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DAAT · NIVEAU 1 — INITIATION

Siman קנ״ג · La construction et l usage de la synagogue

דיני בניין בית הכנסת — bâtir et consacrer une synagogue ; l échelle de sainteté (מעלין בקדש ואין מורידין) ; vendre בית הכנסת et l usage du produit de la vente ; village (כפר) ou ville (כרך) ; שבעה טובי העיר במעמד אנשי העיר ; les objets sacrés (כלי הקודש) et celui qui est habitué à une mitsva
סימן קנ״ג · כ״ב סעיפים
דיני בניין בית הכנסת
🌱 Niveau Initiation · מתחילים
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Ce siman enseigne les lois de la synagogue (בית הכנסת) : comment on la bâtit et on la consacre ; le grand principe מעלין בקדש ואין מורידין (on monte en sainteté, on ne descend pas) qui régit la vente de la synagogue et de ses objets ainsi que l usage du produit ; la différence entre le village (כפר) et la ville (כרך) ; le rôle des שבעה טובי העיר במעמד אנשי העיר ; le statut des objets sacrés (כלי הקודש) ; et celui qui est habitué à une mitsva. Texte hébreu, traduction française et explication des כ״ב seifim, avec une section de cas pratiques.

Sujet : La construction et l usage de la synagogue — בניין, מכירה, מעלין בקדש, כפר וכרך, שבעה טובי העיר, כלי הקודש
Source : שולחן ערוך אורח חיים סימן קנ״ג · כ״ב סעיפים

Compilation : רב יוסף חיים סממה
DAAT · daattorah.com

Nos Sages ont enseigné (מגילה כ״ו.) : מעלין בקדש ואין מורידין — en matière de sainteté on monte, on ne descend pas. Ce principe est le fil du siman : la synagogue et ses objets ont une קדושה, et lorsqu on les vend ou qu on en emploie le produit, on ne peut passer que d une sainteté moindre à une plus grande. Nous étudions ici au niveau du principe ; pour la conduite personnelle, on se réfère à la coutume et à la décision du Rav.

📑 Plan de l'étude

A. Les כ״ב seifim — construire et consacrer, l échelle de sainteté, vendre la synagogue, village ou ville, l individu et les dons, פדיון שבויים, interdire sa part, les objets sacrés, la mitsva habituelle
1. Cas pratique — vendre une synagogue de village ou de ville (כפר ou כרך)
2. Cas pratique — le produit de la vente : monter mais non descendre en sainteté
3. Cas pratique — שבעה טובי העיר במעמד אנשי העיר : qui peut décider ?
+ Questions de compréhension et pour aller plus loin

A. La synagogue — les כ״ב seifim

בֵּית הַכְּנֶסֶת — la synagogue — c est un lieu de קדושה. De là découle tout le siman : au-dessus d elle se tient le בית המדרש (maison d étude), plus saint encore ; ses objets forment une échelle de sainteté (synagogue → תיבה/היכל → מטפחת → ספרים → ספר תורה) ; et l on ne peut jamais descendre une chose sainte vers une sainteté moindre — מעלין בקדש ואין מורידין.

Séifim 1 & 8 — Bâtir et consacrer

מותר לעשות מבית הכנסת בית המדרש, אבל לא מבית המדרש בית הכנסת. בנו בית סתם והקדישוהו אחר כך לבית הכנסת — דינו כבית הכנסת, ואינו קדוש עד שיתפללו בו.
Séif 1 : il est permis de faire d une synagogue un beit hamidrash (maison d étude), mais non l inverse. Séif 8 : s ils ont bâti un bâtiment ordinaire puis l ont consacré comme synagogue — son statut est celui d une synagogue, mais il n est sanctifié que lorsqu on y a prié.
Le בית המדרש est plus saint que la synagogue : on peut donc élever une synagogue au rang de maison d étude, mais non abaisser une maison d étude au rang de synagogue (מעלין בקדש ואין מורידין). Et la sainteté d un lieu ne prend qu à l usage : c est la prière qui consacre — même celle d hôtes de passage — dès lors que le lieu était destiné à cela.

