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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman קכ״ח · La bénédiction des Cohanim

נשיאת כפים ואיזה דברים הפוסלין בכהן — la ברכת כהנים : le minimum de dix, qui monte à la doukhan, le lavage des mains par les Lévites, le déroulement de la ברכה et les défauts (mains, visage, voix, fautes) qui rendent un Cohen inapte
סימן קכ״ח · מ״ה סעיפים
נשיאת כפים ואיזה דברים הפוסלין בכהן
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Ce siman, l un des plus longs de tout l Orah Haïm (מ״ה seifim), enseigne la נשיאת כפים — la bénédiction que les Cohanim donnent au peuple. On y apprend le minimum de dix, la montée à la doukhan (chaussures, lavage des mains par les Lévites), le déroulement de la ברכה (position, les ה׳ אוירים, mot à mot), puis les défauts qui rendent inapte : mains, visage, voix, le Cohen qui a tué, le מומר, l ivresse, la גרושה. Texte hébreu, traduction française et explication, avec une section de cas pratiques.

Sujet : נשיאת כפים — la ברכת כהנים et les défauts qui écartent le Cohen de la doukhan
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן קכ״ח · מ״ה סעיפים

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

Le Choulhan Aroukh ouvre le siman (séif 1) : אין נשיאת כפים פחות מי׳ והכהנים מהמנין — il n y a pas de נשיאת כפים à moins de dix, et les Cohanim eux-mêmes entrent dans le compte. La ברכת כהנים est une מצות עשה (« כה תברכו את בני ישראל ») : un Cohen apte qui refuse de monter transgresse jusqu à trois עשה (séif 2). Le siman détaille ensuite tout le déroulement, puis les défauts et les fautes qui écartent un Cohen de la doukhan. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite personnelle, on se réfère à la coutume et à la décision du Rav.

📑 Plan de l'étude

A. Conditions et obligation — מ״ה seifim (1–4) : le minimum de dix, la מצוה et ses trois עשה, une fois par jour, ceux qui ne montent pas
B. Monter à la doukhan (5–9) : sans chaussures, le lavage des mains par les Lévites, se déplacer à רצה, la תפילה יהי רצון
C. Le déroulement de la ברכה (10–14) : position, l appel כהנים, la ברכה, lever les mains, les ה׳ אוירים, mot à mot, en לשון הקודש
D. Après la ברכה (15–19) : רבון העולמים, quand se retourner, par la droite, l ordre des אמן
E. Le חזן Cohen · le מקרא · la concentration (20–26)
F. Détails (27–29) : בל תוסיף, un second מנין, celui qui n a pas encore prié
G. Les défauts (30–34) : mains, visage, voix, mains teintes, le קטן
H. Les fautes (35–39) : celui qui a tué, le מומר, l ivresse
I. Cohen disqualifié (40–44) : גרושה, טומאה, חלל, deuil, célibataire
J. Détail final (45) : les mots où l on se tourne · אסור להשתמש בכהן
+ Cas pratiques et questions de compréhension

A. Conditions et obligation (séifim 1–4)

נְשִׂיאַת כַּפַּיִם — « lever les mains » : la bénédiction que les Cohanim adressent au peuple selon la Torah (במדבר ו) — « יברכך… יאר… ישא ». Elle ne se dit qu en présence d un מנין de dix, les Cohanim eux-mêmes comptant dans les dix. C est une מצות עשה positive : le Cohen apte qui reste en place quand on appelle « כהנים » manque une mitzvah et se rend passible de plusieurs עשה.
אין נשיאת כפים פחות מי׳ והכהנים מהמנין. ואין לזר לישא כפיו אפילו עם (כהנים אחרים) (בפ׳ ב׳ דכתובות דכ״ד דזר עובר בעשה) (ותו׳ פ׳ כל כתבי לא ידע ר״י מה איסור יש בזר העולה ואפשר דעם כהנים אחרים וצ״ע).
כל כהן שאין בו אחד מהדברים המעכבים אם אינו עולה לדוכן אע״פ שביטל מצות עשה אחת הרי זה כעובר בג׳ עשה אם היה בב״ה כשקורא כהנים או אם אמרו לו לעלות או ליטול ידיו.
אם עלה פעם אחת ביום שוב אינו עובר אפי׳ אמרו לו עלה.
כשהכהנים אינם רוצים לעלות לדוכן אינם צריכים לשהות חוץ מב״ה אלא בשעה שקורא החזן כהנים אבל כדי שלא יאמרו שהם פגומים נהגו שלא ליכנס לב״ה עד שיגמרו ברכת כהנים.
Séif 1 : il n y a pas de נשיאת כפים à moins de dix, et les Cohanim entrent dans le compte des dix. (Rama : un non-Cohen (זר) ne lève pas les mains, même avec d autres Cohanim — au chapitre 2 de Ketoubot, [daf] 24 : le זר transgresse un עשה ; Tossafot, chapitre כל כתבי : le ר״י ne savait pas quelle interdiction frappe le זר qui monte, et il se peut qu avec d autres Cohanim [ce soit permis] ; cela demande examen.) Séif 2 : tout Cohen en qui ne se trouve aucune des choses qui empêchent, s il ne monte pas à la doukhan — bien qu il n ait annulé qu une seule מצות עשה —, est comme s il transgressait trois עשה, s il était à la synagogue quand on a appelé « כהנים », ou si on lui a dit de monter ou de se laver les mains. Séif 3 : s il est monté une fois dans la journée, il ne transgresse plus, même si on lui dit « monte ». Séif 4 : quand les Cohanim ne veulent pas monter à la doukhan, ils n ont à rester hors de la synagogue qu au moment où le חזן appelle « כהנים » ; mais, pour qu on ne dise pas qu ils sont פגומים (inaptes), l usage est de ne pas entrer à la synagogue avant que la ברכת כהנים soit achevée.
Séifim 2–4. Le Cohen apte qui n a aucun des défauts et ne monte pas, alors qu il était à la synagogue quand on a appelé « כהנים », ou qu on lui a dit de monter ou de se laver les mains, est comme transgressant trois עשה — « כה תברכו », « אמור להם » et « ושמו את שמי » (séif 2). Mais s il est déjà monté une fois dans la journée, il ne transgresse plus, même si on lui redit de monter (séif 3). Les Cohanim qui ne veulent pas monter n ont pas à sortir de la synagogue, sauf au moment où le חזן appelle « כהנים » ; l usage est cependant qu ils ne rentrent pas avant la fin de la ברכה, pour qu on ne les croie pas פגומים (invalidés) (séif 4).

