Siman 233 — halakha lema’assé : le vœu d’un enfant, âge par âge (יורה דעה רל״ג)
יורה דעה · סימן רל״ג
עונת נדרים לזכר ולנקבה
עונת נדרים · מופלא הסמוך לאיש · בדיקה כל השנה · שתי שערות · חינוך הקטנים
⚖️ Niveau Halakha lema’assé · פסק
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Ce qui lie, ce qui ne lie pas, et ce qui n’est pas une affaire de famille
Sujet : שולחן ערוך יורה דעה סימן רל״ג (1 seif) Avec l’appareil : ש״ך (ב) · באר היטב (א) · פתחי תשובה (א) Fondements : משנה נדה מ״ה ע״ב · רמב״ם הלכות נדרים פרק י״א · רמב״ם הלכות שבועות פרק י״ב · טור ובית יוסף יורה דעה רל״ג
Rédaction : הרב יוסף חיים סממה · DAAT
Ce que cette page traite
Les trois âges, et ce qu’ils changent en pratique
La בדיקה : ce qu’on demande, qui le demande, et à quelle fréquence
Ce qu’un parent doit faire du vœu d’un jeune enfant
Après la majorité : le vœu lie sans condition
La fille sous l’autorité de son père — ce que ce siman ne traite pas
Quatre situations, et la question à poser dans chacune
Ce niveau expose la halakha telle que le Chakh, le Baer Hetev et le Pit’hei Techouva la donnent sur ce siman. Il ne remplace pas un Rav. Précision de compartiment : l’Admour HaZaken n’a pas écrit de Choul’han Aroukh sur Yoreh De’ah. Ce niveau est donc un niveau de psak, et non un « Daat HaRav » ; aucune de ses lignes n’est appuyée sur un texte qui n’existe pas.
1. Les trois âges, et ce qu’ils changent en pratique
La première chose à faire, devant un vœu d’enfant, est de situer l’âge. Rien d’autre ne peut être décidé avant.
« וקודם שיש י״ב לזכר וי״א לנקיבה אפילו יודעים לשם מי נודרים אינו נדר » (שו״ע יו״ד רל״ג:א)
« קטן בן י״ב שנה ויום אחד וקטנה בת י״א שנה ויום אחד אם יודעים לשם מי נדרו ונשבעו נדריהם נדר ושבועתם שבועה » (שו״ע יו״ד רל״ג:א)
« ומי״ג ויום אחד ואילך לזכר ומי״ב ויום אחד לנקיבה אע״פ שאין יודעים לשם מי נודרים נדריהם נדר » (שו״ע יו״ד רל״ג:א)
En pratique.(1) Garçon de moins de douze ans, fille de moins de onze : il n’y a pas de vœu, et donc rien à délier. N’envoyez pas un enfant de dix ans à une התרת נדרים. (2) Garçon entre douze et treize, fille entre onze et douze : il peut y avoir un vœu, et cela se vérifie. (3) Au-delà : il y a un vœu, et il faut la voie du siman 228 pour le défaire.
2. La בדיקה
Ce qu’on demande — une seule chose, et elle est étroite : sait-il au nom de qui il a voué. Le Rambam en fait un acte, non une impression :
Conséquence pratique, et elle est contre-intuitive. Un enfant dont on a établi il y a six mois qu’il savait n’est pas pour autant « reconnu discernant » : s’il voue de nouveau, il faut recommencer. Ce qu’on examine n’est pas l’enfant en général mais sa compréhension de ce vœu-ci. Et l’examen n’est pas une affaire de famille : c’est une démarche qui se fait devant un Rav.
3. Le vœu d’un jeune enfant, et ce qu’un parent doit en faire
Le vœu ne lie pas. Mais le Rama traite exactement la question que se pose le parent, et il y répond en deux temps :
« וגוערים בהם ומכין אותן שלא ילמדו לשונם בנדרים ושבועות » (רמ״א יו״ד רל״ג:א)
« ואם הוא דבר קטן וקל ואין בו עינוי נפש אומרים להם שיעמדו בנדרם ושבועתם כדי שלא ירגילו עצמם בזה » (רמ״א יו״ד רל״ג:א)
Sa source distingue elle aussi deux cas, et vaut d’être lue :
« מַכֶּה אוֹתוֹ אָבִיו אוֹ רַבּוֹ וְגוֹעֵר בּוֹ וּמַרְאִין לוֹ שֶׁהֻתְּרָה שְׁבוּעָתוֹ כְּדֵי שֶׁלֹּא יִהְיֶה רָגִיל לְהָקֵל רֹאשׁ בִּשְׁבוּעוֹת » (רמב״ם הלכות שבועות פרק י״ב הלכה ז׳)
La ligne pratique, et sa borne. Si l’enfant a promis quelque chose de léger — ranger, rendre un objet, donner une pièce —, on lui dit de tenir parole, et c’est du ‘hinoukh. Si la chose comporte une privation réelle — jeûner, se priver d’un aliment longtemps —, la règle s’inverse : le Rambam dit qu’on lui montre que son serment a été délié. La borne est écrite dans le Rama : אין בו עינוי נפש. Elle n’est pas chiffrée, et son appréciation appartient à un Rav — surtout s’agissant d’un enfant.
