Siman 231 — on ne se délie pas soi-même (יורה דעה רל״א)
Un seul seif, et une frontière qu’aucune prévoyance ne franchit : dès que le vœu a pris effet, il n’y a plus qu’un מומחה ou trois hommes. « Je pourrai l’annuler quand je voudrai » — אינו כלום. Mais avant la prise d’effet, tout est encore ouvert ; et un vœu à terme s’éteint sans que personne n’ait à intervenir. (Choulhan Aroukh, Yoreh De’ah 231 — 1 seif.)
אין הנדר והשבועה ניתרים אלא על פי מומחה או בג׳ הדיוטות שאפילו פירש והתנה בשעת הנדר או השבועה אימתי שירצה שיבטלנו מעיקרו או שתלה (באחר) שיבטלנו אימתי שירצה אינו כלום דמיד כשחל הנדר אין לו התרה אלא על ידי מומחה או ג׳ הדיוטות ואפילו אם תלאו בדעת אחר וקיימו ושוב נשאל על הקיום אינו מועיל
Le vœu et le serment ne sont déliés que par un expert ou par trois hommes ordinaires ; car même s’il a stipulé au moment du vœu qu’il l’annulerait quand il voudrait, ou qu’il l’a suspendu à un autre — cela n’est rien. La raison : מיד כשחל הנדר, dès l’instant où le vœu prend effet.
Choulhan Aroukh, Yoreh De'ah 231:1
Les 4 niveaux d’étude
NIVEAU 01
רמת המתחיל
Base — Débutant & Intermédiaire
Le seif unique en hébreu, sa traduction, sa décomposition clause par clause, le vocabulaire (מומחה · ג׳ הדיוטות · ביטול · התרה · נדר לזמן), les sources — le Tour, le Rambam, le Roch, le Rivach et les séifim 37-38 du siman 228 — et les sept entrées de l’appareil citées une à une.
Quatre questions : ביטול et התרה, deux régimes et la fenêtre entre eux ; pourquoi une clause d’annulation ne vaut rien alors qu’un vœu à terme vaut ; la תמיה du Taz sur la glose du Rama et la réponse du Chakh ; et le cas des époux rapporté dans le second paragraphe du ס״ק ג du Taz.
La règle en une phrase, le mécanisme, l’origine de chaque clause, les sept entrées de l’appareil, le seif clause par clause, ce qui reste ouvert, le vocabulaire et les pièges classiques.
La halakha pratique : ce qu’une clause d’annulation produit (rien), ce que le refus immédiat d’un tiers produit (tout), le vœu à terme, et le cas délicat de la תקיעת כף entre époux. Note : l’Admour HaZaken n’a pas écrit de Choul’han Aroukh sur Yoreh De’ah — niveau de psak, non « Daat HaRav ».
Puis-je faire un vœu en me réservant de l’annuler plus tard ?
Non — ou plutôt : vous le pouvez, mais la réserve ne produira rien. Le Choul’han Aroukh écrit « אין הנדר והשבועה ניתרים אלא על פי מומחה או בג׳ הדיוטות » (שו״ע יו״ד רל״א:א),
et sur la clause de sortie : « או שתלה (באחר) שיבטלנו אימתי שירצה אינו כלום » (שו״ע יו״ד רל״א:א). La raison est donnée dans le seif même.
Pourquoi ? Une condition fonctionne d’ordinaire en droit juif.
Parce que la déliaison n’appartient pas au nodèr. Le Rambam l’écrit en six mots : « וְאֵין אָדָם יָכוֹל לְהַתִּיר שְׁבוּעַת עַצְמו » (רמב״ם הלכות שבועות פרק ו׳ הלכה ג׳). Une clause qui se réserve d’annuler plus tard est une déliaison anticipée — c’est-à-dire la même chose sous un autre nom.
Et si mon vœu dépendait de l’accord de quelqu’un, qui a refusé ?
C’est un autre cas, et la réponse est inverse. Le Rama écrit « אבל אם לא קיימו ומיד ששמעו אמר שלא יהיה נדר הנדר בטל » (רמ״א יו״ד רל״א:א).
Le vœu n’a jamais pris effet. Le mot « aussitôt » est décisif : le Taz précise « פירוש תיכף שישמע יוכל לבטלו אבל לא אחר כך » (ט״ז יו״ד רל״א ס״ק ג).
Quelle est exactement la différence entre ביטול et התרה ?
Le moment, et le personnel requis. Le ביטול intervient avant que le vœu ait pris effet, il n’exige ni sage ni formule, et le Chakh dit qu’il vaut « אבל אם נדר על תנאי שיסכים חבירו או על תנאי שלא יבטלנו יכול חבירו לבטלו בכל לשון כמו שכתבתי בסימן רכ״ח ס״ק צ״ח עיין שם » (ש״ך יו״ד רל״א ס״ק א). La התרה intervient après, et elle exige le sage ou les trois.
J’ai fait vœu pour un mois. Dois-je le faire délier à la fin ?
Non. Le seif se clôt précisément là-dessus : « ומיהו אם נדר לזמן אין צריך התרה אלא לכשיגיע הזמן בטל ממילא » (שו״ע יו״ד רל״א:א). La différence avec la clause refusée plus haut est que la limite est ici dans le vœu et non sur lui.
Le Pit’hei Techouva et les Nekoudot HaKessef n’écrivent rien ici. Est-ce un manque ?
Non, et il ne faut rien en conclure quant à la halakha. Le Pit’hei Techouva écrit quand la littérature de responsa a quelque chose à ajouter ; les Nekoudot HaKessef, quand le Chakh veut répondre au Taz. Tous deux sont présents en force juste à côté — six et quatre entrées au siman 229, vingt et quatre au siman 232. Aucune entrée n’a été fabriquée ici pour compléter un tableau.