B. Monter à la doukhan (séifim 5–9)

לא יעלו הכהנים לדוכן במנעלים, אבל בבתי שוקים שרי. [ויש מחמירין אם הם של עור] [אגודה פרק הקורא את המגילה] [ונהגו להקל בקצת מקומות].
אע״פ שנטלו הכהנים ידיהם שחרית, חוזרים ונוטלים ידיהם עד הפרק שהוא חבור היד והזרוע, והלוי יצוק מים על ידיהם וקודם לכן יטול הלוי ידיו (ולא נהגו הלוים ליטול ידיהם תחלה רק סמכו על נטילתן שחרית).
אם נטל הכהן ידיו שחרית ובירך ענ״י לא יחזור לברך כשנוטל ידיו לנשיאת כפים.
כשמתחיל ש״צ רצה כל כהן שבב״ה נעקר ממקומו לעלות לדוכן ואף אם לא יגיע שם עד שיסיים ש״ץ רצה שפיר דמי אבל אם לא עקר רגליו ברצה שוב לא יעלה.
כשעוקרים [רש״י ותוספות ור״ן כתבו דלא יאמר אותו עד עמדו לפני התיבה וכ״כ הב״י] כהנים רגליהם לעלות לדוכן אומרים ירמי״א שתהא ברכה זו שצויתנו לברך את עמך ישראל ברכה שלמה ולא יהא בה מכשול ועון מעתה ועד עולם ומאריכים בתפלה זו עד שיכלה אמן של הודאה מפי הצבור.
Séif 5 : les Cohanim ne montent pas à la doukhan chaussés (במנעלים), mais avec des chaussettes (בתי שוקים) c est permis (Rama : certains sont stricts s ils sont de cuir ; et l usage est d être indulgent en quelques endroits). Séif 6 : même s ils ont lavé leurs mains le matin, ils les relavent — jusqu au poignet, jointure de la main et de l avant-bras — et c est le Lévite qui verse l eau sur leurs mains ; auparavant, le Lévite se lave lui-même les mains (Rama : mais les Lévites n ont pas l usage de se laver d abord les mains : ils s appuient sur leur נטילה du matin). Séif 7 : si le Cohen a lavé ses mains le matin et a récité la ברכה « על נטילת ידים » (ענ״י), il ne la récite pas de nouveau quand il se lave les mains pour la נשיאת כפים. Séif 8 : quand le ש״צ commence « רצה », tout Cohen qui est dans la synagogue quitte sa place pour monter à la doukhan ; et même s il n y parvient qu une fois que le ש״ץ a achevé « רצה », c est bien ; mais s il n a pas déplacé ses pieds à « רצה », il ne monte plus. Séif 9 : quand les Cohanim déplacent leurs pieds pour monter à la doukhan [Rachi, Tossafot et le Ran ont écrit qu il ne dit pas cette prière avant de se tenir devant la תיבה, et ainsi a écrit le Beit Yossef], ils disent : « Que ce soit Ta volonté, Éternel notre Dieu (ירמי״א), que cette bénédiction que Tu nous as ordonné de donner à Ton peuple Israël soit une bénédiction complète, qu il n y ait en elle ni obstacle ni faute, dès maintenant et pour toujours » ; et ils prolongent cette prière jusqu à ce que s achève, dans la bouche de l assemblée, le « אמן » de la bénédiction de הודאה.
Le lavage par les Lévites. Avant de monter, les Cohanim se relavent les mains ; l honneur en revient au Lévite qui verse l eau (le Lévite s étant lavé lui-même auparavant). Le Rama note que les Lévites ont pris l usage de ne pas se relaver d abord, s appuyant sur la נטילה du matin. Séif 7 : qui a lavé ses mains le matin en récitant la ברכה « ענט״י » ne la refait pas pour la נשיאת כפים. Séif 8 : quand le חזן commence « רצה », chaque Cohen quitte sa place pour monter — même s il n arrive qu après « רצה », c est valable ; mais s il n a pas bougé à « רצה », il ne monte plus. Séif 9 : en montant, ils disent la תפילה « יהי רצון… que cette bénédiction soit complète et sans obstacle », et la prolongent jusqu à ce que s achève le « אמן » de « הודאה » dans la bouche de l assemblée.