Et il faut garder en vue la finalité, que le Rambam énonce juste après et que le Rama n’a pas reprise :
« צָרִיךְ לְהִזָּהֵר בַּקְּטַנִּים הַרְבֵּה וּלְלַמֵּד לְשׁוֹנָם דִּבְרֵי אֱמֶת בְּלֹא שְׁבוּעָה כְּדֵי שֶׁלֹּא יִהְיוּ רְגִילִים לְהִשָּׁבַע תָּמִיד » (רמב״ם הלכות שבועות פרק י״ב הלכה ח׳)
Le but n’est pas d’obtenir qu’un enfant tienne ses vœux : c’est qu’il cesse d’en faire. Un parent qui multiplie les occasions de « tenir parole solennellement » travaille contre l’objectif du texte qu’il croit appliquer.
4. Après la majorité
« ומי״ג ויום אחד ואילך לזכר ומי״ב ויום אחד לנקיבה אע״פ שאין יודעים לשם מי נודרים נדריהם נדר » (שו״ע יו״ד רל״ג:א)
« ומי״ג ויום א׳ ואילך כו׳. אע״פ שלא הביאו ב׳ שערות » (ש״ך יו״ד רל״ג ס״ק ב)
Deux choses à ne pas confondre.Un : après treize ans et un jour (douze pour une fille), le vœu lie même si l’enfant ne savait pas au nom de qui il vouait — donc un serment prononcé à la légère lie tout autant. Deux : les signes physiques de la majorité ne sont pas requis, et le Chakh le dit expressément. Un adolescent qui a juré sous le coup de la colère est lié, et il faut une déliaison en règle.
5. Ce que ce siman ne traite pas
Notre siman dit quand le vœu d’un enfant prend. Il ne dit rien de ce qui peut le défaire par une autre voie que la déliaison — et cette autre voie existe pour une fille sous l’autorité de son père. Le Rambam la rappelle dans le même chapitre :
À retenir. Pour une jeune fille, la question « son vœu a-t-il pris ? » et la question « son père peut-il l’annuler ? » sont deux questions distinctes, et la seconde relève entièrement du siman 234. Ne concluez jamais de la première à la seconde. Et l’annulation par le père est soumise à une condition de temps stricte — le jour où il l’entend — ce qui en fait, en pratique, une question urgente.
6. Quatre situations
« Mon fils de neuf ans a juré qu’il ne parlerait plus à son frère. » Il n’y a pas de vœu, et il n’y a rien à délier. Ce qui reste est éducatif — et ce cas n’est manifestement pas un דבר קטן וקל, donc la clause du Rama qui fait tenir parole ne s’y applique pas.
« Ma fille de onze ans et demi a fait vœu de donner tout son argent de poche. » Elle est dans l’année de l’examen. Il peut y avoir un vœu. Ne tranchez pas seul : c’est exactement le cas qui se porte devant un Rav, qui établira si elle savait au nom de qui elle a voué — et cette constatation ne vaudra que pour ce vœu-là.
« Mon fils a été examiné à Tichri et il a voué de nouveau à Pessa’h. » Le Chakh est explicite : il faut réexaminer. La première constatation ne se reporte pas.
« Mon fils de treize ans et deux mois a juré dans un moment de colère. » Il est majeur au sens de ce siman. Le serment lie, même s’il ne pensait pas à ce qu’il disait, et même sans les signes physiques. Il faut une déliaison en règle — voyez le siman 228, et le siman 230 sur les conditions dans lesquelles on la demande.
Ce que ce niveau ne dit pas. Il ne dit pas comment se fait la déliaison — siman 228. Il ne dit pas si l’on doit la demander — siman 230. Il ne dit pas qui a qualité pour délier — siman 231. Et il ne dit pas ce qu’un père ou un mari peut annuler — siman 234.
~ ~ ~ ~ ~ DAAT · הרב יוסף חיים סממה
תלמיד חכם · מעביר שיעורים בהלכה ובחסידות סימן רל״ג · Niveau 4 — Halakha lema’assé · עונת נדרים לזכר ולנקבה daattorah.com