Séifim 2–6 — L échelle de sainteté et le produit de la vente

בני העיר שמכרו בית הכנסת — יכולים ליקח בדמיו תיבה; מכרו תיבה — מטפחת; מכרו מטפחת — ספרים; מכרו ספרים — ספר תורה. אבל איפכא, להורידן מקדושתן — אסור. ומוכרים בית הכנסת ואפילו ספר תורה להספקת תלמידים או להשיא יתומים בדמיו.
Séifim 2–6 : quand les habitants d une ville ont vendu la synagogue, ils peuvent acquérir avec le produit une תיבה (l arche où l on dépose le ספר תורה) ; s ils ont vendu la תיבה — un מטפחת (housse du rouleau) ; le מטפחת — des ספרים (Houmachim, Neviïm, Ketouvim) ; les ספרים — un ספר תורה. Mais l inverse — les faire descendre de leur sainteté — est interdit. On peut vendre la synagogue et même un ספר תורה pour l entretien d élèves ou pour marier des orphelins.
Il y a une hiérarchie : synagogue < תיבה/היכל < מטפחת < ספרים < ספר תורה. Avec le produit on ne monte (vers plus saint) — jamais on ne descend. Le résidu (מותר הדמים) suit la même règle (séif 5), et un ספר תורה comportant une faute a le statut d un חומש (séif 3). Deux buts autorisent même de vendre un ספר תורה : תלמוד תורה et marier des orphelins (séif 6).

Séifim 7 & 9 — Village (כפר) ou ville (כרך) · שבעה טובי העיר

בית הכנסת של כפרים — נמכר, ושל כרכים — אינו נמכר. ומכרו אנשי הכפר — הלוקח עושה בו מה שירצה, חוץ ממרחץ ובורסקי ובית הטבילה ובית הכסא; ואם מכרוהו שבעה טובי העיר במעמד אנשי העיר — עושה הלוקח אף אלו הארבעה.
Séifim 7 & 9 : la synagogue d un village (כפר) peut être vendue, mais non celle d une grande ville (כרך) — car des gens y viennent d ailleurs et elle n a pas été faite pour les seuls habitants. Quand les gens du village l ont vendue, l acheteur en fait ce qu il veut, sauf quatre usages avilissants : bain, tannerie, bain rituel et latrines ; mais si ce sont les שבעה טובי העיר (sept notables) qui l ont vendue במעמד אנשי העיר (en présence de la communauté), l acheteur peut même ces quatre usages.
La synagogue de village appartient à ses habitants seuls : elle est vendable, mais l argent garde sa sainteté — sauf si les שבעה טובי העיר במעמד אנשי העיר l ont vendue, auquel cas la communauté peut employer le produit à sa guise. La synagogue de grande ville n est pas vendable (elle appartient au public entier). Cette présence des notables et de la communauté est le degré d autorité le plus fort.

Séifim 10–12 — L individu, les dons, les échanges et les prêts

יחיד בשלו — אפילו ספר תורה — יש מתירים למכרו ולעשות בדמיו כל מה שירצה, כל שלא הקדישו לקרות בו ברבים. ולבנים ועצים מבית הכנסת ישן שסתרו — נותנים במתנה ומחליפים, אבל אין ממשכנים ואין משכירים ואין משאילים אותם.
Séif 10 : un particulier, pour ce qui est à lui — même un ספר תורה — il est (selon certains) permis de le vendre et d en faire ce qu il veut, tant qu il ne l a pas consacré à la lecture publique. Séif 11 : les briques et poutres d une vieille synagogue démolie, on peut les donner en cadeau ou les échanger, mais non les mettre en gage, les louer ou les prêter (car elles resteraient dans leur sainteté sans rien sur quoi elle se reporte). Séif 12 : celui qui a un accord avec la communauté que lui seul et sa descendance bâtiront la synagogue ne peut vendre ce droit à un autre.
Un bien privé non voué au public garde une latitude que le bien communautaire n a pas. Le don et l échange sont admis (car ils procurent un bénéfice équivalent, comme une vente), mais le gage, la location et le prêt ne le sont pas — sauf prêter un ספר תורה pour y lire, ce qui ne l abaisse pas (Rama). Un droit personnel lié à la synagogue n est pas cessible.