C. Le déroulement de la ברכה (séifim 10–14)

עומדי׳ בדוכן פניהם כלפי ההיכל ואחוריה׳ כלפי העם ואצבעותיה׳ כפופים לתוך כפיהם עד שש״צ מסיים מודי׳ ואז אם הם ב׳ קורא להם [הש״ץ] [בטור בשם ר״י ורמב״ם] כהנים. הגה: ולא יאמר אלהינו ואלהי אבותינו כו׳ וי״א שאומרים אותו בלחש עד מלת כהנים ואז אומרו בקול רם (טור בשם ר״י ור״מ מרוטנבורג) וחוזר ואומר עם קדושך כאמור בלחש וכן נוהגין במדינות אלו. ומחזירים פניהם כלפי העם ואם הוא א׳ אינו קורא לו אלא הוא מעצמו מחזיר פניו.
כשמחזירין פניהם כלפי העם מברכין: אשר קדשנו בקדושתו של אהרן וצונו לברך את עמו ישראל באהבה.
Séif 10 : ils se tiennent sur la doukhan, le visage tourné vers le היכל et le dos vers le peuple, les doigts repliés à l intérieur de leurs paumes, jusqu à ce que le ש״צ achève « מודים » ; alors, s ils sont deux, [le ש״ץ] les appelle : « כהנים ». (Rama : il ne dit pas « אלהינו ואלהי אבותינו… » ; et certains disent qu on le dit à voix basse jusqu au mot « כהנים », que l on dit alors à voix haute, puis l on reprend « עם קדושך כאמור » à voix basse ; et tel est l usage dans ces contrées.) Puis ils tournent leur visage vers le peuple ; et s il n y en a qu un, on ne l appelle pas, mais il tourne lui-même son visage. Séif 11 : quand ils tournent leur visage vers le peuple, ils récitent la ברכה : « … qui nous a sanctifiés par la sainteté d Aharon et nous a ordonné de bénir Son peuple Israël avec amour ».
Séif 10. Sur la doukhan, ils se tiennent d abord face au Heikhal, dos au peuple, les doigts repliés dans la paume, jusqu à ce que le חזן achève « מודים » ; alors, s ils sont deux ou plus, le חזן les appelle « כהנים », et ils se retournent vers le peuple (un Cohen seul se retourne de lui-même sans qu on l appelle).
מגביהים ידיהם כנגד כתפותיהם ומגביהים יד ימנית קצת למעלה מהשמאלית, ופושטים ידיהם וחולקים אצבעותיהם, ומכוונים לעשות ה׳ אוירים בין ב׳ אצבעות לב׳ אצבעות אויר אחד ובין אצבע לגודל ובין גודל לגודל ופורשים כפיהם כדי שיהא תוך כפיהם כנגד הארץ ואחורי ידיהם כנגד השמים.
מתחילין הכהנים לומר יברכך. הגה: וי״א שגם מלת יברכך יקרא אותם ש״צ תחלה [טור ור״ן פ׳ הקורא והגהות מיימוני] (וכן נוהגים בכל מדינות אלו) ואח״כ מקרא אותם ש״ץ מלה במלה והם עונים אחריו על כל מלה עד שיסיימו פסוק ראשון ואז עונים הצבור אמן וכן אחר פסוק ב׳ וכן אחר פסוק ג׳.
אין מברכין אלא בלשון הקודש ובעמידה ובנשיאת כפים ובקול רם.
Séif 12 : ils lèvent les mains à hauteur des épaules, la droite un peu plus haut que la gauche, étendent les mains et écartent les doigts, en visant à former cinq espaces (ה׳ אוירים) — entre les deux paires de doigts, entre l index et le pouce, et entre les deux pouces ; et ils étendent leurs paumes, de sorte que l intérieur des paumes soit tourné vers la terre et le dos des mains vers le ciel. Séif 13 : les Cohanim commencent à dire « יברכך ». (Rama : certains disent que même le mot « יברכך », le ש״צ le leur souffle d abord ; et tel est l usage dans toutes ces contrées.) Ensuite le ש״ץ le leur souffle mot à mot, et ils répondent après lui chaque mot, jusqu à ce qu ils achèvent le premier verset ; alors l assemblée répond « אמן » ; et de même après le deuxième verset, et de même après le troisième. Séif 14 : on ne bénit qu en לשון הקודש, debout, les mains levées et à voix haute.
Séifim 13–14. Les Cohanim commencent « יברכך » ; selon le Rama (usage de nos contrées), le חזן leur souffle même le mot « יברכך », puis il leur récite mot à mot et ils répondent après lui mot par mot, l assemblée répondant « אמן » après chacun des trois versets (séif 13). Et l on ne bénit qu en לשון הקודש, debout, les mains levées et à voix haute (séif 14).

D. Après la ברכה (séifim 15–19)

ואח״כ מתחיל ש״צ שים שלום, ואז הכהנים מחזירים פניהם להיכל ואומרים: רבון העולמים עשינו מה שגזרת עלינו, עשה אתה מה שהבטחתנו, השקיפה ממעון קדשך מן השמים וברך את עמך את ישראל. הגה: ויאריכו בתפלה זו עד שיסיים ש״ץ שים שלום ושיענו הצבור אמן על שניהם ואם אינם יכולים להאריך כ״כ יאמרו אדיר במרום וכו׳ כדלקמן סי׳ ק״ל (רש״י פרק אלו נאמרין והגהות מיימוני).
אין הכהנים רשאים להחזיר פניהם עד שיתחיל ש״צ שים שלום ואינם רשאים לכוף אצבעותיהם עד שיחזרו פניהם ועומדים שם ואינם רשאים לעקור משם עד שיסיים ש״צ שים שלום ויש מי שאומ׳ שצריכין להמתין עד שיסיימו הצבור לענות אמן אחר ברכת שים שלום (וכן המנהג).
כשמחזירין פניהם בין בתחלה בין בסוף לא יחזרו אלא דרך ימין. הגה: כשיורדין מן הדוכן לא יגעו במנעליהם המטונפים ואם נוגעים יטלו ידיהם לתפלה שיתפללו אח״כ (אגודה פ׳ היה קורא).
אין המקרא שקורא כהנים רשאי לקרות כהנים עד שיכלה מפי הצבור אמן שעונים אחר ברכת מודים ואין הכהנים רשאים להתחיל ברכת אשר קדשנו בקדושתו של אהרן עד שיכלה דיבור קריאת כהנים מפי הקורא ואחר שברכו הכהנים אשר קדשנו בקדושתו של אהרן אינם רשאים להתחיל יברכך עד שיכלה מפי כל הצבור אמן שעונים אחר ברכת אשר קדשנו בקדושתו של אהרן וכן אינם רשאים להתחיל בתיבה עד שתכלה התיבה מפי המקרא ואין הצבור עונים אמן עד שתכלה ברכה מפי הכהנים. הגה: ולא יתחילו הכהנים רבון העולמים כו׳ עד שיכלה אמן מפי הצבור (ב״י).
אין ש״ץ רשאי לענות אמן אחר ברכה של כהנים.
Séif 15 : ensuite le שליח צבור commence « שים שלום » ; les Cohanim se retournent alors vers le Heikhal et disent : « רבון העולמים — Maître des mondes, nous avons fait ce que Tu as décrété sur nous, fais Toi ce que Tu nous as promis : regarde depuis Ta demeure sainte, des cieux, et bénis Ton peuple Israël ». (Rama : qu ils prolongent cette prière jusqu à ce que le ש״ץ achève « שים שלום » et que l assemblée réponde « אמן » sur les deux ; et s ils ne peuvent prolonger autant, qu ils disent « אדיר במרום… », comme plus loin au siman 130.) Séif 16 : les Cohanim n ont pas le droit de retourner leur visage avant que le ש״צ commence « שים שלום » ; ils n ont pas le droit de replier leurs doigts avant d avoir retourné leur visage ; ils restent là et n ont pas le droit de quitter l endroit avant que le ש״צ ait achevé « שים שלום » ; et il y a un avis selon lequel ils doivent attendre que l assemblée ait achevé de répondre « אמן » après la bénédiction « שים שלום » (Rama : et tel est l usage). Séif 17 : quand ils tournent leur visage, au début comme à la fin, ils ne se tournent que par la droite. (Rama : quand ils descendent de la doukhan, qu ils ne touchent pas leurs chaussures souillées ; et s ils les touchent, qu ils se lavent les mains pour la prière qu ils réciteront ensuite.) Séif 18 : le מקרא qui appelle « כהנים » n a pas le droit d appeler « כהנים » avant que s achève dans la bouche de l assemblée le « אמן » répondu après la bénédiction de « מודים » ; les Cohanim n ont pas le droit de commencer la bénédiction « אשר קדשנו בקדושתו של אהרן » avant que la parole de l appel « כהנים » soit achevée dans la bouche de celui qui appelle ; après avoir récité « אשר קדשנו בקדושתו של אהרן », ils n ont pas le droit de commencer « יברכך » avant que s achève dans la bouche de toute l assemblée le « אמן » répondu après cette bénédiction ; de même, ils n ont pas le droit de commencer un mot avant que ce mot soit achevé dans la bouche du מקרא ; et l assemblée ne répond pas « אמן » avant que la bénédiction soit achevée dans la bouche des Cohanim. (Rama : et les Cohanim ne commencent pas « רבון העולמים… » avant que le « אמן » soit achevé dans la bouche de l assemblée.) Séif 19 : le ש״ץ n a pas le droit de répondre « אמן » après la bénédiction des Cohanim.
Séifim 16–19. Les Cohanim ne se retournent qu au moment où le חזן commence « שים שלום », ne replient les doigts qu une fois retournés, et ne quittent leur place qu à la fin de « שים שלום » — et selon un avis (l usage), qu après que l assemblée ait répondu « אמן » (séif 16). Quand ils se retournent, au début comme à la fin, c est par la droite (דרך ימין) ; en descendant, qu ils ne touchent pas leurs chaussures souillées, et s ils y touchent qu ils se relavent les mains (séif 17). Le séif 18 règle avec précision l enchaînement des paroles (le מקרא, la ברכה, les mots, les אמן) — chaque partie ne commence qu une fois la précédente achevée. Enfin, le שליח צבור ne répond pas « אמן » après la ברכה des Cohanim, pour ne pas se troubler dans sa תפילה (séif 19).

