם אוסר עצמו בשבועה אם לומדים מנזירות דלא ליתסר רק ל׳ יום עכ״ל וספיקא דרמ״א הוה גם לפי טעם הר״ן דהא בשבועה לא שייך טעם דהר״ן דהקדש אינו כלול בשבועה.) ומ״מ נראה ברור דגם בשבועה אסור לעולם מדתני׳ סוף פ״ק דנדרים חומר בנדרים » (ט״ז יו״ד רי״ט ס״ק א)
« מבשבועה שחלין על דבר מצוה כרשות ואם איתא היה לו לחשוב גם זאת דבנדרים אסור לעולם משא״כ בשבועה אלא פשוט שבשבועה ונדרים שוין בזה מאיזה לימוד: » (ט״ז יו״ד רי״ט ס״ק א)

Le Baer Hetev (באר היטב) — ב׳ ס״ק

Deux entrées, et le Baer Hetev y fait ce qu’il fait le mieux : abréger les A’haronim, puis ajouter entre parenthèses les responsa que personne d’autre n’a rapportées.

ס״ק א — « pas seulement » : le Mabit, et la réserve du Rachdam

« זמן. לאו דוקא אלא ה״ה קבע זמן לישא אשה תוך שנה וכה״ג אין מחייבין אוחו אלא לישא אשה ההוגנת לו כ״כ בתשובת מבי״ט (רשד״ם וכנה״ג כחבו דוקא בלא קבע זמן ע״ש): » (באר היטב יו״ד רי״ט ס״ק א)

ס״ק ב — le serment aussi ; la synagogue et la haskama sans terme

« שאסר. כתבו הט״ז והש״ך דגם בשבועה הדין כן דאסור לעולם משא״כ בנזירות דאינו אלא ל׳ יום (מי שאסר על עצמו להתפלל בבהכ״נ של פלוני ולא קבע זמן אסור להתפלל בו לעולם הרש״ך ח״א סימן ל״ו. וכן הסכמת הקהל כל שלא קצבו זמן הוא לעולם הרש״ך ח״ג סי׳ ק״ה): » (באר היטב יו״ד רי״ט ס״ק ב)

Le Pit’hei Techouva (פתחי תשובה) — ב׳ ס״ק

Deux entrées, toutes deux longues et toutes deux de responsa tardives — le Ḥatam Sofer sur le premier seif, le Tiferet Tsvi sur le troisième.

ס״ק א — le Ḥatam Sofer et le Mahari’t : chose de mitsva, chose de permission

« עד שימצא. [ע׳ בתשובת חתם סופר סימן רכ״ח הביא בשם מהרי״ט סימן קל״א במעשה שנשבעו על הנישואים וכתבו שראובן חייב לשמעון סך עצום לפרוע לו ואולם אם ישא בתו ימחול לו חובו זה. ושוב התחייב החתן סך עצום לחותנו. ואולם אם ישא בתו ימחול חובו. » (פתחי תשובה יו״ד רי״ט ס״ק א)
« ונשבעו זה לזה על כל האמור ועכשיו טוען צד אחד עדיין אין זמן לפרעון ולנשואין אמתין עד שנת היובל והאריך שם לבאר דבדבר הרשות לעשות דבר פלוני יכול לדחות מדחי אל דחי אך בדבר מצוה כגון לישא אשה או ליקח בית בא״י מיד כשיזדמן ההגון לו כופין אותו לקיים דבדבר מצוה הוי כמפרש ליקח מיד ולאלתר כשיזדמן » (פתחי תשובה יו״ד רי״ט ס״ק א)
« והשתא בנ״ד שהענין כלול משני דברים שידוכי הבת שהיא מצוה וחיובי ממון שהוא נדרי הדיוט רואים אם היה עיקר עיסקם במו״מ ושוב עלה על דעתם לתלות מחילת הממון בשידוכים ה״ז נדרי הדיוט ויכול לדחות אך כיון שהכל נעשה בשעת שידוכים והחיוב היה רק לבטחון להשמר מאסמכתא א״כ השידוכים שהיא המצוה הוא עיקר וזמן » (פתחי תשובה יו״ד רי״ט ס״ק א)
« פירעון הקנס כזמן השידוכים משתבעה לינשא נותנים לבוגרת ל׳ יום ושוב חל הקנס וצד השני פטור משבועתו ונושא אשה אחרת עכת״ד ע״ש. (והנה מ״ש דבדבר הרשות יכול לדחות לענ״ד צ״ע מכמה מקומות וגם מדברי הש״ע כאן שלא הזכיר בא״י גבי בית ויש לעיין) ועמ״ש לקמן סימן רכ״ח ס״כ בד״ה לישא זא״ז]: » (פתחי תשובה יו״ד רי״ט ס״ק א)