Séifim 13 & 14 — פדיון שבויים et le don d un terrain

גבו מעות לבניין בית הכנסת ובא להם דבר מצוה — מוציאין בו המעות. קנו אבנים וקורות — אין מוכרים אלא לפדיון שבויים; ואם בנו וגמרו — אין מוכרים את בית הכנסת, אלא גובים לפדיון מן הציבור.
Séif 13 : s ils ont collecté de l argent pour bâtir une synagogue et qu une mitsva se présente, ils y emploient l argent ; mais s ils ont déjà acheté des pierres et des poutres, ils ne les vendent que pour פדיון שבויים (le rachat de captifs) ; et s ils ont bâti et achevé, ils ne vendent pas la synagogue mais collectent pour le rachat auprès de la communauté. Séif 14 : Reuven qui a donné un terrain pour y bâtir une synagogue et qu on ne peut y bâtir — les détails du droit de se rétracter selon qu il habite ou non la ville.
Tant que ce n est que de l argent collecté, on peut le rediriger vers une autre mitsva ; mais une fois qu il est devenu pierres et poutres destinées au bâtiment, seule la mitsva suprême du rachat de captifs l emporte ; et une fois la synagogue bâtie et achevée, on ne la vend même pas pour cela — on collecte à part. Le don d un terrain (séif 14) dépend de l intention initiale du donateur.

Séifim 15–17 — On ne peut interdire sa part

אין אדם יכול לאסור חלקו מבית הכנסת ולא מן הספרים, ואם אסר — אינו כלום. והמשאיל ביתו לבית הכנסת — אינו יכול לאוסרו על יחיד מחמת מריבה, אלא אם כן יאסרנו על כל הקהל כאחד.
Séif 15 : nul ne peut interdire sa part de la synagogue ni des livres ; s il l a interdite — cela n a aucune valeur. Séif 16 : celui qui a prêté sa maison pour servir de synagogue et qui est en querelle avec l un de la communauté ne peut la lui interdire à lui seul, sauf s il l interdit à toute la communauté ensemble (sauf s il avait posé dès le départ la condition de pouvoir s y opposer). Séif 17 : celui qui a eu une synagogue chez lui de longues années — la communauté n a pas le droit de la déplacer ailleurs.
La synagogue appartient à la collectivité : un individu ne peut donc pas en interdire sa quote-part (un נדר sur ce qui n est pas exclusivement à lui n a pas de prise). Même celui qui a prêté sa propre maison ne peut en punir un seul membre par ressentiment ; et un usage établi de longue date ne se déplace pas au gré de la communauté.

Séifim 18–21 — Les objets sacrés (כלי הקודש)

כלי הקודש של כסף שרגילים להביא לבית הכנסת בחגים — אין מוציאים אותם לחולין ולמכרם. ואין לוקחים מעילים שנשתמש בהם הדיוט לתשמיש קדושה.
Séif 18 : les objets sacrés d argent qu on a coutume d apporter à la synagogue pour les fêtes — on ne peut les rendre profanes ni les vendre, et la communauté peut les saisir pour qu ils restent sacrés. Séif 19 : un écrit trouvé après la mort de quelqu un attestant qu il a consacré des objets, même sans témoins et sans les avoir remis à la communauté — c est tout de même un הקדש. Séif 20 : un ספר תורה dont il est établi qu il appartenait aux ancêtres de Reuven — la communauté ne peut s en emparer. Séif 21 : on n achète pas, pour un usage sacré, des manteaux dont un profane s est servi ; et l on ne fait pas une chose de mitsva d un salaire de faute (אתנן).
Un usage régulier (les fêtes) fixe la sainteté des objets d argent, qu on ne peut plus profaner. La consécration (הקדש) prend même par un simple écrit retrouvé ; ce qui est resté un bien de famille ne devient pas communautaire ; et l on écarte de l usage sacré tout ce qui porte une trace d avilissement ou de faute (מעילים, אתנן).