E. Le חזן Cohen · le מקרא · la concentration (séifim 20–26)

אם ש״צ כהן אם יש שם כהנים אחרים לא ישא את כפיו. (ולא יאמרו לו לעלות או ליטול ידיו אבל אם אמרו לו צריך לעלות דהא עובר בעשה אם אינו עולה) (מרדכי פ׳ הקורא עומד והגהות מיימוני פט״ו דתפלה ואגור) ואפי׳ אין שם כהן אלא הוא לא ישא את כפיו אא״כ מובטח לו שיחזור לתפלתו בלא טירוף דעת שאם הוא מובטח בכך כיון שאין שם כהן אלא הוא ישא את כפיו כדי שלא תתבטל נשיאת כפים וכיצד יעשה יעקור רגליו מעט בעבודה ויאמר עד ולך נאה להודות ויעלה לדוכן ויברך ברכת כהנים ויקרא לו אחר; ומסיים החזן שים שלום ואם המקרא כוון לתפלת ש״צ מתחלה ועד סוף עדיף טפי שיסיים המקרא שים שלום.
אין הכהנים רשאים לנגן ברכת כהנים שנים או שלשה נגונים משום דאיכא למיחש לטירוף הדעת ואין לנגן אלא נגון אחד מתחלה ועד סוף.
משתדלין שיהא המקרא ישראל, וכשהחזן כהן יעמוד ישראל אצלו ויקרא כהנים ויקרא אותם, והחזן עומד ושותק.
בשעה שהכהנים מברכים העם לא יביטו ולא יסיחו דעתם אלא יהיו עיניהם כלפי מטה כמו שעומד בתפלה והעם יכוונו לברכה ויהיו פניהם כנגד פני הכהנים ולא יסתכלו בהם. הגה: וגם הכהנים לא יסתכלו בידיהם על כן נהגו לשלשל הטלית על פניהם וידיהם חוץ לטלית ויש מקומות שנהגו שידיהם בפנים מן הטלית שלא יסתכלו העם בהם (ב״י).
עם שאחורי הכהנים אינם בכלל ברכה אבל מלפניהם ובצדיהם אפילו מחיצה של ברזל אינה מפסקת ולאחוריהם נמי אם הם אנוסים כגון עם שבשדות שהם טרודים במלאכתם ואינם יכולים לבא הם בכלל הברכה.
ב״ה שכולה כהנים אם אין שם אלא י׳ כולם עולים לדוכן למי מברכין לאחיהם שבשדות ומי עונה אחריהם אמן הנשים והטף ואם יש שם יותר מעשרה היתרים מעשרה יעלו ויברכו והעשרה עונים אחריהם אמן.
בשעה שמברכין אין לומר שום פסוק אלא ישתקו ויכוונו לברכה. הגה: ומכל מקום עכשיו שהכהנים מאריכין הרבה בניגונים נהגו גם כן לומר פסוקים וכמו שנתבאר לעיל סימן נ״ז לענין ברכו אך יותר טוב שלא לאמרם (ד״ע).
Séif 20 : si le ש״צ est Cohen, et qu il y a là d autres Cohanim, il ne lève pas les mains (Rama : et on ne lui dit pas de monter ni de se laver les mains ; mais si on le lui a dit, il doit monter, puisqu il transgresse un עשה s il ne monte pas). Et même s il n y a là d autre Cohen que lui, il ne lève pas les mains, à moins d avoir l assurance de reprendre sa prière sans se troubler ; car s il en a l assurance, puisqu il n y a là d autre Cohen que lui, il lève les mains, pour que la נשיאת כפים ne soit pas annulée. Comment fait-il ? Il déplace un peu ses pieds à « עבודה » (la bénédiction de רצה), dit jusqu à « ולך נאה להודות », monte à la doukhan et récite la ברכת כהנים, et un autre fait pour lui l appel ; et le חזן achève « שים שלום ». Et si le מקרא a suivi avec attention la prière du ש״צ du début à la fin, il est encore préférable que ce soit le מקרא qui achève « שים שלום ». Séif 21 : les Cohanim n ont pas le droit de chanter la ברכת כהנים sur deux ou trois airs, car il y a lieu de craindre qu ils se troublent ; on ne la chante que sur un seul air, du début à la fin. Séif 22 : on s efforce que le מקרא (celui qui souffle les mots) soit un israël ; et si le חזן est Cohen, qu un israël se tienne près de lui pour appeler « כהנים » et leur souffler les mots, tandis que le חזן reste debout et silencieux. Séif 23 : au moment où les Cohanim bénissent le peuple, ils ne regardent pas autour d eux et ne détournent pas leur attention, mais gardent les yeux baissés, comme celui qui se tient en prière ; et le peuple se concentre sur la bénédiction, le visage face au visage des Cohanim, sans les regarder. (Rama : les Cohanim non plus ne regardent pas leurs mains ; c est pourquoi l usage est d abaisser le טלית sur leur visage, les mains hors du טלית ; et il y a des endroits où l usage est que leurs mains soient à l intérieur du טלית, pour que le peuple ne les regarde pas.) Séif 24 : les gens qui sont derrière les Cohanim ne sont pas inclus dans la bénédiction ; mais devant eux et sur leurs côtés, même une cloison de fer n interrompt pas ; et derrière eux aussi, s ils sont empêchés (אנוסים) — comme les gens des champs, occupés à leur travail et qui ne peuvent venir —, ils sont inclus dans la bénédiction. Séif 25 : une synagogue entièrement composée de Cohanim : s il n y en a que dix, tous montent à la doukhan. Qui bénissent-ils ? Leurs frères qui sont dans les champs. Et qui répond « אמן » après eux ? Les femmes et les enfants. Et s il y en a plus de dix, ceux qui sont au-delà de dix montent et bénissent, et les dix répondent « אמן » après eux. Séif 26 : au moment où ils bénissent, on ne dit aucun verset ; on se tait et l on se concentre sur la bénédiction. (Rama : toutefois, maintenant que les Cohanim prolongent beaucoup les mélodies, l usage s est établi de dire aussi des versets, comme il a été expliqué plus haut au siman 57 à propos de « ברכו » ; mais il vaut mieux ne pas les dire.)
Séifim 20–21, 23–26. Si le חזן est Cohen et qu il y a d autres Cohanim, il ne monte pas ; s il est le seul Cohen, il ne monte que s il est assuré de reprendre sa תפילה sans se troubler (séif 20). Les Cohanim ne chantent pas la ברכה sur deux ou trois mélodies — un seul air du début à la fin, de peur de se troubler (séif 21). Pendant la ברכה, ni les fidèles ni les Cohanim ne regardent : l usage est d abaisser le טלית sur le visage (séif 23). Ceux qui sont derrière les Cohanim ne sont pas dans la bénédiction ; devant et sur les côtés, même une cloison de fer n interrompt pas ; et ceux des champs, empêchés, y sont inclus (séif 24). Une synagogue entièrement de Cohanim : s ils ne sont que dix, tous montent et bénissent leurs frères des champs (séif 25). Pendant la ברכה, on se tait et l on se concentre, sans dire de versets (séif 26).