ס״ק ב — le Tiferet Tsvi : le chohet écarté, puis repris

« שאסר. עבה״ט ועיין בתשובת תפארת צבי חיו״ד סוף סימן ב׳ בקהל שהסכימו להעביר השוחט שבעירם מחמת איזה דבר והעבירוהו ואח״כ רוצים לחזור וליקח אותו לשוחט דרשאים הם בכך דהא לא קבלו עליהם שיהא אסור להיות אצלם שוחט דאז אסור לעולם רק דעתם היה להעביר השוחט ההוא והא העבירוהו וקיימו נדרם ע״ש: » (פתחי תשובה יו״ד רי״ט ס״ק ב)

Les Nekoudot HaKessef (נקודות הכסף) — א׳ entrée

Une entrée, très brève, et purement critique : le Chakh reproche au Taz d’avoir cité le Darkei Moché à moitié.

Entrée א — le Taz n’a pas recopié le Darkei Moché en entier

« (סימן רי״ט ס״ק א׳) וכתוב בד״מ כו׳. לא העתיק יפה דרמ״א גופיה נמי בתר דמבעיא ליה הדר פשטיה ליה וכמ״ש בש״ך ס״ק ג׳: » (נקודות הכסף יו״ד רי״ט)

6. Le tableau des seifim

Tout le siman dans une grille : le seif, la clause, et ce qu’elle dit.

SeifLa clause du Choulhan AroukhCe qu’elle dit
א « דין הנודר בלא קביעות זמן. ובו ג׳ סעיפים » (שו״ע יו״ד רי״ט:א) Le droit de celui qui voue sans fixer de terme — et il y a ici trois seifim
א « מי שנדר או נשבע לישא אשה או לקנות בית וכיוצא בו » (שו״ע יו״ד רי״ט:א) Celui qui a voué ou juré d’épouser une femme, ou d’acheter une maison, ou chose semblable
א « ולא קבע זמן אין מחייבין אותו לישא או לקנות » (שו״ע יו״ד רי״ט:א) et il n’a pas fixé de terme — on ne l’oblige pas à épouser ni à acheter
א « עד שימצא הראוי לו » (שו״ע יו״ד רי״ט:א) jusqu’à ce qu’il trouve ce qui lui convient
ב « הנשבע לשכור מלמד לבנו עד עשרה לטרין » (שו״ע יו״ד רי״ט:ב) Celui qui a juré de louer un maître d’école pour son fils jusqu’à dix litrin
ב « כל זמן שישכור מלמד הגון הוא פטור » (שו״ע יו״ד רי״ט:ב) tant qu’il loue un maître d’école convenable, il est quitte
ב « ויזהר שלא ישלח המלמד הראשון עד שיבא השני » (שו״ע יו״ד רי״ט:ב) et qu’il prenne garde de ne pas congédier le premier maître avant que le second n’arrive
ב « כי צריך לשכור המלמד הראשון ההגון לו אם לא שבא לו מלמד אחר » (שו״ע יו״ד רי״ט:ב) car il lui faut louer le premier maître qui lui convienne, à moins qu’un autre maître ne lui vienne
ג « מי שאסר דבר אחד עליו בלא זמן » (שו״ע יו״ד רי״ט:ג) Celui qui s’est interdit une chose sans terme
ג « אסור בו לעולם » (שו״ע יו״ד רי״ט:ג) il lui est interdit pour toujours

7. Cas pratiques

Cinq situations, prises dans l’ordre du siman. Chacune se clôt sur le même renvoi : la conduite réelle revient au Rav.

