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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION
Siman ק״א · La kavana et la langue de la prière
כוונה בברכות ולשון התפילה — il faut avoir la כוונה בכל הברכות, et à défaut au moins באבות ; מחתך הדברים בשפתיו ומשמיע לאזניו בלחש, ולא ישמיע קולו ; ר״ה ויום כיפור מותר להשמיע קולו ; יכול להתפלל בכל לשון, אבל ביחיד לא יתפלל אלא בלשון הקודש
סימן ק״א · ד׳ סעיפים
שצריך לכוין בכל הברכות ושיכול להתפלל בכל לשון
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Ce siman enseigne la kavana des berakhot et la langue de la prière : il faut avoir la כוונה בכל הברכות, et si l on ne peut pas dans toutes, לפחות באבות (au moins la première berakha) ; on articule les mots des lèvres (מחתך הדברים בשפתיו) et on se les fait entendre בלחש (à voix basse), sans faire entendre sa voix ; en ר״ה ויום כיפור il est permis d élever la voix ; on peut prier בכל לשון, mais un יחיד ne prie qu בלשון הקודש. Texte hébreu, traduction française et explication des ד׳ seifim, avec une section de cas pratiques.
Sujet : La kavana des berakhot et la langue de la prière — כוונה, בלחש, בכל לשון
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן ק״א · ד׳ סעיפים
Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com
Nos Sages ont enseigné (ברכות ל״א.) : de la prière de חנה on apprend plusieurs lois de la tefila — וְחַנָּה הִיא מְדַבֶּרֶת עַל לִבָּהּ, רַק שְׂפָתֶיהָ נָּעוֹת וְקוֹלָהּ לֹא יִשָּׁמֵעַ — « על לבה » : il faut la כוונת הלב ; « שפתיה נעות » : il faut articuler des lèvres ; « וקולה לא ישמע » : on ne fait pas entendre sa voix. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite personnelle, on se réfère à la coutume et à la décision du Rav.
📑 Plan de l'étude
A. Les ד׳ seifim — כוונה בברכות (séif 1), מחתך בשפתיו בלחש (séif 2), ר״ה ויום כיפור (séif 3), תפילה בכל לשון (séif 4)
1. Cas pratique — la kavana : au moins באבות, et de nos jours אין חוזרין
2. Cas pratique — la voix : בלחש, ולא ישמיע קולו
3. Cas pratique — la langue : בכל לשון ou יחיד בלשון הקודש
+ Questions de compréhension et pour aller plus loin
A. La kavana et la langue de la prière — les ד׳ seifim
כַּוָּנָה בַּתְּפִלָּה — la kavana dans la prière — deux exigences se joignent : la kavana du cœur (כוונת הלב), au moins dans la première berakha (אבות), sans laquelle la tefila est déficiente ; et la parole des lèvres — on n accomplit pas la tefila בלב seulement, mais on מחתך הדברים בשפתיו, à voix basse (בלחש). De là découlent aussi l exception de ר״ה ויום כיפור et le din de la langue : בכל לשון pour le צבור, mais לשון הקודש pour le יחיד.
Séif 1 — כוונה בברכות : la kavana, au moins באבות
המתפלל צריך שיכוין בכל הברכות, ואם אינו יכול לכוין בכולם — לפחות יכוין באבות. ואם לא כיון באבות, אף על פי שכיון בכל השאר — יחזור ויתפלל. (הגה: והאידנא אין חוזרין בשביל חסרון כוונה, שאף בחזרה קרוב הוא שלא יכוין, אם כן למה יחזור.)
Séif 1 : celui qui prie doit avoir la kavana dans toutes les berakhot ; et s il ne peut pas dans toutes, au moins qu il ait la kavana dans אבות (la première berakha). Et s il n a pas eu de kavana באבות, même s il l a eue dans tout le reste, il recommence et prie (יחזור ויתפלל). Rama : de nos jours on ne recommence pas pour un manque de kavana, car même en recommençant il est probable qu il n aura pas de kavana ; dès lors pourquoi recommencer ?