F. Détails : בל תוסיף · un second מנין (séifim 27–29)

כהן אינו רשאי להוסיף מדעתו יות׳ על השלש פסוקים של ברכת כהנים ואם הוסיף עובר על בל תוסיף.
כהן שנשא כפיו ואח״כ הלך לב״ה אחר ומצא צבור שלא הגיעו לברכת כהנים יכול לישא את כפיו פעם אחרת.
כהן שלא התפלל עדיין ומצא צבור מתפללין נושא כפיו ואין התפלה מעכבתו.
Séif 27 : un Cohen n a pas le droit d ajouter de lui-même au-delà des trois versets de la ברכת כהנים ; s il ajoute, il transgresse « בל תוסיף » (« tu n ajouteras pas »). Séif 28 : un Cohen qui a levé les mains, puis est allé dans une autre synagogue et y a trouvé une assemblée qui n est pas encore arrivée à la ברכת כהנים, peut lever les mains une seconde fois. Séif 29 : un Cohen qui n a pas encore prié et trouve une assemblée en train de prier lève les mains : la prière ne l en empêche pas.
Séifim 28–29. Un Cohen qui a déjà levé les mains, puis va dans une autre synagogue où l on n est pas encore arrivé à la ברכת כהנים, peut lever les mains une seconde fois (séif 28). Un Cohen qui n a pas encore prié et trouve une assemblée qui prie lève les mains : la תפילה ne l en empêche pas (séif 29).