Cas 1 — « j’ai juré de me marier cette année »

Le seif 1 vise celui qui n’a pas fixé de terme. Mais le Chakh, au ס״ק ב, rapporte du Mabit que la règle vaut aussi quand un terme a été fixé : on n’exige jamais que le convenable. Le Baer Hetev, au ס״ק א, signale aussitôt que le Rachdam et la Knesset HaGuedola restreignent au contraire la règle au cas sans terme. Deux lectures opposées d’une même ligne : demande à ton Rav.

Cas 2 — un engagement à donner, et rien sur la date

Le Pit’hei Techouva, au ס״ק א, rapporte du Ḥatam Sofer une longue analyse au nom du Mahari’t : dans une chose de permission on peut différer de terme en terme ; dans une chose de mitsva, l’engagement est réputé pris pour מיד ולאלתר dès que le convenable se présente. Le Pit’hei Techouva ajoute lui-même que cette première moitié lui paraît צ״ע. La qualification de l’engagement décide de tout : demande à ton Rav.

Cas 3 — remplacer le maître de son enfant

Le seif 2 dit deux choses, et la seconde est la plus pratique : quitte pour avoir pris un maître convenable, l’homme doit néanmoins veiller à ne pas créer un vide. La raison du Beit Yossef est que l’obligation est immédiate comme la tsedaka, et que le temps d’étude perdu ne se rattrape pas. Un Rav dira si le cas relève du plafond ou de la continuité.

Cas 4 — « je ne prierai plus dans cette synagogue »

C’est exactement le cas que le Baer Hetev ajoute au ס״ק ב, au nom du Rachach : celui qui s’est interdit de prier dans la synagogue d’untel sans fixer de terme s’en est interdit pour toujours. Et il en rapporte un second, communal : une haskama qui n’a pas fixé de durée vaut indéfiniment. Un vœu perpétuel ne se lève que par une התרה : demande à ton Rav.

Cas 5 — une décision communale que l’on veut défaire

Le Pit’hei Techouva, au ס״ק ב, rapporte du Tiferet Tsvi un cas exemplaire : une communauté avait convenu d’écarter son chohet, et l’a fait ; peut-elle le reprendre ? Oui — car elle n’avait pas accepté qu’il lui soit interdit d’être leur chohet, ce qui eût été perpétuel, mais seulement de l’écarter, et elle l’a écarté. Tout tient à la formulation exacte de la décision : demande à ton Rav.

8. Questions de compréhension

  1. Pourquoi le silence sur le terme joue-t-il en faveur du vouant aux seifim 1 et 2, et contre lui au seif 3 ?
  2. Le Chakh, au ס״ק א, se demande comment un engagement à faire peut être un vœu. Quelle réponse donne-t-il au nom de la Prisha, et qu’ajoute-t-il ensuite ?
  3. Que signifie עד שימצא הראוי לו, et d’où les Sages tirent-ils cette mesure ?
  4. Le Mabit étend la règle au vœu à terme fixé ; qui le restreint, et où est-ce rapporté ?
  5. Quelle distinction le Pit’hei Techouva rapporte-t-il, au ס״ק א, entre une chose de mitsva et une chose de permission ?
  6. La braïta de Bava Kamma porte un mot que le Choulhan Aroukh n’a pas repris. Lequel, et qui le relève ?
  7. Pourquoi « jusqu’à dix litrin » n’oblige-t-il pas à dépenser dix litrin ?
  8. Quelle raison le Beit Yossef donne-t-il à la réserve sur le renvoi du premier maître ?
  9. Quel argument le Roch donne-t-il, selon le Beit Yossef, pour le « pour toujours » du seif 3 ?
  10. Le Taz, au ס״ק א, rapporte la raison du Ran. Quelle est-elle, et que lui opposent les Hagahot Mordekhaï ?
  11. Pourquoi la nezirout de trente jours ne sert-elle pas de modèle au serment sans terme ?
  12. Quelle preuve le Taz tire-t-il de la braïta חומר בנדרים מבשבועה ?
  13. Quels deux cas concrets le Baer Hetev ajoute-t-il au ס״ק ב, et de qui les tient-il ?
  14. Dans le cas du Tiferet Tsvi, pourquoi la communauté peut-elle reprendre son chohet ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
Les sources de ce niveau sont consultables sur Sefaria :
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DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות
סימן רי״ט · Niveau 1 — Initiation · דין הנודר בלא קביעות זמן
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