La kavana est requise dans toutes les berakhot ; mais si l on n y parvient pas, la première berakha — אבות — est le minimum indispensable, car c est là qu on se tient devant le Roi. Selon le Mehaber, un manque de kavana באבות oblige à recommencer ; mais le Rama tranche que de nos jours אין חוזרין — on ne recommence pas — car la seconde prière risque elle aussi d être sans kavana.
Séif 2 — מחתך בשפתיו בלחש : la parole et la voix
ולא יתפלל בלבו לבד, אלא מחתך הדברים בשפתיו ומשמיע לאזניו בלחש, ולא ישמיע קולו. ואם אינו יכול לכוין בלחש — מותר להגביה קולו, והני מילי בינו לבין עצמו, אבל בצבור אסור דאתי למטרד ציבורא. (הגה: ואם משמיע קולו בביתו כשמתפלל כדי שילמדו ממנו בני ביתו — מותר.)
Séif 2 : et il ne priera pas dans son cœur seulement, mais il articule les mots de ses lèvres et se les fait entendre à ses oreilles à voix basse (בלחש), sans faire entendre sa voix. Et s il ne peut avoir la kavana à voix basse — il lui est permis d élever la voix ; mais cela seulement lorsqu il est seul (בינו לבין עצמו), tandis qu en public c est interdit car cela dérange l assemblée (דאתי למטרד ציבורא). Rama : et s il fait entendre sa voix chez lui en priant afin que les membres de sa maison apprennent de lui — c est permis.
On ne prie pas par la pensée seule : il faut articuler les mots des lèvres et se les faire entendre à soi-même, à voix basse. On ne fait pas entendre sa voix aux autres. Exception : celui qui ne parvient pas à se concentrer בלחש peut élever la voix — mais uniquement seul ; en public c est interdit, car cela dérange l assemblée.
Séif 3 — ר״ה ויום כיפור : l exception
יש אומרים שבראש השנה ויום הכיפורים מותר להשמיע קולו בתפלתו אפילו בציבור. (הגה: וכן נוהגין, ומכל מקום יזהרו שלא להגביה קולם יותר מדאי.)
Séif 3 : certains disent qu à Roch Hachana et à Yom Kippour il est permis de faire entendre sa voix dans sa prière, même en public. Rama : et telle est la coutume ; néanmoins on prendra garde de ne pas élever la voix plus que de raison.
À ר״ה ויום כיפור, l usage permet de faire entendre sa voix même en ציבור — car on n est pas coutumier de ces tefilot et cela aide la kavana. Le Rama confirme la coutume, mais met en garde : שלא להגביה קולם יותר מדאי — ne pas élever la voix outre mesure.
Séif 4 — בכל לשון : la langue de la prière
יכול להתפלל בכל לשון שירצה, והני מילי בצבור, אבל ביחיד לא יתפלל אלא בלשון הקודש. ויש אומרים דהני מילי כששואל צרכיו, כגון שהתפלל על חולה או על שום צער שיש לו בביתו, אבל תפלה הקבועה לצבור אפילו יחיד יכול לאומרה בכל לשון. ויש אומרים דאף יחיד כששואל צרכיו יכול לשאול בכל לשון שירצה חוץ מלשון ארמי.
Séif 4 : il peut prier dans toute langue qu il veut ; et cela vaut en public (בצבור), mais un individu (יחיד) ne priera qu en langue sacrée (לשון הקודש). Et certains disent que cela ne vaut que lorsqu il demande ses besoins (כששואל צרכיו), par exemple qu il a prié pour un malade ou pour quelque peine qu il a chez lui ; mais la prière fixée pour le public, même un yachid peut la dire dans toute langue. Et certains disent que même un yachid demandant ses besoins peut les demander dans toute langue qu il veut, sauf en langue araméenne (חוץ מלשון ארמי).