G. Les défauts qui rendent inapte (séifim 30–34)

הַדְּבָרִים הַפּוֹסְלִין — les défauts qui écartent : la Torah dit du Cohen qu il bénit « avec amour », et l attention du peuple ne doit pas être détournée. Aussi tout ce qui attire les regards — une difformité des mains ou du visage, une voix qui ne prononce pas correctement — écarte le Cohen de la doukhan, sauf s il est דש בעירו (familier de sa ville, où tous connaissent son état).
מי שיש לו מום בפניו או בידיו כגון שהם בוהקניות או עקומות או עקושות [בוהקניות פירוש מין נגע לבן ורש״י פירש לינטלי״ש בלע״ז. עקומות כפופות. עקושות לצדדיהן והר״ן פי׳ עקומות שנתעקמה ידו אחורנית. עקושות שאינו יכול לחלק אצבעותיו] לא ישא את כפיו מפני שהעם מסתכלין בו וה״ה למי שיש מומין ברגליו במקום שעולים לדוכן בלא בתי שוקיים וכן מי שרירו יורד על זקנו או שעיניו זולפים דמעות וכן סומא באחד מעיניו לא ישא את כפיו ואם הי׳ דש בעירו דהיינו שהם רגילים בו ומכירין הכל שיש בו אותו מום ישא כפיו ואפי׳ הוא סומא בשתי עיניו וכל ששהא בעיר שלשי׳ יום מקרי דש בעירו ודוקא בעירו אבל אם הולך באקראי לעיר אחרת ושהא שם שלשים יום לא ואפילו לא בא לדור שם להיות מבני העיר אלא בא להיות שם מלמד או סופר או משרת שנה או חצי שנה חשוב דש בעירו בל׳ יום.
אם מנהג המקום לשלשל הכהנים טלית על פניהם אפילו יש בפניו ובידיו כמה מומין ישא את כפיו. הגה: ודוקא אם היו ידיו בפנים מן הטלית אבל אם הם מבחוץ לא מהני הטלית לידיו.
היו ידיו צבועות אסטיס ופואה [אסטיס ופוא׳ פירוש מיני צבעים] לא ישא את כפיו מפני שהעם מסתכלין בהם ואם רוב העיר מלאכתן בכך ישא את כפיו.
מי שאינו יודע לחתוך האותיות כגון שאומר לאלפי״ן עייני״ן ולעייני״ן אלפי״ן וכיוצא בזה לא ישא את כפיו.
קטן שלא הביא שתי שערות אינו נושא כפיו בפני עצמו כלל אבל עם כהנים שהם גדולים נושא ללמוד ולהתחנך ומי שהביא שתי שערות נושא את כפיו אפי׳ בפני עצמו ומיהו דוקא באקראי בעלמא ולא בקביעות עד שיתמלא זקנו שאז יכול לישא כפיו אפילו יחידי בקבע וכל שהגיע לשני׳ שראוי להתמלאות זקנו אף על פי שלא נתמלא קרינן ביה נתמלא זקנו (וע״ל סי׳ נ״ג סעיף ח׳).
Séif 30 : celui qui a un défaut au visage ou aux mains — par exemple si elles sont בוהקניות, עקומות ou עקושות [בוהקניות signifie : une sorte de plaie blanche (נגע), et Rachi l a expliqué par le mot vernaculaire לינטלי״ש ; עקומות : recourbées ; עקושות : tordues sur leurs côtés ; et le Ran a expliqué עקומות : celui dont la main s est recourbée vers l arrière, et עקושות : celui qui ne peut écarter ses doigts] — ne lève pas les mains, parce que le peuple le regarde ; il en va de même de celui qui a des défauts aux pieds, là où l on monte à la doukhan sans chaussettes (בתי שוקיים) ; de même celui dont la salive coule sur sa barbe, ou dont les yeux coulent de larmes ; et de même l aveugle d un œil ne lève pas les mains. Mais s il est דש בעירו — c est-à-dire qu on est habitué à lui et que tous savent qu il a ce défaut —, il lève les mains, même s il est aveugle des deux yeux ; et quiconque a séjourné trente jours dans la ville est appelé דש בעירו. Et cela seulement dans sa ville ; mais s il se rend occasionnellement dans une autre ville et y reste trente jours, non ; et même s il n est pas venu s y établir pour devenir l un des habitants de la ville, mais pour y être maître d école, scribe ou serviteur pendant un an ou une demi-année, il est considéré comme דש בעירו au bout de trente jours. Séif 31 : si la coutume du lieu est que les Cohanim abaissent le טלית sur leur visage, même s il a plusieurs défauts au visage et aux mains, il lève les mains. (Rama : et cela seulement si ses mains sont à l intérieur du טלית ; mais si elles sont dehors, le טלית ne sert à rien pour ses mains.) Séif 32 : si ses mains sont teintes d אסטיס et de פואה [אסטיס et פואה : des sortes de teintures], il ne lève pas les mains, car le peuple les regarderait ; et si la majorité de la ville exerce ce métier, il lève les mains. Séif 33 : celui qui ne sait pas articuler les lettres — par exemple il prononce les א comme des ע et les ע comme des א, et autres cas semblables — ne lève pas les mains. Séif 34 : un קטן qui n a pas apporté deux poils ne lève pas du tout les mains seul ; mais avec des Cohanim adultes, il les lève, pour apprendre et s éduquer. Et celui qui a apporté deux poils lève les mains, même seul — mais seulement de façon occasionnelle et non régulière, jusqu à ce que sa barbe soit remplie : il peut alors lever les mains même seul, régulièrement ; et quiconque a atteint l âge où la barbe se remplit, même si elle ne s est pas remplie, on le considère comme ayant la barbe remplie (Rama : voir plus haut, siman 53, séif 8).
Séifim 31–34. Là où la coutume est d abaisser le טלית sur le visage, il lève les mains même avec plusieurs défauts au visage et aux mains — à condition que ses mains soient sous le טלית (séif 31). Des mains teintes (אסטיס ופואה) : il ne lève pas les mains car on les fixerait, sauf si c est le métier de la majorité de la ville (séif 32). Celui qui ne sait pas articuler les lettres (il dit les א comme des ע, ou l inverse) ne lève pas les mains (séif 33). Un קטן (mineur) ne lève pas seul les mains, mais avec des Cohanim adultes il monte pour apprendre ; à partir de deux poils, il lève seul de façon occasionnelle, et régulièrement une fois sa barbe formée (séif 34).

H. Les fautes : le meurtre, le מומר, l'ivresse (séifim 35–39)

כהן שהרג את הנפש, אפילו בשוגג, לא ישא את כפיו, אפילו עשה תשובה. הגה: וי״א דאם עשה תשובה נושא כפיו ויש להקל על בעלי תשובה שלא לנעול דלת בפניהם והכי נהוג [ד״ע דלא גרע ממומר וכ״מ מהג״מ] [טור רש״י והרבה פוסקים אגור וב״י].
מל תינוק ומת נושא את כפיו ואם העם מרננים אחריו שהוא שופך דמים כיון דלא נתברר הדבר ישא את כפיו.
מומר לעכו״ם לא ישא את כפיו וי״א שאם עשה תשובה נושא כפיו (וכן עיקר) ואם נאנס לדברי הכל נושא כפיו.
שתה רביעית יין בבת אחת לא ישא את כפיו. שתאו בשני פעמים או שנתן לתוכו מעט מים מותר ואם שתה יותר מרביעית אע״פ שהוא מזוג ואפי׳ שתאו בכמה פעמים לא ישא את כפיו עד שיסיר יינו מעליו.
לא היה בו א׳ מהדברים המונעים נשיאת כפים אע״פ שאינו מדקדק במצות וכל העם מרננים אחריו נושא את כפיו [שאין שאר עבירות מונעין נשיאת כפים].
Séif 35 : un Cohen qui a tué — même par mégarde (בשוגג) — ne lève pas les mains, même s il a fait תשובה. (Le Rama : certains disent que s il a fait תשובה il lève les mains, et il y a lieu d alléger pour les בעלי תשובה afin de ne pas leur fermer la porte — tel est l usage [de son propre avis (ד״ע) : il n est pas pire qu un מומר ; et c est aussi ce qu on infère de הג״מ].) Séif 36 : celui qui a circoncis un enfant, et l enfant est mort, lève les mains ; et même si le peuple murmure contre lui qu il verse le sang, puisque la chose n est pas établie, il lève les mains. Séif 37 : un מומר לעכו״ם (apostat à l idolâtrie) ne lève pas les mains ; et certains disent que s il a fait תשובה, il lève les mains (Rama : et c est l essentiel) ; et s il y a été contraint, de l avis de tous il lève les mains. Séif 38 : celui qui a bu un רביעית de vin d un trait ne lève pas les mains ; s il l a bu en deux fois, ou s il y a mis un peu d eau, c est permis ; et s il a bu plus d un רביעית, même coupé d eau, et même bu en plusieurs fois, il ne lève pas les mains jusqu à ce que son vin se soit dissipé. Séif 39 : s il n y a en lui aucune des choses qui empêchent la נשיאת כפים, même s il n est pas scrupuleux dans les מצוות et que tout le peuple murmure contre lui, il lève les mains (Rama : car les autres fautes n empêchent pas la נשיאת כפים).
Séifim 36–39. Celui qui a circoncis un enfant, et l enfant est mort, lève les mains ; même si l on murmure qu il verse le sang, tant que rien n est établi, il lève les mains (séif 36). Un מומר לעכו״ם (apostat) ne lève pas les mains ; mais s il a fait תשובה, il lève les mains (עיקר), et s il a été contraint, tous s accordent qu il lève les mains (séif 37). Qui a bu un רביעית de vin d un trait ne lève pas les mains ; en deux fois, ou coupé d un peu d eau, c est permis ; plus d un רביעית — même coupé, même en plusieurs fois — il ne lève pas les mains tant que le vin n est pas dissipé (séif 38). En revanche, celui qui n a aucun des empêchements, même s il n est pas rigoureux dans les מצוות et qu on murmure sur lui, lève les mains — les autres fautes n empêchent pas la נשיאת כפים (séif 39).