Séif 22 — Celui qui est habitué à une mitsva

אדם הרגיל במצוה — כגון גלילה — ואירעו אונס או עוני, ונתנו הקהל המצוה לאחר: אם היה בידו לתת ולא חפץ — איבד זכותו; אבל אם לא היה בידו לתת, ועתה שיש בידו רוצה לחזור — חוזר למצוותו.
Séif 22 : celui qui est habitué à une certaine mitsva — par exemple la גלילה (rouler le ספר תורה) — et qu un empêchement ou la pauvreté l a atteint, si bien que la communauté a donné la mitsva à un autre, puis qu il s est enrichi et veut la récupérer : si, au moment où on l a donnée au second, il avait les moyens de payer ce qu il donnait chaque année et n en a pas voulu, se ralliant à la communauté pour la donner à un autre — il a perdu son droit ; mais si, à ce moment-là, il n avait pas les moyens, et que maintenant qu il les a il veut la retrouver et redonner comme avant — il revient à sa mitsva.
Un droit acquis à une mitsva (comme la גלילה) se conserve tant qu on n y a pas renoncé volontairement. S il a cédé la mitsva alors qu il pouvait encore l assumer — il l a perdue ; mais s il l a laissée par pure contrainte (pauvreté), il la retrouve dès qu il le peut à nouveau.
Le siman en une phrase : la synagogue et ses objets ont une קדושה ; on peut la faire בית המדרש mais non l inverse, et elle se consacre par la prière ; on ne fait avec le produit de la vente que monter en sainteté (מעלין בקדש ואין מורידין) ; la synagogue de village est vendable (pleinement par les שבעה טובי העיר במעמד אנשי העיר), celle de ville non ; on ne peut ni interdire sa part ni descendre les objets sacrés de leur sainteté ; et un droit à une mitsva se perd par renoncement, non par contrainte.

Cas pratiques

Cas 1 — Vendre une synagogue : village ou ville ?

Situation : une communauté veut vendre son ancienne synagogue. Le peut-elle, et l acheteur peut-il en faire n importe quel usage ?
Conduite : une synagogue de village (כפר), faite pour ses seuls habitants, peut être vendue ; mais l acheteur ne l affectera pas à un usage avilissant (bain, tannerie, מקוה, latrines) — sauf si elle a été vendue par les שבעה טובי העיר במעמד אנשי העיר. Une synagogue de grande ville (כרך), où viennent des gens d ailleurs, n est pas vendable. Pour la mise en pratique, on suit son Rav.

Cas 2 — Le produit de la vente

Situation : ils ont vendu un objet sacré (par ex. une מטפחת) et veulent employer l argent. À quoi peuvent-ils l affecter ?
Conduite : seulement à une sainteté supérieureמעלין בקדש ואין מורידין. Avec le prix d une מטפחת on achète des ספרים ou un ספר תורה, jamais l inverse. Le résidu suit la même règle. Deux buts permettent même de vendre un ספר תורה : תלמוד תורה et marier des orphelins. Pour les détails, on suit son Rav.

Cas 3 — שבעה טובי העיר במעמד אנשי העיר

Situation : qui a l autorité de décider de la vente et de l usage du produit — n importe quel responsable, ou toute la communauté ?
Conduite : le degré le plus fort est celui des שבעה טובי העיר במעמד אנשי העיר — sept notables agissant en présence (et avec l accord) de la communauté. Là, on peut employer le produit à tout usage et l acheteur même aux quatre usages avilissants. Sans cette présence, l argent garde sa sainteté. Pour les cas concrets, on suit son Rav.

Questions de compréhension

Vérifie ta compréhension :
  1. Pourquoi peut-on faire d une synagogue un בית המדרש mais non l inverse (séif 1) ?
  2. Quelle est l échelle de sainteté des objets, et que signifie מעלין בקדש ואין מורידין (séifim 2–6) ?
  3. Quelle différence entre la synagogue d un כפר et celle d un כרך quant à la vente (séifim 7 & 9) ?
  4. Qu apporte la présence des שבעה טובי העיר במעמד אנשי העיר (séifim 7 & 9) ?
  5. Quand celui qui était habitué à une mitsva la retrouve-t-il, et quand l a-t-il perdue (séif 22) ?

Pour aller plus loin

Si tu veux approfondir ce siman :
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DAAT · רב יוסף חיים סממה

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