On peut prier בכל לשון — et cela concerne surtout le ציבור. Un יחיד, lui, ne prie qu en לשון הקודש. Deux avis nuancent : (a) la restriction ne vise que ses demandes personnelles (צרכיו), mais la prière fixée peut se dire בכל לשון même seul ; (b) même pour ses besoins, le yachid peut employer toute langue sauf l araméen (לשון ארמי).
Le siman en une phrase : il faut la כוונה בכל הברכות, et à défaut לפחות באבות (mais de nos jours אין חוזרין pour un manque de kavana) ; on מחתך הדברים בשפתיו ומשמיע לאזניו בלחש sans faire entendre sa voix (seul, on peut élever la voix ; pas בציבור) ; en ר״ה ויום כיפור on peut la faire entendre même en public ; et l on peut prier בכל לשון — mais le יחיד לא יתפלל אלא בלשון הקודש.
Cas pratiques
Cas 1 — Prier sans kavana
Situation : il s aperçoit qu il a récité la Amida machinalement, sans kavana, y compris dans אבות. Que faire ?
Conduite : l idéal est la kavana dans toutes les berakhot, et à tout le moins באבות. Selon le Mehaber, un manque de kavana באבות imposerait de recommencer ; mais le Rama tranche que de nos jours אין חוזרין — on ne recommence pas. Pour la mise en pratique, on suit son Rav.
Cas 2 — À voix haute ou à voix basse ?
Situation : il a du mal à se concentrer en priant בלחש et voudrait élever la voix. Le peut-il ?
Conduite : on articule des lèvres et l on se fait entendre à soi-même בלחש, sans faire entendre sa voix. Celui qui ne parvient pas à se concentrer בלחש peut élever la voix — seul, mais pas en ציבור (cela dérange l assemblée). À ר״ה ויום כיפור, l usage le permet même en public, sans excès. Pour les détails, on suit son Rav.
Cas 3 — Prier dans une autre langue
Situation : quelqu un comprend mal l hébreu et voudrait prier en français. Le peut-il ?
Conduite : en ציבור, on peut prier בכל לשון. Un יחיד, en revanche, ne prie qu en לשון הקודש ; selon un avis, cette restriction ne vise que ses demandes personnelles (צרכיו), la prière fixée pouvant être dite בכל לשון même seul ; selon un autre, le yachid peut employer toute langue sauf l araméen. Pour la conduite concrète (et le cas de celui qui ne comprend pas l hébreu), on suit son Rav.
Questions de compréhension
Vérifie ta compréhension :
- Dans quelle berakha faut-il, au minimum, avoir la kavana, et pourquoi (séif 1) ?
- Que tranche le Rama quant au fait de recommencer pour un manque de kavana « de nos jours » ?
- Comment doit-on prononcer la tefila — dans le cœur, בלחש, ou à voix haute — et quand peut-on élever la voix (séif 2) ?
- Quelle est l exception de ר״ה ויום כיפור (séif 3) ?
- Un יחיד peut-il prier dans une autre langue que l hébreu, et quelles nuances y a-t-il (séif 4) ?
Pour aller plus loin
Si tu veux approfondir ce siman :
📖Rejoindre la khavroutha
- 📚 Niveau 2 — Lamdan : pour le pilpoul — גדר הכוונה ולמה דווקא אבות מעכב, ומחלוקת המחבר והרמ״א בחזרה בזמן הזה ; מחתך הדברים בשפתיו והרהור כדיבור (ברכות כ׳:), משמיע לאזניו ומקטני אמנה ; בכל לשון וטעם המלאכים, תפילת חנה (ברכות ל״א., סוטה ל״ב:), חוץ מלשון ארמי
- ✨ Niveau 3 — Synthèse : pour la révision et la mémorisation rapide
- 👑 Niveau 4 — Daat HaRav (Admour HaZaken) : la chitah du Choulhan Aroukh HaRav — הכוונה, הלחש, הרהור אינו כדיבור ותפילה בכל לשון