I. Cohen disqualifié : גרושה, טומאה, חלל, deuil, célibataire (séifim 40–44)

כהן שנשא גרושה לא ישא את כפיו, ואין נוהגין בו קדושה אפי׳ לקרות בתורה ראשון ואפילו גרשה או מתה פסול עד שידור הנאה על דעת רבים מהנשים שהוא אסור בהם.
נטמא למת שאינו משבעה מתי מצו׳ פסול מן הדוכן ומכל מעלות הכהונה עד שישוב ויקבל שלא יטמא עוד למתים (י״א דמי שיש לו בת שהמירה לעכו״ם או זנתה אין מחייבין עוד לקדשו כי אביה היא מחללת) מרדכי פרק נגמר הדין.
החלל אינו נושא את כפיו.
אחר שבעה ימי אבילות נושא כפיו ובתוך שבעה ימי אבילות יצא מב״ה בשעה שקורין כהנים. הגה: ויש אומרים דכל זמן האבילות אפילו עד י״ב חודש על אביו ועל אמו אינו נושא כפיו (מרדכי סוף פרק הקורא עומד והגהות מיימוני) וכן נוהגין במדינות אלו.
כהן אע״פ שהוא פנוי נושא את כפיו. הגה: ויש אומרים דאינו נושא כפיו דהשרוי בלא אשה שרוי בלא שמחה והמברך יש לו להיות בשמחה [מרדכי פ׳ הקורא עומד] ונהגו שנושא כפיו אע״פ שאינו נשוי ומ״מ הרוצה שלא לישא כפיו אין מוחין בידו רק שלא יהא בבהכ״נ בשעה שקורין כהנים או אומרים להם ליטול ידיהם. נהגו בכל מדינות אלו שאין נושאין כפים אלא בי״ט משום שאז שרוים בשמחת י״ט וטוב לב הוא יברך משא״כ בשאר ימים אפי׳ בשבתות השנה שטרודים בהרהורים על מחייתם ועל ביטול מלאכתם ואפי׳ בי״ט אין נושאין כפים אלא בתפלת מוסף שיוצאים אז מב״ה וישמחו בשמחת י״ט [דברי עצמו] וכל שחרית ומוסף שאין נושאין בו כפים אומר הש״צ אלהינו ואלהי אבותינו וכו׳ כדלעיל סוף סי׳ קכ״ז ויוה״כ נושאים בו כפים כמו ביו״ט ויש מקומו׳ שנושאי׳ בו כפים בנעיל׳ ויש מקומו׳ אפי׳ בשחרית.
Séif 40 : un Cohen qui a épousé une divorcée (גרושה) ne lève pas les mains et on ne le traite plus avec la sainteté sacerdotale (pas même pour être appelé premier à la Torah) ; même s il l a répudiée ou qu elle est morte, il reste פסול jusqu à ce qu il fasse vœu, על דעת רבים (selon l intention de la multitude), de ne tirer aucun profit (הנאה) des femmes qui lui sont interdites. Séif 41 : celui qui s est rendu impur pour un mort qui n est pas l un des sept proches pour lesquels il se rend impur par מצוה est פסול de la doukhan et de tous les privilèges du sacerdoce, jusqu à ce qu il se repente et accepte de ne plus se rendre impur pour les morts (Rama : certains disent que celui qui a une fille qui s est convertie à l idolâtrie ou qui s est prostituée, on n est plus tenu de le sanctifier, car « elle profane son père »). Séif 42 : le חלל ne lève pas les mains. Séif 43 : après les sept jours de deuil, il lève les mains ; et pendant les sept jours de deuil, il sort de la synagogue au moment où l on appelle « כהנים ». (Rama : certains disent que pendant tout le temps du deuil — même jusqu à douze mois pour son père et sa mère — il ne lève pas les mains ; et tel est l usage dans ces contrées.) Séif 44 : un Cohen, même célibataire, lève les mains. (Rama : certains disent qu il ne lève pas les mains, car celui qui est sans femme est sans joie, et celui qui bénit doit être dans la joie ; mais l usage est qu il lève les mains même s il n est pas marié ; toutefois, celui qui veut ne pas lever les mains, on ne l en empêche pas, pourvu qu il ne soit pas à la synagogue au moment où l on appelle « כהנים » ou où on leur dit de se laver les mains. L usage, dans toutes ces contrées, est de ne lever les mains qu à יום טוב, parce qu on est alors dans la joie de la fête, et « טוב לב הוא יברך » — celui qui a le cœur content bénira —, ce qui n est pas le cas les autres jours, même les chabbatot de l année, où l on est occupé de soucis pour sa subsistance et pour le travail perdu ; et même à יום טוב, on ne lève les mains qu à la prière de מוסף, après laquelle on sort de la synagogue et l on se réjouit de la joie de la fête. Et à tout שחרית et tout מוסף où l on ne lève pas les mains, le ש״צ dit « אלהינו ואלהי אבותינו… », comme plus haut à la fin du siman 127 ; à יום כפור on lève les mains comme à יום טוב, et il y a des endroits où on les lève à נעילה, et des endroits même à שחרית.)
Séifim 41–44. Le Cohen qui s est rendu impur pour un mort qui n est pas des sept proches est פסול de la doukhan et de tous les privilèges du sacerdoce, jusqu à ce qu il se repente et s engage à ne plus se rendre impur (séif 41). Le חלל (né d une union interdite au Cohen) ne lève pas les mains (séif 42). Après les sept jours de deuil, il lève de nouveau les mains ; pendant les sept jours, il sort de la synagogue quand on appelle « כהנים » — et selon le Rama (usage de nos contrées), il ne lève pas les mains durant tout le deuil, jusqu à douze mois pour le père et la mère (séif 43). Un Cohen célibataire lève les mains ; l usage de nos contrées est cependant de ne lever les mains qu à יום טוב (à מוסף), parce qu on est alors dans la joie de la fête — « טוב לב הוא יברך » (séif 44).

J. Détail final : les mots où l'on se tourne · אסור להשתמש בכהן (séif 45)

אלו תיבות שהכהנים הופכים בהם לדרום ולצפון: יברכך וישמרך, אליך ויחנך, אליך, לך, שלום. הגה: ונוהגין שמאריכין בניגון אלו תיבות כי כל אחת מהן הוא סוף ברכה בפני עצמה ואומרים רבון כמו שמפורש בסי׳ ק״ל בשעה שמאריכין בניגון התיבות שבסוף הפסוקים דהיינו וישמרך ויחנך שלום והמקרא לא יאמר רבון וכו׳ [תשובת מהרי״ל סי׳ קמ״ח] אסור להשתמש בכהן אפי׳ בזמן הזה דהוי כמועל בהקדש אם לא מחל על כך [מרדכי הגהות דגיטין].
Séif 45 : voici les mots aux endroits desquels les Cohanim se tournent vers le sud et vers le nord : « יברכך… וישמרך », « אליך… ויחנך », « אליך », « לך », « שלום ». (Rama : l usage est de prolonger la mélodie sur ces mots, car chacun d eux est la fin d une bénédiction en soi ; et l on dit « רבון… », comme il est expliqué au siman 130, au moment où l on prolonge la mélodie des mots de la fin des versets, à savoir « וישמרך », « ויחנך », « שלום » ; et le מקרא ne dit pas « רבון… ». Il est interdit de se servir d un Cohen, même de nos jours, car c est comme commettre une מעילה sur le consacré, à moins qu il y ait renoncé.)
La conclusion du siman. À chacun de ces mots, qui achèvent une bénédiction ou dirigent le regard, les Cohanim orientent la bénédiction vers les fidèles au sud et au nord ; l usage est d y prolonger le chant. Le Rama clôt le siman par un principe de dignité sacerdotale : אסור להשתמש בכהן — il est interdit de se servir d un Cohen (pour un usage personnel), même de nos jours, דהוי כמועל בהקדש (car c est comme détourner du consacré), sauf s il y a renoncé.
Le siman en une phrase : la נשיאת כפים se fait à dix (Cohanim compris) ; c est une מצות עשה que le Cohen apte ne peut esquiver ; on monte sans chaussures, les mains lavées par les Lévites, on se tourne vers le peuple à l appel « כהנים », on lève les mains en formant les ה׳ אוירים et l on bénit mot à mot, en לשון הקודש, à voix haute ; mais un défaut des mains, du visage ou de la voix, le Cohen qui a tué, le מומר, l ivresse, la גרושה, la טומאה et le חלל écartent le Cohen de la doukhan.

Cas pratiques

Cas 1 — Combien de Cohanim faut-il ? Le Cohen qui reste assis

Situation : il n y a qu un seul Cohen à la synagogue, et il hésite à monter. Est-il obligé ?
Conduite : la נשיאת כפים requiert dix personnes (le Cohen comptant dans les dix). Un seul Cohen suffit à bénir. S il était présent quand on a appelé « כהנים », ou qu on lui a dit de monter ou de se laver les mains, et qu il reste en place, il manque une מצות עשה (jusqu à trois עשה). Pour la mise en pratique, on suit son Rav.

Cas 2 — Un défaut à la main ou une voix qui ne prononce pas bien

Situation : un Cohen a une marque visible sur la main, ou ne distingue pas les lettres א et ע. Peut-il monter ?
Conduite : ce qui attire les regards écarte le Cohen — défaut aux mains/au visage, mains teintes, voix qui n articule pas les lettres. Mais s il est דש בעירו (connu de tous dans sa ville, après trente jours), ou là où l on abaisse le טלית sur le visage (mains dessous), il lève les mains malgré le défaut. Pour les cas limites, on suit son Rav.

Cas 3 — Le Cohen qui a bu du vin, ou qui a fauté

Situation : un Cohen a bu un verre de vin avant l office, ou l on murmure sur sa conduite. Monte-t-il ?
Conduite : qui a bu un רביעית de vin d un trait ne lève pas les mains tant que le vin n est pas dissipé (en deux fois, ou coupé d eau, c est permis). En revanche, celui qui n a aucun des empêchements du siman — même peu rigoureux, même l objet de rumeurs — lève les mains : les autres fautes n empêchent pas la נשיאת כפים. Le meurtre, l apostasie, la גרושה et la טומאה, eux, écartent. Pour la conduite, on suit son Rav.

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Combien de personnes faut-il pour la נשיאת כפים, et les Cohanim comptent-ils dans ce nombre (séif 1) ?
  2. Combien de מצות עשה risque de transgresser le Cohen apte qui ne monte pas, et dans quels cas (séif 2) ?
  3. Qui verse l eau sur les mains des Cohanim, et jusqu où se lavent-ils (séif 6) ?
  4. Que sont les ה׳ אוירים et où se placent-ils (séif 12) ?
  5. Cite trois défauts qui écartent un Cohen, et dis ce qu est דש בעירו (séif 30).
  6. Le Cohen qui a tué בשוגג lève-t-il les mains, et que dit le Rama pour les בעלי תשובה (séif 35) ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
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DAAT · רב יוסף חיים סממה

סימן קכ״ח · מ״ה סעיפים · Niveau 1 — Initiation
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